Didier Burkhalter à la Maison-Blanche/Credit Suisse au Sénat: le choc des images

IMG_2113Choc des images pour la Suisse lundi à Washington. D'un côté, une sous-commission d'enquête du Sénat américain accablait Credit Suisse dans un rapport présenté le matin à la presse au Capitole. De l'autre, le président de la Confédération Didier Burkhalter sortait enjoué de la Maison-Blanche où il a eu un tête-à-tête d'un quart d'heure avec le vice-président américain Joe Biden avant de poursuivre avec ce dernier pendant une heure pour aborder dans une séance de travail plusieurs dossiers importants. IMG_2109

"La rencontre fut agréable et utile", a d'emblée déclaré Didier Burkhalter devant la Maison-Blanche, visiblement peu perturbé par le froid glacial qui s'est emparé de la capitale américaine. "Nous avons discuté de l'Iran, de l'Ukraine, de questions bilatérales dont l'espionnage, les banques suisses et le programme de régularisation ainsi que de la collaboration entre les deux pays en matière de paix et de médiation." Joe Biden a, selon le conseiller fédéral, jugé constructives les priorités fixées par la Suisse durant sa présidence de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à un moment où l'Ukraine est en crise. Sur l'Iran, Didier Burkhalter ne pipera pas mot, estimant que les discussions relèvent du secret relatif au mandat de puissance protectrice exercé par la Suisse au nom des Etats-Unis dans la République islamique.

Quand on l'interpelle sur le rapport présenté par la sous-commission du Sénat quelques heures plus tôt, le président de la Confédération précise qu'il n'en a pas pris connaissance et qu'il n'est pas en mesure d'apporter une réaction circonstanciée. "Il ne faut pas sous-estimer, ni surestimer ce type de rapport", lâche-t-il pourtant. Il réfute l'argument selon lequel la Suisse aurait tout obtenu ce qu'elle voulait dans le dossier des banques. "Il ne faut pas croire tout ce qu'on vous dit", a-t-il souligné. Pour le conseiller fédéral, la Suisse et les banques suisses ont "fait ce qu'il fallait". Il espère que désormais, dans le cadre du programme de régularisation, les établissements bancaires seront traités correctement. 

SwissMedia Ci-joint la rencontre entre le président de la Confédération Didier Burkalter et le vice-président américain Joe Biden (photo Federal Departement of Foreign Affairs, FDFA)

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques heures plus tôt, dans une salle de conférence du Capitole, les sénateurs John McCain et Carl Levin accablaient Credit Suisse pour ses pratiques "systématiques" d'incitation à l'évasion fiscale:

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Ted Nugent, l’extrémisme dans sa version la plus extrême

Il est toujours délicat d'accroître la visibilité d'une figure publique dont les propos dépassent toute décence. Mais en l'occurrence, ils illustrent la tolérance que manifestent une partie de l'Amérique à l'égard des critiques les plus viles à l'encontre du premier président noir dans l'histoire des Etats-Unis, Barack Obama. Ils sortent aussi de la bouche d'un personnage qui fréquente des figures politiques conservatrices de l'Amérique: Rick Perry, gouverneur du Texas, Mitt Romney. Il accompagne surtout le républicain Greg Abbott dans sa campagne pour l'élection du futur gouverneur du Texas.

Le  chanteur Ted Nugent vient de traiter Barack Obama de "bâtard sous-humain". Le propos de ce dernier va d'ailleurs plus loin: les Américains, dit-il, devraient être vigilant pour ne jamais laisser un "^bâtard sous-humain éduqué en tant que communiste de Chicago" accéder à la plus haute fonction de l'Etat américain. Pour lui, Barack Hussein Obama est un gangster. Ce chanteur de série B, fervent promoteur de la NRA et du droit du port d'armes n'épargne pas d'autres démocrates: Je pense que l'Amérique redeviendra l'Amérique quand Barack Obama, Eric Holder, Hillary Clinton, Dick Durbin, Michael Bloomberg et tous les démocrates progressistes seront en prison faisant face à la punition juste quand leurs actes de trahison seront clairement apparents."

 

 

 

La Heritage Foundation, symbole de l’éclatement du Parti républicain

202555939(1)Fondé en 1973, la Heritage Foundation (photo Charles Dharapak/AP/Keystone), un groupe de réflexion conservateur de Washington sis à un jet de pierre de Union Station, a une vue priviliégiée sur le Capitole. Elle a longtemps fait office de centre de recherche donnant une profondeur stratégique à la réflexion des républicains américains.C'était le centre nerveux de l'establishment républicain. Son influence sur le Congrès était largement reconnue. Mais depuis que Jim DeMint a abandonné son siège de sénateur pour celui de président de la fondation, tout a changé. Comme l'explique le New York Times, la Heritage Foundation agit désormais comme le bras politique du Tea Party.

Il est désormais difficile de l'appeler groupe de réflexion tant celle-ci a été supplantée par un activisme politique à court terme. Le projet de Jim DeMint, un ultra-conservateur de Caroline du Sud, est de revigorer le mouvement conservateur notamment auprès des jeunes. Le changement radical de stratégie du think tank de Washington est en grande partie lié à l'arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche. Selon le New York Times, la stratégie est simple: s'opposer à tout projet de loi censé réunir les républicains modérés et conservateurs.

Pour contourner les contraintes des nouvelles lois relatives au lobbying qui l'empêchent de vraiment s'engager en politique, la fondation a décidé en 2010 de se doter d'un bras politique en vertu d'une disposition du code fiscal, la Heritage Action. Celle-ci n'a pas manqué de se distinguer en finançant notamment un tour des Etats-Unis du sénateur ultra-conservateur texan Ted Cruz pour priver de tout financement la réforme de la santé du président Obama, l'Affordable Care Act. Heritage Action a fait pression sur des élus du Congrès pour refuser d'adopter une ligne plus modérée proposée par certains républicains. Elle a ainsi fomenté un éclatement du Parti. D'une certaine manière, sa politique anti-compromis et son radicalisme ont réveillé un establishment républicain qui a souvent été à la botte du Tea Party depuis son avènement en 2010. De fait, plusieurs propositions draconiennes promues avec agressivité par Heritage Action ont échoué. Illustration de la colère intra-républicaine: jusqu'ici, les chercheurs de la Heritage Foundation étaient acceptés lors des réunions hebdomadaires du Republican Study Committee. Désormais, ils en sont exclus. Les chercheurs ont déjà quitté en masse le groupe de réflexion qui s'est marginalisé et qui a perdu son aura de "faiseur" de politiques.

 

 

Les drapeaux du Pentagone seront 100% “Made in USA”

000_464699457C'est la conséquence d'une nouvelle loi adoptée par le Congrès qui impose au Pentagone de n'acheter que des drapeaux qui sont à 100% "Made in USA". Le nouveau budget américain prévoit de soumettre à "l'amendement Berry" datant de 1941 l'achat de drapeaux (photo Robert Laberge/Getty Images/AFP) pour le Département de la Défense. Aux yeux de nombreux membres du Congrès, il paraît incongru que les militaires américains hissent des drapeaux fabriqués à l'étranger.

Ce type de résurgence natonaliste n'est pas nouveau. On se souvient que lors des Jeux olympiques de Londres en 2012, de nombreux élus du Capitole s'étaient offusqués quand ils apprirent que les équipements de la délégation olympique américaine avaient été fabriqués à l'étranger.

Un bourreau devenu un activiste contre la peine capitale

Allen Ault n'en dort plus la nuit. Des cauchemars lui font replonger dans les heures noires de sa vie, quand il était un bourreau devant appliquer la peine de mort dans le Sud profond des Etats-Unis, en Géorgie. Psychologue, il travaillait dans une prison de Géorgie pour évaluer l'état des détenus. Le centre de détention où il travaillait fut choisi comme lieu d'exécution de l'Etat et Allen Ault "promu" exécuteur en chef.

Il est pourtant aujourd'hui l'un des fers de lance de la lutte contre la peine de mort aux Etats-Unis. Interviewé par Stephen Sackur dans HARDtalk, il l'admet: la peine capitale "est la forme la plus préméditée de meurtre qu'on puisse imaginer et reste dans votre psyché pour toujours." Le psychologue, qui devait se charger des exécutions à la chaise électrique – cinq au total -, se souvient en particulier d'une jeune homme de 17 ans, Christopher Burger, affecté à l'époque par des problèmes mentaux et qui fut condamné à mort pour viol et meurtre. Celui-ci a passé 17 ans dans les couloirs de la mort. Mais Allen Ault l'a vu changé, devenant plus stable et plus mature. Le condamné a exprimé de profonds remords. Allen Ault se souviendra à tout jamais de ses dernières paroles: "SVP, pardonnez-moi."

Hollande aux anges au dîner de la Maison-Blanche

A ceux qui doutaient de la qualité de la relation franco-américaine, le président Barack Obama a répondu en grande pompe lors d’un dîner où furent conviées 350 personnes. Il a rappelé les considérations d’Alexis de Toqueville à propos de la cuisine française et américaine, a souligné que les Américains aimaient la cuisine, la culture et le vin français. Mais il a surtout souligné que les Etats-Unis et la France partageaient le même souci: celui de défendre la liberté. Il a porté un toast à François Hollande en déclarant: “Vive la France, God Bless America, and long live the alliance between our great nations.”

Si l’ex-Première Dame de France, Valérie Trierweiler n’a pas eu l’occasion de s’asseoir à côté de la First Lady Michelle Obama, c’est le comédien et satire américain Stephen Colbert qui a eu ce privilège, lui qui insiste, malgré ses origines irlandaises, anglaises et allemandes, pour qu’on l’appèle Colbert à la française. Parmi les invités, Julia Louis-Dreyfus, la star de la série TV Seinfeld et surtout de Veep (Vice-président), une satire de celui qui occupe le poste de numéro deux du gouvernement américain. A cette occasion, elle a pu vérifier son scénario en étant assise à côté de Joe Biden, l’actuel vice-président américain.

Le président français François Hollande s’est exprimé en anglais, puis en français. “Vous aimez la France, a-t-il déclaré, mais vous ne le dites pas toujours, vous êtes timides vous les Américains, vous vous retenez. Mais nous aimons les Etats-Unis. Nous ne le disons pas toujours, mais quand nous le disons, nous le vivons vraiment.” Le chef d’Etat français a souligné le soutien américain à la France au Mali et en Centrafrique. (…) Les relations entre nos deux pays ont atteint aujourd’hui un degré exceptionnel de proximité et de confiance. La raison en est simple: nous partageons une même vision du monde et nous respectons. Les Etats-Unis et la France sont deux grandes nations.” Discours sérieux et sincère du président français.

 

Michelle Obama fait l’éloge de la culture française

Barack Obama et François Hollande, à l'image de Thomas Jefferson et de La Fayette deux siècles plus tôt, ont partagé leur vision du monde en découvrant le domaine du troisième président des Etats-Unis à Monticello en Virginie. Ils ont tous deux appelé les autres pays du globe à partager le fardeau sécuritaire du moment. Ils ont tous deux lancé un appel, dans le Washington Post et Le Monde, à empoigner franchement la question du changement climatique.

La First Lady Michelle Obama, elle, s'est appliquée à souligner, dans une vidéo plus éducative, l'intérêt de découvrir la riche culture française. Dans une vidéo réalisée par PBS dans une série d'émissions éducatives, elle s'exprime d'emblée en français: "Bonjour et bienvenue". Elle invite de fait les Américains à s'intéresser à la culture "unique" de la France. Au menu du dîner offert mardi soir par les Obama à la Maison-Blanche figurent des légumes du jardin de la First Lady, du boeuf et des vins américains.

Voici l'intervention de Michelle Obama:

 

Les “leçons sécuritaires” de l’Amérique pour les JO de Sotchi…

Président de la Commission de la sécurité intérieure (Homeland Security) de la Chambre des représentants, le républicain texan Mike McCaul en est convaincu. Il va y avoir une explosion dans le cadre des Jeux olympiques de Sotchi en Russie. “Je n’ai jamais vu une aussi grande menace dans ma vie”, a-t-il déclaré dans une interview à Fox News. “Nous avons déjà eu deux attentats suicides hors du village olympique”, a-t-il ajouté en référence à des attentats perpétrés dans la ville de Volgograd.

La sécurité des JO de Sotchi est une grande préoccupation aux Etats-Unis. Mike McCaul semble d’ailleurs remettre en cause les capacités des renseignements russes. Or pour rappel, c’était le FSB russe qui avait transmis des informations sur Tamerlan Tsarnaev, l’un des deux auteurs présumés des attentats du marathon de Boston. Dénigrant ces informations, la CIA avait omis d’interroger ce Russe d’origine tchétchène à son retour du Daghestan où il avait séjourné 6 mois. Un manquement fortement critiqué aux Etats-Unis.

Menant la délégation des officiels américains à Sotchi, l’ex-ministre de la Sécurité intérieure (sous Obama) Janet Napolitano a tenu à rectifier le tir. Elle a non seulement relativisé la menace terroriste et les tracasseries sécuritaires sur place, elle a par ailleurs souligné qu’elle n’avait pas perçu d’homophobie à l’égard des athlètes, l’une des grandes craintes de certains milieux américains.

Voici l’interview mise en ligne par Politico du républicain Mike McCaul:

 

Les Beatles en Amérique: le début de l’invasion britannique

C’est le 7 février 1964 que les Beatles se sont rendus pour la première fois aux Etats-Unis à bord du vol  Pan Am 101. Peu après leur arrivée à 13h20 à l’aéroport de JFK à New York, les Fab Four sont attendus par une foule en délire. Ils ne s’attendaient pas à un tel accueil. L’Amérique est encore sous le choc provoqué trois mois plus tôt par l’assassinat du président John F. Kennedy.

La Beatlemania ne va pourtant pas tarder. Le 9 février, les Beatles sont déjà invités sur la scène du Ed Sullivan Show, une émisison mythique aux Etats-Unis. Leur apparition fait un tabac. 73 millions d’Américains (4 Américains sur 10) les découvrent. Du jamais-vu alors qu’ils n’étaient pas très connus en Amérique à ce moment-là. Ed Sullivan s’était rendu plusieurs fois en Angleterre. Il avait pu se rendre compte de l’hystérie que suscitait le groupe de rock britannique qu’il décrira comme étant équivalente à celle entourant Elvis Presley.

En arrivant à Manhattan, les fans et journalistes les attendent quand ils passent devant l’hôtel Plaza. Le premier concert sera donné au Coliséum de Washington le 11 février devant 8000 spectateurs. En arrivant à Washington, Ringo Starr fera cette déclaration qui restera: “C’est fabuleux d’être à New York”. Puis ils se produisent un jour plus tard au Carnegie Hall de New York devant 2000 personnes. L’accueil des Beatles à New York:

 

La prestation des Beatles au Ed Sullivan Show:

 

 

 Les Beatles vont provoquer ce que les Américains ont appelé l’invasion britannique. Dans le sillage des Fab Four, de nombreux groupes de rock britanniques vont traverser l’Atlantique et subjuguer l’Amérique: the Dave Clark Five, the Animals, The Who et bien sûr les Rolling Stones.

Un procès Trayvon Martin bis?

En 2012, le jour après Thanksgiving, Jordan Davis, un jeune Afro-Américain de 17 ans, a décidé de s'arrêter à une station-service 000_141934615avec ses trois amis à Jacksonville en Floride. Tous quatre étaient dans un 4X4 et écoutaient de la musique à plein volume. Michael Dunn, 47 ans, Blanc, s'est arrêtée avec sa voiture à côté des quatre adolescents. Ne supportant pas autant de décibelles, il interpelle les quatre jeunes et leur demande de baisser le volume. Ils s'exécutent avant de remettre la musique à plein pot.

Jordan Davis de Michael Dunn commencent à s'invectiver. Ils s'insultent et à un certain moment, le second sort un fusil et tire trois coups dans la voiture des jeunes. Jordan Davis est touché. Il décède.

L'avocate de Michael Dunn a compris la partition qu'elle devait jouer. Selon elle, son client a eu peur quand les fenêtres de sa voiture ont commencé à trembler tant la musique dans le véhicule d'à-côté était forte. Jordan Davis aurait même crié, d'après elle, qu'il voulait tuer Michael Dunn. Un fait nié par l'accusation. L'avocate ajoute que le jeune Afro-Américain avait un fusil sur lui. Aucune preuve n'a été apportée pour étayer une telle accusation. Jordan Davis était, selon l'accusation, assis dans son véhicule sans la moindre arme à feu. La ligne de défense est claire: la Floride a une loi, "Stand your Ground (résiste, ne cède pas)" qui permet à une personne qui se sentirait menacé dans son intégrité corporelle ou de mort de tirer en légitime défense. C'est l'argument qu'ont avancé avec succès les avocats de George Zimmerman, un vigile volontaire de père blanc et de mère hispanique qui a tué, en février 2012, Trayvon Martin (photo Jessica McGowan/Getty Images/AFP), un Afro-Américain de 17 ans qui n'avait aucune arme sur lui.

Aujourd'hui à Jacksonville, on dénonce la loi de Floride et la ligne de défense de Michael Dunn. "Trayvon Martin est mort en raison des habits qu'il portait (il avait une capuche sur la tête, car il pleuvait). Jordan Davis est mort en raison de la musique qu'il aimait."