Obama agit en faveur du climat

C'est aujourd'hui lundi que Barack Obama va annoncer l'une des mesures les plus spectaculaires en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Il entend, selon des sources proches de la Maison-Blanche, réduire de 30% d'ici à 2030 les émissions de CO2 des centrales à charbon qui produisent encore 40% de l'électricité aux Etats-Unis. Pour le faire, le président américain ne compte pas sur le Congrès, où les climatosceptiques de tous bords ont déjà rejeté la mise en oeuvre d'une bourse de carbone. Il va procéder par voie réglementaire et a demandé à l'Agence fédérale de protection de l'environnement (EPA) d'imposer ces nouvelles normes. Les adversaires d'une politique climatique digne de ce nom ont déjà averti qu'ils utiliseraient tous les moyens légaux possibles pour s'y opposer. La Maison-Blanche peut toutefois se reposer sur une décision récente de la Cour suprême des Etats-Unis autorisant l'EPA à agir ainsi.

Samedi, Barack Obama a donné un aperçu des raisons pour lesquelles il juge désormais nécessaire de prendre le taureau par les cornes. Voici son intervention:

 

Une tragédie à la mise en scène hollywoodienne

La fusillade perpétrée la semaine dernière par Elliot Rodger qui a tué six étudiants de l'Université de Californie et blessé sept autres n'en finit pas de provoquer des remous aux Etats-Unis. Des milliers d'étudiants ont rendu hommage aux victimes dans le stade de l'université. Enième fusillade depuis le début de l'année, la tragédie d'Isla Vista a une visibilité décuplé pour plusieurs raisons. Le tueur, un jeune homme de 22 ans né à Londres, qui s'est suicidé après la fusillade, est le fils du réalisateur hollywoodien Peter Rodger.

La diffusion par Elliot Rodger d'une vidéo dans laquelle il exprime sa haine des femmes, a déjà suscité des réactions très fortes. Les spécialistes en médias se sont étonnés du caractère très hollywoodien de la vidéo, laissant entendre que le tueur fut très influencé par le milieu dans lequel travaillait son père. Le document montre à quel point le jeune homme aurait nécessité un suivi psychologique tant il était habité par la haîne et de profondes frustrations.

La tragédie que les parents d'Elliot Rodger, divorcés, ont tenté frénétiquement d'éviter en se rendant chacun à vive allure en voiture en direction d'Isla Vista pour tenter d'éviter la tuerie après que la mère eut découvert la vidéo funeste de son fils sur YouTube, a également provoqué le coup de gueule d'un père d'une victime. Aujourd'hui, Richard Martinez, père de Christopher Michaels Martinez qui refuse d'accepter la sympathie des politiques et critique vertement le Congrès. Il estime que ces derniers n'ont pas fait leur travail, incapables qu'ils furent de réguler plus sévèrement la possession d'armes aux Etats-Unis depuis la fusillade de Sandy Hook qui coûta la vie à 20 enfants âgés de six à sept ans.

 

Dada réapparaît dans une boîte new-yorkaise

LadyScreenFace_G1A8260Né en 1916 à Zurich, le mouvement dada s’est réincarné la semaine dernière à New York dans le cadre d’un festival intitulé “Zürich meets New York” organisé par le Consulat de Suisse en collaboration avec la Ville et l’Université de Zurich ainsi que l’Ecole polytechnique fédérale (EPFZ), Subversif, le spectacle créé par Giants are Small, une société dont le producteur est le Romand Edouard Gétaz et le metteur en scène l’Américain Doug Fitch, s’est révélé décapant. Des mots pour décrire l’absurde, pour dénoncer la disparition de la sphère privée à la suite des révélations du lanceur d’alerte Edward Snowden qui a mis au jour d’innombrables documents montrant l’étendue des activités de surveillance électronique et téléphonique de la NSA, l’agence américaine nationale de sécurité (NSA). La magie des mots et de l’absurde font merveille dans une salle un peu baroque du Lower East Side, The Box, qui est généralement le théâtre, aux petites heures du matin, de soirées interlopes. Un Cabaret Voltaire version Lower East Side.

LadyScreenFace_G1A8382Quelque temps plus tôt, à la White Box, Clarina Bezzola, actrice alémanique vivant à New York, interpelle les invités. Son visage est un écran de type iPad qui crache des mots de bienvenue et des paroles visant à se connecter à la foule anonyme. En arrière-fond, vêtu de noir et chaussé de lunettes noires, Marc Mueller s’applique à donner à l’événement Dada Bomb, avec son didgeridoo, un air ésotérique venu du fin fond du bush australien. Au mur, les invités se servent d’amuse-gueule transpercés par des piques plantées dans les parois de la White Box.

AnthonyRCostanzo_MG_0087 copyLes phrases paraissent décrire une réalité insaisissable, imaginée. Les gestes paraissent eux-aussi absurdes. Le présentateur en chef de la soirée, Anthony Roth Costanzo, fait virevolter les vocables pour dénoncer les abus de Big Brother. Il parle de “nouvelle conscience” et interroge: “Voulez-vous que ceux qui sont au pouvoir vous dupent?” Il relève le risque de voir l’Etat conserver “les traces de nos pensées”. La presse n’est pas épargnée, car elle est parfois décrite comme faisant partie du système pour valider l’action de l’Etat. Anthony Roth Costanzo cite ainsi un article du jour du New York Time qui évoque la nécessité de “repenser le financement des campagnes électorales”. Dada Bomb rend aussi hommage au poète Hugo Ball en laissant le réalisateur Doug Fitch (photo Sarah Sterner/2014/Giants are Small) incarner une espèce d’Edward aux mains d’argent (film de Tim Burton) qui débite des absurdités sans queue ni tête.

DavidPrum_LittleHeadRoom_G1A8604Puis David Prum (photo Sarah Sterner/2014/Giants are Small), la tête encastrée dans un décor de salon, donne au dadaïsme “new-yorkisé” de nouvelles couleurs qui rappellent ce que fera, dans le ton de l’absurde, Ionesco. Dough Hughes présente, lui, un manifeste qui interpelle tant il remet en question des notions établies. Il déclare ainsi: “Il fut une époque où le futur n’existait pas. (…) Et nous sommes à un millimètre voire même à une milliseconde de l’obsolescence totale, mais nous refusons de le voir.” Et enfin, dans un exercice de semi strip-tease, Anthony Roth Costanzo (photo Carrie Schechter/©2014 Giants Are Small) entonne “La Vie en Rose” d’Edith Piaf, avec sa voie de contre-ténor qui donne à l’événement un caractère surréaliste.

DougFitch_HugoBall_G1A8870Même à New York, devenue plus policée depuis que Rudolph Giuliani et Michael Bloomberg ont présidé à sa destinée, le dadaïsme zurichois version Cabaret Voltaire, apparaît déjanté, livrant une image pour le moins différente d’une Suisse parfois perçue outre-Atlantique comme un pays des banques, des montres et du chocolat incapable de sortir de ses traditions. Manifestement, les Zurichois ont ressorti la “tradition dadaïste” pour en faire un remake adapté au monde d’aujourd’hui. Avec succès.

 

Quelques vidéos du spectacle:

 

 

 

Menacé de prison à perpétuité pour avoir fait des brownies au haschich

213072460Le système judiciaire américain ne cesse de surprendre. Jacob Lavoro (photo AP/Keystone/prison du comté de Williamson), 19 ans, s'est fait arrêter en avril après que la police eut trouvé dans son appartement des brownies et des biscuits au haschich pesant au total 635 grammes. Furent également saisis de l'huile de cannabis et de la marijuana. Ce jeune homme de Round Rock au Texas encourt au pire une peine d'emprionnement à vie pour avoir détenu plus de 400 grammes de substances interdites et au mieux une peine de dix ans de réclusion. Les lois texanes punissent beaucoup plus sévèrement la détention d'extraits résineux que de marijuana. La peine minimale pour détention de cannabis est 20 fois plus sévère que celle appliquée aux cas de détention de marijuana. Or les teneurs en THC ne sont pas forcément plus élevés dans les concentrés que dans la marijuana produite actuellement.

L'absurde ne relève pas que de la menace d'une condamnation à la prison à vie, mais aussi du fait que pour évaluer le crime, la Justice texane ne s'est pas embarrassée de mesurer le seul poids de l'huile de cannabis et le cannabis utilisés. Elle s'est référée au poids des brownies et des biscuits. Jacob Lavoro se trouve ainsi inculpé pour crime de premier degré. De plus, s'il s'était contenté de faire des brownies avec des bourgeons de marijuana, il aurait écopé d'une peine de six mois au minimum et de deux ans au maximum.

Aux Etats-Unis, le cas de Jacob Lavoro a suscité un tollé national. Certains fustigent les graves travers de la guerre contre la drogue menée par l'Etat fédéral et les Etats eux-mêmes. Au Texas, le premier adjoint du procureur du comté de Williamson Mark Brunner est resté inflexible. "En tant que procureurs, nous sommes liés par la loi telle qu'elle est, non pas par la loi telle qu'elle devrait ou pourrait être." Or plusieurs experts pénaux en sont convaincus. Mark Brunner aurait les compétences pour renoncer à chercher à appliquer une sentence totalement disproportionnée par rapport à la faute commise. Pour l'illustrer, il suffit de penser que Jacob Lavoro n'aurait pas subi la moindre condamnation dans le Colorado et peut-être bientôt dans l'Etat de Washington.

La situation de Jacob Lavoro est d'autant plus choquante qu'il n'est pas rare de voir des cas aux Etats-Unis où des conducteurs négligeant ayant tué des piétons qui marchaient normalement sur un passage piétonnier au feu vert s'en sortent avec un emprisonnement minimal. Autre cas plus emblématique encore: se reposant sur les lois de légitime défense appelées "Stand your Ground" ou "Castle Doctrine", des citoyens américains ont pu tuer des gens qui avaient volontairement ou involontairement foulé le terrain de leur propriété sans faire l'object de la moindre enquête. Ces lois permettent à tout invididu qui se sent menacé de mort ou dans son intégrité corporelle d'utiliser son arme à feu pour se protéger. Elles ont donné lieu à des dérives préoccupantes, notamment en Floride où deux jeunes Afro-Américains ont été abattus parce qu'ils auraient représenté une menace. Or le premier, Trayvon Martin, n'était pas armé et le second, Jordan Davis, n'était pas armé, mais écoutait de la musique trop fort dans une voiture garée à une station d'essence.

 

 

Filles enlevées par Boko Haram: les Etats-Unis passent à l’action

212202845Après l'indignation planétaire provoquée par l'enlèvement de plus de 200 jeunes filles enlevées (photo AP/Keystone) par le groupe islamiste radical Boko Haram au Nigéria, après une campagne massive sur les réseaux sociaux et l'appel de plusieurs dirigeants du monde, notamment au Sommet africain de Paris, à agir, le président américain a décidé de mettre les bouchées doubles pour aider à faire libérer les otages.

Selon la Maison-Blanche, les Etats-Unis vont déployer 80 hommes au Tchad, un pays voisin, pour lancer des opérations de surveillance et de reconnaissance au moyen notamment de drones. Participeront à la mission avant tout des membres de l'US Air force. Ils ne vont en revanche pas déployer des hommes sur le terrain au Nigéria pour poursuivre les recherches.

Selon le Washington Post, l'Amérique avait déjà envoyé huit experts à Abuja qui sont venus encadrer une vingtaine de spécialistes américains des renseignements et de la sécurité. Des drones ont déjà été utilisés depuis le 11 mai pour aider les autorités nigérianes à trouver les otages, mais le fait d'avoir une base au Tchad permettra aux membres de l'US Air Force de procéder à des vols de drones beaucoup plus longs. La tâche reste cependant très ardue. Pour le porte-parole du Pentagone John Kirby, c'est comme "chercher une aiguille dans la jungle".

Plus largement, l'enlèvement des 200 filles a suscité une forte mobilisation aux Etats-Unis. La First Lady Michelle Obama ainsi que plusieurs politiques et personnalités ont appelé à la libération des jeunes otages en utilisant le hashtag #BringBackOurGirls. Une partie des républicains n'ont, eux, pas hésité à utiliser la tragédie pour accuser l'ex-secrétaire d'Etat Hillary Clinton d'avoir permis ce type d'enlèvement en refusant à l'époque de placer le groupe islamiste radical sur la liste des organisations terroristes. Aujourd'hui, son successeur John Kerry y a procédé.

 

Barack Obama mérite-t-il désormais le Prix Nobel de la paix?

000_DV613436C’est sans doute la première et la dernière fois qu’ils sont d’accord sur un point: le Prix Nobel de la paix n’aurait pas dû être attribué à Barack Obama (photo AFP) en décembre 2009. En 2011, le secrétaire à la Défense de George W. Bush Donald Rumsfeld, qui soutient aujourd’hui encore la politique de l’administration républicaine en Irak et dans les prisons secrètes de la CIA, où des présumés terroristes ont été torturés, n’avait pas ménagé Barack Obama, estimant qu’il ne méritait pas le Prix Nobel. «Il n’a rien fait», précisait-il. Aujourd’hui, on apprend que l’administration démocrate n’était pas contente que le nouveau patron de la Maison-Blanche soit honoré de la plus haute distinction en matière de lutte en faveur de la paix par le comité du Nobel. Le chef de cabinet de Barack Obama à l’époque, Rahm Emanuel, avait tancé l’ambassadeur de Norvège à Washington, Wegger Stroemmen, explique un diplomate norvégien dans le journal «Dagens Naeringsliv». Une manière de faire comprendre à Oslo qu’un tel prix était, pour le jeune président Obama, un cadeau empoisonné.

La justification du Comité Nobel était simple. Barack Obama est récompensé «pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples», mais aussi pour sa vision, exprimée lors d’un fameux discours à Prague en avril 2009, d’un monde sans armes nucléaires.

Les réactions négatives à ce Prix Nobel de la paix surprise furent considérables aussi bien aux Etats-Unis qu’à travers le monde. En 2009, les Etats-Unis étaient encore engagés sans réserve dans la guerre d’Irak . Une aventure militaire qui a dévasté le pays et mis à mal les relations interconfessionnelles des Irakiens. Les Etats-Unis étaient aussi très actifs dans la plus longue guerre jamais menée par l’Amérique, l’Afghanistan. De plus, le président démocrate émettait déjà des signaux inquiétants en poussant son administration, par le biais de la CIA, à mener une guerre sans merci et surtout secrète contre Al-Qaida à l’aide de drones, notamment en Afghanistan, au Pakistan et au Yémen. Quitte à ce que de nombreux civils en soient les victimes collatérales.

Le Comité Nobel commettait manifestement un acte préemptif visant à influer sur l’action du premier président noir des Etats-Unis. Il ne visait pas à récompenser quelqu’un pour une action passée, mais pour celles que Barack Obama allait accomplir à l’avenir. Une vision sans doute naïve et très politique.

Aujourd’hui, alors que Barack Obama a bien entamé son second mandat à la Maison-Blanche, que faut-il penser du Prix Nobel 2009? A l’époque, le prix n’était pas mérité. Désormais, deux faits plaident en faveur d’une meilleure reconnaissance des efforts en faveur de la paix consentis par l’actuel président américain. Malgré les fortes pressions exercées par les faucons républicains et Israël sur la Maison-Blanche, Barack Obama a refusé jusqu’ici de régler le problème du programme nucléaire iranien de façon simpliste: en bombardant les installations nucléaires iraniennes. Il a même tendu la main à la République islamique de Mahmoud Ahmadinejad tout d’abord, puis d’Hassan Rohani alors que Téhéran figurait, depuis le discours de George W. Bush de 2002, sur l’Axe du Mal. En négociations actuellement à Vienne, les six puissances négociatrices et l’Iran pourraient déboucher sur un accord historique permettant de lever les incertitudes sur la nature civile du programme nucléaire iranien. Rien n’est bien sûr garanti, mais le seul fait de pousser à une solution diplomatique ne peut être qu’à l’honneur du président démocrate.

Le deuxième fait relève de la Syrie. Si une majorité d’Européens semble aujourd’hui fustiger Barack Obama pour ne pas avoir bombardé Damas une fois connues les atroces attaques chimiques contre des civils dans la Ghouta orientale en août 2013, il convient de rappeler deux choses. Malgré l’horreur quotidienne de la guerre civile en Syrie, une initiative diplomatique d’envergure pourrait aboutir ces prochaines semaines: l’évacuation de l’arsenal chimique du régime de Bachar el-Assad. Il reste environ 8% des armes chimiques à évacuer et l’entreprise n’est pas encore sûre d’aboutir. Mais si 100% des armes chimiques du régime de Damas devaient être éliminées, en pleine guerre civile, ce serait un succès diplomatique sans précédent. Absurde face à l’inhumanité insupportable des combats, face à la catastrophe humanitaire et à l’usage récent de chlorine par Damas? Oui, cette initiative diplomatique ne règle rien du conflit et ne change pas la nature même du président Bachar el-Assad. Mais elle a montré qu’en coopérant, Russes et Américains étaient capables de mener à bien un projet que tout le monde disait d’emblée voué à l’échec. Elle véhicule un message relativement fort quant à la volonté de certaines puissances de lutter contre la prolifération d’armes de destruction massive.  L’intelligence de Barack Obama aura été de laisser l’initiative à Vladimir Poutine, s’assurant ainsi que la Russie, malgré son soutien indéfectible à Damas, avait des raisons de faire aboutir le programme d’évacuation des armes chimiques, Crédibilité oblige. Il ne faut pas oublier que  le maître du Kremlin n’a pas, contrairement à la légende, rempli le vide qu’aurait laissé Barack Obama. Cela faisait plus d’un an, depuis le G20 du Mexique en 2012, qu’Américains et Russes parlaient d’une telle possibilité.

Bombarder le régime de Bachar el-Assad n’aurait en rien mis un terme à la guerre civile en Syrie. Une telle action aurait d’ailleurs sans doute torpillé les chances de négocier un accord avec Téhéran sur le nucléaire.

Reste enfin l’Ukraine. Là aussi, Barack Obama est accusé d’être faible. L’exemple cité par les républicains comme modèle d’un vrai leader? Vladimir Poutine. On peine à y croire. Or si le président démocrate a agi avec prudence, c’est non seulement pour montrer que la vision de l’Amérique et du monde qu’il défend s’inscrit dans un concept auquel il n’a cessé de croire: l’Etat de droit, mais aussi pour indiquer qu’une intervention militaire musclée dans «l’étranger proche» de la Russie, où Washington n’a pas d’intérêts nationaux directement en jeu, était non seulement contre-productive, mais aussi susceptible de couper définitivement les ponts avec une Russie avec laquelle il a pourtant tenté de coopérer.

Ceux qui ont critiqué Barack Obama en 2009 sont-ils aussi ceux qui demandent à ce que l’Amérique intervienne en Syrie? Aujourd’hui, Barack Obama semble répondre, par ses actes, davantage aux critères du Comité Nobel pour apparaître comme un président agissant en faveur de la paix. Même dans l’impossible dossier israélo-palestinien, où son administration s’est cassé les dents, il a tenté une initiative diplomatique intense qui pourrait peut-être, à terme, porter ses fruits.

Barack Obama mérite-t-il dès lors le Prix Nobel de la paix? En termes relatifs, sans doute. Cela ne signifie pas que le président des Etats-Unis soit un pacifiste. Sa retenue sur la scène internationale s’explique par le réalisme politique qui l’anime ainsi que par une appréciation personnelle de la complexité des affaires du monde. Certains y verront une forme de défaitisme de l'Amérique, qui n'est plus prête à jouer unilatéralement les gendarmes du monde. Or aucun président, au cours des 20 dernières années, n’avait autant revisité le rôle de l’Amérique dans un monde multipolaire, où de nouvelles grandes puissances ont émergé. A voir comment le maître du Kremlin conçoit désormais les relations internationales ou comment la Chine tente de dicter ses désirs aux puissances moyennes asiatiques, le président américain semble mener une politique raisonnable. Dans un monde aussi complexe, la diplomatie, davantage que la force militaire sans stratégie, est privilégiée par la Maison-Blanche. Les mauvaises langues choisiront bien sûr la dernière bavure de drones américains pour contester une telle appréciation. Elles auront raison sur un point: Barack Obama reste le président de la première puissance mondiale. Mais celui-ci aura au moins su modérer l’expression de sa puissance militaire.

 

 

Les touristes américains boudent la Russie

32891995C'est l'une des conséquences les plus directes de la crise en Ukraine et de la manière dont le président russe l'a gérée jusqu'ici. Le nombre de touristes américains censés se rendre en Russie en vacances cette année devrait chuter de 30% en raison de l'instabilité de la région et de la politique très décriée du maître du Kremlin face à son voisin ukrainien. Cela tombe mal. Selon le New York Times, en 2013, quelque 200 000 Américains se sont rendus en Russie. Depuis 2008, c'est l'afflux le plus massif jamais enregistré par la Russie.

Pour Saint-Péterbourg (photo Dmitry Lovetsky/AP/Keystone), les effets de la crise pourraient être douloureux. La capitale culturelle de la Russie vient de voir s'achever un hôtel de grand standing, le Four Seasons, un nouvel opéra pour le Théâtre Mariinsky et un musée des oeufs Fabergé flambant neuf. Comme le relève le New York Times, le Département d'Etat a mis en garde les ressortissants américains contre tout risque de hausse de l'anti-américanisme en Russie et conseillé aux voyageurs d'éventuellement revoir leurs plans de vacances. Dans la ville qui accueille le célèbre musée de l'Hermitage, 50% des réservations ont été annulées. Certains voyagistes tentent de corriger le tir en annonçant sur leur site internet qu'il est tout à fait sûr de voyager en Russie aujourd'hui, même si on est Américain. Les grandes sociétés de croisières ont changé aussi leurs itinéraires, renonçant à s'arrêter à Odessa, le long de la mer Noire.

De fait, les Américains ne sont pas des grands amateurs de voyages en Russie. Selon les Nations unies, ils ne représentent que 1% du total. Cela s'expliquerait par le fait qu'ils ont besoin d'un visa, que les hôtels sont chers et peu accessibles à la classe moyenne et enfin qu'ils seraient encore sous l'emprise de souvenirs négatifs de la Guerre froide, quand l'Union soviétique, avec sa puissance nucléaire, défiait les Etats-Unis. Ce qui pourrait faire changer les choses? L'hôtel Four Seasons de Saint-Pétersbourg appartient en partie au fils d'un proche de Vladimir Poutine, Vladimir Yakounin.

 

Le Washington Monument, un symbole réparé

000_173150038C'est le monument le plus connu et le plus visible de Washington: le Washington Monument (photo Mark Wilson/Getty Images/AFP et le philanthrope David Rubenstein). Il a été endommagé en été 2011 lors d'un (rare) tremblement de terre qui a légèrement secoué la capitale américaine. Fermé pendant 33 mois pour réparation, il rouvre ses portes aujourd'hui lundi.

L'édifice, qui fut construit en honneur du premier président des Etats-Unis George Washington, mesure 169 mètres de haut. En 2011, près de 150 fissures sont apparues après le petit séisme de 5,8 sur l'échelle de Richter qui avait secoué la capitale et forcé des milliers d'employés des offices fédéraux et même de la Maison-Blanche à sortir de leurs bureaux. Les ingénieurs qui se sont chargés de la rénovation du monument, dont le coût est estimé à 15 millions de dollars et que le philathrope David Rubenstein supporte pour moitié, ont passé tout en revue et bouché également les fissures dues à l'eau et aux intempéries.

L'édifice, sur le National Mall, fut construit en deux étapes: en 1848 et 1884 et eut l'honneur d'être, l'espace de cinq ans, le monument le plus haut du monde avant d'être supplanté par la Tour Eiffel. A y regarder de près, on y voit une différence dans la pierre utilisée. Du marbre de remplacement a été trouvé dans une carrière du Maryland. Un ascenseur est à nouveau en fonction pour mener les visiteurs au sommet de l'édifice.

Salaire minimum: Romney vient à la rescousse d’Obama

000_Was7365185C'est plutôt un soutien inattendu. Interviewé par la chaîne de télévision américaine MSNBC, qui se situe à gauche du spectre politique, le candidat malheureux à la Maison-Blanche de 2012, le républicain Mitt Romney (photo Nicholas Kamm/AFP), s'est dit favorable à une hausse du salaire minimum aux Etats-Unis. Celui-ci se situe actuellement au niveau fédéral à 7,25 dollars de l'heure. Le président démocrate Barack Obama en a fait un objectif politique de l'augmenter à 10,10 dollars. Mais il a subi voici quelques semaines une première défaite. Les démocrates du Sénat n'ont pas réussi à éviter une "flibuste" d'un projet de loi pourtant accepé par 54 des 100 sénateurs. Mais il en fallait 60 pour éviter un blocage des républicains.

Le thème va dominer les débats politiques de la campagne électorale à venir dans l'optique des élections de mi-mandat en novembre prochain. Le républicain Mitt Romney n'a toutefois pas précisé le niveau de la hausse qu'il jugeait nécessaire. Une majorité d'Américains sont favorables à une augmentation du salaire minimum. Plus d'une dizaine d'Etats l'ont augmenté récemment. Pour motiver leur refus, les républicains reprennent à leur compte une évalutation du Congressional Budget Office, un organisme non-partisan du Capitole qui estime qu'une hausse à plus de 10 dollars pourrait "coûter" quelque 500 000 emplois. Dans le même temps, l'organisme en question relève que l'augmentation en question permettrait d'extraire 900 000 travailleurs de la pauvreté.

Monika Lewinsky se dévoile dans Vanity Fair

639200Elle s'exprime dans Vanity Fair 19 ans après les faits. Monika Lewinsky (photo Charles Rex Arbogast/AP/Keystone), la stagiaire de la Maison-Blanche avec laquelle le président Bill Clinton a eu une aventure, a décidé de revenir étaler l'affaire en public. Aux yeux de l'épouse de l'ancien vice-président républicain Dick Cheney, Lynne, c'est un complot de l'ex-secrétaire d'Etat et ex-First Lady Hillary Clinton qui aurait demandé à Monika Lewinsky de reparler de cet épisode qui a poussé une partie du Congrès à voter la destitution du président américain. Cela lui permettrait d'évacuer un problème qui pourrait resurgir en pleine campagne présidentielle si Hillary Clinton se lance dans la course à la Maison-Blanche. D'autres avancent que l'ex-stagiaire qui n'a pas réussi à vraiment relancer sa carrière, serait en manque de visibilité.

Voilà ce que dit Monica Lewinsky, âgée aujourd'hui de 40 ans: "Oui, mon chef (Bill Clinton) a profité de moi, mais je reste ferme sur ce point: c'était une relation consentante. Tout "abus" est venu après quand j'ai été un bouc émissaire pour protéger son poste d'homme de pouvoir. " Elle déplore que l'administration Clinton, mais aussi les partis démocrate et républicain ainsi que les médias l'aient tous clouée au pilori. Monika Lewinsky avoue que l'affaire lui porte préjudice aujourd'hui encore dans le domaine professionnel. Elle n'en veut toutefois pas à Hillary Clinton qui l'a récemment qualifiée de "narcissique".

Dix ans de silence. Aujourd'hui, Monika Lewinsky regrette le scandale. Elle relève que le suicide d'un jeune étudiant humilié pour avoir été filmé par une webcam en train d'embrasser un jeune homme, l'a bouleversée. Sa mère avait même peur qu'elle commette le même type d'acte. Car c'est elle, précise la quadragénaire, qui a été l'une des premières personnes à être humiliée "globalement" sur la Toile.