“Yes we Cam” – Jean Le Cam

Yes we Cam

La mer a le don de rendre l’homme bon. Parfois rustre, mais bon. Sans doute, parce que les marins savent que sur l’eau, on ne peut pas tricher. Ça passe ou ça casse. Souvent, ça casse. La quille, la coque, les voiles, le bonhomme.

Jean Le Cam n’échappe pas à la règle. Il est un homme bon. “C’est un bon, un très, très bon” comme dirait un ami à moi.

Il fut l’un des héros “malheureux” du dernier Vendée Globe. Terminant à la place du “con”. Quatrième. Cependant, la course de Jean Le Cam fut une aventure humaine, comme bien souvent dans le “Vendée”. De multiples avaries, un bateau en mille morceaux et surtout le sauvetage de Kevin Escoffier. De tout cela, on en discute dans cet ouvrage.

J’aime beaucoup la couverture. Le regard noir ! Le visage quelque peu buriné. Une vraie gueule du large. Un “tour du mondiste”, comme ils disent.

“La technique est un outil au service du récit. Un récit qui dure… Quatre-vingts jours. Et je pense, que cette année, j’ai été plutôt économe en mots. À bord, chacun est libre de parler. Il y a des jours où j’ai coupé l’interrupteur. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles” – Jean Le Cam

Je me suis souvent posé la question de savoir s’il on pouvait véritablement comprendre, sans avoir mis un pied sur un bateau ? Je n’ai jamais mis un pied sur un bateau. Je veux dire par là, ce genre de bateau. Bâti pour courir ou pour mourir. D’ailleurs, soit dit en passant, je n’ai que peu le pied marin.

Et pourtant, en lisant ce livre, tout est limpide, clair comme de l’eau de roche. On comprend l’homme, le bateau, la navigation, la solitude. Souvent étiqueté “brut de pomme”, “sauvage”, “Le Roi Jean”, sous la plume de Jean-Louis Touzet fissure, quelque peu l’armure. La confiance est réelle entre les deux hommes. L’amitié est palpable à chaque page. L’émotion évidente. La discussion sans phare !

Et il faut peu d’imagination, pour se représenter les deux hommes, converser dans la maison de Jean, des heures durant. Des séances, sans doute entrecoupés de la venue de Anne, l’épouse, fidèle et bienveillante. La femme du marin. Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Jean Le Cam est la mémoire du large. L’un des derniers véritables bricoleurs. Un homme entier. Qui peut, vous envoyer paître, comme vous prendre dans ses bras. Vous étreindre à vous couper le souffle. Il est de ceux que les silences ravissent. Il est un taiseux. Et il sait, l’importance des mots.

“Je suis parfois obligé de descendre à la cave pour remonter le meilleur des mots, comme une bonne bouteille” – Jean Le Cam

L’ami Jean, on l’apprend dans le livre, a déjà pensé à son épitaphe : “Jean Le Cam, parfois surnommé Le Roi Jean, coureur constructeur. Diplômé de l’école du large”.

Et avec lui, pourquoi aller chercher midi à 14 heures :”Je suis juste un mec simple, qui navigue sur un bateau, disons, simple, un peu plus simple que les autres. Et voudrait à nouveau un bateau simple, c’est simple non ?”

Jean partit seul et par un prompt renfort, vît des milliers de spectateurs en arrivant au port !

Yes we Cam

“Yes we Cam” 
Jean Le Cam/Jean-Louis Le Touzet
Seuil

 

 

 

 

 

 

P.S : jusqu’au 24 décembre, je vous propose de plonger, je l’espère tous les jours, dans un ouvrage déjà évoqué ici ou pas. Et qui, me semble-t-il serait un joli cadeau de… Noël ! Pour le plaisir d’offrir !

Sebastien Beaujault

Rédacteur web freelance, ici je vous parle de littérature sportive. Et plus généralement de la culture et du sport. Du livre de sport, de la bande dessinée de sport et même, parfois, de documentaire sportif. Malheureux à plus de 3 mètres d'un livre.

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