Romney-Obama: le 2e débat selon SNL

L'émission satirique de NBC, Saturday Night Live, ne pouvait pas passer à côté du second débat présidentiel entre Mitt Romney et Barack Obama. Elle ironise sur l'accent des électeurs indécis présents dans l'audience qui posent leur questions avec un fort accent de Long Island. Elle montre deux politiques prêts à en découdre sur le plateau et une modératrice dont l'intervention sur la tragédie de Benghazi a aidé Obama à remporter le débat:

  

Candidate au Sénat et “socialiste” qui raviverait l’URSS selon Bloomberg

Elizabeth Warren fut conseillère du président Barack Obama dans les questions de consommation liées au Consumer Financial WarrenProtection Bureau. Professeure de droit de Harvard, elle est aujourd'hui en lice pour le Sénat pour reconquérir le siège démocrate du Massachusetts de Ted Kennedy perdu lors de la vague du Tea Party en automne 2010. Face à lui, le très conservateur Scott Brown (photo montrant Scott Brown et Elizabeth Warren/Elise Amendola/Keystone). Le combat est très serré.

La semaine dernière, le maire de New York Michael Bloomberg, dont le mandat va expirer l'an prochain, s'appliquait à garder une certaine visibilité nationale en déversant des millions de dollars dans la campagne électorale pour soutenir des candidats qui ont du courage et qui veulent faire avancer le pays. Parmi les candidats qu'il soutient, il y a des indépendants, des démocrates et des républicains. Dans le Massachusetts, son soutien va au conservateur Scott Brown. Sa rivale démocrate Elizabeth Warren, elle, est qualifiée de "socialiste". Elire Warren, qui a un don de Dieu pour la régulation, serait l'équivalent de "fermer les banques, supprimer les profits des sociétés et  raviver le socialisme voire l'URSS"…

McGovern: la lutte contre la faim comme vocation

McGovernLe décès dimanche matin, à 90 ans, de George McGovern (photo Daron Dean/Keystone) a suscité une vague d'émotions aux Etats-Unis. Icône de la gauche progressiste, candidat malheureux à la Maison-Blanche face au républicain Richard Nixon en 1972 qui l'a largement battu, il est resté une figure américaine jusqu'à ce jour. Le Programme alimentaire mondiale de l'ONU a diffusé dimanche un communiqué en guise d'hommage à ce politique très respecté.

Le directeur général de l'agence onusienne Ertharin Cousin l'a rappelé: George McGovern fut un père fondateur du PAM, son premier ambassadeur de bonne volonté et un être qui dédia sa vie entière à lutter contre la faim dans le monde. Et Ertharin Cousin de poursuivre: "Pendant plus de soixante ans, George McGovern s'est battu pour défendre les intérêts des pauvres et des affamés, en tant que premier directeur du Food for Peace – où il joua un rôle-clé dans la création du PAM  -puis comme militant durant trois décennies cherchant à obtenir le soutien bipartisan du Congrès pour l'aide humanitaire et les repas servis dans les écoles aux enfants pauvres."

Candidat férocement opposé à la guerre du Vietnam et militant acharné des droits civiques, il paya le prix fort lors de l'élection présidentielle, perdant dans 49 des 50 Etats américains. Toutefois, les experts sont persuadés que George McGovern a eu une influence majeure sur le Parti démocrate. “A plusieurs égards, il a révolutionné le Parti démocrate, relève Ross K. Baker, un professeur de science politique de l'Université Rutgers. Ses disciples ont écarté la vieille garde.”

Si sa défaite face à Nixon fut cuisante, il n'en a pas moins marqué les esprits. Les Clinton sont restés très proches de l'ex-sénateur du Dakota du Sud. Après sa défaite, le scandale du Watergate éclaboussant Nixon éclata rapidement. Pour illustrer le climat de l'époque, un autocollant véhiculait le message suivant: "Ne me blâmez pas, j'ai voté pour McGovern."

 

Le sacrilège du Salt Lake City Tribune

Romn

(Photo Roberto Schmidt/AFP)
Le plus grand quotidien de la capitale de l'Utah, le Salt Lake City Tribune, a osé. Il vient d'apporter vendredi son soutien à la candidature du démocrate Barack Obama dans la course à la Maison-Blanche. Dans un éditorial, le journal souligne à quel point Mitt Romney a été un exemple de républicain modéré, proche des milieux économiques, une source d'inspiration pour la forte communauté mormone implantée en Utah. Le quotidien salue aussi son bilan en tant que sauveur des Jeux olympiques de Salt Lake qui étaient minés par les scandales. Il a épargné, avance-t-il, l'Etat de l'Utah, républicain, de "l'ignominie".

"Bref, c'est le Mitt Romney que nous connaissions ou que nous croyions connaître", relève l'éditorial. Où est le Romney pragmatique, inclusif, le gouverneur du Massachusetts qui a permis à cet Etat de bénéficier d'un système de santé à ériger en modèle, où est le Romney qui a mené l'Utah à la gloire olympqiue?" se demande le journal: "Il a disparu et est introuvable".

Le Salt Lake City Tribune condamne le fait que le candidat républicain s'est couché devant le Tea Party pour obtenir son investiture avant de corriger à plusieurs reprises son profil d'ultra-conservateur en virant vers le centre. Il fustige aussi l'attitude par laquelle il est prêt à tenir n'importe quel propos pour plaîre à son audience. Le quotidien estime par ailleurs que Mitt Romney livre un message vide de sens en ne donnant pas les détails de son plan visant à baisser la fiscalité et à réduire le déficit de l'Amérique, en ne précisant pas par quoi il remplacerait l'ObamaCare, la réforme de la santé. En un mot, Mitt Romney est "sans vergogne".

Si Mitt perd, Ann Romney lui demandera de ne pas se représenter

Invitée de l'émission The View sur ABC, l'épouse du candidat républicain à la Maison-Blanche Ann Romney a avoué que la campagne était difficile et qu'elle mettait à rude contribution toute la famille. Elle relevait qu'en 2008, les primaires républicaines que Mitt Romney avait perdues avaient déjà été difficiles.

Cette fois, si Mitt Romney perd l'élection le 6 novembre, Ann assure qu'il n'y aura pas d'autres candidatures pour 2016 par exemple.

 

 

L’avortement, le facteur décisif de l’élection?

RoeL'économie, l'économie et encore l'économie. Cela a été le mantra de la campagne électorale depuis près d'une année. Or à moins de 20 jours de la présidentielle 2012, le dernier sondage d'USA Today/Gallup réalisé entre le 5 et le 11 octobre révèle une autre image de l'électorat américain. 39% des femmes estiment que l'avortement est la question la plus importante de l'élection à la Maison-Blanche alors que chez les hommes, 38% d'entre eux estiment que l'emploi est l'enjeu essentiel. Au sein de l'électorat féminin, l'emploi est jugé prioritaire par 19% des sondées.

Cela reste un sondage. Mais si la tendance devait se confirmer le 6 novembre prochain, Barack Obama pourrait en être le grand bénéficaire. S'il a perdu son avance par rapport à son rival Mitt Romney auprès des femmes, il a défendu des positions beaucoup plus en phase avec elles en matière d'avortement. Après une série impressionnante de volte-face sur le sujet, Mitt Romney reste un opposant à l'avortement et s'il était élu le 6 novembre, cela pourrait changer radicalement la donne. Plusieurs juges âgés de la Cour suprême, dont la progressiste Ruth Bader Ginsburg, pourraient se retirer très prochainement. Dans un tel cas de figure, le républicain a promis qu'il nommerait des juges "pro-life", anti-avortement. C'est la perspective de voir disparaître un droit constitutionnel existant depuis 1973 (arrêt de la Cour suprême Roe vs Wade/photo de Jane Roe (gauche) qui s'appelle maintenant Norma McCorvey et qui a retourné sa veste pour devenir une pro-life!/Kevin Larkin/AFP) qui pourrait pousser les femmes à agir en "single issue voters", à voter en faveur du démocrate pour la seule question de l'avortement.

Voici une publicité des anti-avortements dans laquelle Melissa Ohden explique qu'elle a survécu à une interruption volontaire de grossesse:

 

Tragédie de Benghazi: la mère de l’ambassadeur Stevens témoigne

L'affaire de la tragédie de Benghazi, où quatre Américains ont été tués lors d'un raid d'islamistes, continue d'interpeller l'opinion publique et les médias américains. CBS a interviewé pour la première fois la mère du défunt ambassadeur Christopher Stevens. Elle évite de politiser la mort de son fils et estime qu'attribuer des blâmes ici et là ne ramènera pas son fils.

Elle confie au journaliste de CBS toutefois que la Maison-Blanche ne lui a donné aucune information de suivi. Une autre mère, celle de Sean Smith, également tué dans l'assaut du consulat américain, est beaucoup plus critique. Pour elle, l'administration démocrate lui a menti.

Voici leurs témoignages:

 

Springsteen chante pour Obama en Ohio

Le mythique chanteur américain et auteur de "Born in the USA" Bruce Springsteen a volé au secours du président Barack Obama dans l'Etat indécis d'Ohio. Devant une foule de quelque 3000 jeunes, il a tenté de faire souffler à nouveau le vent d'optimisme de 2008. Mais cette fois, il y avait beaucoup moins de monde.

Sur scène, lle chanteur aurait été prêt à organiser une "jam session" avec l'ex-président Bill Clinton, dont on connaît les dons de saxophoniste depuis la campagne électorale de 1992. Pour Bruce Springsteen, l'objectif était de pousser les gens à se rendre aux urnes. Car pour lui, il y a encore une distance énorme entre "le rêve américain et la réalité américaine" et Barack Obama est le plus à même de combler cet écart. "Notre vote, a-t-il déclaré, est le principal moyen de déterminer cette distance et cette équation. Voter importe. Les élections importent."

Le Washington Post s'est demandé l'importance que pouvait avoir le soutien de Bruce Springsteen au démocrate Obama. Selon le quotidien de la capitale, il est relativement important, car le chanteur, aujourd'hui riche, est devenu "une figure culturelle, un porte-parole de l'ouvrier, une voix pour les sans-voix".  Son apparition dans le devant de la scène politique (il avait déjà fait campagne pour John Kerry et d'autres démocrates) pourrait avoir un impact dans la Rust Belt, la ceinture de la rouille (industries obsolètes). Mais aussi sur l'électorat jeune que MItt Romney peine à capter malgré la perte d'enthousiasme de cet électorat pour Obama par rapport à 2008.

 

Sur son site Internet, Bruce Springsteen a justifié son soutien au président de la façon suivante:

“For me, President Obama is our best choice because he has a vision
of the United States as a place where we are all in this together. We’re
still living through very hard times but justice, equality and real
freedom are not always a tide rushing in. They are more often a slow
march, inch by inch, day after long day. I believe President Obama feels
these days in his bones and has the strength to live them with us and
to lead us to a country ‘…where no one crowds you and no one goes it
alone.’”

 

 

Romney-Obama: le choix de la cravate

Barack Obama et MItt Romney (photo Jim Young/Reuters) se sont-ils consultés pour choisir la couleur de leur cravate lors des deux premiers débats
Romneyobamaprésidentiels? Slate a mené l'enquête. Les deux candidats à la Maison-Blanche portaient respectivement une cravate bleu et une cravate rouge lors du premier débat et l'inverse lors du second. Rouge étant la couleur des républicains et bleu celle des démocrates. C'est apparemment un pur hasard, car les débatteurs ne se voient pas avant d'entrer sur scène. Comme le souligne Slate, ce qui s'est passé lors des débats Romney-Obama est plutôt l'exception. Par le passé, il est arrivé souvent que les deux candidats portent une cravate de même couleur, rouge par exemple en 2008, quand Barack Obama affrontait John McCain. Parfois, c'est plutôt les tons de rouge ou de bleu qui les distinguent.

En 1976, lors du débat vice-présidentiel, la tenue vestimentaire devint toutefois un vrai problème. Le candidat Bob Dole, constatant par le biais de ses conseillers que sa cravate ne cadrait pas avec le plateau de télévision, décida d'aller acheter une cravate dans une grande surface du centre d'Houston accompagné par des journalistes.

Quant aux deux épouses des candidats, Ann Romney et la First Lady Michelle Obama, elles portaient toutes deux une robe rose mardi soir. Là aussi pas d'effort de coordination. Et selon Slate, les deux dames n'ont pas voulu exprimer un message de solidarité à l'occasion du mois de sensibilisation au cancer du sein (Breast Cancer Awareness Month).

Le moment crucial du débat présidentiel: la Libye

C'était peut-être l'une des questions qu'il appréhendait le plus et pour laquelle il s'est le plus préparé. Le président Barack Obama avait beaucoup à perdre dans le débat quand il fut question de Libye et de l'assaut de militants salafistes sur le consulat américain de Benghazi qui coûta la vie à quatre Américains dont l'ambassadeur Christopher Stevens. Son administration a mal géré l'après-tragédie et une enquête devrait déterminer si la confusion provient du Département d'Etat ou des services de renseignements.

Or c'est le passage où le démocrate est apparu très présidentiel et où il a agi avec la confiance du "commandant en chef de l'armée" qui assume ses responsabilités. Il a refusé de laisser la secrétaire d'Etat Hillary Clinton (qui elle aussi assume les siennes) endosser le fardeau de la polémique allumée par les républicains.

Dans son intervention, Barack Obama a parlé "d'acte terroriste (act of terror)". Peu après, sûr que le président avait commis une grosse erreur, Mitt Romney l'a repris de façon brutale. Il l'a exhorté à dire qu'il n'avait jamais prononcé ces mots et qu'il avait attendu 14 jours avant de le faire, laissant croire au public américain que le raid était peut-être dû à la diffusion d'une vidéo anti-Islam aux Etats-Unis. Or le président avait bien prononcé ces mots le jour après la tragédie dans la roseraie de la Maison-Blanche et la modératrice Candy Crowley est venue le confirmer, mettant Mitt Romney dans l'embarras. Voici le passage: