Zlatan

Zlatan – Paolo Castaldi

C’est une bande dessinée au coup de crayon voyageur. Le graphisme est épuré. J’aime beaucoup. Je ne suis pas spécialiste, je ne juge pas la technique, mais l’émotion que cela me procure.

“Zlatan, histoire d’un champion” est un carnet de voyage. Celui d’un curieux passager au bonnet vissé sur un crâne chauve à l’aéroport Malpensa de Milan et qui parle avec… sa mère ! Les talentueux ça osent tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît.

L’emmitouflé passant est Paolo Castaldi. Dessinateur et illustrateur italien. Sa destination la Suède. Le lombard est curieux et s’interroge, se questionne. Il veut comprendre comment s’est écrite la légende Zlatan Ibrahimovic. Rien que cela !
Alors, rien ne vaut le déplacement. Il va mettre ses pas (gelé), dans les pas célébrés du jeune immigré.

C’est un retour aux sources. Là, où tout a commencé. Dans l’antre de Rosengård, quartier mal famé de Malmö. Les talentueux n’ont peur de rien, c’est aussi à cela qu’on les reconnaît.
Au milieu de cette tour de Babel (cœur, à l’époque des expatriés yougoslaves), un terrain de foot. Rebaptisé depuis, le “Zlatan court”. Évidemment !
Des jeunes y jouent et rêvent de prendre le même chemin que l’idole du coin. Mais tout le monde n’est pas Zlatan.

“On peut sortir un gars du ghetto, mais on ne pourra jamais sortir le ghetto de ce gars.” Zlatan Ibrahimovic

Paolo Castaldi va découvrir, ici, que le sang qui coule dans vos veines est votre carte d’identité, pas votre acte de naissance. Le monde est rude à Rosengård. Mais c’est justement là que s’est forgé la statue du commandeur. Dans la rue, sous les quolibets et les vols de vélos. Sous les tacles rageurs, les accès de colère, les portes qui claquent. Dans un environnement familial compliqué. Autour d’un père alcoolique et d’une mère absente.
On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille…
Le corps et l’esprit forgé à la rudesse des lieux. Être né quelque part. En avoir gardé les stigmates.

Ce n’est pas la première fois que le coup de crayon de Paolo Castaldi vient illustrer ce jeu de balle. Il a dessiné Diego Armando Maradona. Puis la fin tragique de Luciano Re Cecconi, milieu de terrain de la Lazio de Rome, tué dans une bijouterie. Et c’est essayé au noble art.
Pablo Castaladi aime ceux qui font le football et ça se voit.

“Les histoires de rédemption sociale semblent être vécues justes pour que je puisse ensuite les dessiner.” Paolo Castaltdi

Cher Paolo Castaldi,

j’ai cru comprendre, en vous lisant, dans un article, sur votre site, qu’il vous titillait l’envie de poursuivre l’exploration des coulisses. D’étudier encore l’histoire de la rédemption sociale. Vous posez quelques noms qui, déjà, nous font saliver : Mike Tyson, Socratés. Reprenez la route et filez à Brooklyn ou à Belèm. Ayez de nouveau le coup de crayon voyageur.
Il me hâte de vous lire à nouveau.

 

Zlatan

 

 

“Zlatan, histoire d’un champion”

Paolo Castaldi

Éditions des ronds dans l’O

 

 

 

 

Sebastien Beaujault

Sebastien Beaujault

Rédacteur web freelance, ici je vous parle de littérature sportive. Et plus généralement de la culture et du sport. Du livre de sport, de la bande dessinée de sport et même, parfois, de documentaire sportif. Malheureux à plus de 3 mètres d'un livre.

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