Wine Calling : le rock du vin nature

 

Et si, pour inaugurer ce blog sur le vin, on commençait joyeusement et en musique ? Ça tombe bien, dimanche dernier j’étais au Festival Atmosphères de Courbevoie, près de Paris, à la projection-dégustation en avant-première de Wine Calling, le vin se lève. Un formidable documentaire rock sur les vins nature, qui sort en salle le 17 octobre.

Prenez une guitare électrique (ou plusieurs !), les paysages sublimes des vignobles du Roussillon et quelques familles de néo-vignerons à fond les ballons (de rouge !) sur leur désir de faire des vins les plus naturels possible. Donc des vins sans soufre (ou presque), sans engrais ou produits chimiques de synthèse, et avec un minimum de technologie. Ajoutez-y une armée de gosses, de chiens, de chats, un cheval de trait, quelques galères, une poignée de doutes (salutaires !), beaucoup d’entraide, une grosse dose d’enthousiasme, quelques fêtes mémorables. Et vous avez, en musique, un résumé bien balancé de ce que peut être cette vague des vins nature qui est en train de déferler partout dans le monde. Et qui secoue actuellement le petit monde viticole.

Retour sur terre

Le désir d’authenticité, de sincérité, est la clef de ce mouvement qui s’insurge contre le “vinibusiness” et l’usage abusif de la technologie comme des pesticides. Plutôt qu’un retour à la terre, un retour sur terre pour ces viticulteurs engagés qui osent prendre des risques et veulent en finir avec des vins marketés ou bodybuildés se ressemblant de plus en plus. Dans Wine calling, la bande des joyeux vignerons nature n’utilise en général que des levures naturelles 100 % indigènes, quasiment aucun additif et refuse de filtrer son vin ou de le coller (c’est à dire d’enlever les particules solides avec un agent dit de « collage » du type blanc d’œuf).

Résultat : des vins frais, jeunes, vifs, pleins de caractère, souvent effervescents, légèrement troubles et au puissant goût de fruit. Du vin brut et nu, comme on a pu le faire durant des siècles lorsque la technologie moderne n’existait pas encore. Des vins si différents qu’ils nécessitent de ré-envisager tout ce que nous avons appris sur les canons de la dégustation, ou sur l’idée de ce qu’est un « bon vin ». Une révolution culturelle pour nos papilles, mais aussi pour notre cerveau, qui ne se fait donc pas en un jour, et qui mérite d’être accompagnée par des amateurs éclairés.

Un manifeste gouleyant et musical

A la sortie de la projection, j’étais invité à animer autour d’un verre un débat sur ce documentaire. Dans l’assemblée, tout en dégustant au soleil un beau Cahors (Clos Troteligotte, produit en biodynamie, que je vous recommande), nous étions une grosse cinquantaine et avions tous une formidable patate. Il est vrai que ce manifeste gouleyant et musical du réalisateur Bruno Sauvard est la meilleure pub que l’on puisse faire pour les vins nature, même s’il oublie parfois de nous rappeler que derrière ces ovnis de la viticulture, il y a parfois à boire et à manger (c’est le cas de le dire !). Le terme de « vin nature » n’étant pas règlementé, derrière cette appellation, on trouve souvent des vignerons exigeants, inventifs, créatifs… et parfois une poignée d’arnaqueurs qui surfent sur la vague en vendant hors de prix des produits qui risquent de vous dégoûter à tout jamais de recommencer l’expérience nature.

Alors juste un petit conseil pour finir : saoulez-vous de rêves bachiques avec Wine Calling puis filez déguster un vin nature… soigneusement choisi par un vrai caviste ou dans un bar à vins de confiance.

A la vôtre !