Toutes les dimensions de notre santé sont mises à rude épreuve !

Depuis l’apparition de la pandémie COVID19, la planète entière a fait face à de nombreux rebondissements : semi-confinement pour certains, confinement total pour les autres, couvre-feu, limitation des déplacements, quarantaine imposée, fermeture des restaurants et des commerces… notre capacité d’adaptation a été testée encore et encore !

Nous sommes bombardés d’informations, qui ne s’intéressent qu’à l’économie. Certes, cette crise sanitaire aura probablement des conséquences économiques sur le (très) long terme, mais qu’en est-il de son impact sur les dimensions mentale et sociale de notre santé ?

 

A l’origine, les dispositions prises par les gouvernements avaient pour objectif de protéger les personnes vulnérables, âgées de plus de 65 ans ou souffrant d’une maladie préexistante. En effet, les maladies chroniques affaiblissent le système immunitaire à travers différents mécanismes, augmentant ainsi les chances d’attraper une maladie aigüe et de développer des complications. Force est de constater que malgré toutes ces précautions, la population la plus à risque n’a pas été épargnée. Les statistiques le confirment : 97% des personnes décédées de la COVID étaient malades chroniques.

Ces nouvelles contraintes et les annonces hebdomadaires ont causé stress et anxiété auprès de toutes les générations. L’isolement imposé lors du (semi)confinement, et l’impossibilité de conserver un lien social régulier avec notre entourage génèrent un stress chronique qui se traduit par un état inflammatoire au niveau de notre organisme. Cette inflammation, asymptomatique, est fortement délétère pour notre santé quel que soit notre âge.

Il est vrai que l’âge est un facteur de risque pour certaines maladies, notamment les maladies cardiovasculaires. Toutefois, l’inflammation est bien plus redoutable car elle crée un terrain très favorable au développement de toutes les maladies chroniques : diabète de type 2, cancers, Alzheimer, troubles cardiaques. Rappelons que ces pathologies sont responsables de 41 millions de morts dans le monde chaque année.

 

Depuis quelques semaines, ce sont les « moins de 65 ans » qui haussent la voix et font part de leur détresse. Étudiants, collaborateurs, dirigeants, entrepreneurs ou indépendants ne font pas partie de la catégorie à risque et pourtant, leurs habitudes et leur vie professionnelle ont été bouleversées malgré eux. Ils ont été isolés et livrés à eux-mêmes.

Bien sûr, l’économie s’en remettra avec le temps. Mais en sera-t-il de même pour les victimes de l’arrêt imposé dans les domaines des études et du travail ? Les troubles psychologiques, les dépressions et les pensées suicidaires, ont fortement augmenté, confirmant ainsi la gravité de la situation. Ces populations, jusqu’alors protégées par leur âge et leur état de santé stable, deviennent vulnérables par la force des choses. Les répercussions de la crise sanitaire sur l’économie seront donc moins dramatiques que sur la santé mentale.

L’OMS définit la santé selon trois dimensions : physique, mentale et sociale. Toutes sont corrélées, contribuent à renforcer notre état de santé et améliorent notre bien-être, à condition de les préserver. A son arrivée, la pandémie semblait s’attaquer à notre santé physique. Aujourd’hui, nous prenons enfin conscience de son atteinte à notre santé mentale et sociale, que nous soyons contaminés par le virus ou non.

 

Comment faire pour rester en bonne santé mentale et sociale ?

Au-delà des mesures d’hygiène, du port du masque et du respect des distances, la lutte active contre l’isolement est indispensable, en particulier en cette période de fêtes et de partage. Maintenir les plus fragiles à l’écart, sans tenir compte de leurs souhaits et besoins, pourrait accroître leur vulnérabilité. En effet, certains craignent plus la solitude que la maladie.

En cette veille de Noël, nous sommes face à un dilemme : faut-il nous isoler complètement pour protéger nos proches « vulnérables », ou garder un semblant de vie sociale pour préserver notre santé mentale ?

Il n’est pas question de braver les interdits ni de transcrire les règles instaurées par le gouvernement. En revanche, il existe de nombreux moyens de communication pour renforcer nos relations, ou en leur accordant du temps de qualité en petit comité. Ainsi, nous agirons positivement sur les dimensions mentales et sociales de notre santé, et celle de nos proches.

 

2020 touche à sa fin… Que retenir de cette année ? Comment envisager l’année à venir ? Aurions-nous agi différemment ? Sommes-nous devenus plus résilients ?

Nombreux sont ceux qui feront le bilan de l’année écoulée, au lendemain de la Saint-Sylvestre ! Pourquoi ne pas intégrer nos proches à nos bonnes résolutions, pour les aider à améliorer leur bien-être ? Tentons de trouver des solutions, de façon collective, permettant à la fois de continuer notre lutte contre la propagation du virus et de préserver notre santé ! Soyons créatifs et résilients pour commencer 2021 avec sérénité.

Alexandra de Toledo

Alexandra de Toledo est pharmacienne. Elle se spécialise dans le domaine du "Lifestyle Medicine" - ou médecine du mode de vie, dont l'objectif est de prévenir, retarder voire même dans certains cas, inverser le cours des maladies chroniques (maladies non-transmissibles), responsables de 75% de la mortalité en Suisse.

10 réponses à “Toutes les dimensions de notre santé sont mises à rude épreuve !

  1. Bravo! Très pertinent ! Soyons empathiques, humains et créatifs… Pour notre santé mentale et sociale, en cette veille de Noël… Joyeuses fêtes !

  2. Chère Madame. Merci pour votre commentaire qui en cette veille de Noël me rappelle que d’autres pandémies moins médiatiques sont toujours meurtrières malgré les avancées thérapeutiques de ces dernières années. Pour ceux que je défends corps et âme dans leur souffrance, j’aimerais simplement en cette veille de Noël vous évoquer leur histoire.
    Un très beau Noël à vous. ……….. 750 ? Mais que peut bien donc signifier ce chiffre ?
    750 ! c’est malheureusement le chiffre de naissances quotidiennes en 2020 de nouveaux nés infectés par le VIH-SIDA. Leur espérance de vie se limitera en moyenne à l’âge de 5 ans. Des enfants à la vie volée, à même l’aube de leur existence et dont on ne se soucie guère, par ignorance, par crainte ou lassitude. Des bambins dont le regard macabre, meurtri par la souffrance ferait vomir le plus téméraire des malfrats. Un regard cependant à l’extrême opposé de celui de nos enfants porteurs du COVID-19 qui eux à la grande différence, malgré leur infection au COVID-19 auront plein de rêves, de soleil dans les yeux et de projets pour l’avenir.
    Certaines pandémies présentes depuis plusieurs décennies ressemblent aujourd’hui à de tristes outsiders. La priorité s’est désormais fixer ailleurs. Dommage pour ces éternels oubliés. Bonne réflexion à toutes et à tous.

  3. Bonjour,

    A l’approche de ce jour chargé de sens, peut-être est-il aussi temps d’arrêter de se lamenter et se rappeler que des milliards de personnes pauvres ,handicapées, en guerre, perdues…etc. affrontent avec résilience un quotidien lourd.

    Voici les héros de l’adversité. Approchez-les ! Ils vous donneront, par l’exemple, la force qui nous manque pour affronter les „maux“ qui nous affligent tant…

  4. Quel regard bleu d’acier, digne des meilleurs lames de Tolède!
    Bravo pour votre courage, vos idées et mes meilleurs voeux, à vous et à toute votre famille 🙂

Répondre à Isabelle Delaitre Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *