Peut-on se passer des livres de papier?

Pourquoi, malgré leur extrême efficacité, aucune tablette ni aucune liseuse ne remplace-t-elle vraiment le bon vieux livre, de papier, d’encre de colle et de carton, dans nos vies? Avec la fermeture des magasins déclarés «non essentiels», on a vu s’élever une vague de protestations populaires et dans les milieux culturels lorsque les librairies et les bibliothèques ont été écartés du droit d’ouverture. Cela pose la question de notre rapport aux livres.

Le livre, bien plus qu’un simple objet…

Pour nous qui avons eu la grande chance d’apprendre à lire, les premiers livres ce sont des images d’abord, puis des phrases, et toutes les histoires contenues dans cette «boîte magique», que l’on peut ouvrir n’importe où, n’importe quand, et qui nous emporte, tel un tapis volant dans des mondes insoupçonnés.

La grande évasion …sans électricité, ni chargeur.

Toucher un livre, le tourner dans ses mains, le soupeser, le humer, le feuilleter, sont autant d’expériences sensorielles inoubliables et dont on ne se lasse jamais.

 Un livre c’est vivant, ça palpite parfois, ça se blesse en tombant, ça vit notre vie, ça boit la tache du café renversé, ça se gondole dans l’eau…

Comme nous, il souffre et s’abime, il vieillit, prend lui aussi des taches brunes, nous sur les mains et lui sur ses pages.

Comme nous, il se prête ou se donne, avec amour ou avec amitié. Il s’adopte même, posé sur un banc, un muret ou encore dans une boîte de rue. Il circule et voyage. Il nous transporte; dans la bibliothèque d’un bistrot, il nous donne l’impression d’être chez nous.

On veut le revoir et pouvoir à nouveau le caresser dans les rayons. Lorsqu’il nous déçoit, on lui en veut, on le jette de côté, dans un geste de dépit.

Il partage notre chambre, notre chevet, et même notre lit. Réceptacle à dédicaces et à annotations, il sait nous accompagner dans la maladie, nous console, et nous ouvre des perspectives au fil de ses pages.

Son poids, sa forme, l’épaisseur de son papier, le petit bruissement familier des pages tournées, sa couverture plus ou moins évocatrice pour celui qui nous voit lire, sont autant de petits souvenirs accumulés.

La merveilleuse machine à remonter le temps

Cet objet c’est aussi un peu d’éternité: en feuilletant un vieux livre, on partage avec d’autres femmes et d’autres hommes un geste commun, au-delà des siècles. On hume un peu de passé, on découvre des typographies et des orthographes parfois étranges, des encres et des enluminures.

Partout dans le monde, des gens collectionnent les livres anciens, et les considèrent dans leur totalité, matériaux et contenu, comme des objets très précieux, à juste titre: ils véhiculent la mémoire humaine sous toutes les latitudes. On est encore aujourd’hui ébranlé par la disparition de la fameuse bibliothèque antique d’Alexandrie…

Vous attacheriez-vous à votre liseuse?

Un livre n’est décidément pas du seul domaine de la fonction utilitaire, comme une liseuse électronique, si pratique en voyage je le concède volontiers (j’en ai une). Pour ce qui est des livres, on est dans le ressenti physique et les émotions tout à la fois.

Toutes générations confondues

 Pour ceux qui aiment lire, le contenu reste bien sûr, quel que soit son support, une Nourriture terrestre * irremplaçable.

Mais le contenant livre est décidément un « doudou » auquel on s’attache.

Des libraires disent d’ailleurs que plus les gens sont collés toute la journée devant leur écran et plus ils ressentent le besoin de passer à autre chose pour leurs loisirs: être dans le concret de l’objet que l’on ose emporter partout, même dans le sable, même près de l’eau, dans une forme de liberté revigorante. Et puis, le bouquin est un objet éminemment recyclable!

Objets de résistance

Le 11 novembre 2020, l’écrivain Maurice Genevois est entré au Panthéon, rejoignant ainsi les 560 autres écrivains combattants français, qui ont su comme lui, par leurs récits, leurs poèmes et leurs témoignages raconter leur époque, leurs combats, leurs espoirs et leurs désespoirs… dans des livres.

Comme c’était alors le seul véhicule possible de leurs écrits, l’objet livre a incarné leurs combats. Ces écrivains ont souvent risqué leurs vies pour se faire imprimer, (rendons aussi hommage aux imprimeurs résistants) car les écrits restent, comme le dit le proverbe latin.** Je pense par exemple à Vercors, à Aragon et à tous les écrivains de la Résistance.

Les livres ont parfois été et sont encore aujourd’hui des objets subversifs, brûlés dans des autodafés, cachés ou interdits, convoités aussi. Ils sont souvent les munitions de la lutte pour la liberté de penser et d’exister. La liseuse électronique aura-t-elle à son tour ce potentiel symbolique?

Remparts contre la barbarie

 Je vois les bibliothèques comme un rempart contre la barbarie, bien plus désirable que tous les murs de briques et de fils de fer barbelés. Un salutaire moyen de pratiquer le remue-méninges et de s’évader tout à la fois.

Aimons les livres, histoire(S) de garder Les pieds sur Terre et de se mettre la tête et le coeur au vert!

 

* Les nourritures terrestres , André Gide (1897)

** Verba volant, scripta manent : les paroles volent, les écrits restent. Proverbe latin

 

Rire est une affaire sérieuse

«Il faut rire avant d’être heureux, de peur de mourir sans avoir ri.» Voilà ce que   l’écrivain La Bruyère, qui en connaissait un rayon en matière d’humanité, affirmait dans Les Caractères. Et puis, «rire , c’est bon pour la santé» comme l’a dit d’une voix sépulcrale Monsieur Schneider-Ammann, notre très sérieux conseiller fédéral au don comique insoupçonné (y compris de lui-même) mais désormais mondialement reconnu et salué sur youtube.

Penchons-nous donc sur cette merveilleuse expérience physiologico-existentielle, ça devrait nous distraire un peu. Aujourd’hui j’adopte la perspective du rire à travers les âges et les auteurs, pour un petit tour d’horizon revigorant, j’ose l’espérer…

« Mieux est de ris* que de larmes écrire. Pour ce que* rire est le propre de l’Homme. » annonçait Rabelais à ses lecteurs. Médecin, il avait le projet de faire rire ses malades pour les soulager, et se lança ainsi dans l’écriture de Pantagruel puis de Gargantua dans ce but: les faire rire aux éclats et leur faire oublier leurs souffrances.

*(rires) *(parce que)

C’était un précurseur, jugez plutôt :

Les vertus thérapeutiques du rire

Sont très sérieusement reconnues par la science médicale aujourd’hui, tant pour les enfants malades que pour les traitements des maladies cardio-vasculaires par exemple.

Norman Cousins, un journaliste américain atteint d’une maladie dégénérative très douloureuse, le découvre sur lui-même en 1964 et fait date dans les thérapies médicales à partir de sa publication d’un article en 1979 sur ce sujet. Il fait toujours référence aujourd’hui. (Anatomy of an Illness as Perceived by the Patient.)

Norman Cousins visionnait volontairement des films comiques qui le faisaient beaucoup rire. Il observa les effets physiologiques qui s’ensuivaient: il souffrait moins et pouvait dormir.

Depuis lors les neurosciences se sont penchées sur la question et continuent ces recherches très sérieuses et prometteuses.

L’activité physique du rire est libératoire, libératrice d’endorphines, analgésique, elle masse les côtes et le diaphragme, oxygène le sang,  diminue le stress, augmente l’immunité et muscle les abdominaux ! Elle accroît l’optimisme et favorise l’insertion sociale.

 « Le rire est le meilleur désinfectant du foie » avait pour sa part dit Malcom de Chazal 1902-1981). En tout cas, rire évite de se faire trop de bile … !

Une aide existentielle

« La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas ri » nous dit le philosophe du 18e siècle Chamfort (Maximes et réflexions). C’est une phrase qui semble extrême, mais qui laisse songeur si l’on s’y attarde…Nous avons tous traversé des journées tristes ou terribles pendant lesquelles rire était impossible. Elles sont perdues pour le bonheur.

Paradoxalement, cela demande beaucoup de courage de rire dans certaines circonstances: il faut prendre du recul et prendre sur soi, transformer du lourd, de la gravité, en légèreté. Mais ça en vaut la peine, si on en a la force, car ça dédramatise, ça donne une autre lecture de la réalité qui nous accable. Ce n’est hélas pas toujours possible. Mais on peut essayer, comme l’avait fait fait Norman Cousins de s’appuyer sur les autres pour nous faire rire à nouveau, et relancer la machine vers plus d’espoir…

Humour et humoristes

 «C’est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens.» (Molière, 1622-1673)

«L’humoriste, c’est un homme de bonne mauvaise humeur.»(Jules Renard, 1864-1910)

Aujourd’hui, comme naguère, les humoristes nous sont nécessaires, ils nous font du bien. Ils dessinent, parlent, se filment, écrivent pour notre plus grand plaisir. Ils sont les « fous des rois », ceux qui osent dire tout haut ce que nous pensons parfois tout bas, ou qui nous ouvrent les yeux sur des réalités difficiles, illustrant ainsi souvent cette pensée:

« La vérité est dans le rire » (Mme de Girardin, Lettres parisiennes,19.07.1837)

En tout cas, le rire est souvent nécessaire pour enrober la critique et dorer une pillule que certains pouvoirs n’avalent pas (ou plus) toujours bien. Aux Etats-Unis, les humoristes ont davantage de marge de manœuvre pour s’exprimer franchement que bien des journalistes…

Enfin, comme le dit Raymond Queneau, parfois aussi «l’humour est une tentative pour décaper les grands sentiments de leur connerie».

 Si l’on associe cette déclaration à la célèbre définition de l’infini * d’Einstein, les humoristes auront encore longtemps matière à nous faire rire…

Alors gardons les Pieds sur Terre et nos zygomatiques en exercice, trouvons chaque fois que c’est possible, le moyen de rire un peu, beaucoup, passionnément !

Il n’y a pas de mal à se faire du bien, rions! Parce que, comme le dit un auteur anonyme dans cette bible du rire qu’est le livre de Jean-Marie Gourio 10’000 brèves de comptoir  : «la galère, j’aurais pas pu, t’es toujours assis dans le sens contraire de la marche ! »

*«Deux choses sont infinies: l’Univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue.» Albert Einstein

 

Le shipping international: l’Enfer sur Mer? Les marins des marines marchandes: «galériens» modernes?

Covid19: ni débarqués, ni embauchés, par centaines de milliers! (oui vous avez bien lu).

1,6 million de personnes invisibles transportent les 85 % des marchandises mondiales par voie maritime. La Suisse par exemple a une flotte marchande chapeautée par la Confédération. Et la 2e compagnie de porte-conteneurs mondiale (derrière Maersk) la MSC, est suisse: avec 560 navires et plus de 70’000 employés, elle contribue pour 12,5 % au transport mondial de marchandises sur toutes les mers du globe. Nous en bénéficions chaque jour.

Pourtant le sort des marins marchands est largement méconnu du grand public. Or il s’est récemment vu très péjoré par les effets de la pandémie Covid19. Les marins sont non seulement souvent victimes de pirates et de naufrages (environ 600 morts/an), mais actuellement ils paient un lourd tribut supplémentaire à cause de cette pandémie.

Sans parler de ceux surexploités par des armateurs douteux et sans scrupules qui échappent aux contrôles.

Pas de relève

L’Organisation Maritime Mondiale (OMI, 174 pays membres) estime qu’il y a 200’000 marins bloqués sur leurs navires très largement au-delà de leurs mois successifs de travail, et 200 ‘000 autres qui ne peuvent embarquer, et donc ne peuvent assurer la relève des équipages.

Lors d’un récent sommet mondial, 13 pays ont tiré la sonnette d’alarme pour tenter de venir en aide à ces centaines de milliers de travailleurs inconnus, dont nous dépendons tous, et qui vivent une véritable tragédie silencieuse.

Des « travailleurs essentiels »

Des organisations tentent de faire reconnaître officiellement leur statut de travailleurs essentiels, au même titre que les personnels de santé, afin d’aménager les règlements sanitaires et de permettre aux marins embarqués de ne pas être piégés indéfiniment à bord des navires, mais d’être relevés et rapatriés. Ils souffrent de cet “enfermement” qui se prolonge en effet au point que leur santé mentale et physique est menacée, et que des cas de suicides par désespoir sont à craindre.

De plus, après plus de 12 mois(!!) sur un navire, sans espoir de débarquement ou de rapatriement, les risques d’accidents en mer et également de pollutions massives selon le type de transporteur augmente fortement: les hommes sont épuisés physiquement et psychologiquement. Leur vigilance est, par la force des choses, moins grande.

Actes de piratage: les prises d’otages plus graves et plus nombreuses

Dans son article du 23 juillet sur la hausse record des actes de piraterie au premier semestre 2020, Franck André, journaliste, explique: «le nombre d’enlèvements contre rançon est en augmentation de 46 % en ce début d’année, avec 54 membres d’équipages kidnappés de janvier à juin, ce qui constitue un record pour ce siècle.»

Il ajoute: “Le golfe de Guinée est de plus en plus dangereux pour la navigation commerciale”, estime le BMI. C’est le cas pour les équipages alors que plus de 90 % de ces rapts ont eu lieu en Afrique de l’Ouest, soit 49 personnes retenues captives à terre depuis plus de six semaines pour certaines. De très nombreuses régions du monde sont maintenant concernées, et les modes opératoires sont de plus en plus violents sur les marins kidnappés.

(in https://www.lantenne.com/search/piraterie+en+hausse/)

Des héros oubliés

Pensons-y, sans les marins, ces héros inconnus et oubliés, pas de commerce mondial, pas d’approvisionnement, pas de nourriture: les marchandises sont aussi bien des céréales que des médicaments, des produits industriels que des carburants.

Le 1er mai 2020, à l’appel de la Chambre internationale de la Marine marchande, tous les bateaux ont été appelés à faire sonner leur sirène à midi, pour rappeler leur rôle vital et méconnu. Qui les a véritablement entendus ?

Un métier extrêmement dur

Sur le site de recrutement Jobintree (https://www.jobintree.com/metier/marin-commerce-612.html), le descriptif du métier est clair:

Il faut être «disponible jour et nuit», supporter de «dures conditions de travail» par tous les temps, être «au top de sa forme», avoir «un mental à toute épreuve», et vivre sans intimité puisque aujourd’hui encore il y a peu de cabines individuelles.

Le salaire de base est le smic (pour la France du moins) voire inférieur selon les armateurs et les pays. Le travail est pénible, il faut être polyvalent, sur le pont et dans les salles des machines, au milieu d’un bruit continu et assourdissant, au chaud et au froid.

Et cela, c’est pour les pays qui ont un certain niveau de contrôle sur leurs armateurs, comme la Suisse.

Pour les autres, cela peut générer un cauchemar …

Les pavillons de complaisance et les abus associés

Pour les autres donc, qui voguent sous des pavillons de complaisance pour échapper aux contrôles et aux taxes, et qui utilisent des navires non entretenus, et des équipages non qualifiés, les abus sur les marins sont tels qu’ils s’apparentent à de l’esclavage moderne: marins non payés, abandonnés à leur sort indéfiniment, parfois crevant de faim à bord et malades, sans contact avec leurs familles, dont personne ne veut, et totalement désespérés … Ce n’est que tout récemment qu’il y a eu un progrès à cet égard :

Des siècles d’exploitation

Imaginez-vous que ce n’est qu’en 2013 (!) que l’ONU (OIT) a ratifié la convention collective MLC2006 qui prévoit l’obligation pour l’armateur d’assurer son équipage afin de pouvoir le payer, le nourrir et le rapatrier, en cas d’abandon du navire.

Auparavant, il n’y était pas obligé …comme le stipulait le règlement de 1866:

« L’armateur qui fait abandon du navire et du fret, n’est pas tenu de comprendre dans le fret abandonné les droits de passage payés pour le rapatriement de marins embarqués en pays étranger par l’autorité consulaire».

C’est ce qui fait s’exclamer dans le titre de son article en 2019 le chargé de mission Arnaud de Boissieu (Mission de la mer à Casablanca): «Il est fini le temps des marins abandonnés !» C’est en effet une victoire historique. Ses récits d’aide aux équipages affamés en 2016 et 2018 sont encore très révélateurs … et font froid dans le dos. (http://www.l-encre-de-mer.fr/2019-01-03-il-est-fini-le-temps-des-marins-abandonnes/)

Un monde opaque et très complexe

On pourrait écrire bien davantage sur cet univers extrêmement opaque pour les non-initiés. Il est compliqué de comprendre qui oeuvre, comment, sous quelles réglementations, qui possède les flottes et ce que cela implique.

Leur rendre hommage et nous informer

J’ai en quelques mots ici voulu tenter de rendre hommages à tous ces travailleurs essentiels qui méritent mieux que l’indifférence ignorante. En ces temps difficiles pour tout le monde, ils souffrent extrêmement.

Nous leur devons respect et reconnaissance. Et nous devrions tous davantage nous intéresser à eux, qui font marcher l’économie mondiale et nous permettent d’avoir accès aux biens dont nous bénéficions chaque jour.

Gardons les Pieds sur Terre, veinards que nous sommes! le fret maritime est aussi notre affaire …

Pour en savoir plus :

https://www.dfae.admin.ch/smno/fr/home/handelsschiffe.html

https://www.franceculture.fr/economie/marins-toujours-essentiels-et-toujours-aussi-invisibles

https://www.itfglobal.org/fr/sector/seafarers/pavillons-de-complaisance

https://www.mediapart.fr/journal/international/190420/la-marine-marchande-frappee-par-la-crise-sanitaire?onglet=full

Ma très “chère” Suisse,

Que t’arrive-t-il? Ta beauté te serait-elle montée à la tête? Je m’inquiète pour toi et pour ton avenir touristique. Comme je t’aime, je te dois quelques vérités, sans hypocrisie ni lâcheté. Pleine d’enthousiasme, et ainsi que me l’a instamment demandé Suisse Tourisme, j’ai voulu soutenir tes efforts pour sortir du marasme post Covid19. Je suis donc partie en bonne compagnie admirer tes villes, tes campagnes, tes lacs sublimes et tes monts majestueux.

Je me réjouissais vraiment beaucoup de (re)voir toutes tes beautés, et de les faire découvrir à des amis. Pour les paysages nous n’avons pas du tout été déçus, tu mérites largement l’admiration, tu restes splendide. Tu ne tombes pas du piédestal sur lequel les plus grands écrivains-voyageurs tels Victor Hugo, Stendhal, Lord Byron, George Sand et tant d’autres t’ont placée à juste titre.

Nous applaudissons, émerveillés, à ton spectacle paysager, il est grandiose. Merci d’avoir su si bien le préserver.

Pas des pigeons, même voyageurs

Pourquoi suis-je donc indignée ? Vois plutôt et juge par toi-même: que penses-tu d’une «Auberge de jeunesse» qui propose une nuit pour 2 personnes sans petit déjeuner, douche et wc partagés à l’étage, pour …132.-frs? As-tu jamais été jeune, sans salaire et étudiante? As-tu oublié qu’en Suisse, il y a beaucoup de familles modestes, voire très modestes?

Comme Marie-Antoinette *, tu pourrais leur lancer une petite alternative méprisante, du genre, « lits trop chers? qu’ils couchent sous la tente !» mais ce serait méconnaître le coût de la nuitée des campings et ils n’auraient pas encore tenté d’aller manger au restaurant… Marie-Antoinette suggérerait probablement: « qu’ils pique-niquent ! » . Et c’est bien ce qu’ils font… Les familles suisses sont les reines du sac à dos remplis de victuailles et on les comprend, vu le prix et parfois, hélas, la qualité décevante des plats.

Car les restaurants aussi sont trop souvent chers (difficile de manger pour moins de 25.- frs , même sans entrée ni dessert ni boisson) pour ce qu’ils offrent, voire carrément mesquins: on ne « fait pas le verre d’eau (sic) », et encore moins la carafe, que d’ailleurs on facture de plus en plus (5.- frs !), ce qui, si tu as voyagé un peu dans le monde et même juste à côté de chez nous, offense les plus élémentaires lois de l’hospitalité, même dans les pays les plus pauvres et les plus arides.

On sert un apéro sans le plus petit bretzel salé, on apporte du pain «  à la retirette » et souvent déjà à moitié sec, j’ai même découvert qu’on fait payer un surplus pour une pizza partagée (c’est arrivé à un couple de mes amis) sous prétexte qu’ils ont « mangé les deux » (et donc osé salir deux assiettes et 4 couverts ? et je ne te parle même pas de l’usure des chaises !!).

Etoiles …filantes

Quant aux hôtels, ils affichent fièrement leurs étoiles, qui laissent rêveurs: je viens d’en faire l’expérience. Après avoir longuement cherché un lieu pour dormir une nuit à moins de 250.- frs(!), j’ai finalement trouvé un hôtel pour 190.- frs la nuit pour 2. Sur le moment, c’est fou, par comparaison ça m’avait même semblé pas trop cher… (je précise que je ne suis pas passée par des plateformes de réservation qui augmentent les prix en prenant leur commission, c’est donc le prix réel). Il affichait 3 étoiles, on se réjouissait.

Un scandale pour un tel prix

Mais alors, sur place, une fois la porte franchie, laquelle arbore fièrement les logos Typically Swiss Hotel et Hôtel de charme suisse, nous avons été projetés dans la série Derrick (années 80 …).

Où ont filé les fameuses 3 étoiles? Dans un trou noir probablement… Le “typiquement suisse de charme” devient une vraie caricature:

Depuis 45 ans au moins, les propriétaires (une famille, 3 générations) n’avaient RIEN changé de la « décoration» :  vieille moquette rosâtre à motifs, rideaux verdâtres d’origine, lampes appliques bon marché en verre moulé avec excroissances indéfinissables, meubles  très médiocres et dévernis, tachés de multiples ronds de verres humides, salle de bains tapissée d’un linoléum vertical imitant les carrelages, d’un beige-brun à motifs, et très consternante: tout, absolument tout était usé et vétuste. Moche et déprimant.

Ajoutez à cela les serviettes de bains usées et trop petites, et l’unique petite bouteille d’eau si généreusement offerte pour 2 personnes, avec un mot assorti de deux cœurs « Herzlich Wilkommen » ! on a ri pour ne pas pleurer …

Et cerise sur le vieux pain sec, deux lits jumeaux, qui semblaient tout droit sortis d’un couvent reculé ou d’une ancienne colonie de vacances, et dont le matelas était hélas à «mémoire de forme», celle des milliers de voyageurs précédents…Ultra glamour …

190.- frs pour ça!! En tout cas, ce ne sont pas les investissement successifs en rénovation qui avaient ruinés les propriétaires…

Voilà ce qui se passe trop fréquemment: comme il n’y a rien d’autre d’abordable, on y dort quand même, et on jure qu’on n’y reviendra pas! Sur le plan du marketing, reconnais que tu pourrais mieux faire …

La honte …

Je dois te dire, ma chère, si chère Suisse, que cela m’a fâchée. Pas seulement pour le mépris du client, non, pire: parce que j’ai eu honte de toi.

Je voulais t’exhiber fièrement aux yeux de personnes à qui j’avais tant vanté tes merveilles, et toi, tu ne te montres pas à la hauteur. Ton accueil est-il une légende ? Tu surfes sur tes Ecoles hôtelières prestigieuses, et dont les membres font profiter le monde entier de leurs talents reconnus et quelques-uns de tes palaces probablement.

Mais pour nous simples visiteurs, autochtones ou étrangers, que comptes-tu faire pour te mettre à jour ? Ne viens plus pleurer pour me dire que les salaires sont plus élevés et que tout est plus cher en Suisse pour tes prestataires, moi je te parle du rapport qualité–prix, du sourire, du petit rien qui fait plaisir, de la générosité du cœur, de la qualité du service (qui implique de recevoir la carte dans un délai raisonnable, et de ne pas devoir réclamer 3 fois son addition, ou qu’on déplace un parasol sans faire la tête). C’est ça l’esprit commerçant, le bon accueil, la vraie qualité!

On le sait, en comparaison du reste de l’Europe, les prix de l’hébergement et de la restauration sont d’au moins 20% plus chers en Suisse. **

On pourrait l’admettre si la qualité du service était à la hauteur des prix. Or comme je viens de te le dire, on en est loin.

Réveille-toi et secoue-toi avant qu’il ne soit trop tard… !

Tout ça commence à se savoir au-delà de tes frontières et ça afflige tes plus grands fans, les Suisses eux-mêmes. Les statistiques de tes nuitées baissent. Tu avais en cette période de post pandémie une occasion en or de séduire! Mais tu as préféré tenter le coup du bon vieux statu quo… Quel dommage!

Demande-toi, dans le fond de ton cœur si tu n’as pas une grosse part de responsabilité dans le fait que Les Helvètes filent toujours ailleurs pour leur vacances, en Italie, en France, en Espagne, ou plus loin. Ils sont si gentils qu’ils ne râlent jamais,  ils courbent le dos quand ils se font avoir, mais ne te méprends pas, leur silence n’est pas un indice de leur satisfaction.

C’est un silence suisse, celui de la discrétion et du pas de côté.

Et rappelle-toi qu’on peut tromper peu de gens longtemps, beaucoup de gens peu de temps, mais pas tout le monde tout le temps… Je t’ai épargné les dizaines d’anecdotes que j’ai recueillies ou vécues, et qui ternissent ta réputation. Tu as tant à offrir, ne te sabote pas ainsi.

Garde les Pieds sur Terre, (re)deviens vraiment hospitalière et accueillante, même pour les plus petits et les plus modestes. On n’est pas tous de passage, on aimerait revenir, ne nous en décourage pas. On sera même heureux d’ouvrir nos porte-monnaie.

Je t’embrasse comme je t’aime, c’est-à-dire de tout mon cœur.

 

* La Reine Marie-Antoinette qui s’étonnait des cris du peuple affamé réclamant du pain aux grilles de Versailles, aurait dit : « Ils n’ont plus de pain? Qu’ils mangent de la brioche ! » montrant ainsi sans le savoir à quel point elle était ignorait tout de la vraie vie des gens. Et comme on le sait, elle finit décapitée…

**cf. article du Temps du 10 juillet:   https://www.letemps.ch/economie/tourisme-suisse-affronte-propre-cherte

 

 

Communications politiques: le grand écart révélateur

Entre pédagogie et démagogie, information et propagande: comment communiquer efficacement pour être compris, se maintenir au pouvoir et se protéger des réactions de l’après-crise?

Parce qu’elle touche tout le monde, et le monde entier, la crise sanitaire fait apparaître en simultané les diversités de discours des politiques des pouvoirs en place. En effet, si les difficultés sont communes, et le thème identique, en revanche les contextes et les objectifs diffèrent fortement.

Prises de parole et colorations politiques: les différences de styles

La problématique est semblable, sa gestion, on le sait, ne l’est pas. Il est frappant de constater que le discours de gouvernance sur ce thème est un exercice totalement inédit pour les politiciens. Ils n’y étaient (hélas …) pas du tout préparés.

Etre investi(e)s de la responsabilité de la destinée et de la survie, au sens littéral du terme, de leur population dans sa totalité est un défi qu’ils ou elles peinent à relever. On le constate chaque jour et partout.

A ce titre, quelques-unes des prises de parole publiques, telles que rediffusées aux informations par exemple, sont intéressantes à comparer et donnent un ou deux points de départ pour des observations, et peut-être pour de futures réflexions plus largement documentées.

Ménager la chèvre et le chou, en temps réel et sans visibilité: comment parler aux foules ?

Lorsqu’on regarde les infos télévisuelles, la tendance générale dans les démocraties (ex: Suisse, France, Italie, etc.) est au mélange entre l’explicatif et le déclaratif, mais avec de sérieux dérapages vers l’exclamatif chez les gouvernants des démocraties ultra-libérales (ex :Etats-Unis, Brésil).

Dans les régimes à caractère soit autoritaire soit totalitaire (du type Corée du Nord, Philippines,Turkménistan, Biélorussie, Erythrée, etc.), pour ce que l’on peut en savoir du moins, on naviguerait entre l’omission, le silence, le mensonge et les ordres.

La longueur des phrases comme indicateur?

A première vue, plus la démocratie est active et plus le discours tend à être long et cherche à développer les explications. Avec le risque éventuel (et que les enseignants connaissent bien) que, parfois, trop d’informations tue l’information.

En effet les phrases et les explications trop longues peuvent égarer l’auditeur et le décourager. L’impact du message est alors dilué, voire perdu. Fusent alors, les « c’est à n’y rien comprendre ! » ou les «  je ne sais plus quoi penser ! » ou les «  bon, mais alors on est censés faire quoi au juste ? ».

Certes, faire la synthèse des informations devient difficile pour les destinataires, mais au moins on a fait appel à leur compréhension et à leur intelligence ! Et ils restent libres d’en débattre et de poser des questions.

Les gouvernants font le difficile exercice de la pédagogie. Ils cherchent à être entendus et compris.

Actuellement ils doivent encore y ajouter les éléments, heureusement inhabituels dans nos démocraties, de décrets et de sanctions associés à l’état d’urgence sanitaire. Tout cela rallonge d’autant les discours et complique l’exercice.

Slogans démagogiques

Ailleurs, comme aux Etats-Unis ou au Brésil, c’est beaucoup plus bref: on profère des slogans, dénués de tout contenu utilisable et destinés avant tout à dissimuler la réalité des faits. On laisse notamment aux populations la prétendue « liberté » de faire de mauvais choix en toute ignorance puis d’en assumer seules les conséquences …

Donald Trump ne fait pas à proprement parler de discours de gouvernance, il se contente de lâcher des petites phrases, certes pendant deux heures, mais décousues et dont la particularité est d’être hyper subjectives : « je pense que …, je vois .., cela me paraît…, j’ai entendu dire que …, je crois que…, . Et truffées de « peut-être », ou de « vous pourriez …, il faudrait … » et de toutes sortes de verbes au conditionnel. L’approximation et la généralité sont de mise.

A cet égard le tristement célèbre point presse du 23 avril est un modèle du genre :

“Et puis je vois le désinfectant qui neutralise le virus en une minute… Est-ce qu’on pourrait faire quelque chose comme ça ? Avec une injection dans le corps, presque comme un nettoyage… Car vous voyez, le virus fait des dommages dans les poumons chez un grand nombre de personnes, ce serait intéressant d’examiner ça.”

“Il faudrait voir avec des docteurs en médecine si c’est possible, mais ça me semble être une piste intéressante. Donc nous allons voir, mais tout le concept de la lumière et de la disparition du virus en une minute, c’est assez puissant.”

« Peut-être que vous le pouvez, peut-être que vous ne le pouvez pas (…) Je ne suis pas médecin. »

(traduction et transcription, Xavier Demagny France inter, 24 avril 2020, https://www.franceinter.fr/monde/du-desinfectant-et-des-uv-pour-traiter-le-covid-la-declaration-irresponsable-de-donald-trump)

Trump pratique le sensationalisme des suppositions vagues, assorties d’adjectifs suggestifs « intéressant, puissant » comme pour vendre un produit. Il est clairement dans une démarche d’auto–publicité électoraliste.

Et, forcément, il y ajoute un slogan : après le Make America Great Again , voici le nouveau:  America Strong !

On est bien plus dans la démagogie que dans la pédagogie.

Ordres menaçants

Pour finir, dans les dictatures, la tendance est au minimalisme: on ne dit presque rien, hormis des ordres, des interdits et des menaces. Il n’est pas prévu d’expliquer. Le citoyen doit croire et obéir sans broncher, on est dans la propagande. On pratique les injonctions impératives et les slogans fortement incarnés par le chef politique.

Le mirage séduisant du “simplisme”

Ne nous y trompons pas, de manière générale, il peut parfois être tentant de céder aux communications simplifiées et péremptoires qui ne demandent aucun effort de réflexion. Il est si facile de régresser vers une attitude infantile, et d’obtempérer sans se poser de questions. En effet, cela peut donner la fausse impression que ceux qui dirigent sont en maîtrise totale de la situation. Cela paraît rassurant.

Les slogans dans ces cas-là sont malheureusement séduisants et percutants mais très souvent inversement proportionnels aux intérêts collectifs.

C’est donc une illusion de s’y fier ou de s’en contenter quand il s’agit du destin des citoyens. Comme tous les mirages, ils s’évanouissent quand on s’en approche….

Informations, explications, rectifications, questions: c’est bon pour nous!

La réalité est toujours complexe, dans tous les cas, tout le temps et pour tout le monde. Elle ne peut être réduite à une ou deux phrases. Elle est mouvante, imprévisible, difficile à décrire ou à expliquer. Cela demande sans cesse de savoir s’adapter, de questionner, et, plus difficile encore, d’accepter de se tromper et de corriger la compréhension.

Alors bien sûr, parfois on est un peu paumés, ce n’est pas toujours clair, ça nous irrite, et les interventions politiques de nos démocraties nous paraissent souvent bien longues ou confuses …

Mais c’est quand même le moyen le plus acceptable de communiquer pour rechercher ensemble le bien commun.

En conclusion, pour garder l’équilibre et Les pieds sur Terre la pédagogie démocratique, même imparfaite, est sans conteste plus enviable que la démagogie simpliste ou que la propagande.

 

 

 

Télétravail ou canapé: comment éviter les « sitting diseases »? Homo plus assez Erectus …

Ces dernières semaines nous ont tenus enfermés plus que nous n’aimerions, et nous avons usé nos chaises de télétravail (souvent inadaptées) et nos canapés, et, par la force des choses, limité nos multiples petits mouvements quotidiens.

 Le confinement nous a encore davantage cloués sur nos sièges; finis les trajets à pied jusqu’à la gare, les montées dans le train, les parcours de couloir vers la cafétéria. Et ça ne nous fait pas de bien: on a les jambes lourdes, la nuque raide, des maux de tête, et on engraisse … Beaucoup d’entre nous se trouvent anormalement fatigués, même celles et ceux qui ne font pas de télétravail.

Dès 2010 déjà, divers chercheurs alertaient le monde du travail sur les « sitting diseases », méfaits de la sédentarité, maladie de nos civilisations due à nos interminables heures de chaises quotidiennes.

Parmi les premiers, le Dr James Levine * avait étudié les maladies diverses provoquées ou aggravées par la position assise de longue durée: obésité, maladies cardio-vasculaires, accidents vasculaires cérébraux (ACV), diabète, et tous les soucis du squelette sont concernés.

Comment réagir ?

Des bienfaits largement sous-estimés : les petits mouvements

Il a été démontré que c’est l’ensemble de tous nos petits efforts et mouvements, ainsi que l’alternance entre position assise (si possible brève) et position debout, associée à des mouvements de jambes adaptés qui nous maintiennent en forme dans la durée. Toutes les positions statiques sont malsaines pour nos cellules, y compris celles du cerveau!

 Bon pied, bon œil: un peu de « plomberie » humaine

Le sport est un plaisir utile, certes, mais il ne peut satisfaire seul les besoins d‘oxygène permanent des cellules. Comme on le sait, notre cœur est placé dans la partie haute de notre corps, et la gravité terrestre attire notre sang veineux vers nos pieds. C’est à nous, par nos mouvements, de le recycler sans cesse.

Pour qu’il soit réoxygéné par le cœur et la respiration pulmonaire, nous devons faire fonctionner, en bons plantigrades verticalisés que nous sommes, la pompe mécanique qui se trouve dans nos pieds et nos mollets pour le faire remonter. Jusque-là, ça paraît évident.

Mais ce n’est pas si évident en fait ! oui, il y a un gros « Mais » ici :

Marcher correctement est inné, mais se perd facilement

Comme le dit joliment la Dr Anne Taquet **, angiologue française qui milite pour la marche en propulsion depuis des années, « c’est à nous de remplir notre cœur ».

Pour elle, « l’Homme actuel s’est trop éloigné des lois physiques de la nature et du vivant qui le constituent ».

« C’est le flux sanguin qui sculpte les vaisseaux et les remodèle en permanence, pas l’inverse ». Si nous ne faisons pas le nécessaire, notre cœur se fatigue. Et nos cellules manquent d’oxygène. « Or notre marche et notre respiration sont des automatismes inconscients, que l’on n’utilise pas toujours à bon escient » dit-elle.

Pour Léonard de Vinci, l’anatomie et la mécanique du pied tient du chef d’œuvre,  c’est un petit bijou d’ingénierie. Pour Hipocrate, la marche est régénérative.

Cette bipédie performante caractérise l’espèce humaine. Nous l’avons exercée seuls, sans apprentissage, lors de nos premiers pas. Pourtant il arrive trop souvent que l’on en perde le bon mode d’emploi en cours de vie. Il deviendrait alors nécessaire de nous la ré-enseigner.

Le ré-expliquer aux jeunes et aux adultes permettrait de faire un grand pas (si j’ose dire!) vers la prévention des maladies chroniques. En d’autres termes, c’est aussi un vrai sujet de santé publique.

C’est le pied!

Et en ces temps de sédentarité forcée, pour aller de l’avant (encore une métaphore encourageante) nous pourrions donc, avec peu de moyens mais avec les techniques adéquates, entretenir et reconquérir notre « bonne marche » et nous mettre sur ON plutôt que sur OFF. Et mieux poser nos pieds sur Terre !

*James Levine https://www.nytimes.com/2011/04/17/magazine/mag-17sitting-t.html

** Dr Anne Taquet https://vimeo.com/17150057

Interviewée dans plusieurs magazines:

  1. in Marianne avril mai 2012 ,Ma chaise m’a tué, article de Clotilde Cadu. https://www.marianne.net/societe/ma-chaise-ma-tue
  2. in Rebelle -Santé N°217, Les pas qui nourrissent le coeur, article de Christophe Guyon.https://www.rebelle-sante.com/les-pas-qui-nourrissent-le-coeur
  3.  in Le Monde, Sens et Santé N°7, avril 2018 La meilleure façon de marcher, article de Sylvaine Frézel Article_Sens_&_Santé_A4.pdf

 

 

 

Imaginations vagabondes et échappées belles

Xavier de Maistre, alors jeune officier, rédigea Voyage autour de ma chambre en 1794 lors d’un confinement de 42 jours dans sa chambre de la citadelle de Turin, puni et assigné à résidence pour s’être battu en duel.

Ce fut un bestseller. (Publié à Lausanne à l’initiative de son frère).

Il avait voulu se distraire -et distraire les autres – en laissant libre cours à son imagination:

« Toutes les fois qu’une pensée agréable, gaie et même un peu folle se présente, je lui ouvre à deux battants toutes les portes de mon imagination, (…), je me jette à corps perdu dans ses bras et je m’en trouve bien. N’est-ce pas elle en effet, qui fait disparaître le temps et la distance, qui réalise le passé et l’avenir pour cacher le présent, ce présent qui nous obsède sans cesse comme un mauvais coucheur ? »*

 Nous aussi, à l’étroit dans nos chambres et dans nos inquiétudes, nous rêvons… pour ne pas cauchemarder. Nous rêvons éveillés, nous redonnons de la place à nos imaginations, nous rappelons nos souvenirs à notre mémoire, nous contemplons chaque fois que nous le pouvons ce qui pourrait nous réconforter. Le chant des merles à lui seul, si printanier, déroule dans nos oreilles ses mélodies inventives et joyeuses. Il contient des visions de jours meilleurs.

Arts et cultures à la rescousse

Depuis le début du confinement qui, selon les pays et les situations peut être plus ou moins difficile ou tragiquement cruel, nous cherchons à repousser les murs, à élargir nos perspectives, et à nous projeter dans le temps et dans l’espace.

Tout ce qui nous vient en aide est bienvenu. Et pour celles et ceux qui ont l’immense chance d’y avoir accès, les arts et les cultures sont là pour nous rassurer et pour nous émerveiller.

Arts et cultures au pluriel, loin des classements et sans frontières, passés et présents, toutes les oeuvres humaines parlent à notre imaginaire et ainsi, accroissent nos univers intérieurs.

Nous devenons créateurs à notre tour, nous partageons nos visions et nos joyeux délires car, selon Nancy Huston, nous appartenons à L’espèce fabulatrice **.

 La création partout, l’humour toujours

Je suis émerveillée ces jours par l’inventivité, la drôlerie, la beauté de toutes les créations qui circulent sur les réseaux sociaux, créations éphémères parfois et si généreusement offertes et partagées.

L’humour est délicieusement subversif, il nous fait reprendre pied, il crée des communautés de rigolade, il se déploie à tout instant, et tel Figaro dans Le Barbier de Séville  se « presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer ».

Ainsi, comme me l’a écrit une amie sous une photo de la Victoire de Samothrace, « la culture ne baisse pas les bras ! »

On se demande avec admiration où les gens vont chercher tout ça, et on reçoit leurs créations avec reconnaissance.

On partage des lectures, des comédiens lisent des textes sur Instagram, des peintres organisent des concours, Le Théâtre de la Ville à Paris offre des « consultations poétiques, les orchestres, quoique disloqués par la distance, nous jouent des airs, ou nous redonnent leurs spectacles.

On admire des machines infernales construites avec des bouts de ficelle, qui ne servent à rien et qui sont de la poésie mécanique en chambre, on relit des récits d’aventures,on récrit des chansons.

Echappons-nous!

Partons au théâtre pour Berlin voir les pièces de la Schaubühne (sous-titrées en français), à l’Opéra de Paris voir des ballets, visitons Versailles, suivons des humoristes, des DJ, bref, échappons-nous!

La bonne nouvelle, c’est que, heureusement, notre imagination est sans limites! Il suffit de la nourrir un peu …

Parfois, avoir la tête dans les nuages, ça permet de garder les Pieds sur Terre , non?

 

https://www.theatredelaville-paris.com/fr

https://pad.philharmoniedeparis.fr/?_ga=2.166323254.928046181.1586696699-97878625.1586696699

https://www.schaubuehne.de/en/seiten/online-spielplan.html ,

https://www.operadeparis.fr/actualites/spectacles-de-lopera-de-paris-a-redecouvrir-en-ligne ,

http://www.chateauversailles.fr/

 

*Saint Pétersbourg, 25 décembre 1840, correspondance

** L’espèce fabulatrice, Nancy Huston, éd. Actes Sud, 2008

Pratiquez-vous la zététique?

En cette période si troublée hélas, où toutes sortes de théories fumeuses et douteuses surgissent à chaque minute sur la Toile, et comme nous sommes confinés, nous pourrions en profiter pour nous intéresser de plus près à la pensée critique.

J’en veux pour illustration cette vidéo récente au sujet du Covid19, vue par des millions d’internautes plus ou moins crédules, et qui prétendait, avec force mystères et sensationnalisme, dans le ton comme dans la forme, nous ouvrir les yeux sur « l’origine du virus Covid19 » et sur le « complot » dont nous serions soi-disant les victimes ignorantes.

Elle a pris une telle ampleur, que l’Institut Pasteur et les media français ont dû la démentir très officiellement et avec la plus grande fermeté.

C’est ici qu’intervient la zététique :

 Définition rapide

La zététique, ça ne date pas d’hier, le mot vient du grec zetetikos et signifie qui aime chercher, qui recherche, qui examine. Après les Grecs anciens, on le voit réapparaître dès le 16e siècle puis à plusieurs moments de l’Histoire.

Parfois définie comme l’art du doute, la zététique préconise le recours à la raison. Elle questionne notamment les théories de pseudosciences, des phénomènes paranormaux, ou des thérapies étranges , et par conséquent tout ce qui est susceptible de générer les fake news, les rumeurs et les propagandes…

Appelée aussi pensée critique, elle les soumet à la méthode scientifique d’analyse afin d’en vérifier les fondements et la fiabilité.

Pour le biologiste Jean Rostand, c’est «l’hygiène préventive du jugement ».

En quoi est-elle nécessaire ?

La zététique consiste à analyser systématiquement et méthodiquement (*), les thèses qui surgissent et ne semblent pouvoir se rattacher à aucune théorie ou faits communément acceptés.

Elle se méfie de tout ce qui est de l’ordre des arguments prétendument «irréfutables» c’est-à-dire qu’on ne peut pas soumettre à la vérification par l’expérimentation, ni à la démonstration par des faits attestés et vérifiables .

Elle montre ce qui est contestable puisque annoncé comme « vrai  et irréfutable» et s’avère en fait incomplètement expliqué ou décrit.

La méthode critique de la zététique traque tout ce qui se pare d’un pseudo discours scientifique généralisant et qui dissimule plus ou moins bien, sous ce vernis, des croyances et des opinions, relayées sans preuves de leur exactitude. Ce qui, rappelons-le, est l’art des charlatans de tout poil.

« De grands experts ont dit » (lesquels?)

Ou : «  cela a été prouvé mais les auteurs veulent garder l’anonymat » (pourquoi ? normalement les chercheurs sérieux signent leurs recherches et les assument).

Ou : « ce serait trop long à expliquer mais c’est certain »(ah ? nous devrions donc gober ça sans plus d’explications ?) sont autant d’exemples de ce qui devrait toujours nous alerter.

La pratique de la zététique met en garde contre les idées reçues, les préjugés et tout ce qui est à caractère dogmatique, sectaire ou qui exerce des mécanismes d’influence à partir de théories invérifiables, orientées ou partielles .

Ajoutons que nous aurions trop souvent tendance à céder aux effets du « secret dévoilé », de l’exagération ou du sensationnalisme. Ceci nous amène à évoquer l’Effet Barnum :

L’effet Barnum

P.T.Barnum était un entrepreneur de spectacles et propriétaire d’un cirque américain (le fameux Cirque Barnum) connu pour ses publicités tapageuses et son sens de la formule exagérée. Génie de la publicité, il passe pour un mystificateur, un manipulateur, sorte de roi du bluff et de l’imposture commercialisée.

Il avait compris que plus c’est énorme et improbable et plus les gens vont tomber dans le panneau avec crédulité.

En psychologie sociale, il a été démontré que nous accréditons volontiers comme vraies les affirmations suffisamment fortes, vagues et généralisantes. Ainsi, ce qui nous donne raison et va dans notre sens, selon nos biais de confirmation (**), ce qui nous inclut dans un cercle qui « saurait mieux que les autres et avant les autres », bref, ce qui nous flatte ou nous impressionne nous rend plus crédules.

La tentation …

Le danger c’est qu’il est très tentant de se laisser embarquer trop vite, sans réfléchir et sans exercer notre esprit critique. C’est plus facile et tellement plus immédiat! ça ne demande aucun effort ni aucun travail…

Mais cela peut nous rendre « complices ». Car la plupart du temps, nous aurons envie de partager ces nouvelles sans les vérifier. Nous devenons parfois ainsi des relais moutonniers, qui donnent sans réfléchir de la visibilité à des imposteurs de toutes sortes.

La pensée critique permet de l’éviter.

Pour conclure, et si vous voulez en savoir un peu plus sur ce sujet, voici un lien qui pourrait vous amuser et vous intéresser :

https://www.youtube.com/user/fauxsceptique  : Les deux vitesses de la pensée

Et un ou deux articles  qui en montrent l’importance:

https://www.lemonde.fr/campus/article/2015/02/11/l-universite-de-grenoble-rehabilite-l-art-du-doute_4574498_4401467.html

https://www.lesinrocks.com/2018/01/14/actualite/actualite/qui-sont-les-zeteticiens-ces-chasseurs-de-fake-news-sur-youtube/

Faisons un peu de zététique!

Oui, c’est bon pour les neurones et ça en vaut la peine: ça permet de garder les Pieds sur Terre et la tête sur les épaules !

Notes:

* par exemple par recoupements et fusion d’informations émanant de sources diversifiées et vérifiées, par calcul, par expériences ou examen des faits.

** « Le biais de confirmation est la tendance, très commune, à ne rechercher et prendre en considération que les informations qui confirment les croyances et à ignorer ou sous-estimer l’importance de celles qui les contredisent. » (www.psychomedia.qc.ca)

 

L’optimisme, notre planche de salut

Le 5 février, dans l’émission Quotidien, l’actrice Marion Cotillard et le Directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard étaient invités par Yann Barthès.

Il y était question de leurs actions en faveur de la lutte pour le climat. En effet Marion Cotillard milite depuis plusieurs années déjà aux côtés de l’ONG. Au cours de l’entretien, Yann Barthès lui demande si elle est optimiste pour les effets de leurs luttes.

Marion Cotillard, manifestement étonnée par cette question, se tourne vers J.-F.Julliard, puis répond par l’affirmative en développant un peu sa réponse.

Je crois avoir compris la raison de sa surprise, ayant, pour ma part, enseigné à des générations d’élèves des problématiques environnementales et de développement durable, ce qui est une forme quotidienne de militantisme de proximité. Pour elle, comme pour moi ou d’autres, la question en effet ne se pose même pas, voici pourquoi :

Sans optimisme, pas de lutte possible

L’optimisme est en effet une condition absolument nécessaire à toute action en vue d’un changement positif.

Ce n’est pas une naïveté ridicule mais un bras de levier. Sans optimisme, pas de motivation, pas d’engagement pour une lutte constructive, pas d’espoir. Si on n’était pas optimistes, on ne ferait rien pour changer les choses, ni pour éduquer, ni pour enseigner, ni pour améliorer quoi que ce soit.

Le refus du fatalisme

Ce serait prendre la posture du défaitiste, qui s’avoue vaincu avant même d’avoir rien entrepris. Cet «à quoi bon ?!» découragé mène non seulement au pessimisme (cette inertie auto justifiée) mais, pire encore, au fatalisme.

Or l’issue « fatale » est toujours tragique: c’est le désespoir et la mort. Le fatalisme est une sorte de lâcheté, d’abandon, de refus de participer à toute tentative.

Demander à Marion Cotillard et J.-F.Julliard s’ils sont optimistes, c’est comme leur demander (ainsi qu’on l’entend si souvent hélas…): « mais vous êtes sûrs que ça sert à quelque chose ce que vous faites ?». On comprend leur étonnement (quoique discret et bien élevé) à l’énoncé de la question. Yann Barthès, qui connaît son métier, l’a  probablement posée pour les pousser à réagir…

Alors non, on n’est pas sûrs que tout va aboutir, mais au moins, on essaie !!

En revanche, on est absolument certains que si on baisse les bras, on a une part de responsabilité dans un désastre annoncé depuis longtemps et déjà en cours, par manque de réactivité collective.

Le « devoir » d’être optimistes

De même que nous avons un devoir d’assistance à personne en danger, il me semble que nous avons un évident devoir d’êtres plus que jamais « optimistes » pour pouvoir agir vraiment.

Nous ne sommes pas de doux rêveurs, des idéalistes déjà dépassés, nous voulons, tout comme Marion Cotillard  “être confiants en l’espèce humaine” et ne pas laisser à ses pires représentants le champ libre pour exercer leurs méfaits, leur cupidité et leur cynisme.

C’est affirmer la volonté d’avoir la perspective d’un avenir possible à court, moyen, long et même très long terme, pour le vivant sous toutes ses formes. C’est aussi s’accorder les moyens nécessaires pour agir ensemble.

Enfin, c’est bâtir le présent et soutenir l’avenir au lieu de ressasser la nostalgie d’un passé souvent idéalisé, ou de reproduire encore et encore les mêmes erreurs dont on connaît déjà les conséquences néfastes.

Etre optimistes, c’est aussi lutter contre le catastrophisme ambiant qui démobilise et justifie les « après nous le déluge » et leurs abus, sans jamais offrir de solutions positives.

Alors c’est certain, ça exige de chacun(e) un effort constant, un encouragement permanent, ça demande de la persévérance, de la ténacité et de l’endurance. Bref, c’est pas facile et c’est fatigant, mais c’est exaltant aussi: tout progrès est gratifiant.

Pour bien garder Les pieds sur Terre, posons les diagnostics puis cherchons des solutions et des avancées, réjouissons-nous de toutes les réalisations déjà effectuées, des recherches dans tous les domaines, des initiatives prometteuses, de toutes les victoires et des projets en cours. Soyons donc résolument optimistes!

Bref donnons-nous au plus vite des raisons d’espérer! c’est bon pour notre moral et c’est bon pour la planète!

Et vous, entre le radeau de la Méduse et la planche de salut, sur quoi voulez-vous voguer ?

 

 

Black Friday, un jour bien sombre…

Consternante nouvelle habitude, importée directement des USA, le Black Friday est une grand’messe consumériste qui va à l’encontre de tous les objectifs poursuivis par celles et ceux qui militent pour un développement durable.

Les origines de son nom sont l’objet de diverses versions: pour les uns cela ferait référence au fameux vendredi noir du Krach boursier de 1929 qui avait fait vertigineusement chuter les valeurs boursières et donc ruinés certains au profit de ceux qui avaient su et pu profiter des biens bradés dans l’urgence.

Pour d’autres cela daterait des années 60 où ces pré-soldes avaient attiré tant de monde que le trafic avait été qualifié de «journée noire», ou encore où les rues étaient «noires de monde».

Et pour d’autres cela serait une référence aux chiffres noirs des comptables, toujours heureux d’échapper aux désastreux chiffres rouges des déficits. Bref, cela reste assez approximatif mais on saisit bien l’idée générale.

Tout et n’importe quoi

La plus grande anarchie règne dans ses pratiques: certaines enseignes font des pré-soldes et annoncent des baisses de 10 à 70% sur des articles qui étaient déjà présents dans les rayons, d’autres commandent des produits  spécifiquement destinés à cette super-vente et qui sont présentés comme des affaires à saisir de toute urgence. D’autres jouent sur le «deux pour trois» ou encore sur le rabais progressif de plus en plus attrayant selon le nombre d’articles achetés.

Mais bien sûr le résultat est toujours le même: faire acheter et consommer encore et encore, écouler les productions pour mieux les augmenter sans cesse, justifier les chiffres de la sacro-sainte croissance d’un modèle économique en roue libre.

L’urgence anesthésie la raison

Les mails qui tombent en rafale dans nos boîtes de réception, commencent  tous par des textes alarmistes  «Attention plus que 24 heures pour profiter de … !» ou «N’attendez plus, bientôt il sera trop tard … » ou encore «J moins 1 !!  ne manquez pas …».

Une des clés de ce modèle aberrant c’est bien sûr de créer un permanent sentiment d’urgence: il faut que les consommateurs-trices cessent de réfléchir posément, il faut les maintenir en état d’alerte et de compétition, qu’ils aient peur d’avoir manqué quelque chose.

«Courez! Précipitez-vous AUJOURD’HUI, achetez vite, payez vite, et lassez-vous au plus vite. C’est bon pour la croissance mondiale, c’est bon pour vous.»

Argument qui n’a pas de sens puisque nous retrouverons à peu de chose près les mêmes offres dans quelques semaines, sous l’appellation soldes, ou ventes privées.

Jour de régression: la résistance s’organise

Oui, le Black Friday, c’est bien une journée noire, c’est l’apogée symbolique d’une fébrilité de masse. Le tout  “légitimé” par une  pseudo tradition de bons procédés commerciaux. « Pas de cerveaux, un porte-monnaie ou une carte  de crédit suffiront! Nous aimons tant vous faire plaisir! ».

Heureusement, la résistance s’organise, sous forme d’humour et de slogans dénonciateurs, et surtout de boycott par tous celles et ceux qui en ont assez de cet impérialisme, dont on sait pertinemment déjà combien il est dévastateur, partout et dans tous les domaines: humain, environnemental, social, économique et politique.

On n’a jamais autant produit de textiles, et surtout on n’en a jamais autant incinérés …Chez les grands distributeurs par correspondance qui dominent le marché, on n’a même plus le temps de vérifier les colis de retour: on les détruit.. cela coûte moins cher.

Comment rester indifférents devant un tel gâchis, devant ce cynisme sans limites?

Notre responsabilité

Cette journée -en passe de devenir une semaine d’ailleurs- devrait nous inciter à nous définir dans nos pratiques, à y réfléchir, à en débattre.

Au fond c’est un jour très politique pour tous les citoyen-nes: quels consomm –acteurs sommes-nous? Quels consomm-acteursvoulons-nous être?

Nous avons intérêt à y penser aujourd’hui car je vous le rappelle, c’est bientôt Noël … !

Les calendriers de l‘Avent sont là déjà, rivalisant d’inventivité pour écouler des marchandises dont nous n’avons pas besoin: certains farcis de bières ( heureusement que Noël tombe au 24 décembre, ça en fera déjà 7 en moins…) d’autres de produits de beauté (qui a besoin de 24 produits de beauté ??),  ou de liqueurs. Ils font fureur paraît-il …

Ah non, vous voyez, le cirque ne va pas s’arrêter de sitôt …Et je ne vous parle même pas des soldes de janvier! On en a déjà la nausée…

Je garde les pieds sur Terre: tout le monde le sait, le premier remède pour éviter l’indigestion, c’est de consommer moins! N’attendons pas le 1er janvier pour prendre nos nouvelles bonnes résolutions.