Si vous avez raté le débat Biden-Ryan…

Le débat vice-présidentiel entre le démocrate Joe Biden et le républicain Paul Ryan a donné lieu à de multiples interprétations. Pour la campagne de Barack Obama, il ne fait aucun doute: le vice-président a gagné le face-à-face. Pour les républicains, le verdict est clair: Paul Ryan a gagné. Les premiers se sont beaucoup penchés sur les non-réponses du colistier de Mitt Romney par rapport à la Syrie ou à l'Afghanistan, mais aussi par rapport au plan de baisses fiscales échafaudé par les républicains. Les seconds ont attaqué Joe Biden en raison de sa mimique, de ses grimaces et sourires jugés méprisant à l'égard de son adversaire.

Les experts en body language ont aussi donné leur version des faits. Quant à ceux qui ont raté le débat et les discussions qui ont suivi préféreront peut-être une version musicale des Gregory Brothers diffusée par le New York Times…

 

Les prévisions de David Gergen si Romney est élu

Commentateur régulier sur CNN, David Gergen (photo Lucas Jackson/Reuters) a été conseiller de quatre présidents: Nixon, GergenFord, Reagan et Clinton. Directeur du Center for Public Leadership at the Harvard Kennedy School, il reste un observateur avisé de la
scène politique américaine tant sur le plan intérieur qu'en matière de politique étrangère.

En marge de la convention républicaine de Tampa, Le Temps l'a interviewé. Il raconte comment le Parti républicain a fini par s'unifier autour de Mitt Romney dans le but premier de battre Barack Obama. Il relève aussi les problèmes que Mitt Romney pourrait avoir s'il est élu le 6 novembre prochain avec les différents courants de son parti.

 

David-gergen

 

 

Le témoignage d’un vétéran d’Afghanistan

GaryLors de la convention républicaine de Tampa, à la fin août, Gary Berntsen (photo Fred Prouser/Reuters) s'est confié au Temps. Membre du comité de l'organisation Concerned Veterans for America, Gary Bernsten est un ancien officier de la CIA. Il a été engagé dans plusieurs opérations anti-terroristes majeurs après les attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie et surtout en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001.

Il rallia l'armée américaine contre l'avis de ses parents qui refusèrent de signer sa fiche d'admission. En décembre 2001, c'est lui qui dirigea l'opération Jawbreaker à Tora Bora. Dans un livre qu'il publie en 2005 intitulé "The Attack on Bin Laden and Al-Qaeda: A Personal Account by the CIA's Key Field Commander", autorisé par la CIA après quelques caviardages, il avance qu'Oussama ben Laden, le leader d'Al-Qaida, aurait pu être capturé à Tora Bora si les Etats-Unis y avaient vraiment mis les moyens.

Voici son témoignage de cet ex-agent de la CIA qui fut candidat aux primaires républicaines pour le Sénat en 2010. Il raconte comment la Défense doit être gérée et comment la question du chômage parmi les vétérans doit être abordée.

GARY_B


 

 


Romney contraint d’arrêter de parler du Navy Seal tué à Benghazi

Glen Doherty était l'un des quatre Américains tués lors d'un raid d'islamistes radicaux sur le Consulat américain de Benghazi le mois dernier. Ce Navy Seal a eu droit à des funérailles nationales et à une cérémonie à la base aérienne Andrews dans le Maryland à laquelle participèrent notamment Barack Obama et Hillary Clinton.

Le candidat républicain Mitt Romney s'est référé à plusieurs reprises dans sa campagne électorale à Glen Doherty qu'il avait rencontré dans le Massachusetts. Il l'a fait pour se référer à un événement qui est aujourd'hui exploité par les républicains, notamment au Congrès, pour fustiger la gestion de la tragédie de Benghazi par l'administration démocrate.

La mère de Glen Doherty n'a toutefois pas apprécié et l'a dit à la chaîne de télévison de Boston WHDH. "Je ne fais pas confiance à Mitt Romney, a-t-elle déclaré. Il ne devrait pas inscrire la mort de mon fils dans son agenda politique. C'est incorrect d'utiliser ces jeunes hommes braves qui se battaient pour la liberté de tous pour critiquer Obama."

L'équipe de la campagne électorale de Mitt Romney a vite corrigé le tir. Glen Doherty ne sera plus mentionné dans les discours de Mitt Romney.

 

 

 

Martha Raddatz sera-t-elle objective?

Les médias conservateurs dont le Daily Caller et the Drudge Report ont lancé la polémique au sujet de Martha Raddatz, la journaliste de la chaîne de télévision ABC qui anime le débat jeudi soir entre les candidats à la vice-présidence. Selon eux, elle ne sera pas objective, car le président Barack Obama a assisté à son mariage en 1991. Qui plus est, son mari, Julius Genachowski, a étudié en même temps que le locataire de la Maison-Blanche à Harvard et fut même nommé à la tête de la Commission fédérale de la communication par le président.

Martha Raddatz, qui depuis  n'est plus marié à Julius Genachowski, s'est contentée de répliquer qu'elle faisait son travail.

Retour sur les anciens débats vice-présidentiels

Le débat des vice-présidents est rarement un événement capable de changer la dynamique d'une campagne électorale. Cette année toutefois, la mauvaise performance de Barack Obama lors du premier débat présidentiel face au républicain Mitt Romney change un peu la donne. Le vice-président Joe Biden a la responsabilité de mettre fin au rebond du républicain dans les sondages.

Voici ci-après quelques débats vice-présidentiels mémorables compilés par le Washington Post.

2008: Joe Biden face à Sarah Palin. La républicaine demande d'emblée à son adversaire si elle peut l'appeler "Joe".

 

 

1992: le candidat à la vice-présidente sur le ticket de l'indépendant Ross Perot, James Stockdale, entame le débat en posant la question: "Qui suis-je, pourquoi suis-je ici?"

 

 

1988: La confrontation entre le démocrate Lloyd Bentsen et le républicain Dan Quayle tourne à l'avantage du premier. Quayle avait affirmé qu'il avait autant d'expérience que Jack Kennedy quand celui-ci fut candidat à la présidence. Bentsen le remit en boîte: "Sénateur, j'ai travaillé avec Jack Kennedy, je connaissais Jack Kennedy. Jack Kennedy était un ami. Sénateur, vous n'êtes pas Jack Kennedy."

 

 

En 1976, il y eut cette incroyable réplique du candidat républicain à la vice-présidence Bob Dole opposé à Walter Mondale: "Si on additionnait les morts et blessés lors de guerres démocrates au cours de ce siècle, on atteindrait le chiffre de 1,6 million d'Américains, suffisamment pour remplir la ville de Détroit."

 

Virage au centre de Romney: une histoire familiale

Lors du débat présidentiel de Denver, le candidat républicain Mitt Romney a procédé à un recentrage spectaculaire de son
Annmessage, même si ses propositions pour réformer le pays sont restées vagues. Les experts attendaient ce virage vers le centre à la convention républicaine de Tampa à la fin août ou peu après. Il n'est intervenu que la semaine dernière. Ce changement stratégique a eu un impact pour le moins positif, permettant à Mitt Romney de dépasser Barack Obama dans les sondages alors que le démocrate avait de l'avance dans la quasi-totalité des Etats indécis.

Les vrais responsables de ce changement stratégique ne sont pas les conseillers du républicain ou le stratège Steven Stuart, mais, selon Politico, l'épouse Ann et le fils Tagg Romney (photo Win McNamee/Getty Images/AFP). Tous deux, constatant que l'alignement à droite de Mitt Romney ne fonctionnait pas, ont conseillé directement à leur mari et père de donner une image plus modéré de lui-même. Ils ont eu gain de cause. Quant à Steven Stuart, qui s'opposait à la tenue d'un discours sur la politique étrangère – "ce n'est pas là qu'on va gagner l'élection -, il a également perdu le combat, puisque Mitt Romney a tenu une allocution lundi au Virginia Military Institute.

Obama en espagnol: une première

Le président Barack Obama a foulé une terre nouvelle, inconnue des présidents précédents: il a réalisé avec son équipe de campagne une vidéo actuellement diffusée dans les Etats clés dans laquelle il s'exprime en espagnol. L'exercice a manifestement été bien préparé et le président délivre une performance tout à fait honorable en espangol. Pour Barack Obama, est en jeu le vote hispanique, qui pourrait être déterminant dans certains Etats indécis tels que la Floride ou le Colorado. Dans ce dernier Etat, les Latinos forment 13% des électeurs enregistrés. Le Nevada a 224 000 électeurs hispaniques enregistrés, un chiffre important quand on sait que le président noir l'a emporté de 100 000 voix en 2008 dans ce même Etat. La grande inconnue pour le démocrate, c'est la participation. En Caroline du Nord, les Latinos inscrits pour la présidentielle 2012 représentaient encore moins de 2% au début septembre. En 2010, lors des élections de mi-mandat pour le Congrès, les Latinos n'étaient que 33% à voter alors que les Blancs étaient près de 50% et les Afro-Américains 44%. Si les Hispaniques peuvent être plutôt conservateurs sur le plan social (mariage, avortement) et plus proches des républicains, ils sont plus en phase avec les démocrates quand il s'agit d'économie. Et actuellement, c'est ce qui les préoccupe le plus.

Voici la prestation de Barack Obama en espagnol, où il dit à quel point son père l'a inspiré pour lui dire qu'aucun obstacle n'est trop difficile à surmonter.

 

 

Lundi, Barack Obama s'est rendu en Californie pour déclarer monument national la ferme de La Paz où vécut le leader syndical Cesar Chavez, une figure du monde hispanique qui s'est battu pour les ouvriers agricoles travaillant dans des conditions difficiles. Une nouvelle perche tendue à la communauté latino:

 

Big Bird: la pub ironique qui fâche

Piers Morgan, journaliste vedette de CNN, n'en revient pas et juge indigne la pub concoctée par les démocrates et diffusée dans certains Etats pivots à propos de Big Bird. Figure de l'émission emblématique Sesame Street diffusée sur la chaîne publique PBS et très populaire chez les jeunes Américains, le volatile est au coeur d'une pub où les démocrates tournent en dérision ce qui menace l'économie américaine: "Ce n'est pas Wall Street, c'est Sesame Street."

Les commentateurs politiques ont dans leur majorité plutôt bien reçu cette vidéo qui s'en prend par l'humour à la réplique du républicain Mitt Romney lors du premier débat présidentiel lorsqu'il a déclaré au modérateur, une icone de PBS Jim Lehrer, qu'il n'allait pas emprunter de l'argent à la Chine pour continuer de subventionner Sesame Street. Entre-temps, la responsable de l'émission a déjà précisé qu'elle ne dépendait pas de l'argent de Mitt Romney pour survivre…

Le message de la campagne d'Obama est clair: le candidat républicain à la Maison-Blanche dit avoir un plan pour réduire les déficits et la dette de 16 000 milliards de dollars de l'Amérique, mais il est toujours resté vague et n'a jamais avancé une mesure concrète. Ou plutôt n'avait jamais annoncé une mesure claire avant Big Bird qui devrait trancher du budget américain quelques clopinettes.