Obama prié de faire fermer Organizing for Action

000_139602764Organizing for Action (OFA) est le nom de la nouvelle organisation qui a été créée pour remplacer la machine électorale de Barack Obama Organizing for Obama. Organisme à but social et non lucratif, OFA a pu hériter de plus de 20 millions d'adresses. Ce groupe de pression a un objectif prioritaire: promouvoir l'agenda de la Maison-Blanche.

Pour ce faire, il peut recevoir des contributions sans limite et anonymes. Les responsables d'Organizing for Action ont toutefois promis qu'ils dévoileraient tous les noms des donateurs.

Mercredi, le groupe progressiste "Common Cause" a exhorté Barack Obama à faire fermer Organizing for Action. Son président Bob Edgar (photo Alex Wong/AFP) estime que "si le président Obama est sérieux à propos de son désir maintes fois exprimé de limiter  l'injection de grandes sommes d'argent en politique, il doit fermer Organizing for Action et refuser tout plan visant à fixer des réunions régulières avec les plus grands donateurs (d'OFA)."

Selon des documents récents, les donateurs qui apporteraient plus d'un demi-million de dollars à OFA auraient accès au président. Une manière, estime Bob Edgar, de perpétuer la culture des lobbies de Washington et de s'acheter de l'influence auprès du président des Etats-Unis.

L'existence d'un tel groupe de pression aussi proche de la Maison-Blanche pose aussi de graves questions institutionnelles. Barack Obama n'est pas le premier à chercher à promouvoir son agenda par un groupe extérieur au Congrès. Mais le fait qu'il approuve une telle démarche est surprenant quand on sait à quel point il a déclaré vouloir s'opposer à l'influence de l'argent sur la scène politique américaine. Certains responsables d'OFA  l'expliquent par le fait que les républicains ne cessent de faire obstacle aux propositions du président. OFA reste néanmoins un avatar dangereux de la démocratie américaine.

La “vérité” sur la fracturation hydraulique (fracking)

Le réalisateur et journaliste Phelim McAleer se bat pour la vérité au sujet de la fracturation hydraulique qui a permis à l'Amérique de profiter d'un boum de l'extraction du gaz naturel (gaz de schiste) et du pétrole (de schiste). Dans ce but, il présente son film FrackNation lors d'un événement organisé mardi par une commission de la Chambre des représentants.

Son but: "Il est important que les politiques s'informent au sujet de l'hydrofracturation. C'est le futur de l'énergie aux Etats-Unis, dit-il. Vu tous les mensonges et la désinformation à ce propos, nous nous réjouissons d'apporter au Capitole la vérité au sujet de la fracturation hydraulique."

Le documentaire de Phelim McAleer, qui est aussi diffusé mardi 26 sur AXS TV, prend le contrepied d'un autre film de Josh Fox, "Gasland", qui fait le procès des gaz de schiste, car la technique de forage polluerait l'environnement en raison des produits chimiques injectés dans le sol pour fracturer les roches. Elle induirait aussi une pollution au méthane.

Dans une tribune libre publiée par le Huffington Post, Grover Norquist, le Monsieur "anti-impôts" de Washington, salue le travail de l'Irlandais Phelim McAleer qui détruit des mythes et met en évidence la malhonnêteté des opposants à l'hydrofracturation.

De leur côté, les opposants à la fracturation hydraulique ne relâchent pas leurs efforts. Parmi eux, l'épouse du défunt John Lennon, Yoko Ono et son fils qui ont réussi à attirer l'attention des médias récemment pour dénoncer les dégâts environnementaux que les gaz de schiste pourraient provoquer. Ils sont unis sous la bannière "Artists against Fracking".  Yoko Ono et Sean Lennon ont une maison de campagne dans l'Etat de New York qui pourrait être concernée par l'hydrofracturation.

FrackNation et les difficultés de Phelim McAleer pour réaliser son enquête…

 

 

Ne parlez jamais de programme de drones

Quand il passa les tests pour devenir porte-parole de la Maison-Blanche qu'il a entre-temps quittée, Robert Gibbs
000_Was7254515l'avoue: on lui a très rapidement fait savoir qu'il était hors de question qu'il parle aux journalistes de l'existence du programme de drones mis en oeuvre par l'administration de Barack Obama.

Aujourd'hui, l'ex-porte-parole avoue son malaise sur MSNBC, soulignant que de telles cachotteries sapent la confiance du public. C'est un fait: le président Barack Obama avait promis d'avoir l'administration la plus transparente de l'Histoire des Etats-Unis. Elle est aujourd'hui sans doute l'une des plus opaques. Ce n'est pas un hasard si John Brennan (photo Jewel Samad/AFP), que le président a nommé à la tête de la CIA, peine à convaincre le Congrès du bien fondé de sa nomination. Il faisait partie intégrante du secret.

Cachez ces épaules que je ne saurais voir…

C'est la devise qu'a appliquée l'agence de presse officielle iranienne Fars News en publiant une photo de la First Lady Michelle Obama lorsqu'elle a annoncé le nom du meilleur film 2013, "Argo" lors de la cérémonie des Oscars. Elle a recouru à Photoshop (photo Fars en haut/AP en bas) pour couvrir les épaules de la Première Dame qui portait une robe du styliste américano-indien Naeem Khan.

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Selon l'agence de presse affiliée au régime, "Argo" était par ailleurs un film "anti-iranien" et l'intervention de la First Lady n'a rien arrangé. Il raconte la libération de six Américains après la prise d'otages de 1980 à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran. Or c'est depuis cet événement lié à la révolution iranienne que Washington a rompu ses relations diplomatiques avec l'Iran, voici 33 ans.

Sur Twitter, l'apparition de Michelle Obama aux Oscars a été diversement appréciée. Pour certains, elle n'avait rien à faire dans un spectacle consacré au cinéma et l'épisode montrait une nouvelle fois les relations incestueuses entre Hollywood et la présidence Obama qui a bénéfécié des fonds de grands producteurs de cinéma tels que Harvey Weinstein qui a orchestré l'événement avec Michelle Obama.

 

La lutte gréco-romaine, la diplomatie du ping-pong entre l’Iran et les Etats-Unis

C'est sans doute le moment le plus inattendu de ces derniers mois. Une équipe américaine a participé cette semaine à la Coupe du monde de lutte gréco-romaine à Téhéran et s'est classée troisième derrière les équipes iranienne (1re) et russe (2e) après une défaite symbolique de 6-1 contre l'Iran. Vendredi, à la fin du tournoi, dans un geste de bonne volonté, les lutteurs américains ont serré la main du controversé président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

L'événement, auquel ont participé dix nations, ne va pas sans rappeler la diplomatie du "ping-pong" de 1971 entre les Etats-Unis et la Chine. Il marque par ailleurs une occasion unique pour Américains et Iraniens de s'allier pour atteindre le même objectif: sauver la lutte libre des sports que le Comité international olympique entend bannir des Jeux à partir de 2020. Le directeur américain de la lutte gréco-romaine, Mitch Hull, a enfoncé le clou à la télévision d'AP à Téhéran: "Nous serons bras dessus bras dessous avec l'Iran et nous résisterons avec la Russie et avec plein d'autres pays. […] Nous avons pleine confiance de pouvoir travailler avec la Fédération iranienne de lutte, avec les lutteurs et le peuple iraniens pour montrer au monde que, quoi qu'il arrive sur le plan politique, nous avons le même objectif et la même foi dans la lutte en tant que sport et la même passion."

Dans une tribune libre publiée dans le Washington Post le 15 février, l'ex-secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld défendait lui aussi le maintien de la lutte comme sport olympique. Associé à l'expression prononcée par George W. Bush lors de son discours sur l'état de l'Union en 2002, classant l'Iran sur "l'Axe du Mal", Donald Rumsfeld n'est toutefois pas allé jusqu'à défendre la participation américaine à la Coupe du monde de Téhéran.

L'improbable alliance irano-américaine pourrait bien être doublée d'une autre alliance improbable: celle de Cuba et des Etats-Unis. L'île des Caraïbes entend aussi se battre pour sauver la lutte en tant que sport olympique. Cette diplomatie du sport renvoie à un autre type de diplomatie informelle dit Track II. Le Temps publiait en avril 2009 une enquête sur les discussions secrètes de Genève entre Américains et Iraniens pour rompre les barrières culturelles et politiques et instaurer la confiance.

Les scènes vues dans la capitale iranienne sont à des années-lumière de ce qui se passe sur le plan politique entre Téhéran et Washington. La République islamique continue d'enrichir de l'uranium à 20% et a même récemment déclaré avoir acquis des centrifugeuses beaucoup plus rapides. Les Occidentaux et les Américains en particulier ainsi qu'Israël craignent que l'Iran tente d'acquérir l'arme nucléaire. Des négociations vont précisément débuter le 26 février à Almaty au Kazakhstan.

Une vidéo de l'événement filmé par la télévision iranienne:

 

 

Le coach de l'équipe iranienne explique pourquoi les intérêts des Iraniens et des Américains convergent:

 

 

Une farce nationale: les amis du Hamas

Le Congrès n'a jamais été aussi impopulaire depuis qu'il a montré son incapacité à régler les problèmes du pays, en trouvant par exemple un accord pour éviter un plan automatique d'austérité brutale. Or une histoire abracadabrantesque vient apporter un discrédit supplémentaire.

Le 6 février dernier, un journaliste du New York Daily News, Dan Friedman, a voulu tester un collaborateur d'un républicain du Congrès pour tenter d'en savoir plus sur la rumeur selon laquelle Chuck Hagel, le candidat nommé par Barack Obama pour diriger le Pentagone, aurait été payé pour des discours tenus devant des organisations controversées. Il prend son téléphone. Sachant que le républicain Chuck Hagel a été sévèrement critiqué pour ses déclarations relatives au "lobby juif", Dan Friedman a recouru à l'hyperbole et demande à son interlocuteur: "Est-ce que Hagel a tenu un discours devant, euh, la "Junior League of Hezbollah" en France? Et qu'en est-il des "Amis du Hamas?"

La plaisanterie de Dan Friedman est véhiculée par ce collaborateur du Congrès comme une information digne de ce nom. Le site internet ultraconservateur Breitbart s'empare de la nouvelle, titrant: "Donateur secret de Hagel: un porte-parole de la Maison-Blanche esquive la question sur les "Amis du Hamas" pour un article sur le scandale potentiel de Chuck Hagel."

 

La National Review, conservatrice elle aussi, en fait de même. La blogosphère conservatrice s'enflamme. Puis c'est à l'ex-candidat à la présidentielle et animateur de Fox News, Mike Huckabee, de déclarer, en Israël: "Si c'est vrai que Chuck Hagel a reçu des fonds des "Amis du Hamas", cela le disqualifierait."

La fausse rumeur est reprise telle quelle par certains sénateurs du Congrès qui auditionnent Chuck Hagel, dont le jeune sénateur du Tea Party du Texas, Ted Cruz. Ils bloquent la nomination de l'ex-sénateur du Nebraska, car celui-ci n'aurait pas tout révélé sur les contributions qu'il aurait reçues de l'étranger. Notamment celles des "Amis du Hamas". Aujourd'hui, alors que les enjeux sécuritaires de l'Amérique restent très sensibles, le processus grippé de nomination de Chuck Hagel prive le Pentagone d'un patron. Leon Panetta, qui a déjà l'esprit dans sa ferme de Californie, assure tant bien que mal l'intérim.

Voici les commentaires de Sam Seder, sur la radio Majority FM, à propos de cette farce nationale:

 

 

L’essence à 4$ le gallon

En hiver, généralement, le prix de l'essence connaît régulièrement une baisse en raison de l'activité économique RTR2YLGNet de la demande réduites. Or, depuis un mois, le prix à la pompe (photo Mike Blake/Reuters) a explosé, augmentant de 45 centimes (cents). Il avoisine la barre très psychologique des 4 dollars le gallon (3,89 litres) dans la région de Washington et est monté même jusqu'à près de 5 dollars en Californie.

Les consommateurs américains n'y comprennent plus rien. Les Etats-Unis ont rarement été dans une situation aussi favorable en termes énergétiques. Bénéficiant d'un boum du pétrole et du gaz naturel rendu possible grâce aux techniques de fracturation hydraulique des roches, l'Amérique a sensiblement réduit sa dépendance au pétrole du Moyen-Orient et du Venezuela. Elle est même sur le point d'exporter du gaz naturel liquéfié (LNG).

Le prix de l'essence aux Etats-Unis n'est manifestement pas déconnecté des marchés mondiaux. Son augmentation s'explique par plusieurs facteurs. Au sein de l'OPEP, l'Arabie saoudite produit moins. Ryiad a diminué sa production de 700'000 barils par jour par rapport à 2012. Aux Etats-Unis, plusieurs raffineries ont fermé pour des travaux d'entretien, réduisant d'un million de barils par jour les capacités disponibles. Il y a aussi l'incertitude géopolitique liée au Moyen-Orient, à l'Iran ou à la Corée du Nord qui pousse le prix du baril de pétrole vers le haut (il est actuellement estimé à 96$ à New York).

Les propriétaires de stations d'essence ont eux tout de suite brandi la hausse des impôts qu'ont subie les travailleurs américains. Depuis le 1er janvier, ils ne bénéficient plus de l'allégement fiscal dénommé "Payroll Tax Holiday" et leur revenu disponible en a diminué d'autant.

Il en faudra toutefois plus pour changer les comportements. Pour l'heure, les 4×4 gros consommateurs de carburant sont encore très nombreux sur les routes américaines, même si les voitures hybrides ont connu aux Etats-Unis un succès qu'elles n'ont pas eu en Europe.

Le Pentagone renforce sa présence en Afrique

000_Par7468858La priorité de l'administration de Barack Obama était de concentrer davantage les forces américaines en Asie pour confronter dans les meilleures conditions la montée en puissance de la Chine et sa projection de puissance face à des pays comme les Philippines ou Taïwan. Or la crise malienne est en train de changer la donne.

Pour l'heure, il n'y a que peu de soldats américains sur sol africain, 5000 au total. C'est beaucoup moins que les 28 000 stationnés par exemple en Corée du Sud. La présence américa'ne en Afrique n'est pas non plus comparable au déploiement de troupes des Etats-Unis en Afghanistan ou au Moyen-Orient. Mais la situation évolue.

L'Amérique envisage d'installer une base de drones Predator au Niger. Elle dispose déjà d'une base similaire en Ethiopie et aux Seychelles. Elle a aussi des bases au Kenya pour mener des opérations spéciales. Le général de l'armée David M. Rodriguez, qui devrait prendre la direction de l'Africa Command, créée en 2007, le reconnaît dans un document remis au Congrès et que le Washington Post résume. Les Etats-Unis doivent multiplier par 15 ses missions d'espionnage et de collectes de renseignements. Pour le général, c'est nécessaire pour protéger les intérêts américains dans la région et pour venir en aide aux alliés, notamment la France, qui est en train de combattre les militants islamistes au Mali (photo Pascal Guyot au Mali/AFP).

Selon David Rodriguez, l'Africa Command ne bénéficie pour l'heure que de la moitié de ce dont elle a besoin en termes de drones, avions de surveillance et imagerie satellitaire. Elle n'a obtenu par ailleurs que 7% de ce qu'elle demande pour couvrir les besoins sécuritaires de tout le continent africain.

A Washington, la présence américaine en Afrique est très sensible depuis la tragédie de Benghazi, où quatre Américains, dont l'ambassadeur Christopher Stevens, ont été tués par des islamistes proches d'Al-Qaida. Pour certains membres du Congrès, il importe de renforcer la sécurité des ambassades vu l'instabilité actuelle de l'Afrique du Nord et de l'Ouest. D'autres proposent au contraire de rapatrier l'Africa Command, qui emploie 1300 militaires et civils à Stuttgart en Allemagne, … aux Etats-Unis. Cela permettrait d'économiser quelque 70 millions de dollars et de créer des emplois sur sol américain. L'Africa Command basée dans le désert du Nevada? La requête paraît absurde et contredit la volonté du Pentagone de renforcer sa présence sur un continent qui est devenu un théâtre croissant de luttes d'influence entre les grandes puissances.

 

Marco Rubio et le “Watergate”

Ce fut le buzz du moment, mardi soir, quand le sénateur républicain de Floride Marco Rubio a donné sa réplique au discours du président Barack Obama sur l'état de l'Union. Après quelques minutes, nerveux, Marco Rubio n'a pas hésité à sortir du cadre de la caméra pour attraper une bouteille d'eau, Poland Water. Pour certains, c'est une non-nouvelle. Pour d'autres, c'est un manque de maturité, pour d'autres enfin, c'est de l'audace.

Ce "Watergate" a suscité une avalanche de tweets et a soulagé Bob Jindal, le gouverneur de Louisiane, qui avait officié à la place de Marco Rubio en 2009, mais qui avait complètement raté sa prestation.

 

Discours sur l’état de l’Union: le plaisantin Bill Clinton

000_APW2000110842753Newt Gingrich était l'invité de CNN pour commenter le discours sur l'état de l'Union de Barack Obama. Le républicain a tenté d'expliquer aux téléspectateurs quelle était l'attitude que le président de la Chambre des représentants doit adopter durant l'allocution du locataire de la Maison-Blanche.

Quand le président américain est du même parti que le président de la Chambre, la question ne se pose pas. Ce dernier peut être aussi enthousiaste qu'il le souhaite et peut se lever à chaque moment. Il en va différemment quand les deux présidents sont d'un autre parti.

John Boehner s'est bien levé quelques fois mardi soir, mais il s'est aussi montré très réservé, s'assurant de ne pas "trop applaudir" aux côtés d'un vice-président, Joe Biden, qui a gardé le sourire durant tout le discours.

Newt Gingrich fut lui-même président de la Chambre des représentants après avoir réussi un "coup électoral" avec ses collègues républicains avec son "Contract with America". Mardi soir, il a rappelé une anecdote au sujet de Bill Clinton lors de son discours en 1995 (photo AFP). Le démocrate avait tendu à Newt Gingrich une enveloppe dans laquelle il disait: "Je démissionne, moi William Jefferson Clinton". Puis quelques secondes plus tard, il dit à Newt Gingrich: "Non, je me suis trompé, c'est cette enveloppe…"