Hydrofracturation: France et Etats-Unis, si éloignés, si proches

Williston 481France et Etats-Unis. Deux pays, deux cultures. Le premier interdit pour l'heure l'exploitation des gaz de schistes par hydrofracturation pour des raisons notamment environnementales et connaît une grave crise économique. Le second connaît un boom pétrolier et gazier extraordinaire qui a permis de maintenir la croissance du pays à un niveau supérieur à celui de l'Europe. Le gaz naturel y est tellement abondant que le prix s'est effondré et a incité plusieurs entreprises américaine à revenir s'installer sur le territoire des Etats-Unis. Que ce soit le long de la formation géologique de Marcellus, en Pennsylvanie ou des Bakken dans le Dakota du Nord, les questions environnementales ont été soulevées par des activistes, mais elles n'ont en rien freiné l'essor du secteur qui permet désormais de faire des Etats-Unis un exportateur nette. Le long du Golfe du Mexique, on est en train de transformer des terminaux d'importation d'hydrocarbures en terminaux d'exportation de gaz liquiéfié.

Mais l'image est trompeuse. A Longmont, dans le Colorado, une petite ville conservatrice au pied des Rocheuses, ses habitants ont, explique le New York Times, voté pour interdire l'exploitation des gaz de schiste par hydraufracturation. Le secteur pétrolier et gazier a pourtant injecté plus d'un demi-million de dollars pour combattre l'interdiction. En vain. Certains avancent déjà que Longmont risque de faire tâche d'huile, pour ainsi dire, dans tout le pays. Les adeptes de l'interdiction parlent d'un "soulèvement populaire" contre une course à l'or noir et bleu. Ils estiment que l'impact environnemental sur la communauté proche est négatif.

Le maire de Longmont est convaincu que les partisans de l'interdiction n'ont "pas bien réfléchi" à la question. Les autorités municipales sont gênées et l'Etat du Colorado va sans doute déposer une plainte contre Longmont, estimant qu'il est le seul à pouvoir légiférer en la matière. France, Etats-Unis: parfois même combat!

On compte toujours les bulletins de vote

C'est Nate Silver du New York Times qui nous l'apprend. Les bulletins de vote pour l'élection présidentielle américaine sont toujours en phase de comptage dans 37 Etats sur 50. Selon les nouveaux résultats, le démocrate Barack Obama a encore accentué son avance sur le républicain Mitt Romney dans le vote populaire, creusant un écart désormais de 3,3% (auparavant 2,5%). Même si Paul Ryan et d'autres républicains de la Chambre des représentants estiment que Barack Obama n'a pas un véritable "mandat" pour mener la politique qu'il entend, ce nouveau résultat semble prouver le contraire.

Drones ou pas drones: c’est la question posée au futur patron de la CIA:

En à peine quatre ans, Barack Obama aura dû nommer trois personnes à la tête de la Central Intelligence Agency: Leon Panetta,
Drones David Petraeus et bientôt une troisième personne. Washington évoque trois noms pour remplacer un patron de la CIA happé par une affaire de sexe avec sa biographe Paula Broadwell: John Brennan, 57 ans, le favori, actuel conseiller de la Maison-Blanche en matière de lutte contre le terrorisme, Michael J. Morell, 54 ans, qui assure l'intérim depuis le départ soudain de David Petraeus et enfin Michael G. Vickers, 59 ans, un ancien membre des forces spéciales de l'armée, analyste de la CIA et sous-secrétaire à la Défense pour le renseignement.

Du choix que fera le président américain dépendra sans doute l'évolution de la stratégie de la CIA qui a, au cours des dernières années, de plus en plus empiété sur le terrain du Pentagone. L'agence de renseignement a mené des opérations spéciales et une vaste campagne de lutte contre le terrorisme à l'aide de drones (photo Reuters) notamment dans les zones tribales du Pakistan.

Avec la nomination du nouveau directeur de la CIA, celle-ci pourrait limiter l'usage des drones qui est de plus en plus controversé et retourner à la mission traditionnelle de l'agence, la collecte de renseignements. C'est ce qui ressort de la crise autour de la tragédie de Benghazi où quatre Américains dont l'ambassadeur Christopher Stevens furent tués par des militants salafistes. Selon les critiques, la CIA n'aurait pas vu venir le coup. Certains membres du Congrès estiment que l'agence s'est trop éloignée de ce qui faisait sa crédibilité: le renseignement.

John Brennan avait largement approuvé et même promu l'extension de la flotte de drones pour la CIA. Mais aujourd'hui, il est beaucoup plus réservé. Michael J. Morell ne devrait, selon les experts, pas provoquer de grands changements de vision. Quant au troisième possible candidat à la tête de l'agence de Langley, Michael G. Vickers, il a joué un rôle important dans la convergence entre la CIA et le Pentagone. Il serait sans doute favorable à la poursuite de l'usage intensif de drones contre des extrémistes qui pourraient menacer les Etats-Unis. Dans les années 1980, c'est lui notamment qui a oeuvré à armer les moudjahidin en Afghanistan (dont Ben Laden) pour combattre l'ennemi soviétique…

La question des drones, qui ont tué près de 2500 personnes depuis que le président démocrate est à la Maison-Blanche, est extrêmement sensible. L'administration Obama a développé, avant l'élection présidentielle du 6 novembre, des règles régissant les éliminations ciblées de terroristes à l'aide de drones. Elle craignait que si le républicain Mitt Romney était élu, celui-ci en ferait un usage tous azimuts.

Le tandem Obama-Clinton vit ses derniers moments à l’étranger

BirmanieC'est sans doute la plus grande surprise de la première administration Obama. Le tandem Barack Obama-Hillary Clinton (ici à son arrivée à Yangon en Birmanie/photo Soe Than Win/AFP) a été d'une remarquable efficacité. Après des primaires démocrates très âprement disputées pour l'investiture présidentielle en 2008, les commentateurs de Washington craignaient le pire. Les blessures n'allaient peut-être jamais cicatriser. Or la relation entre la Maison-Blanche et Foggy Bottom aura été empreinte d'un profond respect et d'une grande loyauté, même si le président et la secrétaire d'Etat ne sont pas à proprement parler des amis proches. Cela est apparu de façon manifeste en Birmanie lors de la première visite d'Etat d'un président américain. Barack Obama a eu droit aux honneurs en tant que président, mais il n'a pas manqué de souligner le travail remarquable d'Hillary Clinton pour promouvoir le droit des femmes et les valeurs démocratiques à travers le monde. Cette dernière avait d'ailleurs déjà rencontré Aung San Suu Kyi il y a quelque temps et était manifestement plus à l'aise avec la Prix Nobel birmane que Barack Obama qui a eu de la peine à prononcer son nom.

D'une certaine manière, le voyage de la Maison-Blanche dans trois pays d'Asie (Thaïlande, Birmanie et Cambodge), c'est un peu la concrétisation du changement stratégique opérée par l'Amérique qui attache désormais une importance grandissante à l'Asie-Pacifique. Or Hillary Clinton est considérée comme l'une des grandes architectes de cette nouvelle politique. Aujourd'hui, même si l'affaire de Benghazi pose des questions sur la gestion des  questions sécuritaires par l'administration Obama, notamment en Libye, Hillary Clinton est perçue par de nombreux experts, hormis de nombreux conservateurs qui la jugent toujours sévèrement, comme une secrétaire d'Etat de très haut rang qui pourrait entrer dans l'Histoire de la diplomatie américaine. Beaucoup mentionnent la maestria avec laquelle elle a géré la question libyenne dans les coulisses de la diplomatie mondiale.

Barack Obama et Hillary Clinton, pour leur dernière sortie à l'étranger ensemble, étaient, à en croire le New York Times, empreints de nostalgie. Après avoir déjeuner ensemble avec l'équipe du Département d'Etat à l'ambassade américaine de Yangon, le président et la secrétaire d'Etat ont encore longuement discuté dans l'avion qui les emmenait de Birmanie à Phnom Penh. Ont-ils parlé de 2016, quand Barack Obama arrivera au bout de son second mandat et où Washington dit déjà voir Hillary Clinton faire acte de candidature pour le remplacer? Pour l'heure, l'intéressée est fatiguée par près de 1,6 million de kilomètres parcourus à travers le monde en tant que cheffe de la diplomatie américaine. Elle entend faire autre chose, se reposer.

 

Défaite de Mitt Romney: des déçus appellent à la sécession de l’Union

Après la défaite du républicain Mitt Romney (photo Stephan Savoia/AP/Keystone), c'est la nouvelle tendance. Des milliers d'Américains d'une vingtaine d'Etats, déçus par la défaite de Romneysl'ex-gouverneur du Massachusetts et surtout remonté contre la réélection du démocrate Barack Obama, ont signé des pétitions en ligne sur le site de la Maison-Blanche pour demander de faire sécession.

La plupart des signataires proviennent d'Etats qui ont soutenu Mitt Romney, mais aussi d'Etats démocrates tels que New York, Oregon ou New Jersey. Des pétitionnaires du Texas et de Louisiane ont sans doute rassemblé suffisamment de signatures pour que la Maison-Blanche prenne en considération leur requête…

Ces appels à la sécession font écho à une litanie de commentaires relevant que l'Amérique va vers son déclin et sa perdition. Le présentateur Bill O'Reilly sur Fox News en est le représentant emblématique. Les aspirants sécessionnistes d'Alabama par exemple formule leur demande ainsi: "Nous demandons à l'administration Obama d'accorder l'autorisation à l'Etat d'Alabama de se retirer des Etats-Unis et de créer son propre gouvernement."

La référence des pétitionnaires est bien entendu la Déclaration d'indépendance de 1776: "Nous tenons ces vérités pour évidentes en elles-mêmes: que tous les hommes sont créés égaux; que leur Créateur les a dotés de certains droits inaliénables, parmi lesquels la vie, la liberté et la recherche du bonheur; que pour garantir ces droits, les hommes instituent entre eux des gouvernements, qui tirent leurs justes pouvoirs du consentement des gouvernés; que chaque fois qu'un gouvernement, qu'elle qu'en soit la forme, menace ces fins dans leur existence même, c'est le droit du peuple que de le modifier ou de l'abolir, et d'en instituer un nouveau […]."

L'élection du Noir Barack Obama est synonyme, pour les sécessionnistes, d'une Amérique où l'Etat domine, autorise le droit à l'avortement, légalise les sans-papiers, légalise le cannabis (Colorado) et le mariage homosexuel (dans plusieurs Etats). "C'est une Amérique en danger", résume Bill O'Reilly.

Victoire d’Obama: photos de Chicago

Illustration de la victoire de Barack Obama. Quelques photos prises sur le vif au QG de la campagne démocrate à Chicago:

L'attente… (cliquez sur les photos pour les agrandir)

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Les choses se précisent…

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La victoire est acquise pour le clan Obama. Mitt Romney concède sa défaite:

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La joie des partisans du démocrate:

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Barack Obama de loin et la foule dans le chaudron de Chicago:

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Victoire d’Obama: vidéos de Chicago

Dans le chaudron de Chicago, quelques vidéos réalisées le soir du 6 novembre 2012 marquant la réélection du président démocrate Barack Obama:

 

 

 

 

Avant l'arrivée de Barack Obama sur scène, les organisateurs passent une vidéo pour chauffer la salle:

 

 

L'arrivée des Obama à Chicago:

 

 

Barack Obama évoque l'esprit de l'Amérique, son individualisme et la nécessité d'agir ensemble:

 

Affaire Petraeus: l’interview prémonitoire

En janvier 2012, Jon Stewart a invité Paula Broadwell à son Daily Show. L'interview de celle par qui le scandale de la liaison extraconjugale du général et directeur de la CIA, David Petraeus, est arrivé est, avec le recul, plutôt révélateur. En Afghanistan, celle qui a écrit une biographie autorisé, All In, au sujet d'un des plus prestigieux généraux américains allait souvent courir avec le commandant en chef des troupes en Afghanistan pour faire plus ample connaissance.

Jon Stewart se demande d'ailleurs comment les autorités militaires ont pu laisser Paula Broadwell avoir un accès aussi facile à David Petraeus alors que le prédécesseur de ce dernier, le général McChrystal, fut licencié pour avoir accordé une interview à un journaliste de Rolling Stone.

A la question de Jon Stewart relative aux éventuelles ambitions présidentielles de David Petraeus, Paula Broadwell relève que David Petraeus n'a pas de plan à long terme. Elle ajoutera: "Mon mari veut me faire dire qu'il [manque] cette vision à long terme, car cela permettra de vendre davantage de livres." Puis, en s'adressant à son mari, elle lâchera: "Je suis désolée, chéri, je ne pouvais pas le faire."

Les larmes d’Obama, bis

La fin de la campagne électorale américaine a pris une tonalité très émotionnelle avec Barack Obama. Un jour avant l'élection présidentielle du 6 novembre, le démocrate tenait son dernier meeting électoral dans l'Iowa. La voix cassée, il rappelait le parcours effectué jusqu'ici. En passant, il ne put éviter de lâcher des larmes.

Après sa victoire, Barack Obama s'est rendu au QG de sa campagne pour remercier tous ceux qui avaient contribué à sa victoire. Obama, le président parfois décrit comme froid et arrogant, a succombé à une nouvelle émotion et n'a pas pu retenir ses larmes. Son équipe de campagne a applaudi. Comme si elle découvrait un nouvel homme derrière celui qu'elle a connu au cours des quatre dernières années.

 

Karl Rove dans le collimateur

RoveIl a été craint. C'était le grand stratège de George W. Bush. Il était l'un des premiers à analyser des données sociodémographiques pour faire gagner son candidat. "Il", c'est Karl Rove, un homme qui était prêt à tout. A lancer de fausses rumeurs sur des juges locaux pour les pousser à la démission. Grâce à la décision de la Cour suprême de 2010, Citizens United, il est revenu sur la scène politique grâce à un Super PAC, American Crossroads, qui a soutenu le républicain Mitt Romney dans la course à la Maison-Blanche.

Maintenant que Romney a perdu, Karl Rove est sous le feu des critiques, notamment de celles de généreux donateurs qui n'ont pas eu le retour sur investissement qu'ils attendaient. Dans certains milieux conservateurs, on en vient même à douter de sa capacité d'adopter une stratégie susceptible de faire gagner un républicain. Celle de Karl Rove fut de financer d'innombrables publicités à la télévision. Or la victoire s'est bien davantage jouée sur le terrain. C'est le ground game auquel les démocrates ont attaché la plus haute importance. Des milliardaires ont déjà annoncé qu'ils n'allaient plus financer American Crossroads.

Le grand stratège démocrate David Axelrod ne s'est pas gêné pour relever que les généreux bailleurs de fonds de Mitt Romney ont été bien mal récompensés.