Top 10 des meilleures séries de 2018 à rattraper pendant les fêtes

Globalement décevante, 2018 ne marquera pas l’histoire des séries. Quelques nouveautés méritent tout de même le détour. Classement des dix meilleures créations de l’année, à rattraper pendant les fêtes. 

 

1. HOMECOMING

Genre : thriller psychologique
Épisodes : 10 épisodes de 30 minutes
Diffusion : Amazon Prime Video
Bande–annonce :
 vo

L’histoire : Thérapeute au centre d’adaptation Homecoming, Heidi Bergman reçoit de jeunes vétérans pour un test clinique destiné à faciliter leur retour à la vie civile. Quatre ans plus tard, alors qu’elle travaille désormais dans un restaurant, Heidi est abordée par un agent du Département de la Défense, suite la plainte de la mère d’un soldat. Problème : elle n’a aucun souvenir de son passage à Homecoming.

« I’m responsible for it, the memories. Keeping them alive. »

Éclipsé par les têtes de gondole de Netflix, Homecoming n’en est pas moins le chef-d’œuvre de l’année. La série du créateur de Mr. Robot rend un hommage époustouflant aux maîtres du suspense (De Palma, Pakula et Hitchcock en tête), tout en contant une histoire d’amour aussi pudique que bouleversante. Pour maintenir le spectateur dans une tension permanente, Homecoming concentre son intrigue sur des épisodes courts, au récit déstructuré, qui voient les personnages courir après le temps, dans un jeu de piste haletant.

Si l’œuvre brille par sa mise en scène virtuose, elle se distingue également par son atmosphère sonore immersive et sa bande-son qui reprend les airs de classiques du suspense. À saluer la présence toujours bienvenue de l’excellent Shea Whigham et la prestation de Julia Roberts qui, pour son premier rôle dans une série, rappelle ce qui fait d’elle une star. Au fond, le seul regret face à une œuvre aussi magistrale est de ne pas pouvoir la voir au cinéma.

 

2. SUCCESSION

Genre : tragédie shakespearienne
Épisodes : 10 épisodes de 56 à 65 minutes
Diffusion : OCS City
Bande–annonce :
 saison 1 vo

L’histoire : À 80 ans, le magnat des médias Logan Roy n’arrive pas à se résoudre à remettre les clefs de son empire à son fils aîné, Kendall. Lorsqu’il est victime d’un accident cérébral, ses quatre enfants se déchirent pour monter sur le trône. Mais le patriarche n’a pas dit son dernier mot.

« I can promise you that I am spiritually and emotionally and ethically and morally behind whoever wins. »

Diffusée discrètement cet été sur HBO, Succession mérite pourtant qu’on lui déroule le tapis rouge. Cette tragédie familiale met en scène une galerie de personnages détestables, incarnant tous les maux d’une humanité pervertie par le pouvoir et l’argent. En filigrane, la critique teintée d’ironie d’une société qui ne permet qu’aux monstres d’accéder au sommet.

Le patriarche, Logan, est un self-made man infect et vaniteux. Il n’a que mépris pour ses quatre enfants qui tentent désespérément d’exister dans l’ombre écrasante de leur père. Passionnant jeu de pouvoir, Succession se distingue par ses joutes verbales féroces, sa mise en scène nerveuse qui multiplie zooms et décadrages, et le jeu brillant de l’ensemble de ses acteurs. À relever la prestation époustouflante de Jeremy Strong dans le rôle du fils aîné ivre de reconnaissance et de rancœur.

 

3. THE TERROR

Genre : horreur
Épisodes : 10 épisodes de 45 minutes
Diffusion : Amazon Prime Video
Bande–annonce :
 saison 1 vo

L’histoire : 1845. Deux navires de la Marine Royale britannique entreprennent un long voyage dans l’Arctique, à la recherche d’un passage permettant de relier l’Atlantique au Pacifique. Bloqués par les glaces, ils doivent affronter les assauts conjugués de la faim, des épidémies et d’une mystérieuse créature qui décime l’équipage.

– We are at the end of vanity.
– Then you are free.

Servie par une distribution éblouissante, la mini-série produite par Ridley Scott retrace le destin tragique de l’expédition Franklin disparue dans l’Arctique, au XIXe siècle. Bloqués par les glaces, les marins durent abandonner leurs navires et périrent de froid et d’épidémie. D’abord ternie par une débauche de retouches numériques, la série se révèle pleinement dans ses quatre derniers épisodes, qui empruntent à l’univers du réalisateur d’Alien pour mettre en scène l’épilogue funeste de l’expédition.

Les marins, prenant conscience qu’ils marchent vers la mort, doivent lutter au plus profond de leur être pour rester soudés et ne pas céder à l’abomination. Un huis clos horrifique qui offre des séquences d’une beauté déchirante. Seuls face à leur âme, aux confins de la civilisation, les derniers vivants de cette expédition maudite deviennent les héros d’une tragédie grecque, grandiose et pathétique.

En savoir plus : billet de blog complet

 

4. SHARP OBJECTS

Genre : thriller familial
Épisodes : 8 épisodes de 60 minutes
Diffusion : OCS City
Bande–annonce :
 vostfr

L’histoire : Journaliste torturée, Camille Preaker est envoyée par son rédacteur en chef dans sa ville natale du Missouri pour couvrir la disparition inquiétante de deux adolescentes. La jeune femme appréhende de retrouver sa mère Adora, icone locale, avec qui elle entretient des rapports conflictuels.

« Sometimes you need to be mean or hurt. »

Mini-série choc de l’été, Sharp Objects explore la part d’ombre des relations mère fille. Un coup de maître, d’une violence psychologique inouïe. Hitchcockienne jusqu’au bout des ongles, la série jette une lumière crue sur ces générations de femmes qui, dans le secret de la cellule familiale, mutilent leurs filles à l’aide de mots plus tranchants qu’un rasoir, ou les lapident par leur indifférence.

Telle un papillon pris dans la toile d’une araignée, Camille (Amy Adams) est irrémédiablement aspirée dans le vortex de son passé. Alors qu’émergent les cadavres, le spectateur assiste impuissant à la lente autodestruction de l’héroïne. Un tourbillon démoniaque, filmé avec maestria, à la façon d’un cauchemar éveillé. Préparez-vous à être hanté.

En savoir plus : billet de blog complet

 

5. BODYGUARD

Genre : action palpitante
Épisodes : 6 épisodes de 58 à 76 minutes
Diffusion : Netflix
Bande–annonce :
 vostfr

L’histoire : Le sergent David Budd, vétéran de la guerre d’Afghanistan, assure la protection de personnalités à Londres. Suite à un geste héroïque, il est promu au service de la secrétaire d’État à l’Intérieur, Julia Montague, dont la politique ultra-conservatrice représente tout ce qu’il méprise.

« I’ll do what’s required. »

Prévoyez de libérer votre agenda pour cette série palpitante, la plus populaire de l’histoire de la télévision britannique (un tiers de la population était devant son écran pour visionner l’épisode final sur BBC One). Le terme binge-watching semble en effet avoir été créé pour ce thriller qui, sur la base d’une intrigue des plus classiques, réussit à littéralement happer le spectateur.

La clef ? Des rebondissements 100% shocking, un rythme haletant, des scènes d’action ultra réalistes, filmées en temps réel, une histoire d’amour intense et une intrigue portée par des personnages complexes, à mille lieux des clichés du genre. Dans le rôle du héros taiseux, Richard Madden (Game of Thrones) est impeccable.

 

6. ESCAPE AT DANNEMORA

Genre : évasion
Épisodes : 7 épisodes de 51 à 99 minutes
Diffusion : Canal+ Séries
Bande–annonce :
 vostfr

L’histoire : Détenus dans une prison du nord de l’État de New York, Richard Matt et David Sweat décident de s’évader. Ils vont profiter de la liaison que David entretient avec une employée, Tilly Mitchell, pour se procurer les outils qui leur permettront de creuser un tunnel dans le mur de l’enceinte.

« For once in our lives, we’re winning. »

L’intrigue de cette mini-série s’inspire de l’histoire vraie de l’évasion de deux détenus de la prison de Dannemora, qui avait déclenché une chasse à l’homme dans tout l’État de New York. Plus proche de Oz que de Prison Break, cette œuvre passionnante se distingue avant tout par le réalisme avec lequel elle décrit le milieu carcéral et l’Amérique profonde.

Pour sa première série en tant que réalisateur, Ben Stiller s’est entouré d’une distribution de prestige : Benicio del Toro, Patricia Arquette et l’excellent Paul Dano se partagent l’affiche. En quinquagénaire white trash que le frisson de la transgression extrait d’une existence sans relief, Patricia Arquette est impressionnante. Un rôle pour lequel elle s’est métamorphosée physiquement et qui devrait de facto lui valoir un Golden Globe.

 

7. AU NOM DU PÈRE

Genre : drame familial
Épisodes : 10 épisodes de 58 minutes
Diffusion : Arte (accès libre jusqu’au 29 décembre)
Bande–annonce : 
saison 1 vf

L’histoire : Descendant d’une longue lignée de pasteurs, Johannes Krogh tient à ce que ses deux fils, qu’il a élevés à la dure, suivent sa voie. Si le plus jeune sert sagement dans l’armée en tant qu’aumônier, l’ainé décide de tourner le dos à l’église, mû par une colère sourde.

 « Il est dans notre nature de vouloir être Dieu. Mais, il n’y a qu’un Dieu. »

Cinq ans après Borgen, Adam Price revient interroger les fondements de la société danoise, tout en donnant à son récit une dimension universelle. Au cœur de cette œuvre coproduite par Arte : la religion, l’image contemporaine de l’homme et la question vertigineuse du doute. Sans pathos, la série explore les enjeux complexes de la relation père fils, entre quête d’identité masculine et conflit de loyauté.

Contraint par son père de revêtir l’habit pastoral, Johannes fait porter le même fardeau sacrificiel à ses fils, conditionnant son amour à leur réussite au sein de l’église. S’ils veulent devenir des hommes, August et Christian devront s’émanciper du joug de leur Dieu. Mais y parviendront-ils ? À noter que Lars Mikkelsen a reçu l’International Emmy Award du meilleur acteur pour son rôle de patriarche tyrannique.

 

8. THE LITTLE DRUMMER GIRL

Genre : espionnage
Épisodes : 6 épisodes de 58 minutes
Diffusion : BBC One, Canal+ (début 2019, disponible dans l’intervalle sur myCANAL)
Bande–annonce :
 vo

L’histoire : Bonn, 1979. Une bombe explose au cœur du quartier diplomatique, tuant un enfant. Le Mossad décide de recruter une jeune actrice, sympathisante de l’Organisation de libération de la Palestine, pour piéger l’homme suspecté d’être à l’origine de la série d’attentats perpétrés contre des Juifs, dans toute l’Europe.

« This is your debut in the theatre of the real. »

Adaptée du roman de John Le Carré, la première série du cinéaste coréen Park Chan-wook plaira aux amateurs d’espionnage, mais pas seulement. Là où The Night Manager (billet consacré à la série) alignait les clichés embarrassants sur le genre, The Little Drummer Girl se révèle nettement plus riche et complexe.

Fasciné par la question du double, Park Chan-wook délaisse les enjeux politiques pour se concentrer sur la métamorphose de son héroïne. Une jeune femme malléable, aveuglée par l’amour, et que son rôle d’espionne va faire basculer dans la folie. Au cœur de cette œuvre captivante, un brin fétichiste et délicieusement freudienne, la jeune Florence Pugh crève l’écran.

 

9. JACK RYAN

Genre : espionnage
Épisodes : 8 épisodes de 42 à 64 minutes
Diffusion : Amazon Prime Video
Bande–annonce :
 saison 1 vo, saison 1 vf

L’histoire : Analyste de la CIA et ancien Marine, Jack Ryan enquête depuis son bureau de Washington sur des transactions suspectes, qui lui font craindre la préparation d’un attentat de grande envergure. Lorsque ses supérieurs l’envoient sur le terrain, il se retrouve au cœur d’une nouvelle cellule terroriste, dirigée par un homme élevé en France : Mousa Bin Suleiman.

« There is no version of this job that doesn’t require compromise. »

Après s’être fait connaître au cinéma, le héros des romans d’espionnage de Tom Clancy est incarné pour la première fois sur petit écran. Imaginant l’émergence d’un Ben Laden français passé par la Seine-Saint-Denis, la série évite les stéréotypes sur le terrorisme islamiste pour livrer une analyse géopolitique étonnamment subtile.

Jack Ryan va, tout au long de cette première saison, découvrir que la guerre est sale, d’où que l’on se situe, et qu’il n’existe pas de solution miracle à un conflit. Bien documentée, la série suit la route des réfugiés syriens pour illustrer les enjeux et ramifications inextricables de ce nouvel Hydre de Lerne. Un parti pris réaliste qui démontre que l’on peut produire une série d’action passionnante tout en évitant les postures manichéennes.

 

10. KIDDING

Genre : comédie dramatique
Épisodes : 10 épisodes de 30 minutes
Diffusion : Canal+
Bande–annonce :
 vostfr

L’histoire : Animateur vedette d’une émission de télévision pour enfants, Jeff Pickles ne se remet pas de la disparition accidentelle de son fils. Pour ne plus dissimuler ses émotions à l’écran, il propose de consacrer une émission à la mort, mais se heurte au refus catégorique de son père, producteur exécutif du show.

« Every pain needs a name. What do you think this one is called? »

Très attendue, la première série de Michel Gondry et Jim Carrey ne reproduit hélas pas le miracle d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Kidding conserve néanmoins l’A.D.N. de l’œuvre de Gondry : une vision profondément candide du monde. Comme il sait si bien le faire, le réalisateur français met en scène des personnages que la confrontation avec la vie adulte a éloignés de leur nature profonde et qui ne peuvent trouver le bonheur qu’en se reconnectant à leur âme d’enfant.

Teintée d’une discrète ironie, la série invite à une réflexion subtile sur la quête d’identité masculine, tout en soulignant que la bonté est un choix et sans doute le seul salut de l’humanité. Une parenthèse enchantée qui manque parfois de finesse, mais offre à Jim Carrey l’un de ses plus beaux rôles.

En savoir plus : billet de blog complet

 

Et vous, quelles nouveautés avez-vous préférées, cette année ?

 

 

Emilie Jendly

Emilie Jendly

Emilie Jendly est passionnée de séries télévisées depuis 20 ans. Journaliste franco-suisse, elle présente sur ce blog les nouveautés à ne pas manquer. Spoil prohibé.

6 réponses à “Top 10 des meilleures séries de 2018 à rattraper pendant les fêtes

  1. The bodyguard débutait bien mais les derniers kers épisodes étaient ridiculement y mauvais et clichés.

    Hâte de regarder ‘Homecoming’ et ‘The Little Drummer Girl’ Park Chan Wook!!!) dont je n’avais jamais entendu parlé. Merci !

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