Mohamed Ali honoré par l’Amérique

Jeudi, au Constitution Center de Philadelphie, l'Amérique a rendu hommage à Mohamed Ali, légende de la boxe mondiale en lui attribuant la Liberty Medal, une récompense pour son combat pour la liberté, les droits civiques, les droits de l'homme et la liberté de religion. Un hommage qui tombe bien.

Alors que les Etats-Unis sont confrontés à une vague d'anti-américanisme provoquée par la diffusion d'une vidéo insultante au sujet de Mahomet, ils honnorent un citoyen américain qui s'est converti dans les années 1960 à l'Islam. Au nom de sa foi, Mohamed Ali, alias Cassius Clay, avait refusé d'aller au Vietnam. On lui avait retiré sa couronne mondiale de boxe qu'il récupérera dans les années 1970. Mohamed Ali se bat contre la maladie de Parkinson depuis près de trente ans.

 

Obama et Clinton: le geste de l’unité

Lors de la cérémonie tenus à la base aérienne d'Andrew, dans le Maryland, le président Barack Obama et la secrétaire d'Etat Hillary Clinton ont voulu rendre un vibrant hommage aux quatre Américains tués lors de l'assaut du consulat des Etats-Unis de Benghazi. Le moment est fort, Hillary Clinton expliquant l'extraordinaire engagement de son ambassadeur Christopher Stevens et des trois autres diplomates, dont deux ex-Navy Seals.

Et puis il y a ce moment, fort, très fort, où Barack Obama et Hillary Clinton se prennent la main en guise de solidarité et d'unité. A voir après 27.26 minutes.

 

Springsteen dopé par les démocrates

On a beaucoup ergoté sur la progression dans les sondages que pourraient provoquer les conventions démocrate et
Brucerépublicaine. De fait, le républicain Mitt Romney n'a que très peu bénéficié du grand rassemblement de Tampa. Barack Obama a lui fait un bon de plusieurs points après le rendez-vous de Charlotte. Mais comme on le sait, ce genre de rebond ne dure pas.

Bruce Springsteen (photo Cristina Quicler/AFP) en revanche, a beaucoup profité de la convention démocrate. Pour une fois, il ne s'y est pas produit, mais sa chanson "We Take Care of Our Own" est passée immédiatement après le discours du président Obama, nous raconte le New York Times. A la fin de la semaine de la convention, la vente de sa chanson avait connu une progression de 409% et plus de 2000 téléchargements. Même son dernier album "Wrecking Ball" en a bénéficié.

Pour le chanteur, c'est un retour d'ascenseur bien venu, lui qui était intervenu en 2004 en faveur du candidat présidentiel John Kerry et de Barack Obama en 2008. Bruce Springsteen n'a pas assisté à la convention de Charlotte cette année. Il avoue ne pas entendre assez de voix de gens issus de la classe moyenne et laborieuse au sein de l'administration américaine.

L’ex-numéro un de l’ONU Kofi Annan tance le système électoral américain

KofiC'est aujourd'hui au Royaume-Uni qu'est publié un rapport de la Global Commission on Elections, Democracy and Security. Présidée par Kofi Annan (photo Fabrice Coffrini/AFP), l'ex-secrétaire général de l'ONU et composée de plusieurs ex-leaders mondiaux ainsi que de Prix Nobel, la commission est particulièrement critique du système électoral des Etats-Unis, "le pays le plus puissant au monde" qui a une responsabilité de montrer l'exemple. Selon le Guardian, les experts estime que le système américain manque de transparence et que le financement de la campagne électorale est hors de contrôle.

La commission est particulièrement critique de la décision de la Cour suprême de janvier 2010, "Citizens United" qui a balayé les efforts de réformer le financement des campagnes (le républicain John McCain et le démocrate Russ Feingold avaient échafaudé un projet bipartisan au début des années 2000) et qui a permis l'avènement des Super PAC, ces groupes politiquement actifs que les entreprises ou syndicats peuvent financer sans limite pour soutenir les candidats pour autant qu'il n'y ait pas un lien direct entre ces derniers et les Super PAC.

"Citizens United a miné l'égalité politique, affaibli la transparence du processus électoral et ébranlé la confiance des citoyens dans les institutions politiques et les élections américaines", précise le rapport. Ce dernier critique aussi les Etats américains qui ont introduit des lois imposant des cartes d'identité avec photo pour pouvoir voter et qui ont pour effet de limiter la participation des Afro-Américains dans le processus électoral. Pour la commission de Kofi Annan, le financement incontrôlé des campagnes électorales est l'une des cinq principales menaces guettant la démocratie.

Romney, Twitter et l’ambassade du Caire

Les commentateurs américains n'ont pas été tendre avec Mitt Romney dans l'affaire de l'ambassade (photo Mohamed Abd El Ghany/Reuters) des Etats-Unis au Caire. US embassyAlors qu'il était en pleine campagne électorale à Jacksonville en Floride, le candidat républicain a commenté à chaud, via un communiqué, le tweet envoyé par l'ambassade américaine de la capitale égyptienne qui condamnait "les efforts continus d'individus mal avisés pour heurter les sentiments religieux de musulmans […] et les tentatives d'offenser les croyants de toutes religions". Il y condamnait le ton absurde du message qui laissait entendre que l'Amérique s'excusait de la diffusion d'une vidéo islamophobe, "L'Innocence des musulmans", alors que des islamistes radicaux prenaient d'assaut l'ambassade.

Or la chronologie des faits nous montre que Mitt Romney a réagi trop vite. Les commentateurs jeudi abondaient dans ce sens, affirmant même, pour certains, qu'il avait déjà perdu toute stature présidentielle. Le tweet de Larry Schwartz, du service de communication de l'ambassade, a été envoyé avant l'assaut de l'ambassade. Cette dernière souhaitait précisément éviter toute manifestation et calmer les esprits après que la vidéo très controversée et insultante eut été diffusée sur YouTube et sur la télévision égyptienne. Mitt Romney n'était bien entendu pas au courant de ce timing. Mais le lendemain, il n'en démordait pas, insistant sur le fait que l'administration Obama continuait de s'excuser dans le monde entier. Nicholas Burns, un haut diplomate du département d'Etat, qui a travaillé pour l'ancien président républicain George W. Bush, s'est dit "consterné de voir le gouverneur Romney insuffler de la politique […] quand nos ambassades sont attaquées".

Ce type de soft power, pourtant, ne date pas de l'accession de Barack Obama à la Maison-Blanche, même si à l'époque il ne s'exprimait pas par le biais de Twitter. Frappée par les manifestations de violence anti-américaines en 2005 qui avaient éclaté après qu'un coran fut jeté dans les toilettes par des responsables américains qui interrogeaient des suspects d'Al-Qaida, l'administration de George W. Bush avait, comme nous l'apprend le Washington Post, tout fait pour éteindre l'incendie qui se déclarait dans le monde arabe. La secrétaire d'Etat adjointe de l'époque, Karen Hughes, en charge des relations publiques, s'était fait l'auteur de plusieurs déclarations similaires au tweet du Caire.

Analysant cet événement, l'éditorialiste du "New York Times" Gail Collins résume l'affaire ainsi: "Mitt's Major Meltdown".

Quand Stevens se présentait aux Libyens

Il avait 52 ans, était diplômé de Berkeley, parlant couramment l'arabe et le français. Christopher Stevens, ambassadeur des Etats-Unis à Tripoli depuis mai dernier, a parfois été nommé "l'homme de Benghazi". Au moment des révoltes arabes du printemps 2011, ce Californien a joué un rôle majeur en tant qu'ambassadeur pour aider les révolutionnaires désireux de faire chuter le régime de Mouammar Kadhafi. Il était le contraire du diplomate bureaucrate, vissé à son bureau. Il allait sur le terrain, rencontrait la population.

En retournant en Libye ce printemps, il était mû par un projet: celui d'aider le pays à construire une démocratie solide et prospère. Tué mardi soir lors d'un attentat (peut-être prémédité) perpétré par des islamistes, l'homme de Benghazi est tombé là où la population l'avait érigé en héros.

En arrivant en Libye en mai dernier, Christopher Stevens a d'emblée voulu se présenter au peuple libyen. Voici la vidéo qu'il a diffusée sur YouTube avec sous-titres en arabe:

 

L’ex-général Wesley Clark défend Obama

Le général à la retraite Wesley Clark, qui avait commandé les opérations durant la guerre du Kosovo, est très critique des déclarations intempestives du candidat républicain Mitt Romney au sujet de l’assaut de l’ambassade des Etats-Unis au Caire orchestré par des islamistes. Il souligne à quel point le président Obama a relativement bien géré l’incertitude générée par le Printemps arabe. Wesley Clark fut, il est vrai, un candidat à la présidence lors des primaires démocrates de 2004 avant de se rallier derrière John Kerry.

 

Film “Innocence des musulmans”, nouvel épisode des caricatures de Mahomet?

Caire2000 manifestants prenant d'assaut l'ambassade américaine du Caire (photo Khaled Desouki/AFP) et brûlant le drapeau américain. Des dizaines d'hommes armés appartenant à une milice islamiste Ansar al Sharia qui attaquent le consulat américain de Benghazi en Libye à coups de grenades lancés par des roquettes. Un agent du Département d'Etat américain tué dans l'aventure et dont la mort est confirmée par la cheffe de la diplomatie américaine Hillary Clinton. Le film "Innonence des musulmans", qui dépeint le prophète Mahomet en coureur de jupons, pédophile et homosexuel, a suscité une vague d'indignation qui ne va pas sans rappeler l'épisode des caricatures de Mahomet qui avaient enflammé le monde musulman.

Le film, dont un extrait est disponible sur Internet (voir ci-dessous), a été réalisé, explique le Wall Street Journal (WSJ), par un promoteur immobilier israélo-américain, Sam Bacile. Ce dernier, dans une déclaration au quotidien américain, relève qu'il s'agit "d'une production américaine qui ne vise pas à attaquer les musulmans, mais à montrer l'idéologie destructrice de l'Islam. […] Le film révèle par ailleurs, dans un ton satirique, la vie de Mahomet." Dans une conversation téléphonique avec le WSJ, Sam Bacile précise: "Ce film est politique et non religieux."

Le cinéaste et producteur Sam Bacile, 52 ans, originaire de Californie, a récolté 5 millions de dollars pour réaliser son film grâce à une centaine de donateurs juifs qui souhaitent rester anonymes. Selon le Wall Street Journal, Sam Bacile a mis trois mois à produire le film de deux heures avec 60 acteurs et 45 collaborateurs.

"Innocence des musulmans" a par ailleurs été promu par le pasteur intégriste chrétien de Floride, Terry Jones, qui s'est déjà fait remarquer pour avoir brûlé des corans. Le film tel qu'il est révélé par la bande-annonce est plus provocateur encore que les caricatures de Mahomet. Les événements du Caire et de Benghazi pourraient n'être qu'un début. Le Département d'Etat américain se refusait hier soir encore à faire un lien direct entre le film et les violences de lundi. L'ambassade américaine du Caire a pour sa part fait savoir que la diffusion du film relevait de la liberté d'expression garantie par le premier amendement de la Constitution américaine, mais qu'en l'occurrence, ce droit avait été bafoué.

 

9/11: oubliée la ferveur, Dick Cheney règle ses comptes avec Barack Obama

Pour l'ex-vice-prédident des Etats-Unis Dick Cheney, le 11e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 n'est manifestement plus l'occasion (rare) d'unifier le pays. Dans un courriel envoyé au Daily Caller tard lundi soir (10 septembre 2012), le numéro deux de l'administration de George W. Bush, que beaucoup considèrent comme ayant été de facto le numéro un et l'un des vice-présidents les plus puissants de l'Histoire américaine, émet une critique au vitriol contre le président Barack Obama:

"Si le président Obama participait aux briefings de ses services de renseignement sur une base régulière, il comprendrait peut-être pourquoi des gens se sentent offensés par ses efforts de s'attribuer tout le crédit d'avoir tué Oussama ben Laden." Et Dick Cheney, qui dispose d'un nouveau coeur après une transplantation ce printemps, d'ajouter: "Ceux qui méritent le crédit de l'opération sont les hommes et les femmes de notre armée et des renseignements qui ont travaillé des années durant à le traquer. Ce sont eux qui méritent les remerciements d'une nation reconnaissante."

Les propos, envoyés au Daily Caller à quelques heures des commémorations du 11 septembre 2001 (lire le résumé de Propublica, organisme à but non lucratif spécialisé dans l'enquête), ont choqué, voire scandalisé. Certains n'ont pas manqué de rappeler que ces mêmes renseignements avaient soumis à la Maison-Blanche, au printemps 2001, un rapport soulignant qu'une opération terroriste était en train d'être mise sur pied aux Etats-Unis. Or George W. Bush assistait, contrairement à Barack Obama, à tous les briefings présidentiels avec les services de renseignement. Manifestement, cela n'a pas servi au président républicain. Le manque de coordination entre les agences du renseignement ont ajouté à l'incapacité américaine de déjouer les plus graves attentats ayant jamais frappé l'Amérique.

Dick Cheney n'est d'ailleurs pas le seul à tirer à boulets rouges sur Barack Obama. Une équipe d'anciens Navy Seals et officiers des forces spéciales s'exprime dans une vidéo pour dénoncer le fait que le président Obama s'attribue tous les mérites. Or ce dernier a au contraire répété à plusieurs reprises l'énorme courage et l'excellent travail des Navy Seals. Les anciens officiers apparaissant dans la vidéo ne sont toutefois pas très neutres. La plupart sont ou ont été des militants du Parti républicain, voire porte-parole du Tea Party.

 

“Lincoln” pour inspirer Obama et Romney

La présidence des Etats-Unis, qui est convoitée par le répubicain Mitt Romney et que Barack Obama souhaite conserver pour quatre ans supplémentaires, est toujours un vaste sujet de débat outre-Atlantique. Après le troisième volume de la biographie de Lyndon Johnson publié par Robert Caro (The Passage of Power) ce printemps, c'est au tour de Steven Spielberg de présenter prochainement sur les écrans américains une biopic d'Abraham Lincoln. C'est sous la présidence de ce dernier que fut aboli l'esclavage et achevée la Guerre de Sécession.

Barack Obama lui-même s'est régulièrement référé à Abraham Lincoln, notamment dans son discours d'investiture devant le Capitole en janvier 2009. Il avait également effectué le même trajet en train que Lincoln après sa victoire en 2008.

Malheureusement pour la campagne électorale, les deux prétendants à la Maison-Blanche ne pourront pas s'inspirer du nouveau film de Spielberg pour leur campagne électorale. La sortie du film est prévue le …9 novembre, 3 jours après la présidentielle. Voici néanmoins la première bande-annonce: