Les erreurs décelées dans “Lincoln”

000_DV1383800Un représentant démocrate du Connecticut, Joe Courtney, n'a pas apprécié certaines approximations contenues dans le film Lincoln de Steven Spielberg (photo Eduardo Dieguez/AFP). Celui-ci présente une scène de la Chambre des représentants où ses membres procèdent au vote pour adopter le 13e amendement de la Constitution abolissant formellement l'esclavage. Or deux représentants du Connecticut votent, selon le film, contre le 13e amendement.

Le sang de Joe Courtney n'a fait qu'un tour. Ce membre du Congrès estime qu'on place le Connecticut du "mauvais côté de l'histoire" en laissant croire que deux de ses représentants ont voté contre l'abolition de l'esclavage. Pour consolider son argumentaire, Joe Courtney a même sollicité le Congressional Research Service, qui lui a confirmé que tous les représentants du Connecticut ont bien voté en faveur de l'amendement.

Joe Courtney estime que son Etat a apporté une contribution importante à l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis. Dans une lettre adressée au réalisateur, il déclare: "Comment les membres du Congrès du Connecticut – un Etat qui a soutenu le président Lincoln et perdu des milliers de ses fils dans le combat contre l'esclavage du côté de l'Union durant la guerre de Sécession – pourraient-ils avoir été du mauvais côté de l'histoire?"

Diplômé en histoire de l'Université Tufts, Joe Courtney a dès lors déposé une requête pressante auprès des producteurs de Lincoln. Il les exhorte à corriger l'erreur avant que ne soient vendus les DVD du film.

La balade du jeune John Kerry, 10 ans, à Berlin-Est…

Pour entamer son mandat tant convoité de secrétaire d'Etat pour remplacer la populaire Hillary Clinton, John 000_160637585Kerry (photo Chip Somodevilla/Getty Images/AFP) a cherché un bon fil narratif (narrative) pour avoir le meilleur impact possible sur ses futurs collaborateurs.

Le démocrate du Massachusetts a choisi une anecdote au sujet de son séjour à Berlin quand son père, Richard, officiait en qualité de conseiller juridique à la Mission américaine à Berlin-Ouest. Il n'avait alors que 10 ans et le mur de Berlin n'avait pas encore été construit (1961). Il a profité de sa relative liberté pour prendre sa bicyclette et passer les contrôles afin de se rendre seul à Berlin-Est. A 10 ans, il avait déjà un passeport diplomatique. L'escapade, qui a eu lieu dans une période de relative détente entre l'Ouest et l'Est, n'en était pas moins osée pour un Américain se rendant dans la zone contrôlée par les Soviétiques. Quand son père Richard apprit la chose, bien plus tard, il avoue ne pas l'avoir félicité.

A Berlin-Est, le jeune John Kerry a alors vu l'impact du communisme, des bâtiments gris, des gens tristes et habillés de couleurs grises. Il en est revenu convaincu que l'Ouest était bien plus agréable. Alors que les relations entre les Etats-Unis et la Russie se sont refroidies à nouveau depuis la remise des compteurs à zéro en 2009, difficile de savoir si cet épisode a eu un impact sur la manière dont le nouveau secrétaire d'Etat voit la Russie d'aujourd'hui.

New York attaquée par un missile nord-coréen…

C'est le thème d'une vidéo surréaliste postée sur YouTube par le site officiel nord-coréen Uriminzokkiri, qui, comme le souligne l'AFP, diffuse la propagande du régime de Kim Jong-un. Selon le document, la ville de New York est en flammes, attaquée par des missiles. La vidéo est présentée comme le rêve d'un jeune homme à bord d'une navette spatiale nord-coréenne lancée par le même type de fusée que celle qui a été testée en décembre dernier.

Pour ajouter à l'ironie, une musique "américaine" de "We are the World" (chantée pour venir en aide à l'Afrique et composée par Michael Jackson et Lionel Richie sous la supervision de Quincy Jones) accompagne le petit film commenté à l'aide de sous-titres. "Quelque part aux Etats-Unis, des nuages noirs de fumée tournoient. […] Il apparaît que le repaire de la méchanceté est en flammes et que le feu s'est allumé tout seul." Le jeune homme conclut en affirmant que son rêve deviendra certainement "réalité."

Et enfin cette phrase, définitive: "Malgré toutes les tentatives des impérialistes de nous isoler et de nous écraser, personne ne parviendra jamais à arrêter le peuple en marche vers la victoire finale."

 

Afro-Américaine et figure nationale (2)

Michelle Obama (photo Evan Vucci/Keystone) est une First Lady extrêmement populaire. Ses robes suscitent des commentaires dans les
161814685revues de mode, ses coupes de cheveux (sa frange lors de l'investiture le 21 janvier dernier) également. Il y a quelques jours pourtant, un enseignant d'un collège d'Alabama, Bob Grisham, décrit comme un "public school psychology teacher" mais aussi comme un coach de l'équipe de football, a décrit les homosexuels comme étant une "abomination dirigée contre Dieu" et parlé du "gros postérieure" de Michelle Obama.

L'épisode a causé un tollé en Amérique. Michelle Obama est très engagée dans la lutte contre l'obésité des enfants notamment. Mais des Américains blancs et conservateurs se complaisent à critiquer le physique de la Première Dame. L'animateur ultra-conservateur Rush Limbaugh le fait de façon répétée. Et le sénateur républican du Wisconsin James Sensenbrenner a lui-même utilisé le même vocabulaire à son sujet avant de s'excuser.

Co-éditrice d'une anthologie "Naked: Black Women Bare All About Their Skin, Hair, Hips, Lips and Other Parts", Ayana Byrd explique dans le Washington Post que cela n'a rien du hasard: “Nous avons une histoire, dans ce pays, de Blancs qui ne respectent pas le corps des femmes noires et les dévalorisent. Et cet épisode s'inscrit dans ce cadre-là." La focalisation sur le postérieur de la First Lady a des antécédents historiques, ajoute le quotidien de la capitale. Elle évoque Hottentot Venus, une femme d'Afrique du Sud dont le corps nu et le postérieur prononcé furent exhibés au XIXe siècle en Europe. Elle rappelle aussi la vente et le commerce des corps de femmes noires par l'esclavage.

Michaela Angela Davis, une experte de la mode qui a oeuvré à donner une image plus positive des femmes noires dans les médias, relève que Michelle Obama défie la vision historique de la place de la femme noire et les notions de beauté. "Michelle est noire de loin. C'est une vraie femme noire. (…) Sa présence est vraiment puissante et interpelle la conscience globale."

Interviewée voici quelques années, la First Lady eut cette réponse au sujet de son corps: "Mon message aux femmes: faites ce qui vous permet de vous sentir bien, car il y aura toujours quelqu'un qui vous dira d'être différente."

Afro-Américaine et figure nationale (1)

162683905Lundi, les Etats-Unis ont commémoré le 100e anniversaire de la naissance d'une grande dame de la lutte des droits civiques dans le pays, Rosa Parks. La Poste américaine (US Postal Service) a édité un timbre spécial (photo Carlos Osorio/Keystone) à son effigie pour marquer l'événement. Le timbre s'inscrit dans une collection sur la thématique des droits civiques. Au début janvier, la Poste a édité un premier timbre pour rappeler la proclamation d'émancipation faite par le président Abraham Lincoln en 1863 par laquelle il disait libres tous les esclaves résidant en territoires sous contrôle de l'Union (Nord).

Le 1er décembre 1955, Rosa Parks, une Afro-Américaine âgée à l'époque de 42 ans, avait refusé de céder sa place à un homme blanc dans un bus à Montgomery en Alabama. Responsable de la section locale de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), elle fut licenciée de son poste de couturière dans un grand magasin. Son acte de défiance mena au boycott des bus de la ville, un événement qui propulsa dans la lumière le jeune révérend Martin Luther King.

Rosa Parks finit ses jours dans le Michigan. A sa mort, son corps fut déposée en guise d'honneur sous la coupole du Capitole (la Rotonde) et à titre postume, elle eut droit à une statue d'elle-même exposée dans le National Statuary Hall réservé aux grandes figures américaines.

Obama amateur de tir: la preuve par l’image

             
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C'est l'image du jour (Pete Souza/Maison-Blanche/Reuters). Samedi, pour faire taire les sceptiques et surtout les opposants à toute mesure de régulation du port d'armes aux Etats-Unis, la Maison-Blanche a publié une photo prise par le photographe officiel Pete Souza le 4 août 2012 à Camp David montrant le président Barack Obama en train de s'adonner au tir aux pigeons (ball-trap). Le 4 août, c'était le jour de son 51e anniversaire…

Cela n'a manifestement pas suffi à convaincre les représentants de la National Rifle Association, le puissant lobby des armes. Son porte-parole,Andrew Arulanandam, a déclaré après la publication de la photo: "Une image n'efface pas une vie entière vouée à interdire toute arme et à imaginer tous les scénarios possibles pour contrôler le port d'arme."

The Guardian propose une belle galerie de photos de présidenta américains tenant une arme.

Les adieux d’Hillary Clinton à ses collaborateurs

Ce fut une semaine difficile pour Hillary Clinton qui a fait ses adieux à la Washington officielle. La secrétaire d'Etat qui vient de transmettre le témoin à John Kerry a fait vendredi ses adieux à ses collaborateurs du Département d'Etat.

Malgré les troubles qui secouent la planète, Hillary Clinton reste plus optimiste qu'il y a quatre ans. Les temps à venir seront parfois difficiles, mais la secrétaire d'Etat sortante estime que la paix, grâce à une diplomatie active, aura sa chance au le XXI siècle. "Je quitte ce département confiante", a-t-elle déclaré.

Greg Sargent, du Washington Post, livre une dernière analyse de la patronne de la diplomatie américaine.

Voici le discours d'Hillary Clinton à Foggy Bottom:

 

Le Pentagone a-t-il acheté du pétrole iranien?

000_Nic579279Un rapport qui vient d'être publié par le Special Inspector General for
Afghanistan Reconstruction (SIGAR) a de quoi mettre dans l'embarras les autorités américaines. Le document laisse entendre que le Pentagone, incapable de contrôler l'origine du pétrole qu'il achète en Afghanistan pour soutenir les forces de sécurité afghane, a peut-être acheté du pétrole iranien (photo: le président iranien Mahmoud Ahmadinejad à la raffinerie de pétrole d'Abadan/Amir Pourmand/AFP) sans le savoir. Un comble quand on sait que c'est Washington qui s'est activé auprès de l'ONU pour imposer les plus dures sanctions jamais imposées au régime des mollahs en décrétant un embargo sur les exportations d'or noir iranien.

Depuis 2007, le Pentagone a acheté et délivré pour 1,1 milliards de dollars de carburant pour la seule armée afghane. L'inspecteur spécial, le général John F. Sopko a fait la déclaration suivante à The Cable: "Il est essentiel que le Département de la défense continue d'effectuer des contrôles stricts du processus d'approvisionnement de carburants afin de s'assurer que l'argent des contribuables ne soient pas utilisé en violation des sanctions contre l'Iran."

“That’s all”: Hillary Clinton quitte la scène

Hillary Clinton passe ce vendredi 1er février son dernier jour à Foggy Bottom en qualité de secrétaire d'Etat. Après quatre ans de loyaux services dans l'administration de Barack Obama avec lequel elle est devenue amie, après plus de 112 pays visités et plus de 1,6 million de kilomètres parcourus en avion à travers le globe, la patronne de la diplomatie américaine tire sa révérence.

La semaine dernière, elle a encore donné un aperçu de son tempérament et de sa passion qui ne semble pas avoir diminué avec le temps. Lors d'auditions devant le Sénat au sujet de la tragédie de Benghazi, où quatre Américains furent tués par des islamistes, elle n'a pas laissé les républicains l'enfermer dans une logique politicienne. Dimanche soir dernier, elle a participé à une interview avec le président Obama, une première, dans l'émission 60 Minutes de CBS.

Le Washington Post diffuse une vidéo qui retrace une partie de son parcours, ses débuts comme First Lady, sa réforme de la Santé en 1993, son discours mémorable de Pékin sur le droit des femmes en 1995 ou encore les primaires démocrates de 2008 face à Barack Obama.

 

Détenteur du Prix Pulitzer et sans-papier

José Antonio Vargas (photo prise lors de la prestation de serment de Janet Napolitano devant le Sénat/Chip Somodevilla/Getty Images/AFP) était assis au premier rang lorsque le président Barack Obama a présenté son plan de 000_117585168réforme de l'immigration à Las Vegas mardi. Derrière lui, Janet Napolitano, la patronne du Département de la sécurité intérieure (Homeland Security), ministre responsable des expulsions d'immigrants illégaux. Or José Antonio Vargas est un sans-papier. Le jeune Vargas, 32 ans, avait 12 ans en 1993 quand sa mère l'envoya des Philippines où il est né aux Etats-Unis pour vivre avec ses grands-parents. C'était l'espoir, selon elle, qu'il vive une meilleure vie.

Le jeune Vargas s'adapte vite à son nouvel environnement. Il obtiendra d'excellents résultats au collège, puis à l'université. Il effectuera plusieurs stages journalistiques au New York Times, New Yorker, Politico et au Washington Post. Au sein du quotidien de la capitale, il obtiendra, en équipe, le Prix Pulitzer du journalisme pour la couverture de la fusillade du Virginia Tech en 2007. Mardi, Barack Obama a répondu aux attentes de José Antonio Vargas, même si ce dernier l'avoue: il ne comprend pas pourquoi les frontières doivent être encore davantage renforcées. Les passages de clandestins ont atteint l'un de leurs plus bas niveaux depuis des années.

Quand il a décidé de faire son "coming-out" en tant que sans-papier, il a fait la une de Time Magazine et l'objet d'articles dans la presse américaine. Il a lui-même décrit son cas dans le New York Times et créé un site internet, Define Americans.

Avec plusieurs jeunes sans-papier, il explique les enjeux de la réforme de l'immigration: