John Kerry: Israël pourrait devenir un Etat appliquant l’apartheid

Si une solution à deux Etats n’est pas trouvé, Israël pourrait devenir un Etat appliquant l’apartheid, à l’image de l’Afrique du Sud jusqu’au début des années 1990. La remarque, faite par le secrétaire d’Etat américain John Kerry lors d’une conférence privée de laTrilateral Commission à Washington, qui réunissait des leaders mondiaux, a été publié par The Daily Beast dont l’un des journalistes s’est immiscé dans l’audience. Le président de la commission, Joseph Nye s’est fendu d’une lettre à John Kerry pour s’excuser de l’intrusion du journaliste qui n’avait pas le droit d’assister à la conférence et qui en plus  “n’a pas respecté les règles” de l’événement. Aucune phrase prononcée par un intervenant ne peut être publiée sans son consentement.

Aux Etats-Unis, une telle remarque est explosive et elle a de fait suscité un torrent de réactions. La sénatrice démocrate de Californie Barbara Boxer a jugé le commentaire de John Kerry “dépourvu de tout sens et ridicule” sur son compte Twitter. Le sénateur du Tea Party Ted Cruz est allé plus loin. Il demande rien de moins que la démission du chef de la diplomatie américaine. “J’étais convaincu, déclare le républicain du Texas, que le secrétaire d’Etat John Kerry placerait ce qu’il considère comme les voeux de la communauté internationale au-dessus des intérêts sécuritaires nationaux des Etats-Unis. Je crains qu’avec ces remarques récentes et mal choisies, le secrétaire d’Etat Kerry ait prouvé que ces inquiétudes sont fondées.” Et Ted Cruz d’ajouter, devant le Sénat: “Le secrétaire d’Etat Kerry a prouvé qu’il n’était pas fait pour le poste et qu’avant que d’autres dégâts soient causés à notre alliance avec Israël, il devrait présenter au président Obama sa démission et le président devrait l’accepter.”
John Kerry a réagi lundi soir par communiqué, démentant l’information du Daily Beast: “Je ne crois pas, ni n’ai jamais déclaré publiquement ou dans le privé qu’Israël était un Etat d’apartheid ou qu’il avait l’intention de le devenir.”

 

 

Musée du 11-Septembre: la polémique avant son ouverture

000_Was4220320Joseph C. Daniels, président et directeur de la fondation qui supervise le Musée et le Mémorial du 11-Septembre (photo AFP), sur ce que fut Ground Zero à Manhattan après les attaques d'Al-Qaida, le raconte au New York Times. Les visiteurs du musée qui doit ouvrir ses portes le 21 mai prochain ne quitteront pas l'établissement avec l'idée d'associer l'islam au terrorisme. Or un documentaire de 7 minutes qui sera diffusé dans le musée suscite une vive polémique. Dans la "Montée d'Al-Qaida (the Rise of Al-Qaida)", utilise les termes "islamistes" et "djihadistes" pour les lier aux attentats du 11-Septembre.

Les critiques estiment qu'il aurait été plus judicieux de parler de "terrorisme inspiré par Al-Qaida, car avec islamistes et djihadistes, on risque de considérer toute la communauté musulmane comme étant liée au terrorisme. Ils estiment que le documentaire risque d'associer islamistes et djihadistes à musulmans. Le fait de mettre en lien direct la religion de l'islam avec les attentats de Ground Zero, on prend le risque d'associer 500 millions de musulmans qui n'ont rien à voir avec ces actions et que les "Etats-Unis n'entendent pas aliéner", précise Akbar Ahmed, le directeur du Département des études islamiques à l'American University de Washington.

Il y a un an, des membres des familles des victimes et de la police notamment ont pu visionner le documentaire pour voir l'effet qu'il pouvait produire sur la communauté musulmane.  Il y a quelques mois, un groupe de représentants de plusieurs confessions a été rassemblé pour voir le film et voir la future exposition du musée. Ces derniers se sont dits surpris par le documentaire et ont émis leurs craintes qu'il soit mal interprété. La réponse du musée fut presque sans équivoque: il n'y a rien à négocier. Pour certains, ce refus de négocier risque de faire injure aux musulmans pacifiques qui n'ont rien à voir avec le terrorisme, à ceux qui sont morts lors des attaques du 11-Septembre et ceux qui font partie des forces de l'ordre ou des pompiers.

Le Musée avait pourtant déjà enlevé de son site internet, comme le rapporte le New York Times, l'expression "terrorisme islamique" à l'issue d'une plainte d'un universitaire qui avait obtenu le soutien de plusieurs autres universitaires. Le débat est complexe. Certains estiment que ne pas décrire d'où vient Al-Qaida est aussi une manière d'occulter ce qu'est le mouvement terroriste. Un porte-parole du musée déclare au quotidien new-yorkais que des explications au sein de l'établissement expliciteront le fait qu'Al-Qaida est un mouvement "très en marge de l'islam".

Obama est-il un autre Bush?

On a beaucoup entendu la comparaison entre l'actuel président Barack Obama et son prédécesseur George W. Bush quand il est question de politique étrangère. Comme ce dernier, Barack Obama a laissé son administration et la NSA espionner massivement les citoyens américains et de nombreux leaders mondiaux. Comme Bush fils, il a poursuivi une guerre impitoyable contre Al-Qaida et des djihadistes par un usage des drones aussi peu transparent que meurtrier (pour les civils notamment). Comme Bush fils, serions-nous tentés de dire, il a maintenu la prison de Guantanamo ouverte, même si lors de son second mandat, il s'attèle à faire ce qu'il peut pour tenter de la fermer.

Mais il suffit d'observer la manière dont la Maison-Blanche traite de la crise ukrainienne pour se rendre compte à quel point Barack Obama n'est pas George W. Bush. Malgré les appels belliqueux de républicains de la trempe de John McCain ou d'autres à armer les Ukrainiens afin de les aider à affronter l'armée russe, au lieu de dire clairement que l'option militaire (par l'OTAN ou autre) contre Moscou est toujours sur la table, le président démocrate martèle que l'option militaire en l'occurrence n'apporterait rien. Il est prêt à fortement durcir les sanctions contre la Russie, mais veut toujours donner une chance à la diplomatie. L'accord inespéré de jeudi soir à Genève sur l'Ukraine, qui n'est pour l'heure qu'une promesse de papier, montre que la voie suivie par Barack Obama est la plus judicieuse.

Dans un autre dossier, on pourrait en dire de même. Durant ses deux mandats, George W. Bush n'a absolument rien obtenu des Iraniens. Barack Obama, qui leur avait déjà tendu la main en 2009 avant d'entamer en 2013 ce qui est perçu comme un début de rapprochement, a déjà obtenu bien davantage. Ecrasé par les sanctions, Téhéran a accepter de négocier sur son programme nucléaire. Pour l'heure, même si tout reste bien entendu fragile, l'Iran est en train de réduire ses activités d'enrichissement et l'Agence internationale de l'énergie atomique vient de se dire plutôt optimiste. On est encore loin d'un succès, mais la croyance de Barack Obama dans la diplomatie, après une décennie de guerres très meurtrières et coûteuses, produit des résultats.

Les critiques de cette nouvelle manière américaine de voir le monde sont désormais majoritaires. "Barack Obama mène de l'arrière". "Barack Obama a sapé l'autorité de la première puissance mondiale." "Barack Obama est le président le plus naïf qu'ait connu l'Amérique." Or imaginons une situation inverse. George W. Bush est à la tête des Etats-Unis et doit traiter avec Moscou au sujet de l'Ukraine. Son vice-président est toujours Dick Cheney. Les Etas-Unis et le monde seraient-ils dans une situation plus enviable aujourd'hui? On peut fortement en douter.

Les Européens furent extrêmement critiques de George W. Bush au point de refuser de se rendre aux Etats-Unis tant qu'il était à la Maison-Blanche. Ils ont longtemps fustigé l'aventurisme militaire de l'Amérique et la croyance que celle-ci avait les moyens d'implanter la démocratie n'importe où dans le monde au moyen de missiles Patriot ou d'une idéologie néoconservatrice aussi arrogante que déconnectée des réalités socio-culturelles, nationales, économiques et politiques des sociétés visées. Aujourd'hui, une majorité d'entre eux ont basculé dans le camp des critiques. Barack Obama, en qui ils ont vu le messie en 2008, les a profondément déçus. A certains égards, le premier président afro-américain des Etats-Unis a déçu. Mais les Européens devraient y regarder de plus près. Cela faisait longtemps qu'un président américain n'avait plus eu une politique étrangère aussi en phase avec les valeurs européennes. Aussi, comparer Barack Obama à George W. Bush, n'est-ce pas une forme sophistiquée ou déguisée d'un antiaméricanisme qu'on peine à s'avouer?

 

Barack Obama s'exprime sur l'accord de Genève:

La page manquante de Kathleen Sebelius

La secrétaire américaine à la Santé Kathleen Sebelius a eu un automne très difficile avec le lancement désastreux du site internet Health.gov, un outil essentiel pour la réussite de la réforme de la santé approuvée par le Congrès en 2010. Beaucoup demandaient sa démission, mais le président Barack Obama n'a pas souhaité céder aux appels des républicains.

Kathleen Sebelius a néanmoins décidé, de façon autonome dit-elle, de démissionner de son poste. Cette ex-gouverneure du Kansas a donné une conférence de presse vendredi dernier à la Maison-Blanche aux côtés de Barack Obama et de sa remplaçante à la Santé, Sylvia Matthews Burwell. Mais en pleine allocution, elle a dû se rendre à l'évidence. Il lui manquait une page de son discours. Elle a dû ainsi improviser. Certains ont voulu y voir un symbole. Or après la débâcle de l'automne, le site internet Health.gov a été réparé et 7,5 millions d'Américains l'ont utilisé pour acheter une police d'assurance-maladie. L'objectif, qui est apparu irréaliste au moment du fiasco de l'automne, a été atteint. La prochaine étape, pour voir si Obamacare va réellement s'imposer en Amérique, ce sera l'annonce des nouvelles primes maladie qui devraient être connues à partir de cet été. Si elles devaient exploser, Obamacare pourrait une nouvelle fois donner lieu à une vive controverse dans l'optique des élections de mi-mandat en novembre.

 

Julia Louis-Dreyfus, une “veep” qui joue avec la Constitution

DreyfusJulia Louis-Dreyfus, l'actrice de la série télévisée Seinfeld et de "Veep", qui ironise sur la fonction de vice-président des Etats-Unis sur la chaîne HBO, ne rate jamais une occasion de créer le buzz aux Etats-Unis. La dernière cover du magazine Rolling Stone la présente nue, avec un tatouage de la Constitution sur le dos au bas de laquelle figure la signature de John Hancock.

Les milieux de défense de la Constitution et le National Constitutional Center de Philadelphie sont montés au créneau pour préciser que John Hancock n'a jamais rédigé la Constitution, mais la Déclaration d'indépendance, un an plus tôt. On ne saura jamais quelle était vraiment l'intention de l'actrice. Mais Julia Louis-Dreyfus a d'emblée attribué l'erreur à Mike McClintock, un personnage qui fait office de directeur de la communication dans la série Veep. Si c'est le cas, c'est une belle manière de faire la promotion de cette série à succès qui fait la part belle à la causticité pour décrire la fonction actuellement occupée par Joe Biden et par le passé par des Dick Cheney, Al Gore ou encore le très pittoresque Dan Quayle. Le magazine Rolling Stone, qui avait déjà créé la polémique en publiant en couverture la photo de l'auteur présumé des attentats de Boston Djokhar Tsarnaev, pourtant reprise de sa page Facebook, a lui-même poursuivi sur le ton de l'ironie en précisant que la vraie Constitution était tatouée sur le ventre de l'actrice.

L'exercice a attiré une grande attention médiatique. Mais Julia Louis-Dreyfus ne compte pas "porter" sur elle la Constitution de façon définitive. Son tatouage est temporaire…

Nomination controversée de Condi Rice chez Dropbox

000_Was2118148Etrange choix stratégique de Dropbox, le service de stockage en ligne: la start-up de la Silicon Valley vient de nommer Condoleezza Rice (photo Jim Watson/AFP) au sein de son Conseil d'administration. C'est pour le moins surprenant quand on sait que l'Afro-Américaine de Birmingham (Alabama) fut la secrétaire d'Etat et la conseillère à la sécurité du président George W. Bush. A ce titre, elle a approuvé le programme d'écoutes qui s'est avéré illégal.

La nomination a suscité une vague d'indignation sur les réseaux sociaux qui est perçu comme contraire à la philosophie d'une société de la Silicon Valley. Une campagne de protestation intitulée Drop Dropbox a été lancée pour boycotter la société en ligne qui avait pourtant formulé de vives critiques à l'encontre de la National Security Agency, l'Agence nationale de sécurité nationale après les révélations du lanceur d'alerte Edward Snowden. Dropbox se défend d'avoir fait un mauvais choix. Elle rappelle que Condi Rice fut membre du Conseil d'administration de Hewlett-Packard et de Charles Schwab.

Le site Drop Dropbox fustige Condoleezza Rice pour avoir été l'une des initiatrices de l'invasion américaine en Irak en 2003 et pour avoir approuvé le programme de torture de la CIA dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

 

 

Michelle Obama, à une “main” d’une scène à la Marylin Monroe

208859445C'était jeudi à l'aéroport d'Austin au Texas. Le couple Obama descendait les marches d'Air Force One pour se rendre à la Bibliothèque présidentielle de Lyndon B. Johnson à l'occasion du Sommet commémorant le 50e anniversaire de l'approbation de la loi sur les droits civiques en 1964. En raison d'un vent fort, Michelle Obama a évité une scène embarrassante à la Marylin Monroe grâce à l'aide de circonstance de son mari qui lui a tenu la jupe alors qu'elle descendait les marches. Une manière, pour le couple Obama (photos Carolyn Kaster/AP/Keystone), de détromper les rumeurs qui avaient eu cours lors du voyage du président français François Hollande et qui laissaient entendre que le couple présidentiel n'était plus en si bons termes.

 Et un autre exemple de complicité entre Barack et Michelle Obama un jour plus tard à l'aéroport JFK de New York:

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Hillary Clinton victime d’une lanceuse de chaussure

"Est-ce une chauve-souris? Cela fait-il partie du Cirque du Soleil?" L'ex-secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton parlait à une conférence consacrée au recyclage de déchets à l'hôtel Mandalay Bay de Las Vegas vendredi quand une personne de l'assistance lui réserva le même sort qu'à George W. Bush en 2008 en Irak: elle lui envoya une chaussure au visage. La dame qui a perpétré cet acte de défiance a été arrêtée.

L'ancienne patronne de la diplomatie américaine et possible candidate à la présidentielle 2016 suscite manifestement des réactions diverses durant cette phase où elle refuse de révéler ses intentions pour 2016. Les uns estiment qu'elle serait une candidate difficile à battre, d'autres pensent qu'une élection opposant Hillary Clinton à, par exemple, Jeb Bush, l'ex-gouverneur de Floride, donnerait un signal plutôt négatif à propos de la vivacité de la démocratie aux Etats-Unis. Après George Bush père, puis George Bush fils, après Bill Clinton, l'élection d'Hillary Clinton ou de Jeb Bush perpétuerait l'emprise de deux "dynasties" sur la Maison-Blanche.

Vendredi à Las Vegas, Hillary Clinton a réussi à éviter le projectile. L'épisode rappelle "l'attaque" dont avait fait l'objet George W. Bush en 2008 lors d'une conférence de presse à Bagdad. A deux reprises, celui qui était alors encore président des Etats-Unis avait réussi à se baisser et à éviter deux chaussures.

L'épisode de Las Vegas peut paraître anodin. Il donne cependant une indication des obstacles que pourrait rencontrer Hillary Clinton en cas de candidature à la Maison-Blanche. Les anti-Clinton aux Etats-Unis, très puissants dans les années 1990, n'ont pas disparu de la circulation. Ils pourraient retrouver de la vigueur dans deux ans.

 

Torture aux Etats-Unis: le culot de José Rodriguez (CIA)

139951393Chef du Service national clandestin de la CIA et auteur du livre" Hard measures: how aggressive CIA actions after 9/11 saved American lives (mesures sévères: comment les actions agressives de la CIA après le 11-Septembre ont sauvé des vies américaines), José Rodriguez (photo Keystone) s'est senti obligé de livrer son point de vue dans le Washington Post. Quelques jours plus tôt, la Commission des renseignements du Sénat a voté en faveur d'une déclassification partielle (500 pages sur 6300) du rapport qu'il a établi sur les pratiques d'interrogatoire "renforcées" et la torture dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. De plus, le président Barack Obama a promis un peu plus tôt qu'il allait procéder à la déclassification partielle du document. Or celui-ci, à en croire la présidente de la commission, la démocrate Dianne Feinstein, révélerait des pratiques beaucoup plus "brutales" que ce qui avait été décrit au Congrès qui aurait été "induit en erreur".

Face à ce mouvement en faveur d'une déclassification, José Rodriguez n'en démord pas. Les pratiques de la CIA ont perrmis d'obtenir des informations qui ont permis de décimer Al-Qaida et de sauver des vies américaines. Croupissant dans la prison de Guantanamo, l'un des cinq accusés du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed a été soumis à la simulation de noyade 183 fois. Il ne semble pourtant pas avoir livré des informations cruciales. Pour José Rodriguez, justifie la torture par la CIA en raison du contexte: on était après 9/11 et 3000 Américains venaient d'être tués par les djihadistes d'Al-Qaida. "Ceux qui pensent que nous aurions dû interroger Abu Zubeida (un haut responsable d'Al-Qaida) de manière plus douce n'ont jamais eu à porter le fardeau de protéger des vies."

José Rodriguez insiste aussi. Le programme de techniques d'interrogation renforcées de la CIA était efficace. Le chef du Service national clandestin de l'agence relève que celle-ci a corrigé les erreurs qui ont pu être commises. Il avance enfin l'argument définitif: le programme a été approuvé et jugé légal par les plus hautes sphères du gouvernement et le Département de la justice. Or le gouvernement de George W. Bush comprenait des figures telles que Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense, qui dit aujourd'hui encore dans un film de Errol Morris "Unknown Known" qu'il n'a pas lu les documents secrets évoquant la torture qui avait "fuité" et dont le New York Times avait à l'époque largement parlé. Il refuse toujours d'admettre que l'argumentaire pour envahir l'Irak (Saddam Hussein aurait été en possession d'armes de destruction massive et abriterait des éléments d'Al-Qaida) fut l'un des plus grands mensonges de l'Amérique de ces dernières décennies. Pour rappel, José Rodriguez lui-même avait donné l'ordre de détruire des vidéos montrant des scènes de torture.

José Rodriguez espère enfin que lorsque des portions du rapport seront publiées, la CIA aura un droit de réponse. Il espère aussi que le travail de ses successeurs ne sera pas rendu plus difficile en raison de cette publication.

Les Américains voient rouge: un ex-étudiant iranien impliqué dans la prise d’otages de 1979 serait le nouvel ambassadeur de l’Iran à l’ONU

23284799Hamid Aboutalebi pourrait être le nouvel ambassadeur d'Iran auprès des Nations unies à New York. Selon un élu américain, une demande de visa a été récemment présentée en son nom. A priori, rien d'extraordinaire hormis le fait que le futur représentant de la République islamique sur les bords de l'East River a fait partie du groupe d'étudiants qui ont pris d'assaut l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran en 1979 (photo Keystone) et gardé 52 personnes en otages pendant 444 jours. Pour le sénateur de l'Etat de New York Chuck Schumer, un démocrate, il serait inacceptable que les Etats-Unis accordent un tel visa et l'immunité diplomatique à un tel individu. Le républicain du Tea Party Ted Cruz tient le même langage, jugeant une telle nomination, si elle est confirmée, "d'insultante". De nombreux élus du Congrès pensent qu'il est un terroriste. Lui-même estime n'avoir joué qu'un rôle de traducteur et de négociateur lors de la prise d'otages à laquelle il a participé alors qu'elle était déjà en cours.

Ex-otage de l'ambassade américaine de Téhéran, Barry Rosen ne mâche pas ses mots: pour lui, laisser venir Hamid Aboutalebi à New York serait "comme cracher sur nous". Et l'ex-otage d'ajouter:"Cela va à l'encontre des valeurs américaines d'accorder un visa à quelqu'un qui faisait partie d'un groupe qui a torturé des diplomates et militaires américains et ruiné la vie de 52 otages et de leurs familles. Il est coupable de torture."

Or Hamid Aboutalebi est décrit comme étant proche des réformateurs iraniens et du président Hassan Rouhani. Actuellement, les Etats-Unis mènent, avec les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne, des négociations avec l'Iran pour trouver une solution au programme nucléaire iranien soupçonnée être de nature militaire. Bloquer la venue du futur diplomate pourrait avoir de graves conséquences sur le processus de rapprochement entre Téhéran et Washington.

Porte-parole du Département d'Etat,  Marie Harf a déclaré qu'à de rares exceptions, les Etats-Unis sont généralement obligés d'accepter les personnes choisies pour représenter les Etats membres au siège de l'ONU à New York. "Nous examinons le cas de près, a-t-elle ajouté, et nous avons exprimé notre vive préoccupation quant à cette possible nomination par le gouvernement iranien. (…) Mais nous prenons nos obligations d'Etat hôte des Nations unies très au sérieux."