Marco Van Basten

Marco Van Basten – ma vie, ma vérité

Marco Van Basten“Non, je n’ai jamais pris de crack. Non, je n’ai pas été accro à la coke pendant des années. Je n’ai pas traîné autour d’une piscine, entouré de femmes nues pendant un championnat d’Europe ou une Coupe du Monde. Je suis désolé de devoir vous décevoir“.

Les premières lignes du livre : “Marco Van Basten, ma vie, ma vérité” plantent le décor. Le joueur néerlandais n’est pas Georges Best, ni Maradona. En-tout-cas, pas pour les parties qui se jouent hors des terrains. Pour le reste, c’était un as du ballon rond. Peu, peuvent se targuer de 3 ballons d’or. D’un titre de Champion d’Europe avec l’équipe nationale et bien d’autres coupes qu’il soulèvera jusqu’à la lie.

Mais s’arrêter sur les chiffres, les statistiques, les titres, seraient résumé, un peu vite, la vie de Marco Van Basten. Car il y a aussi la douleur. Les souffrances dans la chair. Les blessures à répétition. Les dernières qui vous obligent à tout arrêter à seulement 30 ans. Le passage de la lumière à l’ombre. Ne plus supporter ce corps, cette cheville. Le regard des autres. Ne plus pouvoir mettre un pied devant l’autre, ne plus pouvoir joueur au ballon.

Marco Van Basten est né le 31 août 1964 à Utrecht, aux Pays-Bas. Il a toujours été un joueur exceptionnel. Il a commencé à jouer au football très tôt, à l’âge de 6 ans. Porté par un père qui a vu, très tôt, le potentiel de son fils. Et qui voua une grande partie de sa vie, à lui dessiner une carrière professionnelle. Quitte à “délaisser” quelque peu, ses deux autres enfants.

Pourquoi lire ce livre ? Pour y apprendre bien des choses sur Marco Van Basten. Parce qu’il y a aussi et surtout la plume de Edwin Schoon. Il est assez rare que j’évoque, par ici, celles et ceux qui écrivent pour les autres. Mais, là, force est de constater que l’on est bluffé, dès les premières lignes. Schoon a tout compris au storytelling. Il nous emporte dans la vie du néerlandais comme dans une série Netflix. Même si, au fur et à mesure du livre, la narration est un peu plus “classique”, chronologique. Il y a, dans l’écriture, quelques éclairs de génie. Je ne connais pas, évidemment, Van Basten, mais à lire cette biographie, j’imagine que Schoon est un bon élève. Il a bien écouté et fortement bien retranscrit la carrière du “Prince d’Orange”.

“Je n’épargnerai personne. Moi, moins que quiconque. L’heure est venue !”
Une raison supplémentaire, s’il en fallait une, de plonger dans cet ouvrage.

“Marco Van Basten, ma vie, ma vérité
Editions Solar

 

Kilian Bron – vertige tout terrain

Kilian BronCher Kilian Bron,

C’est indéniable ! Lorsque vous avez appris à faire du vélo, les petites roues sont restées au garage. Je ne vois pas l’affaire autrement. Vous maîtrisez l’engin comme jamais et comme personne. Moi qui n’imaginais le VTT que comme un simple moyen de transport. Me permettant d’aller d’un point A à un point B. De mon garage à mon boulanger. Ou à profiter d’un long dimanche de fiançailles, d’une jolie balade familiale.

Pour vous, c’est tout autre chose. C’est la passion de toute une vie. Un objet de voyage, de partage. Un ami qui vous emmène loin.

Retranscrire, sur papier glacé, vos aventures, filmées ou photographiées, c’est comme votre engin, c’est casse-gueule ! Je vous rassure, une nouvelle fois, le pari risqué, est gagné. C’est un beau livre comme ils disent !

C’est un grand bout de vous ! Le casse-cou ! Le fou ! Pas si fou, non ! Vous savez les risques, les dangers. Vous vous préparez avec attention, rigueur et professionnalisme. L’exploit, la performance ne sont pas un saut dans le vide. Tout est minutieusement organisé. Même si parfois, il y a les impondérables. Cela fait partie du jeu, de votre jeu.

Celui de dévaler, la tête dans le guidon. Le corps, le cœur et l’âme à l’unisson. Celui de NOUS faire vibrer, de NOUS faire trembler. De jouer du vertige comme d’autres des ennuis.

J’aime beaucoup quand vous écrivez que vous avez voulu consacrer ce livre “à la beauté”.  Araucania – La sierra de Guara – Aragon – White Island… sont autant de noms qui résonnent dans cet ouvrage. Autant de lieux, de promesses de voyages. De périples autour du monde. D’aventures, d’expéditions, d’exploits.

 

“le vélo n’est parfois qu’un prétexte, tant ce que nous vivons sur place est intense”

Kilian Bron

 

Je me suis permis de “voler” cette photo lors d’une de vos stories Instagram. Je trouve qu’elle résume assez bien ce que vous représentez pour une génération. J’aime, comment, les enfants veulent s’approprier la bécane du funambule. Un ami est passé hier. Son fils est fan. Il est reparti avec votre bible sous le bras. Elle sera, sans aucun doute, dans de beaux draps, feuilletée avec passion. Il sera heureux, j’en suis sûr. Mais votre livre reviendra. Il sera temps de le remettre à sa place. Dans ma caverne d’Alibaba, ma bibliothèque.

Continuez cher Kilian Bron. Ne vous arrêtez pas. Tant qu’il y a de l’envie, il y a de belles histoires à raconter.

Sébastien Beaujault

 

“le VTT est avant tout un sport de glisse où l’on joue avec ses limites. Un jeu de concentration, de précision et de plaisir”

 

Pour aller encore plus loin, plus vite, plus beau… Clip Switzerland paradise / Kilian Bron

 

 

Kilian Bron“Vertige tout terrain”
Kilian Bron
ETA éditions

 

 

 

Littérature sportive, quelques sorties cette semaine…

On est lundi et le lundi, par ici, ce sont les sorties littéraires !

Voici deux ouvrages de littérature sportive qui sortent cette semaine dans toutes les bonnes librairies :

 

Littérature sportive

 

Benzema
Luca Caioli et Cyril Collot
Éditions Marabout

Luca Caioli et Cyril Collot sont habitués à nous raconter de belles histoires. En voici une autre. Celle d’un joueur formé à l’Olympique Lyonnais et depuis 2009, footballeur du Real de Madrid. Revenu au diable vauvert en équipe de France. Moqué, concurrencé, vilipendé, mais désormais icône d’un club. Buteur à record. Un joueur hors normes et sans limites.

 

Littérature sportive

 

Vertige tout terrain
Kilian Bron
Edition EPA

Kilian Bron est une légende du VTT de l’extrême. À 30 ans, celui qui « pose ses roues là où personne n’ose aller » s’est imposé comme l’aventurier français de sa discipline, parcourant le monde et rapportant des images spectaculaires et
magnifiques de ses descentes les plus vertigineuses. En Nouvelle-Zélande, en Norvège, en Turquie, dans les Dolomites, en Namibie,
en France… Cet athlète habitué des podiums se confronte aux paysages les plus hostiles en véritable funambule.
Un livre, sous forme de voyage autour du monde. Dépaysement garanti.

Littérature sportive, quelques sorties cette semaine…

Parce que l’on ne peut pas tout lire, soyons honnête. Et qu’il est important, si vous aimez la littérature sportive, d’être informé, je vous retrouve, désormais, par ici, tous les lundis.

Je vous propose une petite sélection des sorties de la semaine. Liste non-exhaustive vous vous en doutez bien.

 

Littérature sportive - Les diables rouges

Le premier ouvrage est sans doute réservé à nos amis belges. Comme pour se rassurer, un peu, d’avoir été, ces dernières années, si proche des trophées. Pas de victoires finales, mais un pays entier pour défendre les couleurs de la sélection nationale. Ses engagements, sa détermination, son opiniâtré. Bien sûr, ils ne sont pas champions d’Europe, pas champions du Monde, mais pour toute une nation, l’important est ailleurs.

Diables rouges
Patrick Stein – Kennes éditions

 

Littérature sportive - le roi Léo

Florent Torchut est un journaliste sportif qui officie, entre autres, pour France Football. Longtemps en Argentine, puis à Barcelone, il a suivi les péripéties et la carrière du jeune prodige. Pas de débats ici, pour savoir si Messi est le Goat. C’est évident ! Pour s’en convaincre, si bien entendu, c’était nécessaire, plongez dans Le Roi Léo chez Solar.

Le Roi Léo
Florent Torchut – Solar éditions

 

Littérature sportive - la préparation mentale du sportif

 

Les qualités sportives, la technique ne suffisent pas toujours à remporter des titres. Dans les derniers instants d’une rencontre, d’un combat, d’une séance de tirs aux buts, c’est le mental qui fait la différence. Il permet, aussi, de se relever des défaites, des coups durs, des blessures. C’est généralement dans la tête que ça se passe ! Travailler son mental, c’est aller plus loin, plus haut et plus vite.

La préparation mentale du sportif
Yves Riedrich – Solar éditions

 

Littérature sportive

 

C’est l’histoire d’un passé glorieux. Celui qui liait une entreprise, les hommes et les femmes qui y travaillaient, à un club de football. Le journaliste Jean-Baptiste Forray, nous rappelle, via des témoignages d’ouvriers, de patrons, de footballeurs, ce que fut Sochaux. Et surtout ce qu’il en reste. C’est-à-dire plus grand-chose de ce qui faisait vibrer, à l’époque, toute une région.

Au cœur du grand déclassement
Jean-Baptiste Forray – Cerf éditions

 

 

“Mes légendes du football” – Vincent Duluc

Mes légendes de footballParce que c’est lui, parce que c’est moi, parce que ce sont eux. Pour tout cela à la fois, “mes légendes du football” est un livre à part. C’est le dernier en date, du prolifique Vincent Duluc. J’ai souvent loué, ici et ailleurs, la plume de ce journaliste de l’Équipe. Un érudit, un fondu de football, de sports et de cinéma aussi. Passion qu’il partage avec un ami de longue date : Thierry Frémaux.  Les discussions doivent aller bon train, chaque début d’année, lors du festival “sport, littérature et cinéma”.

Que je sois écartelé en place de Grève, car, je l’avoue, je ne suis pas très objectif. Je suis littéralement fan de l’écriture de cet homme de lettre. Qui en plus d’être talentueux, est un homme charmant. Alors, à l’heure de glisser quelques lignes ici, vous imaginez tout le bien que je pense de ce livre de sport. Vous êtes prévenu.

Comme indiqué en introduction, par l’auteur : ““les” légendes, ce serait un classement historique. “Mes” légendes, c’est un classement amoureux”. Tout est dit. Tout est subjectif, on est bien d’accord. Ce qui offre quelques belles surprises d’ailleurs. S’il y a quelques têtes de Champion (Platini, Zidane, Messi…), il y a quelques noms que l’on n’attendait pas à si belles fêtes : Laurent Fournier, Serge Chiesa (parce que Lyon n’est jamais très loin), Claude Papi (l’âme corse)…

Et beaucoup d’Anglais. À cela, rien d’anormal, le journaliste à ces heures perdues, traverse la Manche depuis des décennies, pour suivre les rencontres de football. Même les plus embrumées, les plus éloignées des strates et des paillettes. Le Monsieur est capable de prendre un week-end pour suivre Chesterfield/Halifax Town en 5e niveau national. Un fondu de football, je vous dis !

“Il faut avoir vécu cette époque, pour se souvenir de ce que cela pouvait représenter d’être la première idole absolue de l’histoire du football français” Vincent Duluc évoquant Dominique Rocheteau

L’auteur parle de “son panthéon”. On a tous le nôtre. Ce qui est intéressant, c’est que nous pourrions tous sortir “mes légendes”. Des milliers de livres, tous différents, sans doute, tous passionnants. Et vous alors, quels seraient vos légendes ?

Si vous pouvez ouvrir, ce livre à n’importe quelle page, Georges Best est à jamais le premier. Pas étonnant, l’écrivain lui avait déjà consacré un livre “Georges Best, le cinquième Beatles”, chez Stock. D’ailleurs, une bande dessinée, extraite de l’ouvrage, est en préparation chez Delcourt et devrait sortir courant 2022.

“Lorsqu’il apparaissait à “Match of the day”, le “Téléfoot” historique de l’Angleterre, le temps s’arrêtait dans le salon et toute la famille levait la tête” Vincent Duluc évoquant Georges Best

Et puis il y a les autres, Socratès, Gordon Banks, Thierry Henry, Garrincha, Ronaldo (les deux !) et Greg ! Ce dernier n’est pas footballeur, mais dessinateur et illustre de belles manières ce livre. Que l’on va déposer, une fois terminée, dans la bibliothèque. Et que l’on ira chercher, de temps en temps, pour se remémorer aux bons souvenirs des légendes de Vincent Duluc.

Je ne suis pas un spécialiste du football. Mais, j’adore quand on dépoussière quelques dossiers. Quand on me raconte des histoires. Comme celle de l’entraîneur Brian Clough. Un bon client pour la presse écrite de l’époque et quand même, un sacré entraîneur. Mais aussi, le quelque peu oublié Eduard Streltsov. Privé de coupe du monde avec la Russie en 1958, pour une soirée arrangée et qui passera huit ans au goulag.

Chaque page est une introduction qui vous donne envie d’aller plus loin. “En somme, j’ai essayé, non pas de convaincre, mais de toucher ” Bingo !

 

Mes légendes de football“Mes légendes du football”
Vincent Duluc/Greg
Editions Solar/L’Équipe

 

 

 

 

 

 

 

P.S : jusqu’au 24 décembre, je vous propose de plonger, je l’espère tous les jours, dans un ouvrage déjà évoqué ici ou pas. Et qui, me semble-t-il serait un joli cadeau de… Noël ! Pour le plaisir d’offrir !

“L’œil du sport “

L'oeil du sportOui, c’est une très bonne idée pour les fêtes de fin d’année. Certes, vous allez faire des heureux ou des heureuses. Mais “l’œil du sport”, c’est bien autre chose qu’un cadeau, pour le plaisir d’offrir. Qu’un objet, posé au pied du sapin. Qu’un souhait écrit dans une lettre au Père Noël.

Ici, place à ceux qui ont bon pied, bon œil. Surtout bon œil. Par les témoignages, nous voici à découvrir ces faiseurs de clichés. Ces façonneurs d’émotions. Ces sculpteurs de l’intime. Ces capteurs de sensations. Nous voici au cœur de l’obturateur, au sein du déclencheur. Bienvenue chez le photographe de sport.

Ils ont l’obsession d’être là au bon endroit, au bon moment. Ils savent que la patience est maîtresse de réussite.  Et parce qu’ils ont tant d’histoires à nous conter, les voici bavards, loquace, au coin de la cheminée (c’est pour la période où sont écrites ses lignes.)

Posez-vous et laissez-vous prendre par leurs récits. Une façon, de mieux comprendre ces clichés au mille et une vue. Mais pas seulement. Ils se racontent aussi. Se dévoilent, un peu. On apprend, leurs parcours, leurs chemins de vie. Pas un identique. Ces gens sont souvent surprenants. Pour les plus érudits d’entre nous, on y parle, aussi, évolution technique. De l’ère de l’argentique, ils sont passés à celui du numérique. Point de nostalgie, ces gens-là, savent grandir, avancer, avec leur temps.

C’est une plongée dans l’histoire des sports. Et comme le précise, Jérôme Cazadieu, le directeur de la rédaction, en introduction : “c’est l’histoire de nos souvenirs”. Ce sont des photographies, mondialement connues. Vues et revues, mais que l’on a plaisir à retrouver… sous un autre angle.

Ce sont aussi des mots ! Même si une photo en vaut mille, comme ils disent. Ceux de Raymond Depardon, par exemple, dans un entretien passionnant. Mais aussi, ceux de la championne Clarisse Agbegnenou.

“J’aime le regard du photographe” – Clarisse Agbegnenou

Vous en verrez de toutes les couleurs. En noir et blanc, évidemment. La plupart des photographiés, des instantanés sont des têtes reconnus : Maradona, Platini, Anquetil, Pérec, Fédérer… et tant d’autres.

Il faut bien avouer, que le photographe de sport est rarement mis en avant. “L’œil du sport” vient corriger, cela. Ils ne sont plus des noms casés en bas de page, ils sont désormais des visages et des mots.

“Une belle photo, ce n’est jamais un hasard” – Raymond Depardon

Ce n’est pas un livre de photographies, c’est un livre de photographes ! Ayez l’œil !

 

L'oeil du sport“L’œil du sport”

Éditions Solar/L’Équipe

 

 

 

 

 

 

 

P.S : jusqu’au 24 décembre, je vous propose de plonger, je l’espère tous les jours, dans un ouvrage déjà évoqué ici ou pas. Et qui, me semble-t-il serait un joli cadeau de… Noël ! Pour le plaisir d’offrir !

“Yes we Cam” – Jean Le Cam

Yes we Cam

La mer a le don de rendre l’homme bon. Parfois rustre, mais bon. Sans doute, parce que les marins savent que sur l’eau, on ne peut pas tricher. Ça passe ou ça casse. Souvent, ça casse. La quille, la coque, les voiles, le bonhomme.

Jean Le Cam n’échappe pas à la règle. Il est un homme bon. “C’est un bon, un très, très bon” comme dirait un ami à moi.

Il fut l’un des héros “malheureux” du dernier Vendée Globe. Terminant à la place du “con”. Quatrième. Cependant, la course de Jean Le Cam fut une aventure humaine, comme bien souvent dans le “Vendée”. De multiples avaries, un bateau en mille morceaux et surtout le sauvetage de Kevin Escoffier. De tout cela, on en discute dans cet ouvrage.

J’aime beaucoup la couverture. Le regard noir ! Le visage quelque peu buriné. Une vraie gueule du large. Un “tour du mondiste”, comme ils disent.

“La technique est un outil au service du récit. Un récit qui dure… Quatre-vingts jours. Et je pense, que cette année, j’ai été plutôt économe en mots. À bord, chacun est libre de parler. Il y a des jours où j’ai coupé l’interrupteur. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles” – Jean Le Cam

Je me suis souvent posé la question de savoir s’il on pouvait véritablement comprendre, sans avoir mis un pied sur un bateau ? Je n’ai jamais mis un pied sur un bateau. Je veux dire par là, ce genre de bateau. Bâti pour courir ou pour mourir. D’ailleurs, soit dit en passant, je n’ai que peu le pied marin.

Et pourtant, en lisant ce livre, tout est limpide, clair comme de l’eau de roche. On comprend l’homme, le bateau, la navigation, la solitude. Souvent étiqueté “brut de pomme”, “sauvage”, “Le Roi Jean”, sous la plume de Jean-Louis Touzet fissure, quelque peu l’armure. La confiance est réelle entre les deux hommes. L’amitié est palpable à chaque page. L’émotion évidente. La discussion sans phare !

Et il faut peu d’imagination, pour se représenter les deux hommes, converser dans la maison de Jean, des heures durant. Des séances, sans doute entrecoupés de la venue de Anne, l’épouse, fidèle et bienveillante. La femme du marin. Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Jean Le Cam est la mémoire du large. L’un des derniers véritables bricoleurs. Un homme entier. Qui peut, vous envoyer paître, comme vous prendre dans ses bras. Vous étreindre à vous couper le souffle. Il est de ceux que les silences ravissent. Il est un taiseux. Et il sait, l’importance des mots.

“Je suis parfois obligé de descendre à la cave pour remonter le meilleur des mots, comme une bonne bouteille” – Jean Le Cam

L’ami Jean, on l’apprend dans le livre, a déjà pensé à son épitaphe : “Jean Le Cam, parfois surnommé Le Roi Jean, coureur constructeur. Diplômé de l’école du large”.

Et avec lui, pourquoi aller chercher midi à 14 heures :”Je suis juste un mec simple, qui navigue sur un bateau, disons, simple, un peu plus simple que les autres. Et voudrait à nouveau un bateau simple, c’est simple non ?”

Jean partit seul et par un prompt renfort, vît des milliers de spectateurs en arrivant au port !

Yes we Cam

“Yes we Cam” 
Jean Le Cam/Jean-Louis Le Touzet
Seuil

 

 

 

 

 

 

P.S : jusqu’au 24 décembre, je vous propose de plonger, je l’espère tous les jours, dans un ouvrage déjà évoqué ici ou pas. Et qui, me semble-t-il serait un joli cadeau de… Noël ! Pour le plaisir d’offrir !

Turbulences

“Turbulences” – Ben Thouard

TurbulencesRares sont les ouvrages qui vous explosent à la gueule ! Vous phagocytent le corps, le cœur et l’âme. Et pour une fois, les mots n’y sont pour rien. Et pourtant, les Dieux savent que je les revendique dans ma vie de tous les jours. Ces mots qui sont mes armes de séduction massive. Ces mots, que je pose ici et là, pour moi, pour eux, pour les autres. Je suis rédacteur web, copywriter et plume. Je suis du “peuple de l’écriture”.

Et bien, dans ce livre, les mots ne servent à rien. D’ailleurs, ils ne sont pas présents où sur la fin. Les formules de politesse ne sont jamais très loin. Et je vous pris, comme chantait Brel, “de cesser de me gonfler, mes vieilles roubignoles” avec votre adage, “une image vaut mille mots !”. Ici, nous sommes bien au-dessus. Bien au-delà.

Pour les besoins de cet article, je me suis penché sur la définition du mot “turbulences” :

Turbulences : n.f. – “Agitation d’un fluide qui s’écoule en tourbillons.”

Pour l’auteur, ce fluide, est la mer, les vagues. Dans toute sa domination, son autorité, son danger. Pour nous, le fluide est le sang qui coule dans nos veines et qui, à la lecture de cet ouvrage, s’emballe, ce “tornade”, ce “bourrasque”, ce “vertige”. Vous pouvez m’écartelez, avec des chevaux de Trait, en place de Grève, pour mon excès d’euphorie rédactionnelle. Parce que j’en fais trop, parce que j’en écris trop. Qu’importe, relisez cet article, le jour où vous aurez le livre de Ben Thouard entre les mains. Alors, vous comprendrez, sans doute.

Le coupable de cet objet de poésie, est photographe. Il a toujours connu la mer. Dans la rade de Toulon et désormais sur les plages d’Hawaï. L’homme nage dans un océan, de contre-plongée, de profondeur de champ, de grain… c’est fou ce que les termes liés à la photographie se rapprochent de ceux liés à la mer. Tout cela, colle parfaitement à Ben Thouard qui a fait de ses deux passions, un métier. Ou plutôt de ses deux métiers, une passion.

Il ne photographie pas les jolies petits poissons aux abords des coraux. Il part à la pêche aux gros. Ceux qui, sur une simple planche de surf, font des vagues.

“Le vortex s’accouche, enfante ces turbulences qui m’appellent, qui m’obsèdent. Personne d’autre que moi n’a appris à voir ça.” – Ben Thouard

Le livre est un objet d’art. Hypnotique, troublant, fascinant. D’une beauté, d’une force, d’une puissance photographique qui vous laisse le cul par terre. En apnée. Il ne s’ouvre pas à la légère. Il ne se feuillette pas, il se savoure, se délecte à chaque page. Prenez le temps de la pose. Regardez ce bleu, partout, ce bleu, magique. Entrez dans l’eau, prenez le bouillon. Ça va secouer un peu, c’est ça qu’est bon !

Attention, l’abus d’émotions n’est pas dangereux pour la santé !

Ce livre vous laisse sans mots. Tout simplement parce qu’il n’y en a pas. Et je vous le disais, au début de cet article, qu’il n’en n’avait nul besoin. Malgré tout, viennent, prudemment, sur la pointe des pieds, quelques-uns d’entre eux, sous la plume de Stéfan L’Hermitte, s’immiscer en fin d’ouvrage : “il en ramène le beau, l’étrange, l’ailleurs”.

Juste quelques mots, alors…

Turbulences

 

Turbulences”
Ben Thouard
Editions Mons

 

 

 

 


P.S : jusqu’au 24 décembre, je vous propose de plonger, je l’espère tous les jours, dans un ouvrage déjà évoqué ici ou pas. Et qui, me semble-t-il serait un joli cadeau de… Noël ! Pour le plaisir d’offrir !

Le Prix Jules Rimet

Il en va des prix littéraires, en automne, comme des feuilles qui tombent des arbres. Alors que l’on vient de remettre le Goncourt et le Renaudot, la littérature sportive a, elle aussi, ses prix, ses récompenses. Soyons honnête, moins prestigieux que ces derniers. Et les membres des jurys, ne déjeunent pas chez Drouant.
Mais qui petit à petit, au fil des ans, ces prix, s’installent tout tranquillement, dans le paysage des récompenses littéraires. C’est le cas, en autres, du Prix Jules Rimet. Sans doute l’un des plus médiatisés qui, cette année, fête ses 10 ans. L’occasion, ici, de mettre en lumière cette gratification qui porte les valeurs d’un homme en avance sur son temps.

Histoire du Prix Jules Rimet

Prix Jules Rimet
Photographie de presse / Agence Mondial
source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Fervent passionné de football, ce patronyme : “Jules Rimet” ne vous est, sans doute pas, inconnu. Le Monsieur est le créateur de la Coupe du Monde de Football en 1930. Mais avant cela, avec quelques autres protagonistes, il lance le club du Red Star. C’était le 21 février 1897. Un club qu’il veut omnisports et surtout qui favorise l’intégration sociale. Dans les statuts, une section littéraire.
Tout est donc réuni, pour que ce Prix, créé en 2012, sous l’égide de la fondation Jean-Luc Lagardère, se nomme ainsi. Il est porté par l’association “Jules Rimet – sport et culture” qui se donne comme objectif de “mettre en place toute action susceptible d’assurer la promotion des valeurs conjuguées du sport et de la culture.”
Le Président du jury, Denis Jembar pose les mots sur cette initiative et sur le parallèle entre sport et culture : “Depuis fort longtemps de nombreux grands écrivains ont compris que le dépassement qui fait les champions s’apparente à l’écriture d’un roman. Il y faut certes du talent, mais aussi de l’effort, de la solitude, de l’enthousiasme et du doute, un dépassement de soi qui ouvre au plus profond de l’être des portes cadenassées. Ernest Hemingway, Haruki Murakami, Jean Echnoz, Norman Mailer, Antoine Blondin et bien d’autres ont écrit des pages inoubliables sur le sport et lui ont donné ses lettres de noblesse littéraire.”
Pour le gagnant ou la gagnante, un chèque d’une valeur de 3 000 euros et un maillot du Red Star floqué à son nom.
Les derniers lauréats :
  • 2012 – Paul Fournel – Anquetil tout seul, Seuil
  • 2013 – Jean-Emmanuel Ducoin – Go Lance !, Fayard
  • 2014 – Lola Lafon – La petite communiste qui ne souriait jamais, Actes Sud
  • 2015 – Alain Gillot – La surface de réparation, Flammarion
  • 2016 – Daniel Rondeau – Boxing Club, Grasset
  • 2017 – François-Guillaume Lorrain – Le garçon qui courait, Sarbacane
  • 2018 – Jean Hatzfeld – Deux mètres dix, Gallimard
  • 2019 – Fanny Walendorf – L’appel, Finitude
  • 2020 – Jérôme Hallier – Briller pour les vivants, Flammarion

Les 6 ouvrages sélectionnés pour l’édition 2021

 

Olympia                  Le grand saut

Olympia                                                    Le grand saut                          

Paul-Henry Bizon                                       Renaud Dély
Éditions Gallimard                                     Éditions Jean-Claude Lattès
             Judoka                   
Le Ladies Football Club                          Judoka
Stefano Massini                                        Thierry Frémaux
Éditions Globe                                          Éditions Stock
au milieu de l'été, un invincible hiver                        La passion
Au milieu de l’été, un invincible hiver    La passion selon Saint-Étienne
Virginie Troussier                                        Christophe Verneyre
Éditions Guerin                                           En Exergue Éditions

Et à la fin il n’en restera qu’un

Le jury est présidé par  :
Denis Jembar
Les membres du jury 2021  :
Hafid Aggoune, Nicolas Baverez, Abdel Belmokadem, Raymond Domenech, Laurence Fischer, Paul Fournel, Patrice Haddad, Jérôme Hallier (lauréat 2020), Julia Kerninon, Eric Naulleau,  Léonore Perrus, Yves Rimet.

Nous reviendrons, ici même, dans les prochaines semaines sur le lauréat. La délibération est prévue le jeudi 18 novembre. Amusons-nous au jeu des pronostics. Ou plutôt, je vais vous donner l’ouvrage qui pour moi, devrait remporter le Prix Jules Rimet. C’est, vous l’aurez compris, un avis très personnel. Sans trop de réflexion, mon cœur balance pour le livre de Virginie Troussier, “au milieu de l’été, un invincible hiver” dont je vous ai déjà parlé ici même.

Une plongée dans l’histoire dramatique et véridique d’une course au Mont-Blanc. Un récit d’amitié, d’entre aide, de survie… Virginie Trouissier a le talent de nous emporter littéralement, de nous embarquer, de nous faire vivre l’aventure comme si nous y étions. Elle manie les mots comme d’autres manient le piolet. Avec détermination, force et précision.

Il nous faut, désormais, patienter, encore quelques jours, pour savoir si les membres du jury auront le même avis.

Ah, j’oubliais, n’hésitez pas à donner le vôtre en commentaire 😉

Judoka

Judoka – Thierry Frémaux

Judoka

Tapis volant

Et deux êtres vont en découdre. Deux hommes pieds nus, dans la neige. Lequel sortira vainqueur ? Pour le savoir, il faut visionner, “La Nouvelle Légende du grand judo” d’Akira Kurosawa. L’image de couverture est tirée de ce film sorti en 1945. Il fait suite à “la légende du grand judo”, œuvre magistral du même réalisateur japonais.
Ce n’est pas moi qui le dis, mais Thierry Frémaux. Et le Monsieur en connaît un rayon. Cinéphile averti, docteur es 7ᵉ art, il est le directeur général du Festival de Cannes. Excusez du peu !
Les doux soirs de mai, entre paillette et croisette, il tape la bise aux étoiles “montantes” ou “vieillissantes” du cinéma. Il est leur ami, leur confident. Il a leur 06. Le carnet d’adresses du Monsieur doit valoir son pesant de cacahuètes.

À l’aise sur le tapis rouge, en costard 3 pièces, il fut un temps, tout aussi agile sur un autre tapis. Sur un tatami. Celui qui est aussi, directeur de l’Institut Lumière, à Lyon a eu deux vies, bien remplies. Celle consacrée au cinéma que nous connaissons bien et qui se poursuit. Et une autre, qu’il voua au judo. Ce que l’on ne soupçonnait pas. Du moins, pas avant de plonger dans ce livre “Judoka”.

Il y a donc eu un autre Thierry Frémaux. Plus combatif, plus guerrier, plus sportif aussi. Il traîna son kimono dans de nombreux dojos. C’est ce que l’on apprend à la lecture de ce récit. Durant des décennies, il vivait judo, mangeait judo, dormait judo, gagnait judo, perdait judo et enseignait le judo. Dans ces salles de sport transpirantes de traditions, de respect, de solennité, il fit ses armes. Toujours sous l’œil bienveillant du Maître des lieux : Jigoro Kano. Dans son cadre en bois, le créateur de cet art martial japonais, surveille ses ouailles. S’il pouvait encore, il distillerait, bons conseils et bonnes pratiques. Cet homme, qui vécu entre deux siècles (19ᵉ et 20e), fut l’inventeur du judo.

Et lire “judoka”, c’est aussi découvrir le fabuleux destin d’un homme parti de rien. Et qui, créa, sur les cendres du Jujitsu vieillissant, une nouvelle manière de combattre. Celle qui se sert de la force de l’adversaire pour le mettre au sol. Et c’est pourquoi David pu envoyer à terre Goliath d’un Ippon-Seoi-Nage.
Des noms japonais fleurissent dans ce livre, comme autant de cerisiers en fleurs. D’ailleurs, je soupçonne, le facétieux Thierry Frémaux, d’en avoir glissé un certain nombre, pour troubler celles et ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans un dojo. Je suis de cela. Je vous rassure, pas besoin d’avoir pratiqué pour savourer ce livre.

Se serrer la ceinture

Sans prétention, Thierry Frémaux nous raconte son histoire, sa première partie de vie et par là même, l’œuvre de Jigoro Kano. Un voyage dans le temps, incessant, entre le Japon et la banlieue lyonnaise, où il grandit. Il est évident, que la culture nipponne a une grande place dans sa vie. Il en partage, ici, un petit bout. Un ouvrage passionnant, écrit par un passionné.
Et dont, sans doute, on doit l’écriture, à une invitation. Celle de la Fédération Française de Judo. Qui par tradition, fait place, chaque année, à une personnalité (politiques, sportifs acteurs, citoyens du monde…) qui a honoré le kimono, à venir s’exprimer. Un discours devant une assemblée de drôles de Dan. Un moment fort qu’il n’oubliera pas de sitôt. Au sens propre, comme au sens figuré, d’ailleurs.

Chassez le naturel, il revient au galop. Comme dans “la chevauchée fantastique”. Je rassure les cinéphiles, dans ce livre on parle, un peu de cinéma. Comment pourrait-il en être autrement ? Thierry Frémaux dépoussière quelques vieilleries du cinéma japonais. Il nous donne envie de salles obscures et de dernières séances.
Et comme rien ne dure au-dessus de la ceinture, Thierry Frémaux ne pratique plus. Qu’importe, il laisse avec “Judoka”, un livre qui vient, à son humble niveau, perdurer “la légende du grand judo” d’Akira Kurosawa.

“Judoka”
Thierry Frémaux
Éditions Stock