Romney, un “danger pour le Moyen-Orient”

En matière de politique étrangère, le très probable rival républicain de Barack Obama dans la course à la Maison-Blanche, Mitt Romney, inquiète ses propres conseillers qui, pour reprendre l'expression de l'un d'eux, s'arrachent les cheveux. Récemment, l'ex-gouverneur du Massachusetts a déclaré que la Russie était l'ennemi numéro un de l'Amérique. Oubliée la remise des compteurs à zéro (reset buton) entre les deux pays, oublié le fait que la Guerre froide est terminée. Contrairement à d'anciens secrétaires d'Etat et à la Défense tels que George Schultz, James Baker ou encore Henry Kissinger, il plaidait aussi contre l'adoption par Washington du nouveau Traité Start de réduction des armes stratégiques en 2010. Or sans ce traité qui arrivait à échéance, tout le système de vérification réciproque se serait effondré. Le récent boycottage du sommet du G8 à Camp David par le nouveau président russe Vladimir Poutine semble apporter de l'eau au moulin de Mitt Romney. Mais les choses sont plus complexes.

La Russie n'est pas le seul dossier de politique étrangère où Mitt Romney provoque régulièrement des sueurs froides aux diplomates américains. A propos de l'Iran, le républicain prône une politique qui n'a rien à envier aux néoconservateurs tels que John Bolton. Quant au Moyen-Orient, sa vision est loin de convaincre le candidat à la présidentielle égyptienne et ex-secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa. Christiane Amanpour l'a interviewé sur CNN:

Obama et le mariage gay, un long parcours

Depuis qu’il a déclaré lors d’une interview sur ABC qu’il était favorable au mariage homosexuel, le président américain Barack Obama continue de faire l’objet des commentaires les plus divers. En ce sens, Newsweek a versé de l’huile sur le feu en titrant en une “The First Gay President”. Le journaliste d’origine britannique Andrew Sullivan salue ce moment historique. A ses yeux, Obama fait ainsi de la présidentielle de novembre une élection de valeurs, de choix et non un référendum sur la situation économique du pays.

Il y a bien sûr des raisons d’opportunité qui peuvent expliquer l’apparent revirement de Barack Obama qui pensait jusqu’ici que les unions civiles étaient suffisantes pour garantir l’égalité des droits des homosexuels. 65% des démocrates soutiennent désormais cette évolution contre 22% chez les républicains. Et les indépendants sont maintenant 57% à y être favorables. Mais pour Andrew Sullivan, blogueur homosexuel caustique qui fut longtemps à droite avant de virer à gauche, un autre phénomène l’explique. Barack Obama, enfant noir élevé par des grands-parents blancs et une mère blanche à Hawaï et en Indonésie a dû à un certain moment chercher à découvrir son identité noire et se réconcilier avec sa famille blanche. Les gays qui grandissent dans un milieu hétérosexuel doivent un jour ou l’autre se réconcilier avec leur famille hétérosexuelle. Un processus d’identification similaire.

La communauté gay estime qu’il a fallu du temps au président américain pour prendre une telle décision. En réalité, selon Sullivan, il a appris de Bill Clinton en évitant d’aborder la question frontalement. C’aurait été un échec. Il a adopté une lente stratégie en incitant l’amiral Mike Mullen et le secrétaire à la Défense précédent Robert Gates à appeler au changement et à l’abolition de la loi “don’t ask don’t tell” qui autorisait les homosexuels à aller à l’arméé à la condition qu’ils ne révélaient pas leur orientation sexuelle. Et puis il y eut le discours, à Genève, devant le Conseil des droits de l’homme, de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton en faveur de l’égalité des droits pour les homosexuels, un discours qui surprit tous les journalistes sur place.

Le sujet n’en finit néanmoins pas de faire des vagues. Invité de Conan O’Brien, l’animateur de TV Bill Maher s’en fait l’écho:

La fin du bipartisme n’est pas pour demain

Démocrates et républicains ont démontré au cours des deux dernières années qu'ils n'étaient plus en mesure de coopérer pour le bien du
pays. Les interminables débats sur le rehaussement du plafond de la dette américaine, en 2011, ont été sans doute l'exemple le plus parlant de l'échec de l'esprit "bipartisan" que Barack Obama souhaitait faire souffler sur l'Amérique au lendemain de son élection.  Buddy Roemer

Face aux blocages politiciens de Washington, une organisation à but non lucratif, Americans Elect, a lancé un processus inédit visant à désigner via Internet un candidat n'étant ni démocrate, ni républicain pour la course à la Maison-Blanche. Après un processus de deux ans, Americans Elect doit faire un constat d'échec. L'organisation ne trouve pas un candidat ayant le profil pour la présidence des Etats-Unis. 

Pour passer sous les fourches caudines des membres du Conseil d'administration d'Americans Elect, les candidats intéressés devaient passer la rampe des 10 000 votes glanés sur Internet dans au moins dix Etats. Le favori de cette course électorale sur Internet se nomme Buddy Roemer (photo AFP). Ex-gouverneur de Louisiane, il n'a récolté que 6000 voix. Un candidat a bien frôlé la barre des 10 000 votes: Ron Paul. Problème: il est toujours candidat à l'investiture républicaine, bien qu'il vienne d'annoncer qu'il ne menait plus campagne.

Les ouvrières agricoles sexuellement abusées

Eleanor Roosevelt va se retourner dans sa tombe. L'ex-First Lady et épouse du président Franklin Delanoe Roosevelt, qui présida la première session de la Commission des droits de l'homme créée en 1946 et qui contribua à l'élaboration de la Déclaration universelle des droits de l'homme serait sans doute choquer par le rapport que publie aujourd'hui Grace Meng, chercheuse au sein du programme "Etats-Unis" à Human Rights Watch.

Le document de 95 pages révèle que des centaines de milliers de femmes et de jeunes filles ouvrières agricoles immigrées aux Etats-Unis encourent un risque élevé de violence sexuelle sur leur lieu de travail. Enquêtant auprès de 160 personnes, des ouvrières agricoles, des avocats, des membres de l'industrie agricole voire même des policiers, Human Rights Watch montre à quel point les employeurs, basés en Californie, en Caroline du Nord et dans l'Etat de New York, profitent du statut précaire voire illégale des ouvrières agricoles pour les harceler ou les abuser sexuellement. Ces dernières déclarent avoir été victimes de viols, attouchements, scènes d'exhibitionnisme ou de propos vulgaires et obscènes.

Le Sénat américain débat toutefois toujours de la nécessité ou non de proroger la loi contre les violences faites aux femmes. Une adoption rapide de cette disposition permettrait de garantir une protection renforcée à ces ouvrières agricoles. Les problèmes d'abus sexuels relèvent aussi d'une loi sur l'immigration déficiente. Grace Meng le déplore:  "Chaque jour où il s'abstient d'adopter la réforme de l'immigration, le Congrès expose davantage d'ouvrières agricoles au risque d'abus sexuels."

 

Connaître Obama à travers sa mère

Elle est décédée à l'âge de 53 ans d'un cancer de l'utérus. Stanley Ann Dunham, qui deviendra Stannie Ann à l'université, puis Ann Obama et enfin Ann Sutoro, a joué un rôle essentiel dans la vie du 44e président des Etats-Unis, explique dans le Washington Post David Maraniss, qui va publier en juin prochain un ouvrage qui pourrait faire du bruit: Obama: The Story.

Docteure en anthropologie, polyglotte parlant le bahasa indonésien et capable de travailler en ourdou, hindi, javanais, français et latin, elle entretenait une relation compliquée avec Barack Obama qu'elle appelait tantôt Barry, tantôt Bar. Elle passa la plus grande partie de sa vie hors des Etats-Unis. Barack Obama a joué un rôle protecteur, raconte-il dans ses Mémoires. Mais il a aussi dû s'en affranchir. David Maraniss évoque les difficultés d'identité de la mère, du fils Barack Obama et de la fille Maya. L'actuel président passa la plupart de son adolescence sans sa mère, mais avec ses grands-parents à Honolulu. Pour le biographe, il ne fait pourtant aucun doute: la mère de Barack Obama a contribué fortement à déterminer l'essence du président démocrate.

Ce dernier le lui rend bien dans cette vidéo tournée par sa campagne électorale. Sa mère lui a enseigné les valeurs du travail dur et de la responsabilité, mais aussi de la compassion et de l'empathie. Sa grand-mère, raconte Barack Obama, "était très différente de ma mère. Elle était stoïque, avec ses racines du Kansas".

 

 

Hillary Clinton, une femme libre

Quand il est question de politique, seules les femmes suscitent des commentaires quant à leur tenue vestimentaire. Personne ne semble intéressé par l'apparence des hommes politiques tels que l'obèse Chris Christie, gouverneur du New Jersey, ou le sénateur du Kentucky Rand Paul, qui porte souvent des costumes disparates avec d'étonnantes cravates et surtout des chaussures usées qui datent. Les femmes en revanche sont constamment scrutées. Les Suisses se souviennent des éternels commentaires sarcastiques sur la coupe de cheveux de la cheffe de la diplomatie suisse Micheline Calmy-Rey. Elle-même savait d'ailleurs en jouer en traversant le 38e parallèle entre les deux Corées avec des chaussures à croix blanche. La chancelière allemande Angela Merkel fait sans doute partie des exceptions, mais pas Hillary Clinton.

La secrétaire d'Etat américaine a entrepris un grand voyage diplomatique voici quelques jours en Asie: Chine, Bangladesh, Inde… Les commentateurs de télévision ont cependant moins évoqué la crise diplomatique qu'elle devait résoudre à Pékin au sujet du dissident Chen Guangchen que son apparition sans maquillage, avec des lunettes et sans une coiffure particulière à Dacca au Bangladesh.

 

Sur CNN, Hillary Clinton, 64 ans, a malgré tout répondu aux préoccupations des journalistes en précisant qu'au stade où elle est dans sa vie, elle porte des lunettes si elle le veut, ne se maquille pas si elle ne le souhaite pas et coiffe ses cheveux comme elle l'entend. Figure du féminisme aux Etats-Unis, Hillary Clinton est libre. On a pu le constater en Colombie où elle fêtait l'anniversaire d'une collaboratrice au Havana Bar de Carthagène en dansant. Elle est aussi très populaire au point que certains dont le journaliste Bill Keller la verrait bien candidate à la vice-présidence aux côtés d'Obama et à la place de Joe Biden. Cela ne se produira sans doute pas. Mais cela montre que l'ex-First Lady ne doit plus rien à son mari Bill Clinton en termes de popularité.

Bachmann renonce à la nationalité suisse

Il ne fait pas bon être Suisse quand on fait de la politique aux Etats-Unis. La républicaine et égérie du Tea Party Michele Bachmann (photo Jewel Samad/AFP), membre du Congrès, annonçait en grande pompe mardi, devant une délégation de parlementaires suisses en visite à Washington, qu'elle avait obtenu la nationalité suisse le 19 mars dernier et qu'elle était désormais binationale. Deux jours plus tard, l'idylle entre l'épouse d'un fils d'immigrés suisses du Wisconsin et la Suisse est déjà terminée. Jeudi, Michele Bachmann a envoyé une lettre au consulat de Suisse à Chicago demandant de renoncer à sa nationalité suisse. Bachmann

La républicaine du Tea Party explique ce retournement spectaculaire dans Politico: "J'ai décidé d'agir ainsi car je veux être très claire: je suis née aux Etats-Unis et je suis fière d'être une citoyenne américaine. Je suis et j'ai toujours été 100% dédiée à notre Constitution [américaine] et aux Etats-Unis. En tant que fille d'un vétéran de l'Air Force, belle-fille d'une ancienne membre de l'armée et ayant une sœur qui a officié au sein de la Marine, je suis fière de mon allégeance à la plus grande nation que le monde ait jamais connue."

La relation entre Michele Bachmann et la Suisse en devient très confuse. Mardi, la représentante de l'Etat du Minnesota au Congrès déclarait à la télévision suisse qu'elle venait d'acquérir la nationalité suisse. Or elle l'avait déjà depuis 1978 par son mariage avec Marcus Bachmann. En vertu du droit suisse de l'époque, l'épouse d'un Suisse (dont les parents ont émigré d'Argovie pour s'installer dans le Wisconsin) acquérait automatiquement la nationalité. Selon Michelle Bachmann, "nous avons simplement mis à jour nos documents de famille". Le mariage n'était, il est vrai, pas enregistré auprès de la commune d'origine en Suisse avant 2012. Pour la républicaine, cette question de double nationalité est une "non-histoire".

Or Michele Bachmann était, l'automne dernier encore, candidate à la présidence des Etats-Unis et disputait les primaires républicaines. Certains se demandent dès lors pourquoi elle n'a pas révélé sa double nationalité quand elle se porta candidate au Congrès et plus récemment à la Maison-Blanche. Le porte-parole de Michele Bachmann le précise clairement à Politico: elle n'avait pas besoin de le faire, car elle a un certificat de naissance et un passeport américains. De fait, aucune règle du Capitole n'impose à un parlementaire de révéler sa double nationalité.

Dans cette affaire, les Suisses préfèrent garder profil bas, ne commentant pas cet étonnant retournement. Ce n'est pas le cas de tout le monde. Le chroniqueur ultra-conservateur de la National Review Mark Krikorian, un militant anti-immigration, est sorti de ses gonds. Jusqu'ici, il avait de l'estime pour Michele Bachmann, la voyant bien décrocher non la présidence, mais au moins un portefeuille de ministre. Quand il a appris qu'elle avait la double nationalité, son sang n'a fait qu'un tour: "La double citoyenneté n'est pas simplement une affaire de convenance, une manière de voyager plus facilement […]. C'est une déclaration formelle de double allégeance, de bigamie civique, si vous voulez. Comme Théodore Roosevelt l'affirmait: "Il ne peut pas y avoir de double allégeance ici. Tout homme qui dit être Américain, mais aussi autre chose, n'est pas du tout Américain." Mark Krikorian salue les qualités de la Suisse, dont celle d'avoir résisté aux nazis. Mais pour lui, elle reste un pays étranger. Et si Michele Bachmann se réclame de la nationalité américaine et suisse, c'est "une insulte aux deux pays".

Manifestement, Mark Krikorian a eu un impact sur Michele Bachmann qui, en renonçant à la nationalité suisse, n'a peut-être pas perdu espoir d'être à nouveau candidate à la Maison-Blanche dans quelques années.

Barack Obama pour le mariage homosexuel

Certains y voient une preuve de grand leadership, d'autres un risque politique à six mois de l'élection présidentielle. Dans une interview accordée à la chaîne de TV ABC, Barack Obama a déclaré être pour le mariage homosexuel. C'est la première fois qu'un président américain se prononce en faveur d'une telle évolution sociale.

Des proches du président pensaient qu'il allait l'annoncer peu avant la Convention démocrate du mois de septembre. Mais la déclaration, dimanche à la télévision, du vice-président Joe Biden approuvant le mariage gay a forcé quelque peu la main de Barack Obama. Celui-ci n'a d'ailleurs pas toujours été acquis à la cause. Il a longtemps pensé que les unions civiles (pacs) étaient suffisantes. Mais le fait d'en avoir discuté au sein de sa famille, au sein de son administration et avec des amis homosexuels lui a fait changer d'avis.

Les bars gays de New York ont d'emblée affiché la nouvelle. Un gestionnaire de fortune homosexuel n'en revient pas: "Le vent a tourné. Cela prouve à quel point les mentalités changent vite. Les hommes politiques n'ont plus peur. Avant, ce n'était pas bien d'être pour [le mariage homosexuel], maintenant, ce n'est pas bien d'être contre." Le maire de New York, Michael Bloomberg, estime que la décision de Barack Obama aura des conséquences considérables: "Aucun président américain n'a soutenu une extension majeure des droits civiques qui n'ait pas été ultérieurement adoptée par le peuple américain. Et pour moi, il ne fait aucun doute, le cas présent ne fera pas exception."

Politiquement, le président démocrate prend un risque, car dans des Etats cruciaux tels que l'Ohio, la Pennsylvanie, l'Iowa et la Virginie, l'opposition au mariage homosexuel est encore forte. Par ailleurs, la communauté afro-américaine y est toujours majoritairement opposée. Chez les Hispaniques catholiques, c'est très partagé. Au plan national, 47% des électeurs indécis (swing voters) sont favorables au mariage gay et 39% y sont opposés. Dans le sud, 48% sont contre cette évolution sociale. Ce sera précisément le défi de Barack Obama. Mardi, les électeurs de Caroline du Nord ont approuvé un amendement interdisant le mariage gay à une large majorité. Or en 2008, le démocrate avait remporté cet Etat clé.

Par ce positionnement, Barack Obama marque un contraste encore plus net avec son très probable rival républicain, Mitt Romney, qui se dit toujours opposé au mariage homosexuel et à l'union civile. Cela peut lui coûter des voix parmi les électeurs les plus religieux. A contrario, il pourrait reconquérir le vote des jeunes, déçus par Obama, qui sont largement favorables à l'octroi des mêmes droits aux couples homosexuels. Dans un éditorial, le New York Times regrette toutefois que le président américain n'ait pas jugé que la question relevait de la compétence fédérale et que les Etats ont encore leur mot à dire. Le quotidien rappelle qu'en 1967 la Cour suprême avait jugé illégale l'interdiction du mariage interracial, car "le mariage est l'un des droits civiques fondamentaux de l'homme".

 

Dan Rather, icône du journalisme américain

Il ne terminait pas la présentation du journal télévisé par "Good Bye and Good Luck". Mais il eut l'immense honneur de succéder au mythique Walter Cronkite sur CBS News. Il anima l'émission phare 60 Minutes. Il fut aussi le premier journaliste des grandes chaînes de TV américaines à annoncer l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy à Dallas en 1963. Et pour cause, il était sur place. Dan Rather a été l'un des grands journalistes américains de ces cinquante dernières années. Il a été au Vietnam, il a couvert le Watergate, il est allé en Afghanistan dans les années 1980, en Irak, à Abou Ghraib. En 2005, CBS l'a "invité" à quitter la chaîne après qu'il eut fait des révélations sur le président George W. Bush qui n'était à ce moment-là pas totalement confirmées, mais qui le furent après coup.

Dan Rather a 81 ans. Mais il est toujours très vif et très accessible. Il était à la librairie Barnes & Noble de mon quartier et y a présenté son dernier ouvrage, "Rather Outspoken ("plutôt franc" avec un jeu de mots avec Rather). Dans l'un des chapitres du livre, il parle précisément d'Abou Ghraib, saluant le travail du journaliste d'investigation Seymour Hersh, mais fustigeant la volonté de sa chaîne, CBS, de vouloir quasiment enterrer le sujet.

Voici quelques extraits de sa conférence du 2 mai à Manhattan.

Dan Rather est impressionné par Martin Luther King:

 

 

Sur l'indépendance de la presse:

 

Sur le manque de journalistes de terrain:

 

 

Et enfin sur sa vision de l'Afghanistan:

 

Un livre qu’Obama craint plus que tout

MaranissJusqu'ici, Barack Obama a réussi à bien maîtriser le récit narratif de sa propre personne en publiant par exemple en 1995 un livre intitulé "Dreams from my father". Le 19 juin prochain toutefois, la sortie d'un ouvrage écrit par l'historien David Maraniss (photo Phil McCarten/Reuters) menace de livrer une perception différente du président démocrate: un être moins spirituel et intellectuel, mais plus ambitieux et calculateur qu'il veut bien le dire.

Preuve que Barack Obama a déjà des sueurs froides à l'idée que le livre va sortir en pleine campagne électorale, explique Politico, il a reçu David Maraniss au Bureau ovale pendant une heure et demie. Le livre de Maraniss, "Barack Obama: the Story", a été publié sous forme d'extraits dans Vanity Fair il y a quelques jours. D'aucuns parlent d'ouvrage "dangereux" pour le démocrate. David Maraniss n'est pas n'importe qui. Récipiendaire d'un Prix Pulitzer, il avait publié "la meilleure biographie d'un président en fonction" sur Bill Clinton, "First in His Class", laissant affleurer les incartades sexuelles de l'ex-gouverneur de l'Arkansas.

Dans l'ouvrage de Maraniss, il est question de la petite amie de Barack Obama quand il étudiait à Columbia à New York, Genevieve Cook. Rien de fracassant, à en croire la presse américaine. Mais Barack Obama a perçu le danger: celui de perdre le récit public de sa propre vie.