Les Twin Towers naviguent dans le Golfe

Tout un symbole. Mardi, le navire USS New York a quitté son port d'attache de Norfolk en Virginie pour naviguer vers sa Uss New Yorkpremière mission. Il va opérer dans le golfe Persique, à proximité du détroit d'Ormuz, dans le détroit d'Oman, la mer d'Arabie ainsi que dans la Méditerranée. Il doit pouvoir déployer des Marines équipés de moyens amphibies dans les plus brefs délais. On le voit ci-contre remonter l'Hudson River à New York lors de l'une de ses premières sorties en novembre 2009 (photo Shannon Stapleton / Reuters).

Le navire va combattre le terrorisme ou les menaces terroristes qui pourraient naître au Moyen-Orient et qui seraient ciblées contre les Etats-Unis. Une telle mission est dans ses gènes, ou plutôt dans sa coque. La proue de l'USS New York est constituée de 7,5 tonnes d'acier héritées des débris du World Trade Center après les attentats du 11 septembre 2001.

 

Sa devise: "La force forgée par le sacrifice. N'oubliez jamais." Recycler ce qui a été détruit par les terroristes pour combattre le terrorisme. On peut se demander si le navire n'a pas une âme.

“Tellement de haine de la part du président”

Difficile de mesurer l'impact qu'aura d'ici à l'élection présidentielle l'affaire Trayvon Martin. Mais elle est en train d'exacerber les clivages de l'Amérique, entre conservateurs et libéraux (gauche), Noirs et Blancs, Noirs et Hispaniques. Robert Zimmerman, père du meurtrier du jeune Noir Trayvon Martin, s'est exprimé pour la première fois en public à la télévision Fox News, visage caché. Preuve que l'affaire tourne au vinaigre, il s'en est pris directement au président des Etats-Unis: "Je n'avais jamais prévu autant de haine de la part du président [Obama], du caucus noir du Congrès, de la NAACP [qui défend les gens de couleur]." Une simple juxtaposition des interventions de Robert Zimmerman et de Barack Obama suffit à démonter l'argumentaire du premier:

 

Et la déclaration de Barack Obama dans le Jardin rose de la Maison-Blanche où il témoigne de sa compassion pour les parents de la victime Trayvon Martin:

 

Un combat nauséabond

La mort de Trayvon Martin, jeune Noir de 17 ans tué à bout portant par une autre jeune Blanc, George Zimmerman, 28 ans, est désormais l'objet d'un combat idéologique nauséabond entre la gauche et la droite. Le site conservateur Daily Caller vient de publier 152 pages de tweets envoyés par la victime Trayvon Martin. L'idée derrière cette publication est de montrer la "vraie nature" du défunt. Dans l'un des tweets, le jeune Noir semble brandir un doigt d'honneur. Sur un autre, on y voit un tatouage. Avec sa capuche et son tatouage, semble-t-on dire implicitement, Trayvon Martin n'était pas net. La méthode confine au délit de faciès. Fox News s'est emparé de l'affaire pour fustiger les bien-pensants.

A gauche, MSNBC a aussi bondi sur l'affaire pour dénoncer le fait que l'auteur de la tuerie n'est toujours pas arrêté. La chaîne de TV s'étonne que la droite conservatrice publie les tweets de la victime pour le salir au lieu d'exhorter les autorités à mener une enquête sur les circonstances du meurtre. Le commentateur Lawrence O'Donnell assène des vérités avec l'arrogance de celui qui croit tout savoir. De fait, tout le monde parle du cas, mais personne n'a des faits concrets, même si en apparence, ces mêmes faits semblent accablants pour le meurtrier Zimmerman.

Dans l'affaire, un nouvel épisode est venu brouiller les cartes. ABC News a publié une vidéo qui relance les spéculations sur la  mort de Trayvon Martin. La vidéo correspond à la séquence filmée par les caméras de surveillance au poste de police de Sanford, au centre de la Floride. Elle montre George Zimmerman avec les menottes, mais sans blessure apparente, sans hématomes ou tuméfactions. Le jeune homme paraît dans un état physique normal qui ne correspond pas aux déclarations qu'il a faites à l'issue de la tuerie. Il avait déclaré que le jeune Noir, Trayvon Martin, s'était précipité sur lui par derrière et lui avait frappé la tête au sol. C'est pour se défendre que George Zimmerman aurait tué à bout portant Trayvon Martin. Le plus étonnant, c'est que la police l'avait bien arrêté peu après les faits, mais n'a visiblement pas jugé le coupable présumé suffisamment coupable pour le maintenir en détention.

 

 

La capuche fait son entrée au Congrès

L'affaire Trayvon Martin, ce jeune Noir de 17 ans tué à la fin de février par balle par un jeune Blanc de 28 ans, George Zimmerman, n'en finit pas de rebondir.

Le représentant démocrate de l'Illinois Bobby Rush, en plein discours devant la Chambre des représentants, a enlevé sa veste, mis sa capuche sur la tête et chaussé ses lunettes de soleil. Un geste de solidarité en l'honneur de Trayvon Martin, qui portait une capuche au moment où il a été abattu. Bobby Rush demandait qu'une vraie enquête soit menée sur les circonstances du meurtre.

Les responsables du Congrès n'ont pas beaucoup aimé. Il ont prié l'élu de quitter la salle. On attend désormais le prochain épisode.

 

Mitt Romney obtient l’appui de l’establishment

Ils ont mis le temps, mais finalement ils l'ont fait. L'ex-gouverneur de Floride Jeb Bush a laissé longtemps Mitt Romney mariner dans l'incertitude en refusant de lui apporter son soutien. Ce manquement fut particulièrement mal vécu lors de la primaire de Floride. Mais il y a quelques jours, Jeb Bush est enfin venu apporter son appui à Mitt Romney.

 Rubio

Aujourd'hui, George Bush père et Marco Rubio (photo Hans Deryk/Reuters), le bouillant républicain de Floride, se rangent derrière Mitt Romney, lequel est largement en tête de la course à l'investiture républicaine. On attend encore George W. Bush, mais là, vu l'image négative qui est encore liée au prédécesseur de Barack Obama, il n'est pas sûr que son mot d'ordre en faveur de Romney serait favorable au candidat.

L'appui de Marco Rubio est, lui, beaucoup plus important. Nombreux sont ceux qui le voient sur le ticket de Mitt Romney pour convoiter la vice-présidence des Etats-Unis si l'ex-gouverneur du Massachusetts est élu à la Maison-Blanche le 6 novembre. Ce serait un ticket inédit pour l'Amérique. Mitt est mormon et Marco Rubio le fut un moment dans sa jeunesse. Le calcul de Romney serait de miser sur Rubio pour reconquérir le vote hispanique malmené ces jours-ci par les républicains. Mais si Rubio est très populaire en Floride, il est loin de ratisser très large dans la communauté hispanique ailleurs dans le pays.

L’ObamaCare passionne l’Amérique

De lundi à mercredi, la Cour suprême des Etats-Unis se penche sur la réforme de la Santé de l'administration Obama dans un marathon juridique de 6 heures. Le point le plus crucial est de savoir si l'obligation de contracter une assurance-maladie, prévue par l'ObamaCare, est constitutionnelle.

SC SantéDevant la Cour suprême à Washington (photo Alex Wong/Getty Images North America/AFP), opposants et partisans de la réforme avancent quotidiennement leurs arguments. Le sujet interpelle toute l'Amérique. Il suffit de lire les commentaires de lecteurs pour s'en convaincre. Le Washington Post a ainsi organisé un forum sur son site Internet. La réforme de la santé menée par Barack Obama a déjà suscité plus de 5000 commentaires. Certains montrent à quel point imposer le mandat individuel (l'obligation d'acheter une assruance-maladie) risque de créer un dangereux précédent. "On pourrait nous imposer d'acheter des broccolis", La comparaison assurance-maladie/broccolis fait florès dans le débat.. Voici un petit florilège de réactions:

"106 milliards de dollars de soins ont été consommés par les personnes qui n'étaient pas assurées en 2011. Ce montant pourrait bien monter à 120 milliards cette année. C'est bien plus que les 1000 milliards de dollars en dix ans (coût estimé de la réforme). Qui paie pour cela? Vous et moi."

"Les démocrates ont adopté la même réforme de la Santé que celle que les républicains ont proposée voici 20 ans. Pourquoi ces derniers la jugent-ils désormais unconstitutionnelle? Ils l'ont proposée durant les années Clinton, une réforme proche de celle que Mitt Romney (favori à l'investiture républicaine et ex-gouverneur du Massachusetts ayant approuvé une réforme semblable à celle d'Obama) a mise en place. Ne vous inquiétez pas, quand Obama gagnera la présidentielle 2012 et que les deux Chambres du Congrès seront conquises par les démocrates, nous aurons le système de santé que les démocrates voulaient: une caisse unique. Nous nous en porterons mieux."

"En quoi le plan (Obama) rend-il la couverture santé plus abordable? Le coût moyen d'un check-up de 15 minutes chez le médecin coûte 250 dollars. Ce n'est qu'un début. La bureaucratie dans le système de santé est hors de contrôle et est en train de le tuer. Alors rajouter une couche de bureaucratie, à quoi bon?"

"Tout Américain doté d'une assurance-maladie paie 1000 dollars de plus par an en raison du fait que d'autres Américains ne sont pas assurés."

"Ce serait hallucinant de mettre l'assurance-maladie avant la liberté. Imaginez simplement combien de personnes devraient mourir pour reconquérir cette même liberté une fois qu'elle est perdue et ceci, sans garantie de succès. Si vous attachez de l'importance à la vie humaine, vous comprenez alors que la liberté est toujours prioritaire, car sans elle, il n'y a ni paix, ni justice."

Selon les derniers sondages, 47% des Américains refuseraient la réforme d'Obama, 36% l'approuveraient et 16% sont indécis. Ces chiffres doivent être mis en perspective: plus de 84% des Américains sont assurés et ne voient pas l'intérêt d'un changement. Mais sans la réforme 50 millions, voire plus, resteront sans assurance. En termes de gestion des coûts qui représentent 17% du PIB américain, c'est la pire option. Les non-assurés ont tendance à attendre le dernier moment avant de se faire soigner. Et ils attérissent souvent aux urgences où les traitements sont beaucoup plus onéreux.

Affaire Trayvon Martin: le problème Skittles

Ces derniers jours, la friandise Skittles (photo Allison Joyce / Getty Images North America/AFP) a été vue partout, en Floride lors de rassemblements de plusieurs milliers de personnes Skittlesdénonçant la justice à deux vitesses dans l'affaire Trayvon Martin, ce jeune Noir de 17 ans tué par balle le 26 février dernier par un jeune Blanc de mère hispanique, George Zimmerman. On l'a aussi vue lors de manifestations à New York. La société Rashaun Collin, qui fabrique des T-shirts, met un paquet de Skittles dans chaque commande, rapporte le New York Times. A l'Université Spelman d'Atlanta, longtemps fréquentée par des Afro-Américaines, les étudiants ont acheté en masse des Skittles pour les revendre un peu plus cher et verser le bénéfice à la famille de Trayvon Martin.

Wrigley, qui fabrique Skittles, aurait de quoi se frotter les mains. Les ventes de Skittles explosent. Or tout n'est pas si simple. Les responsables du marketing ont décidé de garder profil bas afin de ne pas donner l'impression de profiter du malheur des autres. Mais cela n'a pas suffi. Sur Twitter, des messages laissent entendre que Wrigley profite de la mort de Trayvon Martin et qu'elle doit contribuer à soutenir la lutte contre le racisme et la pauvreté. Le retour de flamme est déjà une réalité dans certains milieux. Certains Afro-Américains demandent déjà de boycotter Skittles tant que Wrigley ne fait pas un don pour la cause.

En bref, Wrigley est dans une impasse. Si elle fait un don, il ne sera peut-être jamais suffisant. Si elle parle, elle pourrait vite laisser croire qu'elle profite de l'affaire Trayvon pour favoriser ses ventes.

Il est des événements dont l'impact est décidément inattendu.

Gingrich, l’égocentrique qui n’abandonne jamais

GingrichLes fonds du milliardaire de Las Vegas Sheldon Adelson n'auront pas suffi. L'ex-président de la Chambre des représentants, Newt Gingrich (photo avec son épouse Callista/WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES/AFP) n'a plus d'argent pour poursuivre la course à l'investiture républicaine. Alors il tranche dans son équipe, réduisant ses effectifs d'un tiers et se débarrassant de son directeur de campagne.

Egocentrique, populiste, proche du Tea Party, le Géorgien Newt Gingrich est considéré par certains comme un beau parleur. Fort de son doctorat en histoire, il croit toujours mieux comprendre les défis du présent et de demain grâce à sa profondeur historique dont il a fait profiter, comme consultant, Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants du crédit hypothécaire. Sa maîtrise de l'économie et du marché reste relative. Il proposait voici peu de fixer le prix du gallon (3,89 litres) d'essence à 2,5 dollars pour mieux souligner l'échec du président Obama qui n'arrive pas à arrêter l'augmentation du carburant.

A court d'argent, on aurait pu penser que le co-auteur du Contract with America, ce programme qui avait permis aux républicains de reconquérir la Chambre des représentants après des décennies dans la minorité sous l'ère Bill Clinton, aurait songé à se retirer des primaires républicaines. Ce n'est pas son style.

Dans une chronique au vitriol dans le New York Times, Frank Bruni invite l'ex-élu, qui prétend n'avoir rien à voir avec l'establishment de Washington, à abandonner le combat. Il invite les autres médias à boycotter ses meetings, il implore Fox News et CNN de fermer leurs portes au conservateur et populiste Gingrich. Il appelle à laisser celui qui est loin derrière Mitt Romney et Rick Santorum en termes de nombres de délégués, dans un anonymat qui lui sied si mal.

Le retour de manivelle est brutal. Depuis janvier, Newt Gingrich n'a cessé de fustiger les médias "libéraux" qui feraient campagne pour la réélection d'Obama et distordraient la réalité des faits.

Herman Cain, la peur d’être oublié

L'ex-patron de Godfather's Pizza et ex-candidat à l'investiture républicaine Herman Cain n'aime pas l'anonymat. Après avoir animé la campagne électorale avec son slogan 9-9-9 (nine, nine, nine, une formule pour simplifier l'imposition fiscale) qui a eu le mérite de mettre une touche d'humour dans les primaires, il revient sur le devant de la scène. Mais cette fois avec une publicité pour le moins bizzare visant à fustiger la politique de l'administration Obama qui serait nuisible aux petites et moyennes entreprises. L'atmosphère y est lourde, une jeune fille demande "Any question?". On se croirait dans un film au coeur des années 1970 dans le Nord déprimé de l'Angleterre.

 

Pour sa démonstration, le candidat républicain, qui a dû se retirer de la course à l'investiture en raison d'accusations de harcèlement sexuel, utilise un lapin qui est propulsé dans le ciel au moyen d'une catapulte. L'animal est ensuite abattu comme lors d'un tir au pigeon. La vidéo a fait scandale auprès des associations de protection des animaux. Youtube l'a retirée quelque temps. Elle est à nouveau visible. Mais il n'est pas sûr que le message d'Herman Cain pour simplifier les impôts aux Etats-Unis soit bien passé auprès des Américains qui adorent les animaux. Quant à Herman Cain, il s'est défendu d'avoir fait le moindre mal à un lapin: "C'était un jouet"

Une version plus soft, mais tout aussi bizarre  a été mise sur Youtube:

 

 

 

Suivre le débat “historique” de la Cour suprême

Supreme CLa Cour suprême des Etats-Unis va sans doute s'emparer du cas 11398, à savoir de la loi découlant de la réforme de la Santé adoptée par le Congrès en 2010 et promue par le président Barack Obama. Lundi, devant la bâtisse de la Haute Cour, non loin du Capitole, des centaines de personnes manifestaient pour (photo: Jonathan Ernst/Reuters) ou contre l'Affordable Care Act. Principal pourfendeur de la réforme, le candidat ultraconservateur à l'investiture républicaine Rick Santorum a fait une brève apparition pour fustiger l'ObamaCare et pour rappeler que son principal rival républicain, Mitt Romney, avait permis au Massachusetts d'adopter le même type de réforme quand il était gouverneur de cet Etat de la Nouvelle-Angleterre.

Aujourd'hui mardi, la journée sera cruciale puisque les neuf juges de la Cour traitent de la constitutionnalité du mandat individuel, cette obligation de contracter une assurance maladie qui faisait défaut à 50 millions d'Américains avant la réforme et à 18 millions de citoyens après. Pour se faire une idée des arguments déployés devant la Cour suprême, consultez C-SPAN qui n'a pas pu filmer les débats, mais les a enregistrés.