Les promesses des Bourgogne Côte d’Or

 

Pour étrenner la première cuvée des « Bourgogne Côte d’Or » depuis l’obtention de cette nouvelle  « dénomination géographique  complémentaire » en novembre 2017, les Bourguignons ont fait les choses bien. Déjeuner de presse à Saulieu au Relais Bernard Loiseau, mobilisation du ban et de l’arrière-ban (bourguignon, bien sûr !) des vignerons et sommités du cru. Mais surtout dégustation de 12 blancs et de 12 rouges affichant sur leur étiquette « Bourgogne Côte d’Or ». L’occasion de se faire une idée de ce que valent ces nouveaux venus.

 

De très bons rapports qualité/prix

La région compte à elle seule 84 appellations allant du simple Bourgogne jusqu’aux grands crus les plus prestigieux. Mais comme en France on aime bien compliquer les choses, ces fameuses «dénominations géographiques complémentaires», au nombre de 14 désormais, sont accolées à l’appellation «Bourgogne», ce qui donne par exemple «Bourgogne Côte chalonnaise», «Bourgogne Tonnerre»… et, depuis 2017, «Bourgogne Côte d’Or», désignant des vins uniquement produits dans ce département. Soit en gros dans les villages allant du Sud de Dijon jusqu’aux Maranges.

Une manière de satisfaire l’égo des vignerons et des élus locaux ? Une opération marketing ? Peut-être, mais aussi et surtout une reconnaissance de qualité, puisque ces dénominations géographiques imposent un cahier des charges plus strict (densité de plantation, rendements etc.) et une typicité des vins qui aident en principe le consommateur à écarter les Bourgogne trop peu exigeants. Et donc à dénicher, dans une région où les grands crus sont souvent inabordables, de très bons rapports qualité-prix (en général moins de 15 euros la bouteille).

Quarté gagnant

C’est justement le cas de quatre des 24 vins (un peu trop hétéroclites à mon goût) que j’ai dégustés ce jour-là. Tous millésimés 2017. D’abord le Bourgogne Côte d’Or blanc du Domaine Philippe Charlopin-Parizot, produit sur les sols argilo-calcaires de Marsannay. Des notes boisées discrètes qui donnent de la complexité sans masquer les arômes ni la minéralité du vin. Autre blanc réussi : le Clos de Monteux Monopole du Domaine Michelot, à Meursault. Bio (mais non certifié), cet assemblage de vins élevés en fûts et œuf de grès, avant de passer six mois en cuve inox, présente à la fois fraîcheur et subtilité, avec de belles notes d’agrumes malgré un boisé légèrement trop présent.

Terminons par deux rouges. Celui, en bio, et bientôt en biodynamie, de Cécile Tremblay, petite nièce du fameux vigneron Henri Jayer.  Ayant créé au début des années 2000 son propre domaine sur 4 hectares de la propriété familiale, l’étoile de cette vigneronne ne cesse de monter depuis. A juste titre. L’élégant Bourgogne Côte d’Or rouge du Domaine Cécile Tremblay, aux délicats arômes de cerise noire, est encore dans sa jeunesse mais devrait vite révéler tout son potentiel. A noter une fois de plus le Domaine Philippe Charlopin-Parizot qui séduit aussi en rouge avec son pinot noir gourmand aux tannins bien fondus. Des vins plaisir à la portée de tous.

Olivier Le Naire

Olivier Le Naire

Olivier Le Naire, journaliste et écrivain, ancien rédacteur en chef adjoint du magazine français L’Express, est passionné par l’univers du vin et des spiritueux. Auteur de nombreux livres, dont "Découvrir lez vins bio et nature" publié chez Actes Sud, il est diplômé du fameux Wine & Spirit Education Trust (WSET). Juré de concours vinicoles, il anime aussi les formations de L’Atelier des Dégustateurs.

Une réponse à “Les promesses des Bourgogne Côte d’Or

  1. Oui, c’est dommage, à force de suivre des conseils de mkg, on finit par diluer toute identité.

    Mais ça fait plaisir de voir qu’ils se convertissent lentement au bio.
    santé quand même 🙂

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