Si plus de femmes siégeaient au Congrès, aurait-on évité le shutdown?

C'est le débat qu'a ouvert le Washington Post après le vote du Congrès mettant fin à la paralysie de l'administration et relevant le plafond de la dette de l'Etat fédéral. Lors des négociations entre démocrates et républicains, plusieurs femmes ont joué un rôle crucial pour trouver un compromis afin d'éviter le défaut de paiement de l'Amérique, dont les sénatrices républicaines du Maine et d'Alaska Susan Collins et Lisa Murkowski. La démocrate Nancy Pelosi, leader de la minorité de la Chambre des représentants, passe pour être à gauche du Parti démocrate. Elle s'est battue pour que Barack Obama propose dans sa réforme de la Santé l'option publique, une assurance-maladie étatique. Le président dut y renoncer, mais Nancy Pelosi continua de défendre bec et ongles ce qui est aujourd'hui appelé Obamacare. Par pragmatisme. Lors du vote du Congrès pour mettre fin au "shutdown", elle a voté une résolution qui ne lui plaisait pas, mais qui s'imposait pour éviter de saborder la reprise économique.

Il y a bien sûr des contre-exemples de femmes beaucoup moins animées par un esprit construtif. On pense à la représentante du Minnesota et membre du Tea Party Michele Bachmann qui ne rate aucune occasion pour déverser son fiel sur le "socialiste" Barack Obama. Bien que dans l'ombre, l'ex-égérie du Tea Party Sarah Palin n'est pas en reste. Cette dernière prône la fin d'Obamacare, mais aussi la destitution du président.

Voici le débat du Washington Post:

 

La bible distribuée par le républicain Steve Stockman: comment destituer Obama

Le livre est intitulé "Impeachable Offenses: The Case for Removing Barack Obama from Office". Ecrit par Aaron Klein et Brenda J. Elliott et publié par le site internet friand de théories du complot World Net Daily, l'ouvrage donne les raisons de destituer le président démocrate. Il vient d'être distribué aux 435 membres de la Chambre des représentants par le Texan élu en novembre 2012 (il avait déjà siégé à Washington entre 1995 et 1997). Aux yeux de ce républicain considéré comme étant le plus à droite de l'échiquier politique au Capitole, le président Barack Obama s'est peut-être rendu coupable d'avoir violé à plusieurs reprises la Constitution américaine. Un exemple? Il a retardé la mise en oeuvre de l'Affordable Care Act, la loi concrétisant la réforme du système de santé et exempté un groupe d'entreprises pour une année. Dans le sillage de Steve Stockman, le Tea Party et les conservateurs les plus extrêmes appelent eux aussi à la destitution du premier président noir de l'histoire des Etats-Unis.

Au coeur de la paralysie de l'administration (government shutdown), Steve Stockman a déploré devant le Congrès, avec un immense photo du président républicain de la Chambre basse John Boehner d'un côté et une image tout aussi grande du nouveau président iranien Hassan Rohani de l'autre, que la Maison-Blanche est prête à négocier avec ce dernier, mais refuse de négocier avec le speaker de la Chambre des représentants. Dans les faits, Barack Obama a effectivement dit refuser de négocier avec un "pistolet sur la tempe" et dit qu'il était prêt à discuter en profondeur du budget une fois que le plafond de la dette serait relevé et qu'il serait mis fin au gel partiel du gouvernement.

 

Jim DeMint, patron de la Heritage Foundation: la mauvaise foi prise au piège

En 2007, celui qui était encore sénateur de Caroline du Sud (2005-2013), Jim DeMint, déclarait que la réforme de la santé promulguée par le gouverneur républicain du Massachusetts de l'époque, Mitt Romney, devrait être "appliquée au pays entier". Les propos de l'élu étaient cohérents avec l'un des éléments centraux de la réforme: le mandat individuel ou, en langage plus européen, l'obligation de contracter une assurance-maladie. C'est en effet la Heritage Foundation, un groupe de réflexion conservateur à Washington qui avait émis la proposition d'imposer le mandat individuel.

Depuis, Jim DeMint a changé de casquette, mais sa cohérence en a
souffert. Il est désormais le président de la Heritage Foundation. C'est
son organisation qui a co-financé le "tour" du sénateur texan Ted Cruz,
l'été dernier, pour priver la réforme de la santé du président Barack
Obama de tout financement. C'est encore elle qui a poussé la frange
radicale du Parti républicain à provoquer une fermeture partielle de
l'administration et à aller jusqu'au défaut de paiement des Etats-Unis
afin de tout faire pour abroger ce que les républicains appellent
l'Obamacare. Or l'Affordable Care Act, la première réforme aussi
profonde du système de santé depuis la Seconde Guerre mondiale, a pour
principe fondamental le …mandat individuel, une idée conservatrice.Dans
une tribune publiée dans le Wall Street Journal vendredi, Jim DeMint
déclare qu'il va continuer à se battre pour que l'Amérique se débarrasse
d'Obamacare. Il relève que l'élection présidentielle de 2012 n'a en
rien consacré l'Affordable Care Act bien qu'elle fut gagnée par Barack
Obama. Selon lui, "le public n'a pas du tout apporté son soutien à
Obamacare qui n'était pas au coeur du combat de 2012 (…). Les
républicains espéraient que les nouvelles économiques négatives allaient
les mener à la victoire et les sondages au sortir des urnes ont
confirmé que l'économie et non la santé était le thème principal. La
meilleure chose à faire est dès lors de ne pas considérer l'élection de
l'année dernière comme un procès en faveur d'Obamacare."

La réforme de la santé passée par l'administration de Barack Obama n'était pas au coeur de la campagne présidentielle. Vraiment?

Voici ce que disait le candidat républicain Mitt Romney en pleine campagne:

 

 

Quant à la campagne présidentielle de Barack Obama, elle était pour le moins explicite:

 

Téhéran parle sur un ton différent des attentats du 11 septembre

Interviewé par NBC à Genève, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a donné un signal de plus montrant que le ton à Téhéran a changé à l'égard des Etats-Unis. Dans l'entretien, il relève que la réponse aux attentats du 11 septembre 2001 aurait dû être collective, car dans le monde interconnecté d'aujourd'hui, "il n'y a pas de gagnants ou de perdants".

Les propos du chef de la diplomatie iranienne contrastent avec ceux de l'ex-président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui laissait entendre que la tragédie du World Trade Center était un complot.

 

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Josh Hargis, le sens du devoir jusque sur son lit d’hôpital

 

L'image a fait le tour des télévisions américaines et de la blogosphère. Josh Hargis, un soldat américain de 24 ans, qui a été sévèrement blessé aux jambes lors d'un attentat suicide en Afghanistan à l'issue duquel quatre de ses camarades ont été tués, est devenu le symbole de la résilience et du courage des soldats qui rejoignent l'armée américaine. Récemment toutefois, son commandant est venu déposer sur son lit d'hôpital un "Purple Heart", un coeur pourpre qui récompense les soldats blessés ou tués durant une guerre. Bien qu'immobilisé, Josh Hargis a trouvé les ressources pour faire un salut militaire en guise de remerciement alors que tout le monde pensait qu'il était encore dans le coma.

La scène a bouleversé toute l'unité militaire à laquelle Josh Hargis appartient ainsi que tout le pays. Or ce dernier a pourtant mille et une peines à entrer dans l'armée en raison d'une grave blessure qu'il avait contractée au fémur après un accident de ski. Il avait dû aller à Washington pour défendre sa cause. Après de multiples démarches, il avait finalement obtenu l'aval du chirurgien en chef. Intégré dans une unité chargée de détecter les bombes, il en était à son quatrième engagement en Afghanistan. Son chien détecteur de bombes a été tué dans l'attentat. Le commandat de Josh Hargis a publié ce message en anglais:

I received this picture today
along with a letter from the commander of the team Josh was a part of on
the night of his injuries. A letter to explain to me what kind of man I
have the privilege of being married to. He explained to me what
happened and what was going on in the picture.

"Josh
was seriously wounded as you know and survived for almost two hours
after his injury before arriving to the hospital. Josh was immediately
pushed through a series of surgeries and emerged hours later into an
intensive care unit here at our base in Afghanistan.

"Despite
being in intense pain and mental duress, Josh remained alert and
compassionate to the limited Rangers that were allowed to visit him
bedside. Prior to Josh being moved to Germany for his eventual flight to
America, we conducted a ceremony to award him with the Purple Heart for
wounds received in action.

"A
simple ceremony, you can picture a room full of Rangers, leaders,
doctors, and nurses surrounding his bedside while the Ranger Regimental
Commander pinned the Purple Heart to his blanket. During the
presentation the Commander publishes the official orders verbally and
leaned over Josh to thank him for his sacrifice.

"Josh,
whom everybody in the room (over 50 people) assumed to be unconscious,
began to move his right arm under the blanket in a diligent effort to
salute the Commander as is customary during these ceremonies. Despite
his wounds, wrappings, tubes, and pain, Josh fought the doctor who was
trying to restrain his right arm and rendered the most beautiful salute
any person in that room had ever seen. I cannot impart on you the level
of emotion that poured through the intensive care unit that day.

"Grown
men began to weep and we were speechless at a gesture that speak
volumes about Josh's courage and character. The picture, which we
believe belongs on every news channel and every newspaper, is attached. I
have it hanging above my desk now and will remember it as the single
greatest event I have witnessed in my ten years in the Army."

Commandant de la station spatiale internationale en 2015 et au chômage à cause du shutdown

186699100Scott Kelly n'est pas connu du public européen. Son frère, Mark, l'est davantage. Epoux de la démocrate Gabby Giffords, qui a été victime d'une fusillade à Tucson en Arizona voici deux ans, il a été commandant d'une navette spatiale Endeavour de la NASA. Or Scott Kelly est censé officier en tant que commandant de la Station spatiale internationale (photo Keystone/NASA) en 2015. En raison de la fermeture partielle de l'administration américaine, il a été mis au chômage technique. Mais la NASA lui a aussi conseillé de demander le chômage. Sur CNN, Mark Kelly n'a pas manqué de souligner les belles missions que lui et son frère ont menées dans l'espace. Mais il a conclu qu'actuellement, ils ne vivent pas de "bonnes journées sur terre" au vu de l'ineptie du Congrès.

La haine du premier président noir des Etats-Unis

La crise budgétaire, qui est sur le point de déboucher sur un défaut de paiement des Etats-Unis pour la première fois dans l'histoire du pays, a révélé au grand jour un phénomène qui avait déjà fait son apparition lors de l'élection présidentielle 2012: une partie de l'Amérique déteste son président Barack Obama. Ce week-end à Washington, des membres du Tea Party se sont rassemblés à Washington pour s'en prendre avec véhémence au locataire de la Maison-Blanche. L'un d'eux portait deux drapeaux pour le moins contradictoire: l'un du corps des Marines et l'autre des Confédérés, un symbole racial qui pointe directement au premier président noir de l'Amérique. Militant de Freedom Watch, Larry Klayman a lui aussi invectivé Barack Obama, lui demandant de "poser le Coran" et de quitter la ville les bras en l'air.

Au Congrès, où les élus sont en principe plus civilisés, le président démocrate suscite une haine plus contenue, mais tout aussi présente. Même Lindsey Graham, le sénateur de Caroline du Sud qui incarne ce qui reste de l'establishment républicain n'a pas hésité à qualifier Barack Obama de "leader pathétique". Tout aussi exécrée que son auteur, la réforme de la santé dénommée péjorativement par les républicains Obamacare suscite les commentaires les plus extrémistes. Pour les uns, la réforme va détruire l'Amérique et son économie. Pour les autres, elle va marquer la fin de la liberté de l'individu. Manifestement, ces jours, il ne fait pas bon être modéré à Washington.

 

La démocratie selon les républicains de la Chambre des représentants…

La crise budgétaire actuelle est souvent décrite comme une maladie affectant Washington. Or si l'administration démocrate a dû fermer des services "non essentiels" faute de disposer d'un budget pour la nouvelle année fiscale, c'est en grande partie en raison de l'offensive de membres du Tea Party et d'ultra-conservateurs de la Chambre des représentants qui ont jugé nécessaire de lier une approbation du budget et d'un relèvement du plafond de la dette, qui sera atteint vers le 17 octobre prochain. La stratégie a pour l'heure largement échoué.

La vidéo ci-desous montre comment la majorité républicaine détourne les règles de fonctionnement de la Chambre des représentants. Le démocrate du Maryland Chris Van Hollen met en lumière la manière dont le Parti républicain a subrepticement empêché tout représentant (républicain ou démocrate) de soumettre une résolution appelant à mettre fin au gel partiel du gouvernement, à l'exception du président de la Chambre, le républicain John Boehner ou de son représentant.

 

La phrase qui restera de Steve King, représentant au Congrès du Tea Party

La crise budgétaire à Washington a donné lieu aux pires invectives entre démocrates et républicains. Le président Barack Obama n'a pas été épargné, attirant comme un paratonnerre le fiel des ultra-conservateurs du Parti républicain. Parmi eux, Steve King, l'un des fers de lance du Tea Party et de l'offensive budgétaire pour priver Obamacare de tout financement, a sans doute été l'un des plus abrasifs, mais aussi l'un des moins inspirés. Dans une interview sur CNN, il déplore que le président ait "emprunté de l'argent aux Chinois pour louer des barricades" servant à fermer le mémorial de la Seconde Guerre mondiale à Washington…

 

Marathon de New York: le chaos politique de Washington ne devrait pas le menacer

000_WAS2004110766376Même si des signaux plutôt positifs ont été émis lors de la réunion qu'a eue le président Barack Obama avec des républicains de la Chambre des représentants jeudi, la fermeture partielle de services "non essentiels" de l'administration américaine a des conséquences. Les parcs nationaux sont actuellement fermés. Parmi eux, celui de Fort Wadsworth, à Staten Island, fait beaucoup parler de lui ces jours à New York et dans le monde du marathon. C'est là que démarre le marathon de New York, qui attend cette année encore 48 000 coureurs des Etats-Unis et des quatre coins de la planète.

Depuis 1976, la célèbre manifestation sportive a toujours commencé à Fort Wadsworth. Auparavant, le marathon se courait exclusivement à Central Park. La traversée du pont de Verrazano (photo Spencer Platt/Getty Images/AFP) entre Staten Island et Brooklyn est un grand moment du marathon. Les médias américains ont laissé entendre que le marathon lui-même était menacé étant donné la fermeture du parc. Mais un porte-parole du New York Road Runners, les organisateurs, a déclaré que la course n'était pas en danger. Des alternatives pour le départ sont possibles. Les propos furent néanmoins vagues et aujourd'hui, aucun participant ne sait s'il aura vraiment le privilège de traverser le fameux pont.

Une annulation de l'édition 2013 du marathon de New York en raison de l'ineptie politique de Washington aurait à coup sûr provoqué un tollé après que la manifestation de 2012 fut annulée au dernier moment, laissant des milliers de coureurs qui avaient dépensé des milliers de dollars pour participer à la course sur le carreau. Le maire Michael Bloomberg avait attendu 2 jours avant le marathon pour annoncer la décision après que l'ouragan Sandy eut dévasté des zones de New York.