Quand l’entreprise devient un vecteur de santé

Nous passons en moyenne un tiers de notre vie au travail. Notre activité professionnelle, qui fait partie intégrante de l’environnement dans lequel nous évoluons quotidiennement, a un impact considérable sur notre santé. Lorsque notre employeur se soucie d’améliorer notre bien-être et notre santé, son impact est positif. L’entreprise devient alors un partenaire de santé, plutôt qu’une source de stress et de maladies.

L’introduction d’une culture de santé au sein des entreprises est fréquente dans certains pays, comme par exemple aux Etat-Unis. Les motivations des employeurs pour mettre en place un tel système peuvent être variées. Elles sont intimement liées au système de soins et de prise en charge. En effet, l’augmentation de la productivité et la diminution de l’absentéisme sont les raisons principales de l’implémentation de programmes santé (appelés Health Benefit) aux USA, car c’est l’entreprise qui prend en charge une assurance privée liée à l’emploi.

En Suisse, et plus précisément à Genève, la raison principale qui ressort d’un travail de recherche auquel ont répondu 67 chefs d’entreprise, est l’amélioration du bien-être au travail. Ceci aura pour conséquence l’augmentation de la productivité et la diminution de l’absentéisme ainsi que du présentéisme.

 

Systèmes de soins et santé

Un rapport de l’OMS, paru en 2000, indique que la Suisse fait partie des pays dont le système de soins répond le mieux aux besoins de sa population. Ceci est confirmé par une étude britannique conduite entre 1990 et 2015 dans 195 pays, évaluant l’accès aux soins, dans laquelle la Suisse occupe la 3ème position. En effet, en Suisse contrairement à d’autres pays, l’assurance maladie est obligatoire depuis plus d’une vingtaine d’années et garantit l’accès aux ressources et au système de soins à toute la population.

En revanche, le système de soins américain repose essentiellement sur le secteur privé et n’est pas obligatoire. Par conséquent, une importante partie de la population n’est pas assurée.

L’accès au système de soins est une condition sine qua non pour rester en bonne santé, qui va fortement influencer l’espérance de vie. En Suisse, elle est d’en moyenne 81 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes. Alors qu’aux Etats-Unis, elle est de 76 ans pour les hommes et 81 ans pour les femmes. Toutefois, l’espérance de vie en bonne santé dépend essentiellement de nos habitudes de vie et de notre environnement professionnel et privé.

 

Comment l’entreprise se transforme-t-elle en un vrai partenaire de santé pour ses collaborateurs ?

Le manque de connaissances est souvent à l’origine de la mauvaise gestion de la santé. Les entreprises ont un rôle important à jouer, en offrant à leurs collaborateurs un accès à l’information et la formation dans les domaines de la santé et de la prévention. Les outils existants sont nombreux : conférences de sensibilisation, ateliers pratiques, prise en charge personnalisée.

En intégrant la santé à leur programme de Responsabilité Sociale, les entreprises montrent un réel engagement à l’égard du bien-être et de la préservation de la santé de leurs collaborateurs, tout en se différenciant de leurs concurrents. De nombreuses compagnies en Suisse ont déjà mis en place des mesures telles que l’adaptation du temps de travail, le renforcement de la sécurité ou la prévention du burnout.

En conclusion, l’introduction d’une culture santé au travail est une démarche qui s’inscrit sur le long terme. Toutefois, contrairement aux idées préconçues, les effets positifs mesurables se font sentir en quelques semaines déjà. Cela peut constituer un élément motivationnel, à la fois pour les entreprises et pour les collaborateurs qui en bénéficient.

Alexandra de Toledo

Alexandra de Toledo

Alexandra de Toledo est pharmacienne. Dans son cadre professionnel, elle est responsable de programmes santé destinés au public ainsi qu'aux collaborateurs et aux dirigeants d’entreprises. L'objectif de ces programmes est de prévenir, retarder voire même dans certains cas, inverser le cours des maladies chroniques (maladies non-transmissibles), responsables de 75% de la mortalité en Suisse.

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