Les étudiants américains pressent leurs université de désinvestir dans les secteurs des énergies fossiles

L’Université de Stanford vient de décider de cesser d’investir dans le charbon. L’annonce peut paraître étonnante, mais aux Etats-Unis, nombre d’universités disposent d’énormes fonds (endowments) qu’elles investissent dans différents secteurs. Stanford rejoint ainsi une dizaine d’alma mater qui ont déjà pris ce type de mesure.

A Havard, qui dispose de 32 milliards de dollars – c’est l’université la mieux dotée du pays -, des étudiants viennent de bloquer l’accès à des bureaux administratifs, car l’université ne semble pas disposée à désinvestir dans ces domaines. Interviewée par la radio publique NPR, Chloe Maxmin, du mouvement “Désinvestir à Harvard” a participé à la manifestation. Elle estime que c’est une question de cohérence intellectuelle, pour une université comme Harvard de cesser les investissements dans les énergies fossiles. Le prestigieux établissement de Boston offre en effet des cours sur le réchauffement climatique. Pour “Divest Harvard”, ce n’est pas suffisamment, même si l’université a créé un poste de vice-président pour des investissements durables, elle a rejoint le projet de “de carbon disclosure”. Mais pour Cloe Maxmin, la cohérence académique va plus loin. A un moment où le National Climate Assessment annonce des conséquences catastrophiques du réchauffement climatique aux Etats-Unis, le mouvement Divest pourrait gagner en popularité.

 

L’émouvant hommage du meilleur basketteur de la NBA Kevin Durant à sa mère

C'est l'équivalent du Ballon d'or en football. La récompense du meilleur joueur de NBA pour la saison 2013-2014, le "most valuable player" (MVP) a été décernée au joueur des Oklahoma City Thunder Kevin Durant devant le mythique LeBron James de Miami. Ce qui a toutefois fait les titres des télévisions américaines, c'est l'incroyable hommage de "KD" à sa mère Wandra Pratt qui s'est sacrifiée pour qu'il devienne ce qu'il est aujourd'hui: le meilleur joueur des Etats-Unis. Une récompense que Kevin Durant a voulu partager avec toute sa famille qui l'a aidé à mener une carrière aussi exemplaire. Champion de NBA et des valeurs sportives. 

Johnny Halliday à la conquête de Big Apple

Mardi soir, au Beacon Theatre, sur Broadway, Johnny Halliday est reparti à la conquête de l'Amérique qui connaît très peu le rocker français de 70 ans. Or elle l'a pourtant beaucoup inspiré, du Rockabilly et à la Country en passant par son maître Elvis. Se produisant pour la deuxième fois seulement à New York malgré sa très longue carrière devant près de 2800 spectateurs, dans un cadre presque intimiste, Johnny a enflammé la salle pas tout à fait pleine, mais chauffée par des fans très enthousiastes et pas tout jeunes.

Pour ce rendez-vous de la communauté francophone et surtout française de New York, Johnny a ressorti de vieux classiques de son répertoire, dont "Les Portes du pénitencier" ou "Quelque chose de Tennessee". Mais a aussi livré avec la même énergie qu'on lui connaît des titres plus récents. Il a même invité sur scène son ami et acteur Jean Reno.

A ceux qui ont manqué ce rendez-vous, voici quelques extraits et chansons du concert qui annonce une grande tournée aux Etats-Unis:

Son arrivée sur scène:

 

 

Un vieux classique:

 

 

Une chanson en hommage à son ami décédé Michel Berger, auteur des paroles:

 

 

Johnny Halliday invite son ami Jean Reno à venir chanter sur scène…

 

 

Le rocker français se confesse au public francophone de New York: "Nom d'un chien, vous donnez vraiment envie de faire ce métier.":

 

 

Une bête de scène:

 

 

Parmi les titres un peu plus récents, "L'Envie":

 

 

Le jeune chanteur de 70 ans revient deux fois sur scène…Dans sa dernière chanson, après près de deux heures de concert, la voix est un peu éraillée.

 

 

 

 

 

Certains Hawaïens s’insurgent contre la présence d’uranium faiblement enrichi sur des lieux sacrés

Le mouvement souverainiste d'Hawaï, qui conteste la légalité de l'annexion de l'île du Pacifique par les Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, s'appuie sur les critiques virulentes de certains habitants au sujet de l'utilisation de munitions contenant de l'uranium faiblement enrichi sur des sites considérés comme étant sacrés ou contenant des vestiges importants de la culture hawaïenne. Est particulièrement visé le site entre les deux volcans de la Big Island (île principale d'Hawaï), Mauna Loa et Mauna Kea dénommé Pohakuloa. Le film qui fait état de ces critiques:

 

Joe Biden, vice-président, acteur de circonstance en “marge” du dîner des correspondants de la Maison-Blanche

C'est sans doute propre aux Etats-Unis. Ou presque. En ouverture du dîner des correspondants de la Maison-Blanche, auquel ont participé Michelle et Barack Obama, une vidéo a été diffusée qui montre à quel point le vice-président des Etats-Unis et numéro deux de l'administration américaine est capable, comme Barack Obama au cours de son traditionnel discours, de faire dans l'autodérision.

A bord d'une voiture de sport jaune, il invite l'actrice Julia Louis Dreyfus, qui incarne "The Veep" (le vice-président) dans une série à succès sur la chaîne de télévision câblée HBO, à se rendre à la Maison-Blanche plutôt qu'au dîner des correspondants. Dans le film, ils se trouvent dans le Bureau ovale puis descendent dans les cuisines. Ils se font surprendre à manger dans un énorme pot de glace par …Michelle Obama qui leur fait la leçon sur la nutrition saine. "Let's Move", lance-t-elle pour les faire fuire, en référence au mouvement qu'elle a lancé pour sensibiliser les jeunes à l'activité physique et à une nutrition saine. Mais la First Lady fait aussi dans l'autodérision en puisant dans le pot une fois Joe Biden et Julia Louis Dreyfus partis.

Voici la vidéo:

 

Clayton Lockett: le condamné à mort a été passé au Taser le matin de son exécution

000_Was8558137Face au tollé provoqué par l'exécution raté de Clayton Lockett (photo AFP/Department of Corrections, Oklahoma) en Oklahoma, largement couvert par les médias, beaucoup de questions demeurent. Après l'injection d'un premier produit, le médecin en charge a déclaré le condamné à mort inconscient après dix minutes. Or après l'injection de deux autres produits, il était évident qu'il n'était pas inconscient. Quand le médecin s'est rendu compte que l'exécution avait échoué, il a demandé de tirer les rideaux pour empêcher le public de voir la scène.

Les médias américains s'interrogent désormais. L'Afro-Américain Clayton Lockett, qui a été condamné pour avoir violé et tiré sur une jeune fille de 17 ans qu'il a ordonné d'enterrer vivante, est-il vraiment mort d'une crise cardiaque massive comme l'ont déclaré les autorités d'Oklahoma? Les produits injectés peuvent il est vrai avoir pour conséquence une crise cardiaque. Mais derrière le secret des rideaux, beaucoup s'interrogent. L'ont-ils exécuté en secret par d'autres moyens qui ne seraient pas légaux, sachant qu'en cas d'exécution ratée, le condamné ne peut plus être soumis à une telle oondamnation à mort? Le corps de Clayton Lockett fait désormais l'objet d'une autopsie au Texas qui livrera un verdict prochainement.

Selon le Washington Post, Clayton Lockett a de plus été passé au Taser le matin même de son exécution, car il refusait de passer aux rayons X, une procédure obligatoire. De plus, les médecins ont placé un cathéter non pas dans les deux bras, comme le protocole l'impose, mais sous l'aine, dans l'artère fémorale. Selon le chef des prisons Robert Patton, le condamné à mort s'est délibérément coupé au bras droit avant le lever du jour et a refusé de manger quoi que ce soit avant son exécution. Le médecin en charge de l'exécution n'a pas pu localiser une veine valable pour y installer les cathéters.

Lettre ouverte à Maureen Dowd

000_480364203J'ai lu votre chronique (photo AFP) dans le New York Times de mercredi intitulée "Is Barry Whiffing?" Je vous lis d'ailleurs régulièrement depuis près de trois ans. Or si vous excellez à souligner les dérives de Washington et des républicains, votre papier du jour vous permet de tomber le masque. En qualité d'ancienne correspondante couvrant la Maison-Blanche, vous avez régulièrement décoché quelques flèches à l'encontre de Barack Obama que vous n'avez manifestement jamais beaucoup aimé. C'est votre droit le plus cher. Pour ne pas trop offusquer votre lectorat et votre image de journaliste progressiste (liberal), vous avez joué plutôt la modération. Là je ne sais pas si c'est la dernière augmentation que vous avez dû constater en remplissant votre dernière déclaration d'impôts ou une affection soudaine pour les plus virulents détracteurs du président démocrate qui vous ont transformée. Mais le ton a changé. D'un humour caustique de bon aloi, vous êtes tombée dans un mépris gratuit voire la condescendance.

Vous reprochez tantôt à Barack Obama de vouloir présenter l'image d'un président cool à laquelle vous n'adhérez pas et d'être un commandant en chef des armées "glacial" quand il s'agit de faire éliminer Oussama ben Laden.Vous déplorez l'attitude d'un président qui n'arrêterait pas de "se plaindre". "C'est déstabilisant pour tout le monde, aux Etats-Unis et à travers le monde."

Vous allez même jusqu'à dénigrer le parcours de "Barry", qui a grandi dans un milieu relativement modeste pour accéder à la fonction suprême, mais qui ne peut pas s'offrir le luxe de la nonchalance face au mécontentement et aux difficultés comme des présidents issus de familles plus riches tels que JFK ou W. On se demande bien où vous voulez en venir. Faut-il y voir une pointe de racisme ou au contraire un réflexe de classe?

Vous accusez Barack Obama d'éprouver de la frustration parce son terrain de jeu n'est plus une campagne électorale, où tout est théorique, mais la réalité des grands problèmes du monde. Vous oubliez qu'au plan interne, la Maison-Blanche n'a jamais fait l'objet d'autant d'obtructionnisme de la part du Congrès noyauté par le Tea Party. Vous oubliez aussi que la montée de la Chine, que les répercussions inattendues du Printemps arabe en Egypte ou en Syrie ainsi que les dérives autoritaires du maître du Kremlin ont fortement compliqué le rôle de la première puissance mondiale. Votre critique de la présumée faiblesse de la politique étrangère de l'administration démocrate reprend un credo qu'on ne cesse d'entendre du mainstream qui devrait pourtant vous horripiler: Obama a affaibli l'Amérique dans le monde. Qu'aurait été une politique qui, dans un contexte aussi difficile, aurait renforcé l'Amérique? S'engager dans une nouvelle guerre en Syrie, sans stratégie post-intervention dont on a vu les ravages en Irak? Confronter directement Vladimir Poutine dont la vision du monde se limite à son pouvoir et à la Russie? Intervenir en Egypte pour installer un gouvernement fantôche à la botte des Américains alors que les musulmans de la région n'ont cessé de demander le départ des troupes américaines des terres de l'islam?

Puis vous listez une série de phrases qu'un président des Etats-Unis ne devraient jamais prononcer, comme s'il existait un manuel d'utilisation pour exercer la présidence. Il ne devrait jamais répéter sans cesse "eventually", "finalement", "en fin de compte". Il ne devrait jamais avoir raconté à un journaliste du New Yorker: "Nous faisons partie d'une longue histoire en cours d'écriture. Nous essayons simplement d'écrire correctement notre paragraphe." Par là, vous lui reprochez une trop grande modestie alors qu'un peu plus tôt, vous le jugez arrogant et susceptible.En filigrane, on devrait comprendre que vous faites l'apologie de Ronald Reagan, dont les républicains ont toujours vanté la fermeté qui aurait poussé Mikhaïl Gorbatchev à abattre le mur de Berlin. Un mythe bien cultivé aux Etats-Unis.

Face aux risques de "Troisième Guerre mondiale", comme vous l'écrivez, dus aux provocations russes, vous déclarez, au travers d'une métaphore empruntée au baseball, que Barack Obama est faible, incapable de s'imposer, qu'il ne contrôle pas le monde. Vous ajoutez: "Comment peut-on accepter des attentes autant revues à la baisse et une passivité truculente de la part d'un homme qui s'est présenté comme le guide moral du monde, même avant d'avoir été élu?"

Bel exercice de rhétorique qui a manifestement beaucoup plu au faucon républicain John McCain qui a déclaré, par Twitter, avoir pour la première fois recommandé de lire votre chronique. Mais l'exercice est déconnecté de la réalité. Comment le président démocrate aurait-il dû réagir face à la Russie de Poutine? Livrer des armes à l'armée ukrainienne? Demander à l'OTAN d'intervenir pour empêcher Moscou d'annexer la Crimée, envoyer des troupes américaines à l'est de l'Ukraine pour entamer une nouvelle guerre? Barack Obama a, en réaliste, refusé de telles options aussi absurdes que dangereuses. Il a au contraire privilégié l'unité des Européens et des Etats-Unis.

Votre chronique transpire le politiquement correct d'une progressiste qui "ose" fustiger un président démocrate. Vous auriez aimé que Barack Obama ait le courage d'Adam Silver, le patron de la National Basketball Association qui a décidé de radier à vie Donald Sterling, le propriétaire du club des Clippers de Los Angeles en raison de propos racistes inacceptables. Or Adam Silver a attendu des lustres et des menaces de boycott avant de sévir contre le réputé raciste Donald Sterling. Et puis comparer les défis de Barack Obama face à un monde qui se délite aux difficultés d'un club de baskeball relève de la plaisanterie.

Votre chronique transpire le mépris gratuit et abonde d'un fiel qui en dit davantage sur vos propres frustrations que sur la réalité d'une présidence sans doute parmi les plus difficiles de l'après-guerre. En tant que journaliste progressiste, vous aurez au moins eu la satisfaction d'avoir les honneurs de Foxnews qui s'est délectée de votre écrit. Sur Twitter, les anti-Obama se sont également régalés. Quant aux autres, ils ont simplement invité à passer à autre chose.

 

Propos racistes: la NBA prend une décision spectaculaire

000_487377023Rarement des propos racistes n'avaient suscité un tel tonnerre de réactions outrées. Et jamais son auteur n'aura été autant sanctionné. Donald Sterling, le propriétaire de l'équipe de basketball des Los Angeles Clippers (photo AFP) est radié à vie de la National Basketball Association. Celle-ci lui inflige une amende de 2,5 millions de dollars, le montant le plus élevé que les règlements de la NBA autorisent. La décision du patron de la NBA Adam Silver marque un tournant. Donald Sterling, un octogénaire dont la fortune est estimée à 1,9 milliard de dollars, s'est déjà fait remarquer à de multiples reprises pour des propos racistes et fait l'objet de multiples plaintes. Beaucoup s'étonnent d'ailleurs du temps que cela a pris pour sanctionner le propriétaire des Clippers depuis 1981. Le procès-verbal d'une plainte pénale déposée voici quelques années relatait les déclarations suivantes de Sterling: "Les locataires noirs sentent mauvais et attirent la vermine." Il avait été condamné à ce moment à une amende de 2,7 millions de dollars. De fait, des procès-verbaux de tribunaux ne sont pas toujours aussi parlants que des enregistrements sonores que les chaînes de télévision américaines ne se sont pas privées de diffuser.

La controverse a commencé le week-end dernier avec la diffusion d'enregistrements de la conversation que Donald Sterling a eue avec une femme qu'il connaissait. Le milliardaire se disait étonné que cette dernière ait pu mettre sur internet des photos d'elle en compagnie d'Afro-Américains dont la star américaine à la retraite Magic Johnson qui joua à l'époque pour les Los Angeles Lakers. "Ne le fais par venir à mes matches, insiste-t-il. Oui, cela me dérange beaucoup que tu veuilles faire la promo et diffuser des images montrant que tu es associée à des Noirs. Est-ce vraiment nécessaire?"

Adam Silver n'a pas encore spécifié comment il comptait s'y prendre pour forcer Donald Sterling à vendre les Clippers dont la fortune est évaluée à 500 millions de dollars. Mais le patron de la NBA a bon espoir d'obtenir les trois quarts des votes nécessaires, de la part des autres propriétaires des Clippers pour exclure le milliardaire. Adam Silver a agi aussi sous pression. Certains n'hésitaient pas à brandir la menace de boycott si des sanctions n'étaient pas prises contre Donald Sterling. Sur Twitter, Magic Johnson, qu'on a récemment vu au Apollo Theater de Harlem à New York défendre la cause des droits civiques, a déclaré: "Les joueurs anciens et actuels de la NBA sont très contents et satisfaits de la décision de M. Adam Silver."

Le chef de la NBA met ainsi fin à une longue histoire entre les Clippers et Donald Sterling qui acheta les San Diego Clippers en 1981 et les fit venir à Los Angeles en 1984. Il se débarrasse aussi d'un propriétaire très controversé et critiqué, mais jamais mis en demeure de quitter le club. Les autres propriétaires du club ont déjà dit qu'ils allaient prendre en compte tout l'historique des propos racistes de Sterling avant de prendre la décision de l'éjecter. Dans l'Amérique du premier président noir de l'histoire des Etats-Unis, Barack Obama, l'épisode des Clippers révèle une nouvelle fois que la question raciale en Amérique est loin d'être résolue. Il n'est plus question, comme lors de la campagne présidentielle de 2008, de société "post-raciale".

Le credo de Sarah Palin en faveur de la simulation de noyade

000_Was1216733Même si elle n'a plus les faveurs de ses congénères du Tea Party comme par le passé, Sarah Palin continue de faire parler d'elle. Le week-end dernier, lors de la réunion annuelle de la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby des armes, la républicaine d'Alaska s'est lâché: "Si j'étais en charge (président), ils sauraient que la simulation de noyade (waterboarding/photo Timothy Clary/AFP) est la manière dont nous baptisons des terroristes."

Comme le rapporte Politico, Sarah Palin en a ajouté une couche lundi soir sur sa page Facebook: "Des actions pour stopper des terroristes qui annihileraient littéralement l'Amérique et trouveraient du plaisir à massacrer nos enfants innocents? C'est clair, je ferais tout ce qui est nécessaire pour déjouer leur complot djihadiste meurtrier, y compris pratiquer la simulation de noyade."

Le Waterboarding, utilisé à 183 reprises contre le cerveau présumé des attentats du 11-Septembre 2001, Khaled Cheikh Mohammed, a été fortement pratiqué au lendemain des attentats de Ground Zero. Cela fait des années que l'Amérique a appris l'étendue de la torture pratiquée par la CIA dans des prisons secrètes où étaient détenus de présumés terroristes. Or certains Américains continuent de croire, malgré le tollé qu'avaient provoqué les révélations sur la simulation de noyade, qu'il s'agit d'un moyen acceptable de traiter des détenus dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. Sarah Palin n'est d'ailleurs pas seule. L'ex-vice-président Dick Cheney, l'ancien patron du Pentagone Donald Rumsfeld ou encore José Rodriguez, chef du Service national clandestin de la CIA sous George W. Bush, plaident tous pour une poursuite de ce qui est considéré par les experts juridiques comme de la torture.

Face à un tel déni de réalité, la déclassification partielle du rapport de la Commission des renseignements du Sénat sur les techniques d'interrogatoire renforcées de la CIA n'en devient que plus nécessaire. Barack Obama, qui a promis de prendre une telle mesure aura-t-il le courage de ne pas caviarder une grande partie des 500 pages du rapport (sur 6300) qui pourraient être rendues publiques? Dans l'optique des élections de mi-mandat, où les démocrates risquent de perdre le Sénat, le président américain pourrait avoir un intérêt à le faire.