“Sans culture morale, aucune chance pour l’humanité”

Le manque de sens éthique de notre civilisation combiné avec les pouvoirs extraordinaires que la science nous met à disposition a des répercussions catastrophiques. En effet, l’homme libéré du garde-fou qu’est l’éthique semble prêt à tout sacrifier sur l’autel de son égo : l’air, l’eau, les forêts, les animaux, la terre, les hommes à l’autre bout de la planète et les générations futures. Il semblerait que tous les moyens soient bons – au nom de l’argent, de la gloire, du plaisir, du confort et du pouvoir.

Ces quelques mots d’Albert Einstein, « sans culture morale, aucune chance pour l’humanité », prennent tout leur sens à cette étape cruciale de l’histoire extraordinaire de la terre et de l’humanité. Une série d’articles seront dédiés à l’exploration de l’éthique, cet aspect si essentiel si nous souhaitons nous diriger vers un futur plus harmonieux.

Le jeu de la mort

Le Jeu de la mort est un documentaire produit en 2009 par France télévisions mettant en scène un jeu télévisé fictif – La Zone Xtrême – durant lequel un candidat doit envoyer des décharges électriques de plus en plus fortes à un autre candidat (un acteur feignant de les subir), jusqu’à des chocs électriques pouvant entraîner la mort. Les décharges électriques sont fictives, et l’objectif est de tester la capacité à désobéir du candidat qui inflige ce traitement et qui n’est pas au courant de l’expérience. Le test commence et au fur et à mesure des mauvaises réponses, l’acteur simule de recevoir des chocs électriques. Sa souffrance apparente évolue au cours de la séance : à partir de 75 volts il gémit, à 120 V il se plaint qu’il souffre, à 135 V il hurle, à 150 V il supplie d’être libéré, à 270 V il émet un cri violent, à 300 V il annonce qu’il ne répondra plus. Lorsque l’acteur ne répond plus, l’animateur du jeu indique qu’une absence de réponse est considérée comme une erreur.

Au stade de 150 volts, la majorité des sujets manifestent des doutes et interrogent l’animateur qui est à leur côté. Celui-ci est chargé de les rassurer en leur affirmant qu’ils ne seront pas tenus pour responsables des conséquences. Si un sujet hésite, l’animateur lui demande d’agir. Malgré les hurlements, les pleurs, les supplications de l’acteur/victime plus de 80 % des personnes menèrent l’expérience à terme en infligeant à deux reprises les chocs électriques de 440 volts et plus (à l’aide des manettes intitulées XXX situées après celles faisant mention de Attention, choc dangereux).

Le documentaire Le Jeu de la mort, reproduisant l’expérience de Milgram, peut être trouvé sur internet.

Cette mise en scène reproduit une expérience réalisée initialement aux États-Unis dans les années 1960 par le psychologue Stanley Milgram. Il cherchait à évaluer le degré d’obéissance d’un individu face à une autorité qu’il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l’autorité, notamment quand elle implique des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet. Auprès des participants l’expérience était présentée comme l’étude scientifique de l’efficacité de la punition (par des décharges électriques) sur la mémorisation.

Après avoir visionné ce documentaire choquant nous nous apercevons à quel point l’influence d’une autorité quelconque enlève à quatre personnes sur cinq toute capacité à agir avec éthique. Par la même occasion, nous prenons conscience de l’importance et de l’urgence qu’il y a de cultiver le sens éthique en nous et chez nos enfants.

Car aujourd’hui, c’est la terre tout entière qui reçoit ces décharges électriques et malgré les cris d’alarme et de souffrance, celles-ci continuent à augmenter.

 

Mais qu’est-ce que l’éthique ? Dans un prochain article, je ferai une distinction entre l’éthique et la morale. Nous verrons aussi qu’il y a différentes manières de faire grandir ces valeurs en nous-même et dans la société et que les plus classiques sont souvent les moins bénéfiques.

Ps. Seul les commentaires constructifs seront publiés. Merci de votre compréhension.

Fabrice Dini

Fabrice Dini

Fabrice Dini est cofondateur de deux écoles et l’auteur d’un ouvrage préfacé par Matthieu Ricard "Une éducation intégrale pour grandir en s'épanouissant". Il intervient dans de nombreuses écoles et entreprises en Suisse romande. Fabrice s’est formé au CFM de l’Université du Massachusetts et enseigne la pleine conscience, la gestion du stress et l'éducation intégrale.

4 réponses à ““Sans culture morale, aucune chance pour l’humanité”

  1. Merci à vous d’aborder un sujet qui est un socle pour l’évolution de notre société. Elle est en lien avec un grand thème: l’homme connait une passion de plus que les animaux, à savoir la religion dont la raison d’être est de créer une cohérence dans une société où les individus ne se connaissent pas par un enseignement et une norme morale. Notre société laïc peut-elle échapper aux sirènes de Mammon et à son esprit morbide de consommation?
    Déjà, la formation cède sans sourciller à ce mode de séduction.

  2. J’avais été très impressionnée en 1979 par une expérience de Milgram intégrée dans le film “I comme Icare”. Déjà à l’époque, un signe ?

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