Street art: de la rue au salon, une dérive?

Cet été à Genève a eu lieu un Summer Street Art festival, qui exposait 4 artistes: Banksy, Pimax, M.CHAT et Być dans un lieu de type industriel. Cela a remporté un franc succès, et parfois suscité le commentaire suivant : «oui super, mais alors si c’est des tableaux ou des objets présentés et vendus dans une galerie, c’est plus vraiment du street art !»

Peut-on définir le street art simplement?

Cela fait apparaître combien il est difficile – et comme on va le voir, contre nature- de vouloir réduire le street art à une seule définition.

Pour beaucoup de gens, c’est avant tout le lieu où il s’exprime – à savoir la ville, ses bâtiments, ses rues et ses infrastructures- qui le définirait, ce qui, bien souvent, est synonyme d’acte illégal et donc de danger couru volontairement par l’artiste lors de son exécution.

Ce serait ainsi avant tout un acte de rébellion, une sorte de hooliganisme revendicatoire. Cela implique aussi l’aspect furtif, nocturne, risqué (ceux qui se sont fait surprendre et arrêter pour dégradation de biens publics ou privés en ont fait la pénible expérience pénale et financière).

Et, par la force des choses, cela explique l’anonymat soigneusement préservé derrière un pseudo ou des initiales, un logo ou un personnage récurrent qui identifie, quoique sans le nommer, le street artist (tel le fameux chat souriant de M.CHAT).

Cet aspect de la prise de risque prend parfois plus de place que ce qui est graffé chez certains performers, pour qui l’objectif consiste alors avant tout à  laisser leur « marque » sans se faire « choper » et à couvrir une surface interdite, inaccessible et improbable en un temps record. Comme une sorte de sport extrême. Le faire, pour eux, c’est aussi un message.

Il y a également ceux qui ne prendront pas ces risques et qui assument leur travail solitaire en atelier traditionnel.

Pour les uns c’est le style, souvent à la bombe spray, qui primerait. Pour d’autres, c’est le graffiti de textes, le lettrage ; pour d’autres encore l’affichage, le pochoir ou le graff à main levée.

Pour certains est primordiale la qualité du dessin et le message qu’il véhicule, mais aussi la poésie ou l’humour décalé ; bref vous l’avez compris: il y a en fait autant de définitions qu’il y a d’acteurs et de spectateurs. Ce qui fait du monde…et autant d’avis.

Pas « d’école », la liberté totale

Le seul vrai dénominateur commun, comme me le disait Być, c’est qu’il n’y a pas de diplôme ni d’école du street art.Chacun peut en faire, comme il veut, où il veut, quand il le veut et sur les supports qu’il veut. Cela existe depuis la nuit des temps (on connaît les graffiti romains de Pompéï et ce ne sont pas les plus anciens témoignages que l’on ait de ce type de démarche.) C’est avant tout un art de la liberté totale pour celui qui le pratique.

Toute technique est acceptée, n’importe quel support est possible, tout format (les street invaders sont petits mais certaines fresques d’autres artistes sont immenses). On est libre aussi de le faire comme un pur hobby ou comme un métier artistique.

Le street art « récupéré » ?

Alors, bien sûr, aussitôt que certains émergent et que leurs oeuvres prennent une valeur chiffrée, qu’ils les vendent dans des galeries, ou qu’ils peuvent en vivre, cela génère le doute sur la question « est-ce encore du street art » ? La réponse est oui !

Dans un autre domaine, quand Jean de Brunhoff a écrit Babar pour ses enfants, il ne savait pas que cela deviendrait un best seller et qu’il toucherait des droits d’auteur. Mais cela reste et restera toujours ce que c’est: une merveilleuse série d’histoires pour les enfants avec des illustrations.

A Denver le RiNo Art district est un exemple parmi beaucoup d’autres qui montre que le street art peut être un moteur incroyable pour d’autres projets, qu’il peut générer des synergies positives et inattendues et que le fait qu’il rapporte de l’argent n’est pas un signe de sa corruption.

Il est “récupéré”? Tant mieux ! Vous l’invitez dans votre salon ? Pourquoi pas ? Il permet à des artistes d’en vivre et de dire ce qu’ils ont à dire ? Good!

C’est le signe que justement c’est bien du street art, il est à tout le monde, pour tout le monde, gratuit ou pas, dehors ou dedans, anonyme ou non, public ou privé, drôle, tragique ou poétique.

Donc non, (et c’est tant mieux) nous ne pourrons pas l’enfermer dans une définition, ou une catégorie, ni l’empêcher d’évoluer sans cesse. Il est multiforme par nature, c’est  justement ce qui en fait l’originalité. Il ouvre en grand le champ des possibles et n’est pas toujours là où l’on croit.

Pour le suivre, restons souples, laissons-le nous surprendre, même où on ne l’attendait pas… même au salon!  Et n’en doutons pas: il a sa place dans l’art contemporain.

Help! nos journées n’ont que 24 heures!

Depuis quelque temps, j’ai un peu l’impression d’être dans un mauvais remake du Jour sans fin, ce film où le héros recommence en boucle le même jour à chaque sonnerie de son réveil matin. Sa journée est différente, mais certaines choses recommencent, encore et encore.

Spirale infernale

Administrativement parlant, c’est ce qui arrive de plus en plus souvent.. et on se demande si on n’est pas devenus des hamsters qui font bêtement des kilomètres dans leur roue en croyant avancer.

Tout ce qu’on pense avoir réglé, avec telle ou telle instance (assurances, administration, contrats de téléphone, institutions, etc.) s’avère souvent inefficace. On passe des heures à écouter des musiques d’attente, à rédiger des mails à des boîtes anonymes dans des rectangles où on doit tout expliquer en détail, quoiqu’en en trois lignes maximum dans un cadre préconfiguré.

Mais ensuite, il ne se passe plus rien …Et on doit tout recommencer.

Dans un bref accès de parano, j’ai cru que ça tombait sur moi, que je n’avais pas de chance, mais après partage d’informations avec plusieurs personnes, je me suis vite calmée à cet égard. En fait bien sûr ça arrive à tout le monde. Et on peut se demander pourquoi c’est finalement assez généralisé.

Débordés et submergés

Les gens ne peuvent tout simplement plus faire leur travail correctement.

Ils sont emportés par un flux de plus en plus dense et de plus en plus rapide d’informations, de demandes, de mails qui submergent leur boîte aux lettres professionnelles et personnelles, de messages sur toutes sortes de canaux …

Alors, bien sûr, ils font des erreurs, ils oublient, ils omettent, ils disent :« Oui oui , pas de problème » et en fait ils sont souvent dépassés, au bord de la noyade… malgré toute leur bonne volonté. Et si en plus de tout cela, on rajoute les bugs informatiques somme toute assez fréquents,  chacun est soumis à un rythme  difficile à soutenir.

Plus de moyens mais moins de personnel

Le problème est que les effectifs de personnel ont été drastiquement réduits ou que les services ont été dispersés, parfois dans des pays très lointains, avec non seulement des décalages horaires importants mais aussi des problèmes liés au fractionnement de l’information et des responsabilités. Il y a multiplication des instances intermédiaires, et risque de  perte d’informations, accumulation de délais, etc. L’extraordinaire « portabilité » d’internet a parfois aussi ses mauvais côtés.

 Toujours plus vite ( mais moins bien …)

On va nous mettre la 5G (si l’Office fédéral de la santé publique l’autorise) pour que tout aille encore plus vite. Tous les flux s’accélèrent : images, transports, informations.  Parallèlement les éditeurs de méthodes de relaxation et de bien-être font fortune. On a de plus en plus de moyens de communication, de plus en plus puissants, on devrait être plus détendus et c’est le contraire. Nos « batteries » intérieures n’ont plus le temps de se recharger et trop nombreux sont celles et ceux que guette le burn out sévère.

Or nos journées n’ont toujours que 24 heures! Beaucoup de personnes ne peuvent tout simplement plus accomplir correctement leurs tâches professionnelles quotidiennes. Internet est un outil fabuleux, mais comme toute technologie, cela modifie profondément nos modes de fonctionnement, aussi bien positivement que négativement. La rapidité extraordinaire de communication a par exemple généré une impatience généralisée, une extension sans limites des horaires, et une charge de travail accrue.

Le travail est grandement facilité, mais il y en a davantage. Et il y a moins de gens pour le faire. Lire 250 mails par jour et y répondre au plus vite, accomplir tout le reste en plus, et ne pas commettre d’erreurs ou d’oublis est juste impossible. Cela demande plus de personnel, pas moins !

Dégâts collatéraux

Alors bien évidemment, ça fait effet domino: au lieu d’avancer dans notre travail, on perd un temps fou à pousser celui des autres à progresser. D’autant plus plus énervant que parallèlement, dans les systèmes informatiques (vous l’aurez sans doute  remarqué) les envois de rappels automatiques, eux, fonctionnent très bien et sans état d’âme et ne sont pas gérés par celles et ceux qui devraient pouvoir régler votre problème initial…

Et nous revoilà partis pour un tour: le problème A, toujours pendant, ayant à son tour généré un problème B, voire C ! Le hamster s’essouffle …

Je garde les Pieds sur Terre: Hélas, même si on le demandait, nos journées ne feront jamais 36 heures:

le bureau qui s’en occupe est sur répondeur…

 

 

Les cigales bientôt au tribunal ?

Il y a quelque temps un coq a été à l’origine d’un procès initié par un couple de citadins fraîchement installés à la campagne dans un petit village français. Procès très médiatisé, qui a suscité levées de boucliers et force signatures de pétitions en faveur du Sieur Coq répondant au doux prénom de Maurice. Sous les cieux hélvétiques, je me souviens d’avoir lu également des situations similaires, mais pour des vaches qui (quelle surprise n’est-ce pas?) avaient commis le crime de meugler, ou pour des cloches qui sonnaient à l’église du village ….

Plus récemment, la Provence et le Périgord ont hésité entre le rire, l’indignation et la consternation devant la demande à une entreprise spécialisée de certains habitants d’une maison de Dordogne d’éliminer purement et simplement les cigales des arbres environnants, par trop bruyantes à leur oreilles urbaines.

Enfin, d’autres ont accusé les abeilles de « souiller » des infrastructures par des dépôts de pollen …

Ces histoires, aussi grotesques qu’affligeantes, nous rappellent que l’opposition ville-campagne qui inspira tant d’écrivains (Maupassant, Balzac, Flaubert, pour ne citer qu’eux) est, pour quelques-uns, plus vivace que jamais.

A toutes les époques, le citadin s’est cru supérieur au campagnard, incarnant (pensait-il fièrement) le progrès, l’essor vers plus de civilisation. Le campagnard, autrefois souvent contraint à l’exode vers les villes pour y chercher du travail, a dû s’adapter (sans protester, lui !) à ces lieux souvent gris, sales, bruyants de cliquetis et de vombrisssements de toutes sortes.

Or, certains citadins qui, aujourd’hui, migrent vers la campagne pour une vie plus plaisante, exigent sans vergogne que leur nouvel environnement soit soumis à leur sensibilité, sous prétexte qu’ils n’y sont pas habitués, dans une attitude de colonisateurs conquérants. Ils sont ignorants (et comptent manifestement le rester) de tout ce qui caractérise les territoires ruraux mais trouvent parfaitement normal de vouloir soumettre cet espace à leur seule loi, celle du  prétendu « dominant » qui débarque.

Ce sont les mêmes probablement qui s’extasieront devant des reconstitutions de jardins paradisiaques, artificiels ou virtuels, dans des films ou des parcs d’attractions bétonnés, à la faune et à la flore plastifiées et outrageusement colorées .

Pourtant ils seront bien aise, le moment venu, sur le coup de midi au clocher du village, de manger une bonne salade et des fruits juteux, en buvant un verre de vin ou un frappé au lait de vache ou d’amandes. Comme tout colonisateur, le citadin irascible sait ce qui est bon et compte bien en profiter au maximum.

Mais il n’a toujours pas compris, le pauvre, que son œuf provient d’une poule!

Et Ciel ! c’est sûr, elle va caqueter demain à l’aube! Mais que fait la police?

Humeur festive

En été, s’ils sont chanceux – petite pensée pleine d’empathie pour les autres-  les Homo sapiens se muent sous l’effet du soleil en Homo touristicus vacancius et prennent quelques jours de repos. Ils s’adonnent avec bonheur et inventivité à des activités diverses, improbables parfois, frivoles souvent, sportives ou futiles.

Rares sont ceux qui ne fréquentent pas une fois ou l’autre un lieu culturel. Certains trouvent un plaisir tout estival à  découvrir des concerts en plein air, des festivals de toutes sortes. J’en fais partie.

Et plutôt que d’apprendre à faire la recette de la tarte pissaladière provençale, j’ai préféré aujourd’hui tenter de rendre un modeste mais très sincère hommage aux si nombreux artistes qui animent ou enchantent nos beaux moments d’été, par une petite fable, hélas sûrement plus indigeste qu’une bonne ratatouille…

L’été, l’artiste et le festivalier

Petite fable sans prétention.(Fait moins grossir qu’un aïoli)

Chaque été, avec ou sans cigales,

Partout, partout, fleurissent les festivals,

Et avec eux tous les festivaliers,

Enthousiastes, souriants, pleins de curiosité.

 

Théâtre, danse et musique,

Rapp, jazz, électro, classique,

Expos, ciné, ou bien visites,

En tous lieux la culture s’invite:

Montagnes, terrasses, lacs, ruines romaines,

Tout concourt à effacer les haines,

A redonner espoir dans la nature humaine

 

Capable ainsi de nous encourager,

De nous réconforter au soleil de l’été.

Et d’oublier un peu, instants rares et précieux,

Les tragédies d’ailleurs,

Commises sous d’autres cieux.

 

Remercions les artistes, leurs visions, leurs talents,

Qui redonnent à l’Homme quelque chose de plus grand.

 

Et puisons grâce à eux

Du courage pour lutter,

Plus braves, plus heureux.

Nous toujours, certes,

Mais en mieux….

 

Morale de cette histoire :

La critique est aisée mais l’art est difficile…

Offrons aux vrais artistes

Les lauriers qu’ils méritent!

 

Et nous, simples touristes, modestes vacanciers,

Amusons-nous un peu,

Cessons d’être sérieux,

Soyons peintres d’un jour, musiciens ou poètes

Même si, et cela saute aux yeux,

N’est vraiment pas- hélas-  La Fontaine qui veut !

Qu’importe!

Après tout, c’est l’été, soyons légers !

Faisons la fête!

 

Seconde morale :

Comme vous le constatez, lecteurs courageux,

Le ridicule tue moins quand on n’est pas sérieux… !

 

 

 

Etes-vous flexitarien-ne?

Au cinéma, l’autre soir, je découvre une pub vantant une viande bovine et nous incitant à être « flexitariens » (ou, dans cette pub: régalez-vous d’une bonne côte de bœuf).

Je connaissais bien des termes déjà, comme tout le monde, de carnivore à végétaliste en passant par végétarien pour ne citer que les plus connus.

Mais alors, j’avoue, flexitarien m’était inconnu … Il n’est pas compliqué d’en entrevoir le sens général, devant les images de la pub, mais moi je pensais naïvement que le mot « omnivore » suffisait pour décrire celui qui mange raisonnablement de tout… et qui semble avoir été oublié aujourd’hui.

Grave erreur ! Voyez plutôt mon ignorance: reconnu et défini par le Petit Robert depuis 2018 déjà flexitarien-ne, nom et adjectif signifie «qui limite sa consommation de viande, sans être exclusivement végétarien». (Ni exclusivement végétalien.)

En cherchant un peu, je découvre aussi que je pourrais choisir d’être « pollotariste », c’est-à-dire que je ne mangerais aucune chair animale, sauf de la volaile, ou « pesco-végétarienne », soit ne mangeant pas de chair animale sauf du poisson (ce qui me trouble: sont-ils exclus du monde animal ?… comme les poulets …?) ou semi-végétarienne si le mot flexitarienne ne me plaît pas.

En quoi ce terme méritait-il d’entrer dans le dictionnaire ?

En ce qu’il insiste sur l’idée d’une prise de conscience éthique et environnementale, qui souhaite un traitement plus acceptable des animaux, un plus grand respect de l’environnement et de la santé des consommateurs. Un omnivore mesuré et responsable, en somme, ce que nous devrions en effet tous tenter d’être (si nous voulons manger de tout). Bon, ça me va. J’adhère pleinement à tous ces aspects.

Alors qu’est-ce qui m’agace dans tout ça ?

 A la réflexion, ce qui m’agace, c’est ce courant de rectitude proclamée partout et à tout moment (auto-proclamée: « Moi, je suis …etc. etc. »), cette obligation de se définir sans cesse comme appartenant à telle ou telle catégorie fermée, exclusive, connotée, référencée, jugée, notée à l’aune de telle ou telle morale. Cette exigence de justification publique (qui sous-entend quand même l’idée d’une culpabilité à expier). Je devrais donc, si je suivais cette tendance aux profils déclarés qui m’agace, me présenter dorénavant comme la flexitarienne que je suis, si j’en crois la définition!

J’avoue, l’orthorexie (pratique qui se préoccupe, parfois jusqu’à l’obsession, de manger sainement) et tous les dogmes en général me consternent, car souvent ils dérivent et mènent à une sorte de fanatisme.

Qui ne souhaite pas manger sainement ? Pourquoi préconiser des régimes spéciaux pour tous (contradiction interne évidente) ?

Zut ! Parfois on a envie de se sentir libres de mal manger, et dans tous les cas de choisir individuellement, de ne pas être jugés pour autant comme des déviants, ou des marginaux. Je ne vais donc rien proclamer du tout …et faire au mieux.

Pour moi, l’éthique, le respect des animaux (sans exceptions !), de l’environnement et de la santé est un ensemble qui devrait en tout temps nous préoccuper toutes et tous.

 Et un seul terme devrait pouvoir suffire à nous décrire dans nos pratiques alimentaires  diverses et fluctuantes, plutôt qu’à nous définir et à nous catégoriser, ce qui revient trop souvent à nous opposer sur des détails au lieu de nous réunir sur le fond.

Omnivore signifie qui mange de tout et non pas qui DOIT manger de tout, ce qui implique le libre choix.

Néanmoins, puisqu’hélas il faut aujourd’hui encore (et plus que jamais) insister sur l’éthique et la co-responsabilité, alors le terme flexitarien a du moins le mérite de nous en faire parler … !

Gardons les pieds sur Terre…la division en sous–catégories est rarement efficace lorsqu’il s’agit de lutter, ensemble essayons d’être des flexi-terriens, ce qui, vous en conviendrez, est plus acceptable que bons à rien ….

 

 

 

 

Téléphones portables: une question de taille ….

Pour qui ne peut (ou ne veut) pas dépenser une fortune pour un nouveau téléphone, mais a un budget tout de même confortable, se pose aujourd’hui le problème de la taille des nouveaux modèles proposés. Et si vous ne disposez pas d’une main XXL , vous ne pouvez guère prétendre à une utilisation qui ne mobilise pas en permanence vos deux mains.

Plus larges, plus longs (et pas qu’un peu), ils sont de surcroît beaucoup plus lourds, avoisinants pour certains les …200 grammes! L’argument de vente étant principalement que «vous pourrez visionner confortablement vos films».

Certes… Néanmoins, quant à moi, je téléphone et j’écris davantage de messages ou de mails que je ne passe de temps à visionner mes séries préférées sur ce support, censé -rappelons-le tout de même- tenir dans une seule main (je me vois mal maintenir mon téléphone à deux mains sur mon oreille) !

Que dire de la place envahissante qu’il prend alors dans un sac ou dans une poche ?

Et je ne parle pas encore des effets du poids: trop grand et trop lourd, comme on le tient par sa partie basse, il pique de la tête vers le sol, pour le plus grand bonheur des réparateurs d’écrans brisés…

Quoiqu’ayant réduit la taille du clavier, je peine à le tenir et écrire d’une seule main, mon pouce est décidément trop court … Aujourd’hui il vaut donc mieux avoir le pouce long que le bras long …

Alors bien sûr, je peste :  décidément big is not always beautiful.

En fait, il s’agit d’un paradoxe, où les fonctions secondaires d’un appareil prennent tellement l’ascendant sur sa fonction première (pouvoir téléphoner !) qu’elles la relèguent du coup à un simple accessoire.

D’ailleurs cela apparaît clairement dans les publicités, où les caractéristiques multimédia des  téléphones portables (photos, films, réseaux sociaux, mails, etc.) ont pris toute la place.

Un peu comme certains couteaux suisses qui, devenus énormes, entre leurs tire-bouchon, pince à épiler et autres ciseaux, ne tiennent plus dans une poche, et pourront bientôt proposer une tronçonneuse pliable… !

Aujourd’hui donc, la mode est aux téléphones de moins en moins portables, et qui prétendent à grand renfort de publicités pompeuses et lyriques nous faire voir la réalité, les films et le monde plus grands, et prennent  effectivement de plus en plus de place  et de poids dans nos vies.

Bref, je garde les pieds sur Terre… et les mains (!) sur mon nouveau téléphone, dont comme tout le monde, je ne saurais me passer ! Mais quand même,… je râle!

 

 

Lobbyiste: une insulte?

A l’occasion de la fracassante démission de Nicolas Hulot du gouvernement français, ou du désir forcené de Trump de faire son mur, il a beaucoup été question de lobbyisme et des lobbyistes. Lors d’une émission radio, j’ai  par exemple entendu une représentante d’une importante ONG environnementale confrontée à la question provocatrice du journaliste : « Mais vous aussi, à Bruxelles, vous faites du lobbyisme! »

En quoi il avait raison… si l’on s’en tient à la définition théorique du lobbysme (ou lobbying) : pratique consistant à organiser un groupe de pression directe ou indirecte auprès d’autorités politiques afin de défendre des intérêts économiques, professionnels ou personnels et de chercher à influencer les décisions (lois, réglementations, normes). On est dans le domaine de ce qu’on appelle les mécanismes d’influence.

Un bon et un mauvais lobbyisme ?

Après une seconde d’hésitation, la représentante de l’ONG en est d’ailleurs convenue. Mais avec une réticence compréhensible.

Puis, très clairement, elle a nuancé sa réponse, en mettant de sérieux bémols à la définition qui lui était imposée. Elle a cité trois grandes différences entre les lobbyistes dont Nicolas Hulot a en effet eu à se plaindre, et le type d’influence qu’elle exerce pour son ONG .

Voici ces différences: l’importance des moyens financiers et logistiques mis en œuvre, les intentions réelles qui président aux actions, et enfin les destinataires –bénéficiaires visés par l’action menée.

Ou, pour faire simple, les comment ? pour quoi ? et pour qui ?

Bien sûr, à cela s’ajoute forcément la question : avec quelles conséquences ?

D’emblée on repère le problème si fondamental, de l’éthique

Or, l’image que nous avons du lobbyisme et des lobbyistes, dans la réalité (ou telle qu’elle nous est montrée dans les fictions) n’inspire en effet pas vraiment l’admiration béate.

Le comment? met  souvent en œuvre la grosse artillerie de moyens financiers considérables, le pour quoi? obtient trop fréquemment la réponse: pour augmenter le profit à court terme, sans tenir compte des effets négatifs induits, et le pour qui? ne concerne pas toujours le plus grand nombre, ni la société civile dans toute sa diversité.

Lobbyisme et corruption

Quant à l’éthique, elle est dès lors forcément bafouée par un cynisme pervers, par des techniques manipulatoires, souvent mensongères et mystificatrices, le «tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces.»

Les diverses techniques de « corruption » ne sont jamais très loin …Et ce qui définit le plus le « mauvais » lobbyisme, c’est bien le bras de levier de la corruption, car il démontre à quel point les gens visés sont effectivement corruptibles …

Les universités qui ont une chaire de lobbyisme cherchent d’ailleurs par tous les moyens à communiquer positivement pour redonner un certificat de virginité à cette formation. C’est donc bien que cette image est très endommagée… On voudrait réguler le lobbyisme. Louable projet, nécessaire en effet, mais malmené par la dure réalité .

Un « vilain mot » ?

Il y aurait du bon et du mauvais lobbysime. Je crois cependant qu’à force de mauvais usages, certains mots ne peuvent être revalorisés.

A mon avis, il est trop tard pour prétendre modifier cette image si abîmée. Et pour distinguer le bon grain de l’ivraie, seule la distinction entre deux mots pour décrire deux pratiques si opposées (bien qu’appartenant toutes deux aux mécanismes d’influence) offrirait une solution qui permette de préserver dignement la bonne foi, voire la noblesse, des actions menées honnêtement à des fins défendables sur le plan éthique. Peu importe que l’action s’exerce dans le domaine public ou privé.

Le lobbyiste aujourd’hui est considéré comme le courtisan sans scrupules, d’ailleurs le mot lobby ne veut-il pas dire antichambre ?

On n’est pas si loin des sollicteurs de tout poil qui gravitaient autour du pouvoir en place et intriguaient sans cesse, attendant leur tour pour une audience royale. Pourtant eux aussi avaient parfois de bonnes causes à défendre.

Il serait grand temps de trouver le mot qui convienne pour désigner les lobbyistes aux buts respectables et aux méthodes avouables… J’avoue, je sèche pour le trouver…Militant? Activiste? Influenceur? Aucun ne me paraît convenir.

Je garde hélas les pieds sur Terre, aujourd’hui le lobbyisme est de fait généralement criticable, et souvent révoltant, dans ses buts , dans ses méthodes et surtout dans ce qu’il nous fait découvrir de ses destinataires, si aisément corrompus. Aujourd’hui, c’est donc plutôt un «vilain mot ».

Trouvons-en un autre pour celles et ceux qui ne méritent pas d’ y être associés.

Le piano descend de son estrade!

A Paris, Genève ou ailleurs, trônent parfois des pianos dans les halls de gare, invitant le voyageur de passage à en jouer. Cette belle initiative produit des situations diverses, allant de la cacophonie à la magie éphémère.

On voit ainsi certains adultes pianoter pour la première fois, et ce qui est beau alors, ce n’est pas les sons mais le geste d’avoir osé s’asseoir là, et devant des gens pour essayer ….Car le piano, c’est intimidant, ça fait sérieux, c’est imposant. Comment, lorsqu’il est placé en évidence dans un lieu public, ne pas l’associer aux salles de concerts, aux virtuoses classiques ou jazzy?

Et là, parce qu’il est dans un endroit somme toute incongru, ça devient accessible et ludique. Ici pas des sièges alignés, pas de scène, pas de queue de pie ni de robe du soir, juste des gens qui passent. On ne les connaìt pas, on ne les reverra jamais, ils passent : pour le pianiste d’occasion le risque du ridicule est quasi nul. Voilà précisément ce qui attire : ce mélange entre espace public et anonymat, entre instrument solennel et instants fugitifs, sans programme ni vedette.

Des personnes très diverses se mettent alors devant le clavier. Comme spectateur on comprend parfois que c’est aussi pour celui qui s’y essaie l’occasion de toucher enfin cet objet précieux. Un peu comme de se mettre au volant d’une voiture de luxe au Salon de l’Auto, « pour voir comment ça fait ». Et on voit poindre un plaisir d’enfant sur le visage du pianiste de gare.

Parfois, quoique plus rarement, se produit un petit moment magique: l’autre jour, comme je marchais en direction du quai avec ma valise, j’ai entendu peu à peu la mélodie d’un morceau admirablement joué … Au piano, un jeune homme blouson, baskets, et casquette jouait une pièce classique romantique plutôt difficile. Un cercle s’était formé autour de lui, et ceux qui ne pouvaient s’arrêter par manque de temps, ralentissaient tout de même leurs pas et regardaient en passant. J’aurais voulu rester mais mon train ….

J’ai aimé cette bulle de savon musicale qui tordait le cou aux stéréotypes hélas trop répandus des apparences et des catégories: très jeune, vêtu comme un rappeur rebelle et jouant merveilleusement Chopin sur un splendide piano à queue noir dans un hall de gare. Il y avait là de la poésie tout à coup.

Aujourd’hui je ne vais pas garder les pieds sur terre ou du moins, je vais marcher sur la pointe des pieds, histoire de laisser encore un peu la musique adoucir nos mœurs ….et souhaiter que vivent longtemps les pianos de gare !

Mails : la grossièreté banalisée ?

Qui d’entre nous n’a pas vécu cette désagréable situation : la vaine attente d’une réponse à un mail professionnel, la consultation de plus en plus frénétique de sa boîte de réception au fur et à mesure que le temps passe sans réponse ?

Je ne vais pas tomber dans le «c’était mieux avant» comme les réactionnaires, mais il y a tout de même une ou deux remarques à faire: naguère, lorsque le courrier n’était que postal, au moins on avait la certitude que le destinataire avait bien reçu notre message (la poste égarant tout de même rarement le courier).
Si notre envoi restait sans réponse dans un délai raisonnable, nous pouvions interpréter ce silence comme un refus de répondre, et prendre l’initiative qui nous paraissait la plus appropriée.

Aujourd’hui avec les mails, le flou est total. Nous ignorons si l’absence de réaction est un accident de transmission, une chute dans les spams qui aurait totalement échappé à notre destinataire, ou si c’est un acte délibéré de fin de non recevoir. Même le délai raisonnable à accorder à nos interlocuteurs pour nous répondre est incertain.

Certes nous apprécions la célérité si efficace des mails, qui, par ailleurs, a pour effet pervers que nous sommes censés être atteignables et réactifs 24 heures sur 24 et 365 jours par an, n’importe où dans le monde,même dans le milieu professionnel. Je remarque ici que dans le même temps, les codes de politesse sont malmenés, et nous avec eux.
En effet, submergés que nous sommes de mails quotidiens, nous parons au plus pressé et nous négligeons parfois nos correspondants, ou, pire encore, nous les oublions purement et simplement.

Lorsqu’on est soi-même le correspondant oublié ou négligé, on entre dans cette attente obsessionnelle si pernicieuse.
Par exemple, on vous contacte professionnellement pour vous proposer une éventuelle collaboration et, dans cette perspective, on vous demande de préciser votre champ d’activités. Vous n’êtes donc pas le demandeur. En principe, vous répondez dans les 48 heures, par politesse autant que par intérêt. Vous vous donnez la peine d’accéder avec clarté à la demande qui vous a été faite.

Et, tout naturellement, vous attendez la réponse, ou du moins, un accusé de réception rassurant qui vous remercie et vous prévient que la réponse de votre correspondant ne saurait tarder.

Si au contraire, comme Anne au sommet de sa tour, vous ne voyez rien venir, vous vous inquiétez, et vous récrivez à votre destinataire pour vérifier que vous n’êtes pas tombé dans les « indésirables » ( catégorie à laquelle personne ne souhaite appartenir …).

Si le silence reste total, vous vous sentez mal… (comme si on vous avait insulté). Mais peut-être êtes-vous retombé dans les spams ? …

Le doute n’étant jamais levé, votre imagination ne peut que s’emballer et s’adonner à mille interprétations, qui se concluent le plus souvent par de la colère et de l’amertume.
Si vous récrivez encore, vous êtes peut-être en train d’aggraver votre cas … et vous devenez harcelant.

Si vous ne réagissez plus, vous garderez toujours en tête l’idée que peut-être, votre correspondant est innocent, qu’il n’a jamais reçu votre réponse et que, de son côté il en a conclu que vous êtes un grossier personnage. Cela vous tracasse aussi. Bref, on est dans l’impasse et le malentendu. Et bien sûr dans le malaise. Trop de « peut-être ? » …

Dans le cas de mon exemple, vous ne pouvez qu’en déduire que votre profil est si peu intéressant pour votre lecteur qu’il ne daigne même pas vous honorer d’un refus de collaboration motivé.

Si cette situation se répète avec plusieurs correspondants (dans le cas d’une éventuelle recherche d’emploi par exemple), l’effet psychologique de cette humiliation peut être dévastateur: cela conduit à ressentir une dévalorisation personnelle très forte. Comme une négation de votre existence même: vous ne valez même pas la peine d’une réponse.
Imaginez la situation en face à face: on vous demande de préciser ce que vous faites, vous répondez et sans un mot, votre interlocuteur vous tourne le dos et part…. Mais dans notre cas c’est pire encore. Votre interlocuteur est invisible et vous doutez …et ne pouvez cesser de vous poser des questions. Erreur? Lâcheté? Camouflet ?

J’ai eu l’occasion de parler avec diverses personnes à qui ces silences brutaux et grossiers ont été imposés. Cela a toujours cet effet. Toutes et tous m’ont dit : «j’aurais largement préféré qu’on m’écrive carrément les choses, au moins j’aurais cessé d’attendre et je n’aurais plus ces doutes … ». Ou encore: «je n’ai même pas pu argumenter.» «J’aurais pu téléphoner, mais je n’ai plus osé.»

Alors oui, il serait bon de revenir à l’idée d’un code de communication qui intègre la politesse élémentaire, ne serait-ce que des accusés de réception, des délais raisonnables clarifiés et communs pour les mails professionnels, comme c’était tout de même le cas pour les lettres traditionnelles.

Mais,hélas, je garde les pieds sur terre, je crains fort que cette grossièreté si banalisée soit difficile à combattre ….

Serviettes de plage: défense d’entrer!

Pourquoi, l’été venu, pouvons-nous brusquement nous métamorphoser en chiens de garde prêts à mordre les mollets du premier venu en maillot de bain ? La plage ou la piscine devraient pourtant nous calmer les nerfs …Et pourtant on se surprend souvent à être moins zen qu’espéré : il faut dire qu’avec les baignades, la rude bataille des bonnes places et des territoires commence.

Soleil  ou ombre, herbe ou béton, vue imprenable sur le paysage ou espace un peu caché, tous, nous nous attribuons une portion d’espace qui réponde au mieux à nos attentes du jour.

Et tous, nous marquons soigneusement notre territoire de façon à ne pas être envahis par d’éventuels intrus plus ou moins bruyants.

Si nous sommes des habitués, nous reviendrons prendre « notre » place ,  la même d’année en année …comme s’il s’agissait d’une propriété privée. D’ailleurs les autres habitués, les amis qui voudraient nous trouver, savent très bien où nous sommes placés.

 Notre chien de garde intérieur s’assied devant cette porte imaginaire qu’il entend bien défendre si nécessaire contre les indésirables qui ne respecteraient pas notre « parcelle » de serviette.

Je marque mon territoire et ça ne rigole pas

 Ne nous y trompons pas, sous des dehors futiles, cette démarche est des plus sérieuses et son étude passionnante, dans les comportements comme dans les stratégies : dans la plupart des cas, on sélectionne une zone territoriale  que l’on marquera d’abord par l’étalage de notre serviette, puis, afin d’en augmenter le périmètre d’intimité et de propriété de manière bien visible, nous étalerons nos affaires dans les bordures: sacs, chaussures, crème solaire ….A partir de cette phase d’appropriation, nous veillerons à en maintenir les limites, afin de décourager toute tentative d’intrusion extérieure étrangère à notre connaissance. Comme tous les animaux, nous marquons notre territoire et nous sommes prêts à le défendre avec énergie et détermination. Gare aux indélicats qui fouleraient notre drap de  bain  en passant par là, ou qui , pire encore, tenteraient de se coller indûment à notre espace ! Cela a le don de nous mettre instantanément en colère, et le plus souvent la réaction est vive: nous sentons une très forte aggressivité contre la personne qui s’est ainsi imposée à nous et, sans trop savoir pourquoi, nous réagissons violemment et presque épidermiquement. Certes, c’est être grossier que de ne pas savoir respecter l’espace vital d’autrui, chacun le sait, mais en fait c’est plus archaïque et beaucoup plus inconscient : nous sommes restés des mammifères qui, par nature, défendons notre espace ( ou ce que nous considérons comme tel…) jusqu’au conflit physique si nécessaire. C’est ce qui explique ce réflexe si immédait de défense, et qui ne passe pas d’abord par la réflexion.

 Lutte matinale pour les transats

Observez les stratégies matinales dans les hôtels ou clubs de vacances balnéaires pour obtenir, réserver et conserver (!)  un transat en y déposant sa serviette à la première heure. J’ai vu des gens se lever à l’aube pour se précipiter et «prendre les meilleures places » et j’ai même assisté à des tours de guet au sein d’une famille , qui préférait prendre son petit déjeuner séparément  pour assurer la sécurité du territoire  ainsi obtenu de haute lutte. Certains hôtels ont d’ailleurs dû édicter des règlements interdisant la mainmise sur les transats si convoités , avec des horaires de réservation.

Serviettes révélatrices : indiscrétions

Tout aussi amusante et instructive est l’observation des distances entre les serviettes d’un même groupe (famille, amis) . La psychosociologie environnentale sur ce sujet  tente d’évaluer le type de relation qu’entretiennent des individus par la seule analyse de la disposition de leurs affaires de plage ( les propriétaires n’y étant pas installés au moment de l’observation).

Bien sûr ce n’est pas une science exacte, tant s’en faut : il faut tenir compte de divers facteurs circonstanciels qui contraignent les propriétaires à faire des choix : galets, sable  ou pelouse ? affluence ou espaces libres ? bébés ou adultes ? mer ou piscine ? etc.  Néanmoins, cela est très instructif : tout naturellement, les intimes mettent leur serviette en contact , alors que celles et ceux qui ne veulent pas être en communication, mettent visiblement leurs affaires entre eux et les autres. Bien sûr ce jeu des signes de territorialité est très significatif dès qu’il s’agit de séduction.

Sea, sex and sun

Quelle situation plus riche en potentialités en effet que celle qu’offre la baignade et ses rituels ? Nous sommes très dénudés, réunis en un seul lieu , exposés au regard d’autrui et comble de tout , en position couchée …. ! La serviette de plage est presqu’un lit …en public, et d’ailleurs bien des adolescents en tirent profit avec plus ou moins de discrétion, pour s’y embrasser gaiement.

La serviette de plage, c’est donc du sérieux! Même le choix du motif ou de la couleur de votre serviette parle de nous et de notre personnalité.

 Donc la prochaine fois que vous sentirez que vos voisins vous mettent hors de vous, avant d’aboyer, de passer aux insultes ou aux phrases aggressives, mettez la tête au frais et observez !

 Mais je garde les pieds sur Terre: ça va continuer de vous énerver tout autant  … ! au moins vous saurez le pourquoi du comment, c’est déjà ça, non ?