Tous ces pas qui font avancer la parité salariale

Les entreprises qui emploient au moins 100 personnes sont tenues d’effectuer dès aujourd’hui une analyse de l’égalité salariale. Cet instrument n’est pas la panacée, d’autres moyens permettent d’y tendre. Deux objets soumis aux urnes cet automne, par exemple.

 On le sait, le législateur doit veiller à l’égalité salariale pour un travail égal ou comparable. La loi sur l’égalité, qui date de 1996, a fait l’objet d’une récente révision, qui entre en vigueur en ce 1er juillet: les entreprises employant au moins 100 personnes sont désormais tenues d’effectuer une analyse de la parité salariale. Pour y parvenir, la Confédération met à disposition une version modernisée de son outil d’analyse standard de l’égalité salariale (Logib), sous la forme d’une application web.

Légiférer dans ce domaine est a priori louable, mais cela ne suffit manifestement pas à faire avancer cette cause. D’après une enquête sur la structure des salaires réalisée par l’Office fédéral de la statistique (OFS) en 2016, la part inexpliquée de l’écart salarial entre femmes et hommes s’élève en moyenne à 7,7%. Cela représente 642 francs par mois. C’est pourquoi je reste convaincue que cette question ne sera pas résolue dans notre pays tant et aussi longtemps que le problème de l’accueil des enfants ne sera pas réglé à satisfaction. Une femme doit pouvoir travailler suffisamment pour disposer des ressources lui permettant de financer la garde de sa progéniture, et ainsi pouvoir évoluer dans son cursus professionnel et accéder à des postes dirigeants.

Plafond de verre pesant

Selon l’OFS, 59% des femmes et 18% des hommes travaillent à temps partiel. La maternité et la situation familiale sont les facteurs qui poussent ces dernières à opter pour ce modèle de travail. L’interruption du parcours professionnel est doublement pénalisante pour les femmes, car elle les prive à la fois d’un revenu et de l’ancienneté dans l’entreprise. Celles qui connaissent des arrêts liés à la maternité sont perdantes dans ce système, qui doit absolument évoluer. D’autant que le départ programmé des baby-boomers créera un grand besoin de main-d’œuvre. Ces postes à responsabilité, les femmes sont parfaitement en mesure de les assumer. A côté de la flexibilisation du travail, la formation continue doit aussi leur permettre de briser ce pesant plafond de verre.

Deux objets fédéraux soumis au scrutin populaire en septembre permettront d’apporter de nouvelles pierres à l’édifice de la parité salariale: l’augmentation de la déduction fiscale des frais de garde de 6500 à 10’000 francs pour chaque enfant mineur, en apprentissage ou en études. Cette élévation favorisera l’égalité des chances professionnelles pour les femmes et leur évolution de carrière, tout comme le congé-paternité de deux semaines. Financé sur le modèle de l’assurance maternité, via les allocations pour perte de gains (APG), un tel congé posera certes des défis organisationnels à de nombreuses PME. Le fait que ces dix jours soient modulables en journées fractionnées sur six mois doit toutefois permettre une application flexible.

L’économie s’engage pour davantage de places d’accueil de même que pour l’aménagement des horaires de travail. Des incitations fiscales permettraient de renforcer ce trend, car c’est bien l’addition de ces efforts qui contribuera à faire avancer l’égalité salariale.

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L’innovation sera l’une des clés pour sortir de la crise

La pandémie du Covid-19 va durablement impacter notre économie. Pour poursuivre leurs activités, les entreprises de notre pays devront s’adapter et, surtout, innover. Disposer de bonnes conditions-cadres favorisera aussi le redémarrage.

Sans mauvais jeu de mots dans le contexte du coronavirus, aujourd’hui, c’est bel et bien l’économie qui est au creux de la vague. Les aides fédérales et cantonales ont certes permis à beaucoup d’entreprises de surmonter le choc de la pandémie, mais l’incertitude demeure en raison d’un manque de visibilité à terme. Et toutes les sociétés ne parviendront hélas pas à s’en sortir.

Les soutiens financiers sont une condition nécessaire, mais pas suffisante pour permettre un redémarrage. Pour espérer aller de l’avant, l’économie aura besoin, encore plus que par le passé, de conditions-cadres favorables. De ce point de vue, la mise en œuvre rapide de la RFFA dans les cantons permettra aux entreprises de profiter des nouvelles mesures fiscales visant à promouvoir l’innovation (déduction pour la R&D, patent box), pour peu, évidemment, qu’elles soient en mesure de payer des impôts. L’octroi de ressources supplémentaires pour la recherche compétitive, par le biais d’Innosuisse, notamment, donnerait également des perspectives aux entrepreneurs innovants. La participation au programme-cadre européen de recherche (Horizon Europe) constituerait elle aussi un vecteur de rebond important pour certaines entités.

Préserver le secteur R&D

A côté des conditions-cadres, l’innovation reste le principal moteur du développement économique en Suisse. L’étude «Vaud innove», cosignée par la CVCI et dont la version imprimée vient de sortir de presse, montre que l’écosystème d’innovation du canton a favorablement évolué ces dernières années. Les branches à forte composante technologique, comme la pharma, ont connu une progression réjouissante. Cette orientation vers des activités à haute valeur ajoutée constitue un atout pour l’économie vaudoise, et elle a contribué à la rendre moins sensible aux aléas de la conjoncture. Il n’en demeure pas moins que cette situation enviable est loin d’être acquise. D’autant plus, comme le conclut l’étude, que la crise actuelle pourrait voir le flux d’investissements quelque peu fléchir, provisoirement du moins. Aussi, à l’heure de revoir leurs budgets, les entreprises devront se garder de couper dans la recherche et le développement.

Confrontés aux grandes difficultés actuelles, les entrepreneurs devront donc se montrer inventifs et prendre des risques. Les modèles d’affaires devront être repensés, de nouveaux produits et des processus plus efficaces devront émerger. Réactives, beaucoup d’entre elles se sont adaptées rapidement et ont déjà intégré les nouvelles pistes de développement que la pandémie a révélées, comme l’accélération de la numérisation, les changements de consommation et de production, le développement de la créativité, de nouvelles organisations de travail ou, encore, la simplification des procédures.

Innover rime plus que jamais avec opportunité.

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Il faut continuer de former des apprentis!

Les conséquences économiques de la pandémie actuelle font peser de lourdes menaces sur le domaine de l’apprentissage. La période habituelle de recrutement entre avril et août est fortement entravée. Il y a pourtant urgence à soutenir aujourd’hui la relève de demain.

Faillites d’entreprises formatrices, chômage et licenciements, incertitudes quant à l’avenir, priorités financières et organisationnelles revues dans l’économie: la crise sanitaire n’incite guère aux investissements, en tout cas dans un avenir proche. Elle pourrait ainsi pousser plus d’une entreprise à renoncer à engager des apprentis pour 2020-2021. Ce serait pourtant un bien mauvais calcul, car renoncer à former la relève aujourd’hui aura un impact fâcheux dans les prochaines années. Disposer de personnel qualifié est l’une des conditions nécessaires à la reprise économique et à sa consolidation dans la durée. En outre, l’apprentissage joue un rôle central dans l’insertion sociale et économique des jeunes, et limite en cela les risques de les voir glisser vers une situation de rupture.

L’expérience montre qu’une formation professionnelle solide a une incidence directe sur la santé de l’économie. De nombreuses études l’attestent. C’est pourquoi, lors de chaque fléchissement conjoncturel, des initiatives visant à relancer l’apprentissage ont être prises tant au plan fédéral que cantonal. Ce fut en particulier le cas en 1997, puis en 2009. Les collectivités publiques ont pris des mesures d’aides et de soutien dans différents domaines pour lutter contre les effets de la crise sanitaire actuelle. Celui de l’apprentissage ne doit pas faire exception.

Des mesures concrètes

Dans ce contexte, les associations économiques vaudoises, dont la CVCI, ont adressé la semaine dernière une lettre au Conseil d’Etat par laquelle elles demandent des mesures complémentaires ou subsidiaires à celles mises en œuvre par les autorités fédérales. Une initiative en faveur de la formation des jeunes figure en bonne place sur la liste: les entreprises qui engagent un apprenti en août 2020 devraient bénéficier, à titre exceptionnel, de la prise en charge de 50% du salaire de l’apprenti durant la première année d’apprentissage. Nous attendons impatiemment la réponse du Château.

La Confédération, de son côté, a rapidement empoigné le problème. Elle a mis sur pied, jusqu’à la fin de l’année, une «Task Force Perspectives Apprentissage 2020», qui sera chargée de promouvoir le recrutement d’apprentis et l’embauche de titulaires d’une formation professionnelle. Partie prenante, l’Union patronale suisse soutient cette initiative et ses objectifs. La task force ambitionne de pourvoir les plus de 15’000 postes d’apprentissage encore vacants.

Engager des apprentis et les embaucher autant que possible après leur formation devrait être l’une des préoccupations des chefs d’entreprise à l’heure de la reprise. Octroyons-leur les moyens de remplir cet objectif gage d’avenir.

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Le redémarrage économique demandera de l’audace et du courage

Surmonter la pandémie actuelle constitue un défi majeur pour nos entreprises. Reprendre confiance dans un contexte aussi incertain exigera une prise de risques à laquelle notre pays n’est pas forcément habitué. C’est pourtant l’une des clés pour sortir de cette situation hors norme.

La crise sanitaire que nous vivons depuis bientôt trois mois s’est rapidement doublée d’un blocage de l’économie sans précédent. Les mesures d’aides urgentes et vigoureuses décidées par le Conseil fédéral, à l’image du chômage partiel, ont permis à une majorité d’entreprises d’encaisser le choc de cette première phase de la pandémie. Au moment où le déconfinement se met graduellement en place, un nouveau défi de taille attend l’industrie et le commerce: redémarrer pleinement les activités dans un environnement incertain d’où le Covid-19 n’a pas disparu. Le respect strict des consignes sanitaires est une condition sine qua non de la reprise. Il s’agit donc de garder ce virus à l’œil pour que l’économie puisse repartir.

Ce redémarrage, c’est certain, exigera du courage et de l’audace. Portée vers l’exportation, l’économie suisse gagne un franc sur deux à l’étranger. Même si les marchandises circulent, la demande mettra probablement des mois pour repartir. Et il paraît probable que le marché indigène redécollera lui aussi doucement. Le récent sondage que la CVCI a réalisé auprès de ses membres sur les effets de cette crise sanitaire montre que les entreprises, fortement impactées, comptent sur un retour à la normale au deuxième semestre. Dans ce contexte, reprendre confiance et regagner celle des consommateurs et des investisseurs ne sera pas une mince affaire. A cet égard, le maintien de conditions-cadres favorables demeure primordial.

S’inspirer de cette expérience

Les entrepreneurs devront se montrer persévérants – ils le sont par essence -, inventifs et prêts à prendre des risques. Ce dernier trait de caractère, il faut bien l’admettre, n’est pas forcément inscrit dans l’ADN des Suisses, au contraire des Anglo-Saxons qui en ont fait une marque de fabrique. C’est pourtant bien dans ce registre que les chefs d’entreprise d’ici pourront trouver matière à résoudre l’équation complexe qui se dresse devant eux. Notre sondage sur les effets du Covid-19 montre que cette crise a fait émerger nombre d’effets positifs dont il pourrait être judicieux de s’inspirer. Je veux parler notamment de l’accélération de la numérisation, des changements de consommation et de production, du développement de la créativité, du télétravail et des nouvelles organisations de travail, du retour à une production locale et de la simplification de certaines procédures.

Les incertitudes, qu’elles soient d’ordre sanitaire, économique ou politique, sont certes encore nombreuses. La situation inédite que nous vivons devrait pourtant être considérée comme une opportunité et servir de base à une réflexion sur nos modes de fonctionnement. Les valeurs humanistes, que l’on a sans doute un peu trop négligées ces dernières années, devront elles aussi être prises en compte dans ce nouveau départ. La CVCI et ses services seront à vos côtés pour vous accompagner dans ce monde où beaucoup reste à réinventer.

www.cvci.ch/coronavirus

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L’économie vaudoise se défend bien dans un environnement morose

En dépit des nuages qui s’accumulent à l’horizon, une bonne partie des entreprises du canton de Vaud restent confiantes quant aux perspectives conjoncturelles. Par ailleurs, le développement durable fait peu à peu son nid au sein des sociétés.

Les perspectives économiques pour la Suisse demeurent sombres pour la fin de cette année, selon le centre de recherches conjoncturelles KOF de l’École polytechnique fédérale de Zurich. À fin septembre, le baromètre économique de ce dernier a atteint son niveau le plus bas depuis 2015. En dépit de ces présages, rien ne semble devoir entamer la foi des entrepreneurs vaudois en leurs affaires. Les résultats de l’enquête conjoncturelle semestrielle de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI), publiés hier, montrent que les chefs d’entreprises restent globalement confiants quant à l’évolution économique à moyen terme. Le constat vaut également pour le secteur industriel, bien qu’il soit davantage dépendant des aléas des marchés mondiaux.

S’agissant de 2019, notre enquête montre que la marche des affaires est jugée satisfaisante ou positive par 85% du panel, tant dans le secteur secondaire que dans le tertiaire. Les excellents résultats de l’an dernier ont favorisé une hausse sensible des salaires en début d’année, puisque près de 60% des entreprises ont accordé des augmentations de l’ordre de 1,2%. La dynamique demeure favorable en matière d’emploi: plus d’un quart des répondants ont augmenté leurs effectifs, aussi bien dans l’industrie que dans les services. Cette tendance devrait se poursuivre, puisqu’un répondant sur cinq prévoit d’embaucher l’an prochain. Seuls 7% d’entre eux s’attendent à devoir réduire leur personnel.

Un pic a été atteint

Si les prévisions à moyen terme paraissent favorables, le pic semble toutefois avoir été atteint. Les industriels, en particulier, relèvent quelques signaux tempérant le climat conjoncturel actuel, ainsi qu’un manque de visibilité à plus long terme. Ceux-ci sont d’ailleurs globalement moins satisfaits du niveau de leurs marges d’autofinancement que l’an dernier. En outre, 37% des entreprises ont procédé à des investissements cette année (contre 38% en 2018), un pourcentage qui devrait encore baisser l’an prochain, à 35%.

L’alarmisme n’est pourtant pas de rigueur. La croissance, même à la baisse, reste pour l’heure positive. Les fondamentaux de notre économie demeurent consistants. Il convient toutefois de rester vigilant et réactif. Les réformes doivent être poursuivies, de même que les efforts pour garantir des conditions-cadres solides. Il s’agira surtout de clarifier et de régler rapidement un dossier majeur: celui de nos relations avec l’Union européenne. Il est en outre primordial de pérenniser une formation de haute qualité pour faire éclore les talents dont notre économie aura besoin pour maintenir sa prospérité.

En marge de son enquête semestrielle, la CVCI a également demandé à ses membres s’ils avaient mis sur pied des projets liés au développement durable ces deux dernières années. Quatre répondants sur dix déclarent avoir réalisé des actions ou des projets dans le but d’améliorer la performance économique de leur entreprise, tout en intégrant des enjeux environnementaux ou sociaux. Il ressort enfin que 29% des entreprises ont déjà mis en place des plans de mobilité. Davantage concernées par cette problématique, les sociétés de plus de 100 collaborateurs sont plus nombreuses à avoir franchi le pas (56%). Les mesures instaurées consistent principalement en des encouragements à l’utilisation des transports publics (61%) et, pour près d’un répondant sur deux, en services aux collaborateurs (crèche, restaurant d’entreprise, télétravail, vidéoconférence, etc.). La CVCI organise depuis plusieurs années des séminaires pour accompagner les entreprises dans l’établissement de plans de mobilité, et va poursuivre ses actions de sensibilisation.

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L’innovation vaudoise sous la loupe

On salue loin à la ronde la capacité du canton de Vaud à innover. Mais quels sont les contours exacts et l’importance de cet écosystème? L’étude «Vaud innove», réalisée par la CVCI, la BCV et Innovaud, et disponible dès aujourd’hui sur un site internet dédié, répond à ces questions et à bien d’autres.

L’avenir appartient à ceux qui innovent tôt. Cet adage revisité résume les enjeux et défis qui se profilent pour l’économie à l’heure de la digitalisation, des algorithmes et de l’intelligence artificielle. Le canton de Vaud, la Suisse romande et la Suisse ont heureusement compris depuis belle lurette l’importance de l’innovation en dynamisant la recherche et le transfert de technologie, au point de faire de cet écosystème l’un des plus vigoureux du monde. Mais que sait-on réellement de la cartographie et des perspectives de l’innovation vaudoise?

C’est pour dresser un bilan de la dynamique en route que la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI), la Banque Cantonale Vaudoise, via son Observatoire de l’économie vaudoise, et Innovaud ont réalisé l’étude «Vaud innove». Chaque semaine pendant deux mois, un thème relatif à l’innovation sera abordé en détail sur le site internet www.vaudinnove.ch. Le premier volet, en ligne dès aujourd’hui, aborde les contours de cet écosystème et détaille quelques-unes créations les plus emblématiques réalisées par des entreprises établies dans le canton, comme la souris de Logitech ou les capsules de café Nespresso.

D’autres chapitres exploreront successivement les différents visages de l’innovation dans le canton, la force de son dispositif de recherche académique, les flux de transfert de technologie vers l’économie, les impacts et les enjeux de l’innovation pour les entreprises et la création d’emplois, les conditions-cadres, etc.

Innover est la clé de la pérennité

Ce travail de recherche, basé sur l’analyse fine de très nombreuses data récentes, n’a pas été réalisé dans la seule intention de célébrer le génie vaudois. Ces informations de référence ont avant tout pour but de montrer les spécificités et les besoins de cet écosystème à tous les acteurs économiques et politiques afin qu’ils en prennent toute la mesure.

Nos entreprises le savent: innover est la clé de la pérennité, d’autant plus que le marché suisse, même s’il croît, est limité et que la matière grise est la seule ressource dont nous disposons. Innover, c’est la condition sine qua non pour rester compétitif, conquérir de nouveaux marchés et participer activement à la prospérité du canton.

Mais rien n’est cependant acquis: l’innovation reste un processus qui doit être encadré et soutenu constamment pour demeurer dynamique.

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L’EPFL, un modèle d’ouverture sur le monde

L’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) célèbre ses 50 ans cette année. Figurant dans les meilleurs classements académiques mondiaux, l’institution a su s’ouvrir vers l’étranger, entraînant tout un canton dans son sillage.

Nul doute qu’il y aura foule, les 14 et 15 septembre prochains, sur le campus de l’EPFL, à Ecublens. A l’occasion de son demi-siècle d’existence, l’institution ouvrira ses portes pour présenter son rôle et ses missions au public, qui aura l’opportunité de mesurer l’excellence de celle qu’on appelait autrefois l’EPUL. Sous la houlette de son ancien président, Patrick Aebischer, l’EPFL est devenue un établissement de premier plan au niveau mondial, trustant les places d’honneur dans les classements académiques planétaires. Ouverture à l’univers des neurosciences, à l’innovation en général et mise en valeur du site – le rutilant Rolex Learning Center en est la parfaite illustration – ont contribué à accentuer et à pérenniser une renommée justifiée.

Son successeur, Martin Vetterli, lui a emboîté le pas afin de maintenir ce haut niveau d’exigence dans un monde universitaire toujours plus concurrentiel. Invité l’autre soir sur le plateau du «19:30» de la RTS, le président actuel de l’EPFL a rappelé combien ces «rankings» donnaient une grande visibilité à l’institution, qui lui permettent d’attirer des professeurs et des chercheurs de renom des quatre coins de la planète. Cette réputation suscite également des vocations dans les auditoires: l’école compte aujourd’hui plus de 11’000 étudiants venant de plus de 116 nationalités.

Ce cosmopolitisme illustre à quel point notre pays a besoin de l’étranger pour prospérer. Interrogé sur le surplace de l’accord-cadre, Martin Vetterli a d’ailleurs fait part de l’inquiétude que ce blocage institutionnel suscitait pour les milieux académiques dans la perspective d’une collaboration scientifique à l’échelle européenne.

Migration bénéfique

Hasard du calendrier, une statistique vaudoise sur la migration diffusée la semaine dernière tombe à point nommé pour rappeler combien l’ouverture est bénéfique pour l’économie suisse. Il ressort ainsi que la part de la population active issue de la migration, prise en compte jusqu’à la troisième génération, a atteint 54% dans le canton de Vaud en 2018. Selon les chiffres publiés, «445’000 résidants exercent une activité professionnelle ou sont à la recherche d’un emploi. La population active vaudoise compte ainsi 104’000 personnes de plus (+31%) qu’en 2002, année de l’entrée en vigueur de l’Accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne.» Rappelons, dans ce contexte, que le taux de chômage dans le canton s’est établi à 3,2% à la fin du mois de juillet 2019.

À l’heure où certains prônent le repli et l’isolationnisme, il est bon de rappeler que notre pays ne saurait vivre en vase clos et qu’il a tout intérêt à entretenir les meilleures relations possibles avec ses partenaires européens et d’ailleurs. Il conviendra de s’en souvenir à l’heure de glisser son bulletin de vote le 20 octobre prochain à l’occasion des élections fédérales.

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Créativité, diversité, innovation, les atouts de l’enseignement privé


Une école en vue qui ferme ses portes traduit-elle les difficultés d’un secteur tout entier ? Comme une hirondelle ne fait pas le printemps, la fermeture récemment annoncée de l’école GEMS, à Etoy, n’annonce pas les frimas pour les établissements privés de notre région.

Il est évidemment malheureux de voir des emplois disparaître et des investissements ne pas connaître la réussite espérée. Mais cette conclusion regrettable ne traduit pas la réalité de l’Arc lémanique. En effet, l’écrasante majorité des nombreuses écoles installées dans notre région se porte bien. Le poids économique direct et indirect de ce secteur contribue à faire de la Suisse romande un environnement à haute valeur ajoutée. En effet, l’enseignement privé n’est ici ni une nouveauté, ni une spécialité réservée à une élite. Rien que sur Genève et Vaud, l’Office fédéral de la statistique recense plus de 220 écoles privées, dont trois quarts d’établissements non subventionnés. Ils reflètent une tradition qui a évolué avec son temps, et qui conjugue désormais une multitude d’offres, de méthodes et d’approches qui répondent à des besoins nouveaux.

Car une société plus ouverte, plus mobile, plus attentive à la diversité des parcours personnels et des aptitudes, attend des institutions chargées de la transmission du savoir de sortir d’un modèle unique. Par définition, l’école publique, qui change elle aussi à son rythme, ne peut couvrir l’ensemble des demandes. Dans cette perspective, il est intéressant de noter une complémentarité qui s’exprime notamment dans le développement, ces dernières années, d’établissements centrés sur des cursus bilingues ou plurilingues. La demande ne vient pas que des « expats » : les familles d’ici savent aussi l’importance de ce facteur dans l’avenir de leurs enfants, et trouvent dans ces écoles réponse à leurs aspirations. Cela dit, il est clair que la présence de ces établissements, qui garantissent à leurs élèves un continuum en termes de cursus scolaire, fait partie des atouts majeurs de notre région en matière d’attractivité économique.

Une complémentarité gagnante

La flexibilité inhérente à l’organisation privée permet également de tester des nouveautés pédagogiques, d’anticiper, de créer un cadre différent. Et, parfois, de tester des éléments qui seront utiles au public – à témoin le programme pilote qu’une école vaudoise a développé en coopération avec la Haute école pédagogique (HEP) du canton de Vaud, pour l’adoption pédagogique des outils numériques.

De 2014 à 2016, l’école Haut-Lac, établissement international bilingue installé à Blonay, a conduit un projet baptisé « un élève – une tablette », impliquant huit enseignants et deux formateurs chercheurs de la HEP Vaud. Il s’agissait de tester, d’observer et d’optimiser, à échelle réelle, l’utilisation d’une tablette numérique en classe pour chaque élève. L’objectif ? Améliorer les techniques d’enseignement, renforcer les apprentissages et la formation des enseignants, et documenter la recherche scientifique. Les chercheurs de la HEP Vaud ont en effet régulièrement transmis leurs conclusions à la communauté scientifique internationale. Le modèle a inspiré l’approche actuelle du numérique par l’enseignement public vaudois. Un exemple très parlant alliant innovation et complémentarité.

C’est encore sous l’œil de la complémentarité que l’on doit considérer le rôle des établissements privés dans leur capacité à intégrer des typologies d’élèves qui représentent un défi particulier. De manière générale, cette complémentarité globale est bien comprise par les pouvoirs publics, qui y trouvent leur compte. La reconnaissance récente par Genève de la délivrance de la maturité cantonale par les établissements privés en est la preuve. Vaud reste, en Suisse, l’un des derniers cantons à n’avoir pas franchi ce pas.

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La croissance ralentit, mais l’heure n’est pas à l’alarmisme

Le Brexit, qui s’éternise, et les guerres commerciales allumées par le président Trump réactivent le spectre d’une récession. Les perspectives restent néanmoins globalement favorables, selon les experts. Le chômage, lui, ne préoccupe plus guère les Suisses.

C’est une première depuis plus de vingt ans: le chômage, qui figurait en tête des préoccupations de la population dans le Baromètre de l’institut gfs.bern et de Credit Suisse depuis 1997, a été relégué au sixième rang. Désormais, la prévoyance vieillesse est la première source d’inquiétude de nos compatriotes, devant la santé/assurance-maladie. Suivent les problématiques des étrangers, de l’asile, et de la protection de l’environnement. Le chômage a ainsi accusé un recul considérable de 22 points de pourcentage en une année. Selon les auteurs de cette enquête, «le débat actuel sur la destruction d’emplois par la numérisation ne semble guère influencer la perception des Suisses. Par rapport à l’année dernière, beaucoup moins de sondés perçoivent le chômage comme une préoccupation et 75% des Suisses jugent également peu probable que leur emploi soit remplacé par des robots, de nouvelles technologies ou des logiciels intelligents dans les vingt prochaines années. Dans l’ensemble, 85% des personnes interrogées estiment que leur emploi est très sûr ou plutôt sûr.»

Cette confiance trouve en partie sa source dans la remarquable résilience dont fait preuve l’économie de notre pays depuis de nombreuses années, en particulier dans le canton de Vaud. La dernière enquête conjoncturelle de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie confirme cette faculté puisque la grande majorité de ses entreprises membres (83%) prévoient un chiffre d’affaires stable ou en hausse, alors que les effectifs devraient continuer à augmenter légèrement.

En économie, cependant, les choses peuvent évoluer très vite. La persistance du président Trump à allumer des feux protectionnistes à tout-va et les incertitudes régnant autour du Brexit semblent éroder quelque peu la confiance affichée en ce début d’année. L’institut CREA d’économie appliquée de l’Université de Lausanne a publié la semaine dernière un résumé des prévisions pour l’économie suisse. Pour ses experts, «c’est avant tout l’évolution conjoncturelle internationale qui plombe un peu le moral des entreprises. Il s’ensuit que les mois à venir devraient voir un recul des activités de production, qui se reflètera dans un net recul des investissements en équipements. Cependant, cette évolution négative ne devrait pas perdurer longtemps.»

La croissance demeure

CREA prévoit ainsi que la croissance va connaître un net repli cette année (1,4%), avant une accélération modeste en 2020 (1,9%) et plus forte en 2021 (2,3%). «Notre pays a commencé à être impacté par les mauvaises performances de l’économie européenne et cela à travers ses exportations», notent les experts de cet institut. Ils relèvent que «la plupart des PME exportatrices ne désespèrent cependant pas et presque la moitié s’attendent malgré tout à une croissance de leurs exportations pour la fin de l’année», comme en témoigne, entre autres, le sous-indice de l’emploi qui se trouve toujours dans la zone de croissance, indiquant que les entreprises restent confiantes et continuent à embaucher.

L’heure n’est donc pas à l’alarmisme. Une croissance à la baisse reste positive, et les perspectives ne sont pas mauvaises. La faîtière economiesuisse a ainsi fait savoir hier qu’elle tablait sur une croissance de 1,4% du produit intérieur brut (PIB) pour 2019 et de 1,2% en 2020. «Le chômage reste faible, mais ne poursuit pas sa baisse», ajoute-t-elle. De quoi faire remonter à terme cette préoccupation dans le baromètre précité? L’avenir le dira. Il reste que les fondamentaux de notre économie demeurent solides et nul doute que l’éclatant succès de la votation sur la fiscalité des entreprises et le financement de l’AVS devrait permettre à notre économie de maintenir une dynamique solide.

S’endormir sur ses lauriers serait évidemment une grave erreur. Les réformes doivent être poursuivies et il faut veiller notamment à ce que les talents de demain continuent de bénéficier d’une formation de haute qualité pour maintenir notre prospérité.

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Les machines ne seront rien sans l’Homme

Contrairement à ce que l’on lit et entend un peu partout, les perspectives sont favorables pour la grande majorité des entreprises vaudoises. L’enquête conjoncturelle que la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI) a menée ce printemps laisse entrevoir une stabilisation ou une hausse du chiffre d’affaires et une légère augmentation des effectifs en 2019 au sein des sociétés du canton, qui auront plus que jamais besoin de collaborateurs bien formés.

La situation est particulièrement réjouissante dans le secteur secondaire, où un quart des sondés envisagent une hausse du nombre d’emplois. Par ailleurs, la légère reprise des investissements observée l’an dernier devrait se confirmer cette année. Ces signaux encourageants pour la prospérité de notre canton interviennent pourtant dans un contexte peuplé d’incertitudes, comme les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, le Brexit et les relations Suisse-Union européenne à l’aune de l’accord-cadre. Le «Baromètre des préoccupations des entreprises» que la CVCI publie pour la 11e année consécutive indique d’ailleurs que la situation économique générale constitue la principale source d’inquiétude des entrepreneurs.

La recherche de nouveaux clients est aussi largement évoquée par les répondants, en particulier dans les PME de moins de 30 employés, de même que la difficulté de recruter, spécialement aiguë au sein des entreprises de plus de 100 employés. A cet égard, les initiatives qui menacent la libre circulation des personnes inquiètent et montrent l’attachement des sociétés aux accords qui nous lient à l’UE. Ainsi, 60% des entreprises estiment que les difficultés de recrutement se feraient sentir encore davantage en cas de résiliation des accords bilatéraux, une proportion qui grimpe à 96% au sein des grandes entités.

Si la politique ne parviendra pas à elle seule de solutionner la pénurie de main-d’œuvre, la robotisation pourrait en revanche constituer une voie pour en atténuer les effets. Dans sa récente étude «Humains recherchés pour épauler les robots», Manpower relève les immenses espoirs suscités par l’automatisation. Dans 35 des 44 pays couverts par son enquête, un nombre croissant d’entreprises prévoit d’augmenter ses effectifs ou de les maintenir à leur niveau plutôt que de les réduire. «Les entreprises qui se sont déjà engagées sur la voie de la digitalisation sont en plein développement, et cette croissance génère de nouveaux emplois originaux et encore peu répandus», notent les auteurs de l’étude.

À l’heure où l’automatisation devient la norme et où les machines gagnent en efficacité dans l’exécution de tâches répétitives, il est intéressant de relever que les employeurs valorisent de plus en plus les compétences humaines. L’étude précitée prévoit que d’ici à 2030, «la demande de qualités humaines tant sociales qu’émotionnelles va progresser, tous secteurs confondus, de 26% aux Etats-Unis et de 22% en Europe». Mais ces talents ne vont pas tomber du ciel. Dans cette révolution en cours, «les entreprises doivent entretenir une culture de l’apprentissage, aiguiller leurs employés sur la gestion de leur carrière et leur proposer des solutions pour acquérir des compétences nouvelles à travers des modules brefs et ciblés», estiment encore les experts de Manpower.

La formation continue est certes centrale, mais il ne faut surtout pas négliger la formation initiale. L’école a elle aussi un rôle capital à jouer pour préparer les talents de demain en privilégiant l’humain. L’instruction publique a formé des générations d’élèves qui savent compter, mais qui n’ont plus d’esprit critique. Il est grand temps de réhabiliter la réflexion pendant le parcours scolaire, afin que les employés de demain puissent faire valoir des soft-skills, des qualités humaines et des compétences relationnelles.

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