Bob Woodward: “Qui est Barack Obama?”

La star américaine du journalisme d'investigation Bob Woodward estime que les négociations visant à éviter un "précipice budgétaire" sont une grave erreur. Washington est, selon lui, simplement en train de répéter le même drame de l'été 2011 quand  Barack Obama et le président de la Chambre des représentants John Boehner tentaient de négocier un "grand accord" sur le rehaussement du plafond de la dette. Le journaliste a d'ailleurs sorti un livre à ce propos "The Price of Politics" dans lequel il n'est pas tendre envers la Maison-Blanche.

En l'occurrence, Bob Woodward, devenu célèbre après le scoop du Watergate, continue de jeter un regard très critique sur Barack Obama: "Qui est-il", se demande-t-il, estimant qu'il est très secret, contrairement à son prédécesseur George W. Bush qui était plus "tripal". A la sortie de son livre, certains ont déploré le biais anti-Obama de Bob Woodward, estimant qu'il s'est limité à rapporter ce qu'il a entendu dans un cercle relativement fermé et qu'il n'a pas tenu compte du contexte plus large.

Voici son commentaire dans Politico à propos du précipice budgétaire:

 

John Kerry: “L’un des jours les plus tristes durant mes 28 ans au Sénat”

C'est le serpent qui se mord la queue. Le Sénat américain a refusé de ratifier mardi la Convention de l'ONU relative aux droits
Kerryj des personnes handicapées. Motif? Le traité n'a pas réussi à obtenir la majorité requise des deux tiers. Or ironie de la situation: ladite convention a été calquée sur le Americans with Disabilities Act, une loi américaine adoptée voici 22 ans.

Les explications du sénateur républicain Jim Inhofe ne manque pas de piquant: "Je ne soutiens pas une régulation lourde et des organisations internationales potentiellement zélées dont les biais anti-américains affectent la société américaine." La présence de l'ancien sénateur Bob Dole, qui est venu dans sa chaise roulante, n'a visiblement pas permis de changer l'état d'esprit des républicains. La convention a pourtant été signée par 155 pays et ratifiée par 126 Etats dont la France, la Grande-Bretagne, la Chine et la Russie.

Président de la Commission des affaires extérieures du Sénat, le démocrate John Kerry (photo Jessica Rinaldi/Reuters) portait la convention à bout de bras. Il l'a avoué mardi: "C'est l'un des jours les plus tristes que j'ai jamais connus lors de mes 28 ans passés au Sénat. Cela doit être un avertissement montrant que cette institution cassée déçoit le peuple américain."

Une synagogue de Manhattan se félicite du vote onusien sur la Palestine

AbbasLa synagogue B'nai Jeshurun, dans l'Upper West Side de Manhattan juge certes essentielles la sécurité et la démocratie en Israël. Mais dans une lettre que s'est procurée le New York Times, trois rabbins de l'établissement, que les New-Yorkais situent à gauche de l'échiquier politique, se sont félicités du vote en faveur du statut d'Etat observateur accordé par l'Assemblée générale des Nations unies à l'Autorité palestinienne (photo Marko Djurica/Reuters). "C'est un grand moment pour nous citoyens du monde. C'est l'occasion de célébrer le processus qui permet à une nation d'aller de l'avant et de se faire reconnaître. Ayant nous-mêmes gagné l'indépendance, nous en sommes particulièrement conscients. Tout peuple ou toute personne a le droit d'être reconnu(e)."

Parmi les juifs fréquentant la synagogue, deux réactions: certains sont choqués non pas par le vote lui-même, mais par l'excès d'enthousiasme pour le qualifier. D'autres en revanche saluent le courage des responsables de B'nai Jeshurun. Cette dernière n'est toutefois pas la seule institution juive à avoir soutenu le vote en faveur des Palestiniens à l'ONU. C'est aussi le cas d'organisations telles que Americans for Peace Now et Partners for Progressive Israel.

Anna Wintour future ambassadrice US?

WintourLe bruit court. La rédactrice en chef de Vogue, Anna Wintour (photo Carl Court/AFP), serait parmi les personnes que le président Barack Obama pourrait nommer au poste d'ambassadeur des Etats-Unis en France ou au Royaume-Uni. A 63 ans, cette figure de la presse de mode n'a pas vraiment d'expérience dans la diplomatie. Mais elle a un portefeuille bien fourni. Elle compte parmi les 10 plus grands contributeurs de la  campagne électorale de Barack Obama en 2012. Elle a versé plus d'un demi-million de dollars et organisé des soirées de collecte de fonds pour le démocrate. Parmi ses détracteurs, certains se réfèrent notamment au film "Le Diable s'habille en Prada" dans lequel  la protagoniste Meryl Streep, imbuvable, joue un rôle qui aurait été inspiré d'Anna Wintour…

Citoyenne britannique, elle est devenue américaine. Porte-parole de Vogue, Megan Salt a déclaré à Bloomberg qu'Anna Wintour n'était pas intéressée par un poste diplomatique. Pour l'heure, rien n'est concrétisé. Mais Si une telle nomination peut choquer, elle est loin d'être une exception. C'est une pratique très courante, de la part des présidents américains de récompenser leurs importants bailleurs de fonds par des postes d'ambassadeurs. Barack Obama  a nommé un nombre légèrement supérieur à la moyenne (30%) de personnes sans expérience diplomatique à des postes d'ambassadeurs.

Si le poste de Londres lui revient, Anna Wintour aura le privilège de siéger dans l'une des plus belles résidences de la capitale britannique, la Winfield House dont le jardin ouvre sur le Regent's Park.

Hillary Clinton, candidate pour 2016…

C'est la prédiction de David Remnick, journaliste au New Yorker qui vient d'assister à trois jours de séminaire au Saban Center
ClintonH(Brookings) à Washington (photo Mary Calvert/Reuters). Hillary Clinton y a tenu un discours et y a été ovationnée. Puis un film au budget généreux a été diffusé. Il tresse des lauriers à la First Lady et surtout à la secrétaire d'Etat qui devrait quitter sa fonction de cheffe de la diplomatie américaine en janvier prochain. Le film est une hagiographie qui n'arrive pas par hasard, estime David Remnick.

Des figures israéliennes telles que Ehoud Barak, Benjamin Netanyahou ou encore Tzipi Livni saluent la grande dame de Foggy Bottom. Le sénateur John Kerry, qui pourrait lui succéder si on ne lui préfère pas Susan Rice, intervient également ainsi que l'ex-premier ministre Tony Blair qui souligne l'humanité, l'humour et les grands principes d'Hillary Clinton.

Pour le journaliste du New Yorker, qui aime l'hyperbole, un tel adoubement rappelle ce que le Comité central du Parti communiste aurait pu faire à l'époque pour Leonid Brejnev.

Voici le film diffusé lors du Saban Forum sur Hillary Clinton. Il se termine par une autre hagiographie, celle du président Barack Obama qui dit à quel point Hillary Clinton a été ce que l'Amérique a de meilleur, l'une des meilleures secrétaires d'Etat dans l'Histoire des Etats-Unis. Et Barack Obama de conclure:"Vous êtes aussi devenue une grande amie."

 

Robert Kagan: Obama va au-devant d’un difficile second mandat

Ex-chef de file des néoconservateurs américains et chercheur à la Brookings Institution, Robert Kagan a souvent été relativement élogieux au sujet de la politique étrangère menée par l'administration Obama, en particulier en Libye. A l'heure où Washington parle avant tout du débat budgétaire sur la nécessaire cure d'austérité dont l'Etat fédéral a besoin, Robert Kagan met Barack Obama en garde. Selon lui, les coupes automatiques dans le budget de la Défense seraient une très mauvaise nouvelle pour la première puissance mondiale. Ce d'autant qu'elle projette d'être beaucoup plus présente dans l'espace Asie-Pacifique et qu'elle pourrait devoir intervenir peut-être en Iran.

Voici les craintes de Robert Kagan:

 

Le casse-tête de la prison de Guantanamo

GuantaQuand on lui parle de la prison de Guantanamo (photo: manifestation devant la Cour suprême de Washington/Saul Loeb/AFP), symbole des années de torture sous l'administration de George W. Bush, il ne mâche pas ses mots. Jeudi dernier, lors d'un débat au Congrès sur Guantanamo, le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham a même recouru à l'hyperbole pour exprimer ses sentiments: "La plupart des Américains pensent que les gens (détenus) à Guantanamo ne sont pas de simples cambrioleurs ou braqueurs de banques. Ils veulent notre destruction. Et comme le peuple américain, j'estime que nous sommes assiégés, que nous sommes attaqués, que nous sommes en guerre. Les Américains ne veulent pas fermer Guantanamo, un établissement militaire isolé, contrôlé par les militaires et apporter ces bâtards fous (crazy bastards) aux Etats-Unis car ils veulent tous nous tuer." S'adressant à ceux qui pensent qu'il serait une bonne idée de fermer la prison sise sur la portion de territoire américain de Cuba, il relève qu'ils ont oublié un peu vite les attentats du 11 septembre 2001: "Vous avez perdu la raison? Nous sommes en guerre. Agissez comme si vous étiez en guerre."

Lindsey Graham n'est pas n'importe qui. Ces jours, il est passé sur toutes les chaînes de télévision pour fustiger la candidate potentielle au poste de secrétaire d'Etat pour remplacer Hillary Clinton, Susan Rice. Le sénateur est une figure du Congrès qu'on a même souvent vu sillonner la planète avec les sénateurs John McCain et Joe Lieberman.

Récemment, le New York Times prenait une tout autre position dans un éditorial, relevant que la prison de Guantanamo reste une tâche qui souille la démocratie américaine. Le quotidien reconnaît que Barack Obama n'a pas eu la vie facile pour tenir sa promesse de fermer l'infâme prison au cours de sa première année à la Maison-Blanche. Durant la campagne électorale, il n'a quasiment jamais été question de Guantanamo. Lors du Daily Show de Jon Stewart, sur Comedy Central toutefois, le président a néanmoins manifesté sa volonté de toujours vouloir fermer la prison.

Aujourd'hui, c'est surtout le Congrès qui bloque toute évolution du dossier. Ce dernier pose des conditions impossibles pour le transfèrement des 90 prisonniers encore détenus à Cuba vers leur pays d'origine. En deux ans, il n'y a quasiment eu aucun transfèrement de ce type. Il est, à ce stade, encore moins probable que les prisonniers soient transférés vers des cours de justice sur sol américain. Les organisations de défense des droits de l'homme et des droits civiques s'insurgent. Elles déplorent le fait qu'on ne souhaite pas accorder les mêmes droits à la justice à des musulmans. Elles demandent à Barack Obama d'opposer son veto à l'adoption pour 2013 du National Defense Authorization Act qui posent les exigences à respecter pour de tels transfèrements.

 

Que se diront Obama et Romney lors de leur déjeuner à la Maison-Blanche?

ObamaC'est aujourdhui jeudi que le président américain invite son ex-rival républicain Mitt Romney à déjeuner à la Maison-Blanche (photo lors du second débat présidentiel: David Goldman/Keystone). Peu après sa victoire, le démocrate avait promis de vouloir s'asseoir avec l'ex-gouverneur du Massachusetts pour tenter de créer un esprit "bipartisan" aussi bien chez les républicains que chez les démocrates. C'est la première fois que les deux hommes se revoient, Mitt Romney ayant passé le plus clair de son temps dans sa résidence de Californie.

Le porte-parole de la Maison-Blanche Jay Carrey a toutefois tout de suite mis les points sur les "i": Mitt Romney n'aura pas de portefeuille dans la nouvelle administration Obama. Mais le républicain pourrait apporter son aide au président en tentant de convaincre ses collègues de parti de trouver coûte que coûte un compromis sur la question du "précipice budgétaire". La question est toutefois de savoir quelle est encore l'influence qu'a Mitt Romney après sa défaite lors de la présidentielle. Peu après le 6 novembre, lors d'une conversation téléphonique enregistrée, ce dernier avait tenu des propos peu amènes au sujet du président réélu, déclarant qu'il avait donné des "cadeaux" aux différents électorats qui ont voté pour lui. Les républicains se sont tout de suite distancés de ces propos.

Sur un plan plus personnel, la campagne électorale n'a pas montré une grande affinité entre les deux politiques. Les débats télévisés ont été parfois violents et durant la campagne, les attaques ont fusé de toutes parts. Pour le bien de l'Amérique, les deux ex-rivaux semblent avoir retrouvé de meilleurs sentiments.

Trois républicains attaquent Susan Rice. Mais que cherchent-ils?

Depuis le 16 septembre 2012, l'ambassadrice américaine auprès des Nations unies à New York, Susan Rice, est constamment
McCainsous le feu des critiques des républicains, en particulier des sénateurs John McCain (Arizona), Susan Collins (Maine) et Kelly Ayotte (New Hampshire). Ces trois membres du Congrès ne s'interrogent pas tellement sur la manière de mieux affronter les affiliés d'Al-Qaida dans le Maghreb par exemple. Ils préfèrent se concentrer sur les "talking points", les quelques points que lui ont remis les Renseignements américains cinq jours après l'attaque du consulat de Benghazi où quatre Américains furent tués, dont l'ambassadeur en Libye Christopher Stevens.

Ils sont convaincus que Susan Rice a mené en bateau le peuple américain. Leur raisonnement: Susan Rice a bien utilisé les informations non classifiées fournies par les agences de renseignement qui ont pris soin, apparemment, de supprimer la référence à Al-Qaida pour ne pas porter préjudice à la traque des coupables. Mais ils lui reprochent de ne pas les avoir mis en perspective avec les informations classifiées dont elle disposait et d'avoir répandu des informations "fausses" lors de plusieurs émissions télévisées le dimanche 16 septembre.

Pour certains médias, notamment de gauche, cet acharnement est suspect et ils n'hésitent pas à parler d'une théorie du complot. Les trois sénateurs en question ont apporté sur le terrain leur appui musclé à la candidature au Sénat de Scott Brown (photo Scott Brown et John McCain au Capitole/photo J. Scott Applewhite/Keystone) opposé à la démocrate Elizabeth Warren. Des images et vidéos en attestent. Or en attaquant la nomination possible de Susan Rice au poste de secrétaire d'Etat à la place d'Hillary Clinton, ils privilégient clairement une autre candidature et le disent même ouvertement: celle de John Kerry. Dans un tel cas de figure toutefois, Scott Brown, qui a été largement battu par Elizabeth Warren lors des élections du 6 novembre, aurait de très fortes chances d'être l'élu du Massachusetts pour remplacer John Kerry au Sénat… Kelly Ayotte s'en est vite défendu, jugeant l'hypothèse "absurde".

Pour sa part, le président Obama ne baisse pas la garde et continue de soutenir dur comme fer son ambassadrice auprès de l'ONU. Lors de la première réunion de son cabinet depuis sa réélection, il l'a redit à des journalistes:

 

L’Empire State Building en 16 millions de couleurs

C'est le projet fou qui vient d'être réalisé pour remplacer les 456 lumières qui éclairaient jusqu'ici l'Empire State Building, le gratte-ciel le plus emblématique de New York. Philips Color Kinetics, une société du Massachusetts, a installé 1200 lampes à LED (à diode électroluminescente) permettant d'illuminer l'ESB avec 16 millions de couleurs différentes.

Au vu de la révolution verte déjà menée par l'Empire State Building, le projet peut paraître absurde. Mais avec les nouvelles lampes à LED, la consommation d'électricité baissera de 73%. Ces mesures s'ajoutent à celles prises ces dernières années pour améliorer l'efficience du bâtiment de Midtown. En remplaçant notamment les 6500 fenêtres de l'édifice, les responsables du projet dit Retrofit ont réduit la facture énergétique de l'Empire State Building de 38%. Ils ont collaboré pour ce faire avec la Bill Clinton Initiative ainsi que le Rocky Montains Institute.

Voici la présentation du projet par le Wall Street Journal: