Ce que pense le milliardaire Sheldon Adelson des efforts de John Kerry au Proche-Orient

000_153334489Depuis qu'il est entré en fonction, en janvier dernier, John Kerry multiplie les visites en Israël et en Cisjordanie pour tenter de relancer un processus de paix qui n'a d'ailleurs plus rien d'un processus tant les positions de part et d'autre sont éloignées. Sa "shuttle diplomacy" rappelle celle de James Baker sous la présidence de George Bush père, mais les circonstances sont aujourd'hui très différentes.

Ayant droit aux honneurs de la mairie de Jérusalem, le milliardaire américain Sheldon Adelson (photo AFP), qui avait dépensé près de 100 millions de dollars pour tenter de faire élire le républicain Mitt Romney à la Maison-Blanche, n'a pas mâché ses mots lors d'un dîner. Répondant à une remarque selon laquelle le secrétaire d'Etat américain prévoit d'injecter quelque 4 milliards de dollars en Cisjordanie pour développer l'économie palestinienne, il a déclaré: "Pourquoi j'investirais mon argent dans un peuple qui veut tuer mon peuple?"

Cité par le New York Times, Sheldon Adelson ne s'est pas arrêté là: "Comment pouvez-vous faire avancer les choses quand les Israéliens veulent légitimement la paix alors que les Palestiniens veulent [démanteler] Israël pièce par pièce [jeu de mot peace/piece]. (…) Avez-vous déjà entendu un Palestinien dire: "Nous devons abandonner notre espoir de détruire Israël afin de vivre en paix?"

La résilience des Bostoniens qui terminent leur marathon…

RTX100C4L'événement a été baptisé OneRun (photos Dominick Reuter/Reuters). Il a été organisé afin de montrer la résilience des marathoniens et des Bostoniens. Samedi, près de 3000 marathoniens et victimes des attentats du 15 avril qui ont tué 3 personnes et blessé 260 autres lors du plus vieux marathon du monde, ont parcouru le dernier mile (1609 mètres) de la course mythique pour montrer que ce ne sont pas des actes de terrorisme tels que ceux perpétrés par les auteurs présumés Tamerlan et Djokhar Tsarnaev qui vont les arrêter.

Beaucoup d'émotions, une fierté retrouvée, un hymne national américain pour souligner la résilience de Boston dont le président Barack Obama a parlé dans son discours de jeudi sur la stratégie de son administration dans la lutte contre le terrorisme. Des drapeaux américains, mais aussi chinois en l'honneur de la jeune étudiante chinoise de 23 ans tuée dans l'attentat.

 

 

 

Discours d’Obama: la “coolitude” du président

Barack Obama a tenu un discours majeur jeudi à l'Université de la Défense nationale à Washington, devant servir de cadre d'action pour son second mandat. Abordant la question très sérieuse de la lutte antiterroriste et de la prison de Guantanamo, le président américain a toutefois été interrompu à trois reprises par un membre du groupe anti-guerre Code Pink, Medea Benjamin.

Pendant près de trente secondes, le président a laissé la perturbatrice exprimer ses griefs à l'égard de sa politique. Avec habileté et humour, il a commenté l'événement: “La liberté d'expression, c'est précisément votre capacité de parler, mais aussi d'écouter et de me laisser parler." Barack Obama a reconnu que les questions qu'il abordait dans son discours méritaient autant de passion, et que les propos de la dame méritaient eux aussi de l'attention, même s'il ne les partageait pas.

 

 

Obama l’avoue: quatre Américains ont été tués par des drones

Le jour avant de tenir un discours majeur sur la lutte contre le terrorisme et la prison de Guantanamo, le président américain a 000_Nic504935officiellement admis, par le biais d'une lettre de son ministre de la Justice, Eric Holder, adressée au Congrès que, depuis 2009, son administration avait tué quatre Américains dans le cadre d'opérations antiterroristes. L'affaire était déjà connue, mais c'est la première fois que des attaques par drones sur des citoyens américains sont officiellement reconnues. Trois des quatre morts ont été visés alors qu'ils étaient au Yémen, dont l'imam radical américano-yéménite Anwar al-Aulaqi (photo AFP) et son fils ainsi que Samir Khan, Américain d'origine pakistanaise, et Jude Kennan Mohammad, né en Floride et tué au Pakistan par les frappes d'un drone de la CIA.

L'administration Obama, sévèrement critiquée pour son programme de drones qui est resté très secret, fait manifestement un pas vers davantage de transparence. Récemment dans le New York Times, l'expert en chef des affaires légales du Département d'Etat Harold Koh, qui a depuis quitté Foggy Bottom, exhortait le président démocrate à rendre beaucoup plus transparent son programme de drones, car il suscite des commentaires toujours plus virulents qui affaiblissent la stratégie de la Maison-Blanche au sein de l'opinion publique. Le titre de l'intervention d'Harold Koh faite à l'Oxford University récemment: "How to end the forever war?"

Il y a quelques mois, le flou entourant le programme de drones de l'administration Obama avait suscité un débat houleux à Washington, exacerbé par une fuite exploitée par la presse au sujet d'un document légal du Département de la justice expliquant vaguement dans quelles circonstances des drones pouvaient être utilisés dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Il était notamment question de la notion très floue de menace "imminente". Le sénateur du Kentucky Rand Paul s'était même demandé si un citoyen américain buvant son café sur une terrasse à San Francisco ou ailleurs pouvait être un jour la cible d'un drone.

Penny Pritzker, future secrétaire au Commerce, n’est pas à 80 millions près

000_Was7502444Nommée au poste de secrétaire au Commerce par Barack Obama, Penny Pritzker (photo Saul Loeb/AFP) est auditionnée par le Sénat aujourd'hui. Avant cela, elle a dû déclarer ses revenus dans un document ad hoc qu'elle a remis à l'Office of Government Ethics. Mais elle a commis une erreur de 80 millions de dollars. La Chicagolaise a effectué des mandats de conseil pour plusieurs trusts, dont un appartenant à la société du milliardaire Warren Buffett, Berkshire Hathaway. Elle s'est empressée de remplir un nouveau formulaire avec, cette fois-ci, les revenus corrects.

A priori, cette erreur ne devrait pas avoir d'incidence sur les auditions du Sénat. Penny Pritzker n'en est, il est vrai, pas à 80 millions près. Selon l'agence Bloomberg, qui a révélé l'affaire, celle qui devrait devenir la future secrétaire au Commerce a une fortune estimée à quelque 1,5 milliard de dollars. Elle sera sans doute l'une des ministres les plus riches ayant jamais servi dans l'administration américaine. Elle appartient elle-même à une famille très aisée qui a fondé les hôtels Hyatt.

Affaire de Benghazi: le rôle joué par David Petraeus

L'affaire de Benghazi n'en finit pas d'animer les travées du Capitole. Bon nombre de républicains sont persuadés que la Maison-RTXXZ7SBlanche a camouflé ce qui fut, de fait, un fiasco. Quatre Américains, dont l'ambassadeur basé à Tripoli, Christopher Stevens, furent tués lors d'un raid d'islamistes radicaux sur ce qui fut d'abord présenté comme le consulat des Etats-Unis à Benghazi, mais qui était en réalité une base de la CIA. Or, près d'une trentaine d'agents de la Central Intelligence Agency y travaillaient, alors que seule une poignée d'employés du Département d'Etat étaient présents, dont l'ambassadeur.

La polémique s'est surtout articulée autour des "éléments de langage" (talking points) utilisés par Susan Rice sur plusieurs plateaux de télévision. L'ambassadrice américaine auprès de l'ONU avait laissé croire que l'attaque de salafistes avait peut-être été la réaction à la diffusion d'une vidéo islamophobe en Amérique. Or, il n'en était rien. Il s'agissait bien d'une attaque terroriste le jour du 11e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.

Comme l'explique le Washington Post, celui qui était encore le patron de la CIA, David Petraeus (photo Alex Gallardo/Reuters), avait été prié par des membres démocrates du Congrès qui discutaient des propos à tenir devant les médias, d'établir des "talking points" qui ne révèlent pas d'informations classifiées qui pourraient nuire à la traque des terroristes. David Petraeus n'en tint pas compte et présenta une liste de points à diffuser qui allait bien au-delà de ce que demandaient les membres du Congrès. Apparemment pour présenter son agence, la CIA, de façon favorable. Ce que David Petraeus était prêt à diffuser déclencha la guerre bureaucratique au sein de l'administration. Le patron de la CIA se trouva vite en porte-à-faux avec le Département d'Etat, le FBI et des hauts responsables de sa propre agence. Selon le Washington Post, la seule entité de l'administration qui n'objecta pas à la divulgation des infos détaillées de Petraeus fut… la Maison-Blanche, qui officia en qualité de médiateur entre les agences.

En fin de compte, tout le monde s'est accordé sur le plus petit dénominateur commun, qui fut, médiatiquement parlant, une aberration et qui contredisait les faits. Fiasco, oui, volonté de camouflage de la part de la Maison-Blanche, apparemment non. Jusqu'ici, la Maison-Blanche et surtout le Département d'Etat ont été accusés de n'avoir rien vu venir et de ne pas avoir tenu compte des avertissements de la CIA. C'est en partie vrai dans le sens où la sécurité en Libye à ce moment était très aléatoire. Mais si la CIA était si bien informée, elle aurait elle-même dû prévoir l'attaque de sa propre structure à Benghazi.

L’auteur de la tuerie de Fort Hood touche toujours son salaire

RTR35BGZLe major Nidal Hasan (photo Reuters), accusé d'avoir tué 13 personnes et blessé 32 autres sur la base militaire de Fort Hood le 5 novembre 2009, touche toujours son salaire. Depuis la date du massacre, ce psychiatre militaire a touché plus de 278 000 dollars. Le sang de certains Américains n'a fait qu'un tour. Le Pentagone justifie ce qui peut apparaître comme une aberration par le fait que Nidal Hasan a été inculpé, mais n'a toujours pas été reconnu coupable. La loi, explique le Département de la défense, est respectée. La disposition relative au salaire est stipulée dans le Uniform Code of Military Justice, le code de la justice militaire. Si le tueur avait été un employé civil du Pentagone, son salaire aurait pu être suspendu après sept jours.

La nouvelle a pu paraître d'autant plus choquante qu'elle s'entrechoque avec un problème rencontré par les victimes (photo Jim Watson/AFP) de Nidal Hasan. 000_Was2703815

Ceux qui ont été blessés par cet Américain d'origine palestinienne qui était en contact avec l'imam radical américano-yéménite Anwar al-Aulaqi basé au Yémen n'en reviennent pas. Ils ne peuvent pas bénéficier des avantages qu'auraient les soldats en situation de combat. Ayant été des victimes de "violence sur le lieu de travail", ils ne peuvent pas avoir la couverture santé et l'aide financière dont bénéficient les soldats engagés sur le champ de bataille. Ils étaient tous stationnés sur la base militaire de Fort Hood au Texas. 

Le début des auditions dans le procès de Nidal Hasan est prévu pour le 1er juillet. D'ici là, il aura touché 290 000 dollars de salaire de l'Etat américain.

Kenneth Waltz est décédé. Pour lui, l’Iran devrait pouvoir acquérir la bombe

Kenneth Waltz fut l'un des politologues américains incontournables pour tout étudiant en relations internationales. Professeur à la Columbia University, il fut le grand théoricien des relations internationales et du monde bipolaire, arguant que la Guerre froide fut l'une des périodes les plus stables de l'Histoire. Décédé le 12 mai dernier, il s'était distingué ces dernières années en déclarant qu'un Iran nucléaire rendrait le Moyen-Orient plus stable dans le sens où il instaurerait une relation un peu semblable à celle de la Guerre froide entre Téhéran et Tel-Aviv, qui dispose de l'arme nucléaire. Son essai Why Iran should get the bomb avait été un pavé dans la mare. Pour lui, la stabilité de la terreur était un fait. Chaque Etat savait pertinemment quelle serait l'ampleur des représailles s'il recourait à l'arme nucléaire.

En 1981, Kenneth Waltz, fondateur de la théorie néoréaliste des relations internationales, avait déjà avancé sa thèse selon laquelle la prolifération nucléaire était plutôt de nature à stabiliser le monde. Au sujet de l'Iran, ses propos ne manquèrent pas de susciter des réactions outrées. Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou fut le premier à riposter: “Pour moi, des gens qui disent des choses pareilles ont établi une nouvelle norme de la stupidité humaine." Kenneth Waltz est loin d'être stupide. Il appartient même au gotha des plus grands théoriciens des relations internationales. Certains faits ne manquent toutefois pas de remettre en question certains aspects de sa pensée. Le Pakistan en est l'exemple le plus parlant. Etat nucléaire, il connaît une instabilité préoccupante. La communauté internationale et les Etats-Unis en particulier s'affairent à s'assurer qu'Islamabad soit toujours à même d'assurer la sécurité de ses sites nucléaires.

Pour Kenneth Waltz, les Etats tentent de défendre le plus possible leurs propres intérêts nationaux et ce n'est que par la concurrence d'autres Etats qui font de même qu'un équilibre est possible. Quand l'Union soviétique s'est effondrée, les Etats-Unis se sont retrouvés comme la seule grande puissance mondiale dans un monde unipolaire. C'est à partir de ce moment qu'ils sont allés au-delà du raisonnable en abusant de leur pouvoir. L'Irak en est un parfait exemple.

 

Les présidents qui utilisèrent le fisc américain à des fins politiques

Le journaliste Sam Tanenhaus, du New York Times, souligne dans la présente vidéo les cas où des présidents américains eurent recours à l'Internal Revenue Service (IRS), le fisc américain, pour cibler des "ennemis". Richard Nixon fut le plus en vue et ce n'est pas un hasard si, aujourd'hui, les républicains ne cessent de mentionner le Watergate alors qu'à ce jour, rien ne prouve que le président Barack Obama ait eu la moindre influence sur les pratiques biaisées de l'IRS, qui a ciblé ses enquêtes sur des groupes conservateurs proches du Tea Party pour leur attribuer ou non le statut d'associations caritatives exonérées d'impôts.

Richard Nixon a demandé à l'IRS d'enquêter sur des rivaux démocrates possibles, dont Ted Kennedy. La liste du président républicain comprenait 1000 groupes et plus de 4000 individus. John F. Kennedy était inquiet des groupuscules anti-gouvernement et demanda au directeur de l'audit de l'IRS d'enquêter. Franklin Roosevelt en fit de même pour cibler des éditeurs de journaux et des rivaux politiques.

 

L’histoire derrière la saisie de relevés téléphoniques d’AP par l’administration Obama

La saisie secrète de relevés téléphoniques de journalistes de l'agence de presse Associated Press par le Département américain de la justice continue de susciter des commentaires outrés des milieux journalistiques qui y voient une grave violation du 1er amendement de la Constitution garantissant la liberté de la presse et un risque pour le fonctionnement de la démocratie américaine. Les plus indignés craignent que les journalistes ne soient plus en mesure de recourir à des lanceurs d'alertes, eux-mêmes inquiets d'aller à l'encontre de graves problèmes pour les fuites qu'ils orchestreraient.

Le président Barack Obama a pourtant défendu la mesure jeudi: "Des fuites liées à des questions de sécurité nationale peuvent mettre en danger des vies humaines." Il a aussi refusé de s'excuser pour la saisie des relevés, soulignant que les Américains comprendraient qu'il l'ait fait pour des raisons de sécurité nationale.

De fait, Associated Press avait publié, le 3 mai 2012, un article révélant qu'une opération de la CIA au Yémen avait permis de déjouer un attentat d'Al-Qaida dans un avion reliant le Royaume-Uni aux Etats-Unis. La fuite dont bénéficia AP, explique NBC News,  fâcha le gouvernement britannique, car elle mettait à jour l'activité d'espions britanniques très impliqués dans l'opération. Un Yéménite détenteur d'un passeport britannique fut recruté par les renseignements du Royaume-Uni pour infiltrer un groupe d'Al-Qaida. Les fuites provenaient, selon les médias américains, de sources proches des renseignements américains. Les Britanniques furent soufflés.

Cité par NBC, Sir Malcolm Rifkind, président de la Commission des renseignements à Westminster s'en fait l'écho: ce type de fuite peut "porter préjudice au travail efficace d'officiers et d'agences de renseignements sur le terrain, un travail censé sauver des vies dans ce pays (Royaume-Uni) et dans d'autres. (…) Qu'une fuite se produise aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou ailleurs ne change rien."

Apparemment, l'agent double britannique avait réussi à faire sortir la bombe en question du Yémen. Celle-ci était censée faire exploser un avion de ligne. Il aurait aussi fourni des informations essentielles sur Al-Qaida dans la Péninsule arabique et sur son spécialiste des bombes Ibrahim al-Asiri. Selon NBC, la fuite dans la presse a mis en danger non seulement l'opération en cours au Yémen, mais aussi l'agent double et sa famille. Elle risquait aussi d'avoir un impact fâcheux sur des opérations futures dans le sens qu'elle pourrait dissuader des candidats à ce type d'opération de s'engager de peur de voir leur couverture dévoilée. L'affaire a semble-t-il aussi tendu les relations entre la CIA et le MI6.

 

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