Obama veut se venger

Les propos du président prononcés lors d'un meeting électoral ne sont pas tombés dans l'oreille d'un sourd. Barack Obama a déclaré que le "vote était la meilleure vengeance". Les mots ont choqué certains. Mitt Romney n'a pas manqué de les reprendre à son compte pour montrer à l'Amérique que son rival démocrate veut se venger alors que lui-même incite les Américains à aller voter pour l'amour de leur pays.

La fatigue s'accumulant, on pourrait avoir encore quelques dérapages verbaux lundi à la veille de l'élection que les deux candidats vont passer dans huit Etats.

 

Cent millions de dollars pour tenter de décrocher un siège au Sénat

MahonComme le souligne le New York Times, elle constitue un vrai soutien à l'économie locale au vu des dépenses somptuaires auxquelles elle procède dans le cadre de la campagne électorale pour le Sénat. Linda McMahon (photo Getty Images/AFP) est en passe de battre le record (détenu par Ross Perot) d'argent investi dans une campagne électorale par un candidat. Avec sa candidature en 2010, elle avait déjà dépensé près de 50 millions de dollars. Cette année, elle approche ce montant dans la course au Sénat pour le Connecticut face au démocrate Christopher S. Murphy.

Ces jours, Linda McMahon, républicaine, diffuse massivement des publicités sur les chaînes câblées de New York où travaillent de nombreux habitants du Connecticut. Sa campagne, si l'on comprend tout, représente 200 employés, un réseau de 13 bureaux et une vaste palette de consultants, experts marketing et publicitaires. La républicaine est persuadée de pouvoir d'avoir un plan emploi capable de réduire le déficit fédéral de 1700  milliards de dollars sur neuf ans.

Catcheuse, Linda McMahon a régné à la tête de la World Wrestling Entertainment avec son mari. Elle a elle-même combattu sur le ring. Son époux a lui été inquiété par les autorités américaines, accusés d'avoir distribué des stéroïdes à certains de ses catcheurs.

 Les montants considérables investis dans sa campagne électorale pourraient toutefois ne pas suffire. Selon les sondages, elle accuse un retard sur son rival démocrate. Le Connecticut reste un Etat très démocrate.

La campagne Obama s’attend à un vote très serré

C'est le sentiment que donne la vidéo qu'elle vient de diffuser, rappelant qu'en 2000, l'élection présidentielle opposant le républicain George W. Bush et le démocrate Al Gore s'est jouée à 537 voix. 537 voix entre ce qui a été et ce qui aurait pu être. Les démocrates entendent sensibiliser les électeurs qui seraient tentés par l'abstention, la pire menace pour Barack Obama qui avait mobilisé très large en 2008.

Dans les faits, la Floride a donné lieu à un recomptage des votes et c'est finalement la Cour suprême des Etats-Unis qui a tranché lors d'une décision prise à 5 (juges conservateurs) contre 4 (juges progressistes).

 

Les faux pas de Michael Bloomberg

Le maire de New York Michael Bloomberg (photo Eduardo Munoz/Reuters) est plus que jamais sous le feu des critiques. Non pas pour avoir apporté son soutien
Bloom surprise au président Barack Obama, mais pour avoir d'une part refusé la proposition du président américain d'envoyer des agents de la FEMA (Agence fédérale des situations d'urgence) sur le terrain (notamment Staten Island) avant l'arrivée de l'ouragan Sandy.

Ayant perdu leur maison, des membres de leur famille, certains habitants de Staten Island, un arrondissement de New York qui n'a pas été oublié, mais fortement négligé dans les premiers jours après la catastrophe, ont émis des critiques très sévères à l'encontre de Michael Bloomberg qu'ils accusent d'avoir empêché la FEMA de faire son travail.

L'autre dossier sensible, c'est le marathon de New York qui a été annulé vendredi après-midi. Pour beaucoup, cette décision de Michael Bloomberg a été beaucoup trop tardive. Si elle avait été prise mercredi, une fois les dégâts de Sandy constatés, les participants au marathon de New York auraient pu annuler leur vol et leur hôtel. Certains coureurs ont dépensé jusqu'à 7000 dollars pour prendre part au plus grand marathon du monde (en termes de participation). Pour d'autres, la décision était juste, car l'organisation du marathon aurait porté préjudice aux efforts à fournir pour venir au secours des sinistrés de Sandy. Michael Bloomberg a hésité. Longtemps, trop longtemps. Deux fautes qui pourraient ternir son bilan alors que son mandat de maire expire en 2013.

“Romney insulte les électeurs américains”

C'est le Washington Post qui le dit dans un éditorial publié vendredi dans lequel il dénonce les incessantes volte-face du candidat républicain sur de nombreux thèmes importants, mais aussi son refus de donner les détails de son plan de réduction des déficits, de baisse d'impôt, de remplacement de l'ObamaCare. Il refuse de préciser en quoi sa politique étrangère serait différente de celle de Barack Obama.

En quelques mots, la position du quotidien de Washington: "Tous les candidats disent et font ce qu'ils ont à dire et à faire pour gagner. M. Obama a aussi éviter des interviews et des conférences de presse. Il a aussi donné peu de détails au sujet de son programme pour un second mandat.Lui aussi a fait diffuser des publicités qui distordent les déclarations de son adversaire. Mais M. Obama a un bilan. Les électeurs connaissent ses priorités. Son projet de budget n'est pas adapté, mais n'aggraverait pas les choses.

En contraste, M. Romney semble parier sur le fait que les électeurs n'ont pas de mémoire, de faibles compétences en arithmétique et une incapacité générale à aller au-delà du visible. Nous espérons que le résultat de mardi prouvera qu'il a tort."

Le maire de New York soutient Obama

MikeQuand Barack Obama avait signalé son souhait de venir à New York pour constater les dégâts causés par l'ouragan Sandy, le maire de New York, Michael Bloomberg (photo Stan Honda/AFP), avait exhorté le président à ne pas faire le déplacement. Les commentateurs voyaient dans ce refus une gifle au président. Or, jeudi, le milliardaire new-yorkais a fait taire toutes les rumeurs en apportant son soutien ferme à la candidature de Barack Obama.

Michael Bloomberg justifie sa décision en précisant que l'ouragan Sandy révèle une nouvelle fois que le changement climatique n'est peut-être pas seulement une vue de l'esprit. Et New York est très exposée à toute hausse du niveau de la mer et à la multiplication des ouragans.

Le maire de New York salue les mesures prises par Barack Obama pour réduire les émissions de gaz à effet de serre en exigeant que les voitures consomment moins d'essence à l'avenir. Estimant que le président aurait pu aller plus loin, il reconnaît qu'il a fait face à des républicains hostiles à la notion de réchauffement climatique.

Il y a quelques années, le soutien de Michael Bloomberg aurait pu aller à Mitt Romney. Car comme il le souligne sur son site internent, il se souvient des prises de position politiques de l'ex-gouverneur du Massachusetts: "Je pense que Mitt Romney est un homme bon et correct. Il apporterait une expérience valable au Bureau ovale en tant qu'homme d'affaires. Il comprend que l'Amérique s'est construite sur la promesse d'égalité des chances et non de résultats. Par le passé, il a aussi pris des positions raisonnables en matière d'immigration, de contrôle des armes, du droit à l'avortement et de la santé. Mais il a fait volte-face sur toutes ces questions et il fait même campagne contre le modèle de santé qu'il a approuvé dans le Massachusetts."

Des élections à six milliards de dollars

Ce sont les élections les plus chères jamais enregistrées dans l'histoire des Etats-Unis. Le Center for Responsive Politics vient de Dollarpublier mercredi les derniers chiffres. Les élections à la Maison-Blanche et au Congrès vont coûter pas moins de 6 milliards de dollars (photo Laszlo Balogh/Reuters). Ce sont surtout des groupes extérieurs aux campagnes officielles des républicains et des démocrates qui ont contribué à faire exploser les dépenses électorales.

Directrice du centre, Sheila Krumholz s'en explique: "Vu les nouvelles règles de financement des campagnes électorales découlant de Citizens United (la décision de la Cour suprême de 2010 autorisant des groupes politiquement actifs, mais "indépendants" des campagnes officielles), nous voyons un niveau de dépenses historiques de la part de groupes extérieurs dominés par un petit nombre d'individus et d'organisations qui ont effectué des contributions exceptionnelles." Parmi les individus en question, il y a bien sûr les milliardaires Sheldon Adelson, le magnat des casinos de Las Vegas, les frères David et Charles Koch, les barons du pétrole, et le riche promoteur immobilier de New York, Donald Trump.

Texas et Biélorussie, même combat…

AbbottLe ministre de la Justice du Texas, Greg Abbott (saluant le gouverneur texan, Rick Perry/photo Samantha Sais/Reuters), n'y est pas allé par quatre chemins. Il a récemment menacé les observateurs internationaux envoyés par l'OSCE dans le Lone Star State de les arrêter et de les juger s'ils violent la loi texane interdisant tout membre de parti et tout citoyen de venir à moins de 30 mètres du local de vote.

La menace est soutenue par le gouverneur du Texas, Rick Perry. Dans un éditorial, le Washington Post s'interroge sur cette manière d'interdire l'OSCE, une organisation créée sous l'impulsion des Américains pour diffuser la démocratie et la liberté dans le monde, de faire son travail. L'organisation internationale a pourtant déjà supervisé six élections aux Etats-Unis depuis 2002 et de nombreuses autres à travers le monde.

Le Washington Post y voit des pratiques qui rappellent celles de l'actuel président russe, Vladimir Poutine, ou du dirigeant kazakh Nursultan Nazarbaïev. C'est un cadeau, relève-t-il, aux autocrates du monde entier qui auront une magnifique occasion de se référer à l'exemple texan pour refuser le travail des observateurs de l'OSCE.

De fait, Greb Abbott est convaincu que les agents de l'OSCE veulent pervertir la loi texane imposant une carte d'identité pour voter. Une exigence que la NAACP (qui représente les gens de couleur) et Project Vote réfutent. Or les cinq à dix représentants de l'OSCE comptent rencontrer les représentants de ces deux organisations.

“Sandy”: quand le républicain Chris Christie tresse les louanges du président Obama

Les républicains sont furieux. Depuis que Sandy s'est abattu sur la côte Est des Etats-Unis, causant des milliards de dollars de dégâts, le gouverneur du New Jersey, dont l'Etat est le plus touché par l'ouragan, n'a pas assez de mots pour féliciter l'attitude du président démocrate Barack Obama.

L'épisode est plutôt étonnant. Chris Christie soutient la candidature de Mitt Romney à de nombreux meetings électoraux. Il était déjà très présent lors des primaires, notamment dans le New Hampshire où il avait tenu un discours très élogieux au sujet du Bostonien.

Les spéculations vont bon train pour tenter d'expliquer cet extraordinaire moment de "bipartisanship", de coopération entre démocrates et républicains, une denrée rare outre-Atlantique. La première hypothèse: Chris Christie est sincère et met vraiment tout en haut de son agenda le secours à apporter à ses concitoyens, quitte à franchir la barrière partisane. La deuxième est plus cynique: on sait que Chris Christie a des ambitions. Il a refusé toute invitation à faire acte de candidature pour le poste de vice-président, mais la présidentielle 2016 pourrait l'intéresser. Si Romney perdait le 6 novembre prochain, il aurait plus de chances de parvenir à ses fins. Si Romney l'emporte, il pourrait rempiler pour quatre ans…

Les éloges de Chris Christie: