Iraniens et Américains “se battent” en pleine gare de Grand Central à Manhattan

171584400Ce fut l'événement de mercredi à New York. Dans le célèbre Vanderbilt Hall (photos Keystone), dans la gare de Grand Central, les équipes iranienne et américaine de lutte gréco-romaine se sont affrontées pour la première fois sur sol américain depuis treize ans. Résultat: l'Iran a gagné 6 à 1. Il y a eu foule pour assister à plusieurs matches exhibition. Le public n'était pas réparti de façon équilibré entre les fans de l'équipe iranienne et ceux de l'équipe américaine. Les Iraniens de New York sont venus en masse soutenir leurs compatriotes.
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Les deux équipes militent pour maintenir la lutte gréco-romaine au sein des sports olympiques. Le CIO entend en effet supprimer cette discipline à partir de Jeux olympiques de 2020.
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Cette rencontre est doublement ironique. L'Iran n'est actuellement pas en odeur de sainteté aux Etats-Unis en raison de son programme nucléaire. De plus, Grand Central n'est qu'à un jet de pierre des Nations unies où le président iranien (pour quelques semaines encore) Mahmoud Ahmadinejad est venu tenir des discours controversés.

Fabriquer son propre pistolet grâce à la 3D: le Département d’Etat sévit, mais trop tard

Il y a trois semaines, le Sénat a échoué à adopter la moindre loi pour durcir le contrôle des armes aux Etats-Unis malgré la fusillade de Newtown (26 morts, dont 20 enfants). Le président Barack Obama, en présence des familles des victimes de l'école primaire de Sandy Hook, a déclaré qu'il n'abandonnait pas le combat. Parmi les mesures qui étaient proposées figuraient les vérifications des antécédents judiciaires et psychiques des acheteurs d'armes.

A observer ce qu'il se passe sur Internet, les partisans d'un durcissement de la législation en matière de port d'armes, c'est plutôt mal parti. La semaine dernière, des instructions permettant de fabriquer soi-même un pistolet grâce à la technologie d'impression en 3D se sont répandues comme une traînée de poudre sur le Web. Le guide en question a été téléchargé plus de 100 000 fois. Les promoteurs de cette technologie 3D pour se fabriquer son propre pistolet ont une philosophie claire: si les policiers, si les militaires peuvent avoir des armes, tout le monde doit pouvoir en avoir. Autant dire que le message sape entièrement la volonté d'imposer à tout acheteur des vérifications d'antécédents. Pour l'heure, près de 40% d'entre eux échappent à ces contrôles, car ils achètent leur arme lors de foires ou par Internet. Avec la technologie 3D, le contrôle devient totalement illusoire. Les promoteurs de la fabrication du pistolet à partir de la technologie 3D (une telle imprimante se vend à partir de 1000 dollars) avancent un autre argument: la liberté d'Internet et l'accès à la technologie.

Inquiet des conséquences juridiques de la présence sur un site américain de telles instructions, qui pourraient contribuer à violer les lois d'exportation d'armes à feu, le Département d'Etat américain a sévi jeudi dernier. Mais, comme le souligne le blog The Lede, la mesure est venue beaucoup trop tard. Le guide a déjà été téléchargé et repris par de multiples sites. Une loi existe à propos des armes à feu en plastique, mais elle ne semble pas couvrir ce type d'objet.

 

 

Oléoduc Keystone XL: les donateurs d’Obama feront-ils pencher la balance?

168437165A observer certaines déclarations faites par l'administration démocrate ces derniers mois, tout porte à croire que Barack Obama va donner son feu vert à la construction de l'oléoduc Keystone XL (photo Andy Rain/EPA/Keystone) devant transporter 800 000 barils par jour du pétrole extrait des sables bitumineux d'Alberta au Canada au golfe du Mexique. La décision formelle incombe au Département d'Etat, mais il apparaît évident que la décision finale incombe à la Maison-Blanche. Or, en février, le Département d'Etat a publié un rapport controversé laissant entendre que le pipeline, dont la construction est devisée à 7 milliards de dollars, ne pose pas de problèmes environnementaux particuliers. Il y a quelques jours, l'Agence fédérale de protection de l'environnement (EPA) critiquait le rapport, qui ne prenait pas en compte, selon elle, l'impact à long terme du pipeline sur la lutte contre le réchauffement climatique.

Les milieux écologistes ont encore un espoir. Jeudi, un groupe de 150 donateurs démocrates et investisseurs dans l'énergie propre ont écrit une lettre au président américain l'exhortant à refuser d'accorder un permis pour construire l'oléoduc. Dans la lettre obtenue par le Washington Post, ils comparent une telle décision à celle d'Abraham Lincoln mettant fin à l'esclavage. Voici leurs propos: "Votre décision sur Keystone n'a peut-être pas le même poids, mais nous pensons qu'elle relève de la même urgence et importance. Elle n'importe pas seulement pour la seule question de l'oléoduc, mais aussi en tant que choix présidentiel qui signalera un changement fondamentalement nouveau pour notre nation."

L'argent découlant du lobby du pétrole semblait faire basculer le débat en faveur du Keystone XL. La lettre des donateurs démocrates utilise aussi indirectement l'argent comme moyen de pression sur la Maison-Blanche. Qui disait que l'argent ne jouait aucun rôle à Washington?

La Heritage Foundation contrainte de congédier un collaborateur

Le rapport de la Heritage Foundation (photo Shawn Thew/AP/Keystone), un laboratoire d'idées conservateur de Washington, avait fait grand bruit en début de semaine. Il 17912605établissait le coût de la réforme globale de l'immigration sur laquelle travaillent quelques sénateurs à 6300 milliards de dollars. Son calcul se référait aux 11 millions de clandestins à qui l'on devrait proposer un chemin (long) vers la citoyenneté américaine. Les arguments de la Heritage Foundation sont simples: les immigrés (surtout hispaniques) ont un niveau d'éducation et de formation bien inférieur à la moyenne et ils vont sans doute coûter davantage au maigre Etat social américain qu'ils ne vont lui rapporter. Ces chiffres sont bien entendu contestés par une majorité de spécialistes. Le Center for American Progress, un groupe de réflexion progressiste, avance lui le chiffre de 1500 milliards de dollars pour décrire la croissance du PIB qu'engendrerait la régularisation des immigrés illégaux.

L'un des auteurs du rapport, Jason Richwine, a même davantage focalisé l'attention des journalistes que le rapport proprement dit. Docteur en politique publique d'Harvard, ce dernier avait rédigé en 2009 une thèse de doctorat précisant que le QI des immigrants était en moyenne substantiellement inférieur à celui des Américains blancs et que la situation allait rester ainsi pendant des générations. L'éditorialiste Frank Rich, du New York Magazine, s'en est offusqué, relevant que Jason Richwine déterminait le QI des immigrants même avant leur naissance. Face au tollé, Jason Richwine a toutefois démissionné de la Heritage Foundation vendredi. Il s'agit de "damage control", relève Politico, une manière de contenir les dégâts d'image causés par le chercheur au laboratoire d'idées conservateur.

Tamerlan Tsarnaev enterré dans un cimetière musulman de Virginie

171145505On aurait pu penser que les autorités américaines allaient tout faire pour maintenir secret le lieu d'inhumation de l'un des deux auteurs présumés des attentats de Boston qui ont fait trois morts et blessé plus de 200 personnes. Mais le secret n'a pas tenu longtemps. Vendredi, la presse américaine révélait le lieu où la dépouille du terroriste présumé de 26 ans a été enterrée: il s'agit du Al-Barzakh Cemetery, un cimetière musulman à Doswell (Robert A.Martin/AP/Keystone), à 25 kilomètres de Richmond, en Virginie. C'est une femme qui, voyant les refus s'accumuler d'accueillir le corps du jeune homme d'origine tchétchène ayant grandi au Kirghizistan et au Daguestan, a décidé d'agir et d'interpeller la communauté musulmane de Doswell. La nouvelle clôt près de 20 jours d'attente, de négociations et de 120 refus de cimetières aux Etats-Unis et au Canada.

Le cas de Tamerlan Tsarnaev est exceptionnel. Jusqu'ici, les criminels tels que Lee Harley Oswald (principal suspect dans l'assassinat du président JF Kennedy) ou plus récemment Adam Lanza (fusillade de Newtown) ont tous eu droit à un enterrement sans que cela ne provoque de vagues. En l'occurrence, c'est comme si les criminels de son genre n'avaient pas droit à être inhumés. Les cimetières américains regorgent pourtant d'assassins et autres criminels.

Procès de Jodi Arias: la photo de la “victoire”

170978501Il y a des photos qui parfois dérangent. Celle-ci en est une. Prise par Matt York (AP/Keystone), elle montre des spectateurs, en dehors de la Cour de justice de Phoenix, au moment où ceux-ci apprennent que Jodi Arias, inculpée pour avoir tué son ami en lui assénant 29 coups de couteau, en lui tranchant la gorge et en lui tirant une balle dans la tête, a été condamnée pour meurtre de premier degré (le plus grave aux Etats-Unis, qui indique un acte prémédité). Le jury, surpris par une telle effusion d'émotions, a renvoyé son verdict au 15 mai. Il doit trancher entre la prison à vie sans remise de peine ou la peine de mort. L'inculpée, Jodi Arias, n'a d'ailleurs pas facilité sa tâche en déclarant dans une interview à Fox News qu'elle préférait la peine de mort. Certains ont voulu y voir une manipulation du jury.

On peut bien entendu comprendre les émotions qui ont pu envahir la famille de la victime. Mais cette triste histoire doit-elle être vécue comme une victoire? Victoire de quoi? Victoire pour qui? La tragédie humaine n'est pas un match de football.

L’Etat du Missouri dit “non”

La Chambre des représentants du Missouri vient de voter une loi mercredi prévoyant que toute législation fédérale visant à renforcer le 85911834contrôle des armes à feu serait inapplicable dans cet Etat du Midwest. Il y a trois semaines pourtant, le Sénat à Washington a refusé d'adopter une loi visant à imposer des vérifications des antécédents judiciaires et psychiques des acheteurs d'armes. Mais les républicains qui dominent le Congrès du Missouri ont néanmoins voulu se protéger contre une volonté du président démocrate Barack Obama de continuer le combat.

Pour l'heure, la loi votée ne pose pas problème étant donné qu'aucune nouvelle loi fédérale pour durcir le contrôle des armes n'a pu être adoptée. Mais si cela devait être le cas dans un avenir plus ou moins proche, la constitutionnalité de la loi du Missouri serait forcément remise en question.

La même Chambre des représentants a adopté une autre loi visant à interdire la mise en œuvre, par les autorités locales, de l'Agenda 21 des Nations unies (photo Osamu Honda/AP/Keystone) sur le développement durable. Cet agenda, adopté lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992, n'est pas obligatoire, mais peut être appliqué sur une base volontaire. Mais au Missouri, mieux vaut voter "non" que devoir exécuter un programme sur une base… volontaire. Cet Etat du Midwest n'est toutefois pas le seul qui voit l'Agenda 21 comme un acte bureaucratique de l'ONU. Plusieurs Etats en ont fait de même.

Tamerlan Tsarnaev- Oussama ben Laden: même fin

Après des jours, voire des semaines de démarches infructueuses auprès des autorités du Massachusetts, d'autres Etats et même du Canada pour trouver un cimetière prêt à accueillir sa dépouille, l'un des deux auteurs présumés des attentats de Boston, Tamerlan Tsarnaev, tué lors d'échanges de coups de feu avec la police, a finalement été enterré dans un lieu inconnu "hors du Massachusetts". Le corps du défunt a quitté le centre funéraire de Graham Putnam & ­Mahoney à Worcester aux alentours de minuit mercredi soir. L'oncle de Tamerlan Tsarnaev, Ruslan Tsarni, a accepté le lieu proposé pour l'inhumation.

Le maintien de la dépouille du terroriste présumé au centre funéraire de Worcester coûtait 30 000 dollars à la police de Worcester. Le fait de ne pas révéler le lieu d'inhumation de Tamerlan Tsarnaev rappelle un autre cas, différent, certes, d'un autre musulman, celui du chef d'Al-Qaida Oussama ben Laden, tué lors d'un raid dans sa résidence pakistanaise d'Abbottabad au début de mai 2011. Le corps de l'ennemi public numéro un de l'Amérique fut largué en pleine mer à un endroit inconnu. En l'occurrence, les autorités américaines ont dans les deux cas voulu éviter que le lieu d'inhumation des deux personnages deviennent soit une destination de pèlerinage pour ceux qui ont pu admirer les actions des deux personnes, soit un lieu de profanation pour ceux qui les exècrent.

 

WHDH-TV 7News Boston

Attentats de Boston: “Nous ne sommes pas des barbares”

RTXZ8AEGary Gemme tente de comprendre et de se rassurer: "Nous ne sommes pas des barbares, nous inhumons les morts." Le chef de la police de Worchester, la deuxième plus grande ville du Massachusetts, espère qu'une solution sera trouvée pour enterrer la dépouille du terroriste présumé Tamerlan Tsarnaev. L'épouse du terroriste présumé a refusé de reprendre le corps contrairement à l'oncle de Tamerland Tsarnaev, Ruslan Tsarni.

Mais l'entreprise est actuellement dans une impasse. Le patron du Dyer-Lake Funeral Home, un centre funéraire de la région, Peter Stefan, qui connaît les rites funéraires islamiques (Tamerlan Tsarnaev est musulman) a tout essayé. Il a appelé des responsables de cimetières dans le Massachusetts et un peu partout aux Etats-Unis. Il s'est même adressé au Canada. Sans résultat. Il a même fait appel au Département d'Etat américain et aux autorités russes. Sans plus de succès. Certains se demandent même si le chef de la diplomatie américaine John Kerry en a parlé au président Vladimir Poutine lors de sa récente visite à Moscou.

Une solution, selon Gary Gemme fut finalement trouvée lundi. Le corps allait être enseveli sur le site d'une prison. Mais un jour après,
170476429l'accord volait à nouveau en éclat. Le chef de la police en appelle désormais au bon sens, relevant que le maintien du corps du terroriste présumé dans le centre funéraire de Worcester coûte des dizaines de milliers de dollars à la police pour assurer la sécurité du site. Un manifestant hors du centre funéraire a tenté de faire une collecte de fonds pour rapatrier le corps de Tamerland Tsarnaev au Daguestan, où habitent ses parents. Mais des dizaines de manifestants (photos haut: Reuters et bas: Keystone) ont protesté pour empêcher que l'auteur présumé des pires attentats en Amérique depuis les attaques du 11 septembre 2001Face à cette situation kafkaïenne, l'Imam Talal Eid, fondateur de l'institut islamique de Boston est prêt à recourir aux grands moyens: faire appel au président Barack Obama.

 

Donald Trump “donne de l’argent” aujourd’hui

TrumpDonald Trump, le milliardaire new-yorkais, vient d'annoncer qu'il prévoyait d'étendre son empire en construisant un terrain de golf de 8,5 millions de dollars à Dubaï. Le complexe devrait comprendre des hôtels de luxe, des bains et écoles internationales. L'homme d'affaires possède déjà 14 terrains de golf à travers le monde. Il est aussi propriétaire d'une multitude de tours et gratte-ciel à Manhattan. Il avait déjà hérité d'un quasi-empire de son père Fred Trump.

Son nouveau truc, toutefois, lancé mercredi matin à Manhattan, c'est une nouvelle plateforme internet dénommée Fundanything.com. Il s'agit de crowdfunding, de financement communautaire tel que pratiqué par des sites comme Kickstarter et Indiegogo. Le projet consiste à financer presque n'importe quoi, des inventions technoloques, la distribution de nouveaux uniformes dans une école, aider quelqu'un nécessitant un traitement médical urgent.

Donald Trump, qui est derrière le projet sans lui donner cependant son nom, va déterminer personnellement chaque semaine qui seront les heureux élus, qui aura droit au financement du magnat de l'immobilier. Il promet d'en faire la promotion par le biais de son compte Twitter.

L'intitulé de la publicité qui a paru mercredi dans le New York Times révèle une relation très décomplexée du milliardaire à l'argent. Certains y verront même une forme d'arrogance assumée:

"Je donne de l'argent aujourd'hui."