La Marine américaine joue la transparence

Difficile d'imaginer cela en Chine ou en Russie: la Marine américaine a invité mercredi 23 mai des journalistes américains et étrangers à bord du porte-avions et navire d'assaut amphibie USS Wasp au large de New York dans le cadre de la Semaine de la Marine (Fleet Week) qui se déroule du 23 au 30 mai. Il y a bien entendu un élément de propagande dans cette invitation de journalistes embedded. Il s'agit de donner une nouvelle visibilité à une Navy malmenée par les budgets aux Etats-Unis et pas toujours comprise au plan international.

Les responsables de la communication de certains ministères s'interrogeront toutefois sur cette ouverture. En embarquant sur le porte-avions, les journalistes pouvaient parler à n'importe quel militaire, sans restriction. On peut imaginer qu'ils ont été bien briefés. Il n'en demeure pas moins que c'est un risque de communication que la Navy a jugé pertinent de prendre.

Voici quelques vidéos et photos de la journée:

L'arrivée de l'hélicoptère à l'embarcadère 6 au sud de Manhattan:

 

 

Le défilé des matelots et des Marines à l'approche de New York:

 

 

La profession de foi d'un officier de la Marine:

 

 

Et quelques images (cliquer sur chacune d'elles pour les agrandir):

Navy Wasp 300             Navy Wasp 211             Navy Wasp 237

Navy Wasp 184             Navy Wasp 270             Navy Wasp 307 

Navy Wasp 138             Navy Wasp 244                 Navy Wasp 136

Admirer Reagan jusqu’à son sang

L'ancien président américain Ronald Reagan reste très populaire aux Etats-Unis. Dans le cadre des primaires républicaines, tout candidat s'est réclamé une fois ou l'autre du président républicain qui régna sur l'Amérique de 1980 à 1988. Chaque candidat a rappelé sa fameuse phrase illustrant l'optimisme invétéré des Américains: "A shiny city on the hill."

ReaganL'engouement pour l'ex-président ne connaît pas de bornes. Dans le cadre d'une vente aux enchères en ligne, les Américains peuvent désormais espérer acheter une fiole de sang de Ronald Reagan prélevé quand il fut victime d'un attentat en 1981 (photo Mike Evens/Consolidated News Pictures/AFP) par un laboratoire du Maryland, Bio Science Laboratories à Columbia. Le président avait été atteint par une balle et hospitalisé à l'Hôpital George Washington. Apparemment, ce serait un homme qui aurait hérité de la fiole de sa mère (aujourd'hui décédée), laquelle travaillait pour le laboratoire.

Le sang de la Fondation Reagan n'a toutefois fait qu'un tour. Celle-ci se bat pour arrêter la vente. D'où la question philosophique: le sang de Ronald Reagan appartient-il à la famille, à la fondation ou à la nation? Le vendeur, lui, pourrait empocher 14'000 dollars. Fan de la révolution conservatrice et de la reaganomics, il a déclaré, sur le site de la maison de vente aux enchères, que le président Reagan "préférerait sans doute que je la [fiole] vende plutôt que je la donne."

Le président Barack Obama occupe-t-il légalement la Maison-Blanche

ObamaC'est la question qu'ont voulu poser plus de 1200 électeurs d'Arizona en exhortant le secrétaire de l'Etat d'Arizona, Ken Bennett, par ailleurs coprésident de l'équipe de la campagne électorale de Mitt Romney dans ce même Etat, à faire une demande officielle de certificat de naissance à Hawaii, où Barack Obama (photo Mandel Ngan/AFP) est né.

Hawaii s'est exécuté après deux mois de bataille. S'il ne l'avait pas fait, il était possible, explique Ken Bennett, que Barack Obama ne figure pas sur le bulletin de vote le 6 novembre prochain. Mais le coprésident de la campagne de Mitt Romney avoue qu'il n'a pas fait de demande à l'Etat du Michigan pour s'assurer que le candidat républicain Mitt Romney y est bien né et qu'il n'a pas vu le jour au Mexique, où a vécu son père.

Les Américains qui doutent de "l'américanité" de leur président n'en démordent pas. En Arizona, il y a le shérif du comté de Maricopa, Joe Arpaio, qui prétendait que le certificat de naissance d'Obama était un faux. A New York, il y a le milliardaire et bailleur de fonds du Parti républicain Donald Trump qui appartient aussi aux "birthers", ces citoyens qui doutent du lieu de naissance du président, affirmant que Barack Obama a vu le jour soit au Kenya, soit en Indonésie. Et comme il faut être né sur territoire américain pour pouvoir être élu à la Maison-Blanche…

L'Arizona est une terre en partie hostile pour le président et les démocrates. De passage à Tucson pour la commémoration de la tuerie ayant impliqué la démocrate du Congrès Gabrielle Gifford, Barack Obama avait eu droit à un accueil plutôt rude de la part du gouverneur républicain d'Arizona, Jan Brewer, qui menaça le président du doigt devant toutes les télévisions. L'administration Obama a par ailleurs porté plainte devant la Cour suprême des Etats-Unis contre la loi d'immigration d'Arizona qui autorise quasiment le délit de faciès.

Romney, Cuba et la Guerre froide

CastroPour le très probable rival républicain de Barack Obama dans la course à la Maison-Blanche, Mitt Romney, Cuba reste une
sorte d'épouvantail qu'il importe d'agiter pour s'assurer les faveurs des (néo-)conservateurs. Mardi, il n'est pas allé aussi loin que Newt Gingrich durant les primaires, lequel prônait des opérations commandos à Cuba. Mais il reste englué dans un discours digne de la Guerre froide.

Mardi, l'ex-gouverneur du Massachusetts a tiré à boulets rouges sur le président Barack Obama dont l'administration a accordé un visa à la fille du président cubain Raul Castro, Mariela (photo AFP), qui doit participer à une conférence sur l'Amérique latine à San Francisco en présence d'une soixantaine d'universitaires. Les arguments de Mitt Romney: Cuba pratique la négation systématique des droits de l'homme. Leurs représentants n'ont droit à aucune faveur. Le discours ressemble à celui qu'il tient au sujet de la Russie. Dans sa diatribe, il a bien sûr mentionné la détention dans les prisons cubaines de l'Américain Alan Gross, condamné à 15 ans de prison pour espionnage. Un personnage ambigu qui n'est sans doute pas totalement irréprochable.

Or, à en juger par un excellent spécialiste américain de Cuba, Barack Obama a sans doute emprunté le bon chemin pour sortir d'un statu quo anachronique et surtout contre-productif. L'Amérique applique un embargo contre Cuba depuis près de 60 ans et cela fait 63 ans que le régime castriste perdure. Cherchez l'erreur.

Sachant qu'il n'a aucune chance de convaincre le Congrès de lever l'embargo, le président américain a assoupli sensiblement les règles régissant les voyages, a permis l'ouverture de nombreux aéroports desservant Cuba depuis les Etats-Unis, a augmenté le montant des remesas, l'argent que la diaspora cubaine peut apporter sur l'île pour la famille. Du côté cubain, les violations des droits de l'homme sont toujours importantes, mais plusieurs signaux révèlent une ouverture. On dit que le pouvoir cubain va libéraliser les voyages d'ici peu. Ce serait une petite révolution qui ne sera pas sans conséquence sur le régime. Et cela pourrait intervenir encore sous la présidence Obama.

La rude bataille de l’Arkansas

Barack Obama a encore du travail en Arkansas, l'Etat d'un ex-gouverneur bien connu, Bill Clinton. Dans les primaires démocrates qui ont bien lieu même si elles ne sont pas vraiment couvertes par les médias, le président américain fait face à un démocrate de l'endroit, John Wolfe, un avocat du Tennessee, nous apprend le blog Fix du Washington Post. Or lors d'un récent sondage, Barack Obama n'avait que 7 points d'avance sur John Wolfe dans le 4e district de l'Arkansas qui représente un quart de l'Etat en termes de superficie.

En 2008, le candidat démocrate n'avait obtenu que 39% des votes lors de la présidentielle dans cet Etat du sud. Cette année, il y a certes peu de chance que l'avocat du Tennessee lui brûle la politesse ce soir lors des primaires, mais l'exemple montre que Barack Obama n'a pas facilement les faveurs des démocrates du Sud ou Blue Dogs, plus conservateurs, qui peinent à s'identifier au président.

Présidentielle: Colin Powell hésite

En 2008, l'ancien secrétaire d'Etat de George W. Bush Colin Powell (photo Saul Loeb/AFP) avait fait sensation en apportant son soutien à la candidature du démocrate Barack Obama dans la course à la Maison-Blanche. Ce choix fut d'autant plus mal vécu dans les rangs du Parti républicain que le candidat officiel du parti, John McCain était, comme le général Powell, un héros de la guerre (du Vietnam).

Colin PowellEn 2012, Colin Powell ne sait plus à quel saint se vouer. Dans une interview sur NBC, il a déclaré ne pas vouloir soutenir un candidat particulier pour l'instant. L'ancien chef de la diplomatie américaine reconnaît les mérites de Barack Obama, la stabilisation du système financier, le sauvetage de l'industrie automobile, le retrait progressif d'Afghanistan. Colin Powell a même soutenu le président démocrate pour pousser le Sénat à ratifier le nouveau traité Start de réduction des armes stratégiques avec la Russie. Mais visiblement, ce n'est pas suffisant à le convaincre. Colin Powell estime que Barack Obama n'a pas suffisamment agi dans le secteur économique et qu'il devrait s'inspirer des propositions de son rival républicain Mitt Romney.

En 2008, certains ont aussi voulu voir dans le soutien de Powell à Barack Obama une solidarité entre Noirs. Aujourd'hui, l'ex-secrétaire d'Etat attend de voir l'équipe qui entourera Barack Obama pour se décider.

Camp David, lieu de (désir) de paix

Les dirigeants du sommet du G8 sont réunis ce vendredi et samedi dans la résidence de campagne des présidents américains à Camp David, à 100 kilomètres au nord-ouest de Washington. C'est là que vendredi soir ils vont entamer le sommet par un dîner pour traiter de la question du nucléaire iranien.

Sadat CarterL'endroit est mythique tant il est chargé d'histoire (voir la belle galerie de photos du Washington Post).C'est là que John F. Kennedy discute avec Dwight Eisenhower de l'invasion de la Baie des Cochons à Cuba. C'est aussi sur cette vaste propriété entourée de verdure et au pied des Appalaches que le président Richard Nixon débat de la situation au Vietnam avec son secrétaire d'Etat Henry Kissinger. C'est aussi là que le maître du Kremlin Boris Eltsine reçoit des bottes de cow-boy pour son 61e anniversaire de la part de George H. Bush. C'est aussi à Camp David que les responsables de l'administration de George W. Bush se réunissent au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.

Mais le moment le plus fort inscrit dans la mémoire de la résidence est sans conteste le sommet réunissant, en septembre 1978,  le président égyptien Anouar el-Sadate, le premier ministre israélien Menahem Begin et le président américain Jimmy Carter (photo AFP). Après 13 jours de négociations secrètes, l'Egyptien et l'Israélien trouvent un accord. Le premier traité de paix entre Israël et l'Egypte sera conclu l'année suivante.

La tentative entreprise en fin de mandat par le président Bill Clinton de conclure la paix entre Israël et les Palestiniens, entre Ehoud Barak et Yasser Arafat en juillet 2000 sera cependant un échec.

“La défaite de Barack Hussein Obama” (2)

La publication par le New York Times des propositions de plusieurs stratèges républicains visant à attaquer Barack Obama par rapport à ses liens passés avec le pasteur noir Jeremiah Wright a provoqué un tollé dans la campagne électorale américaine. Le "super-PAC" dénommé "Ending Spending Action Fund" envisageait de diffuser des publicités pour une somme de dix millions de dollars jouant sur la corde raciale de l'Amérique. Jeremiah Wright est connu pour avoir proféré des mots "inappropriés" au sujet des attentats du 11 septembre 2001.

Le probable adversaire républicain de Barack Obama, Mitt Romney, s'est immédiatement distancié de ce projet financé par le milliardaire Joe Ricketts. La gauche américaine et la Maison-Blanche ont également réagi. Résultat: des gens outrés par ce dessein ont annulé leurs comptes dans la société de Ricketts, Ameritrade. Le milliardaire a aussi dû écrire au média qu'il possède DNAinfo pour rassurer les journalistes qu'il n'allait pas entrer dans une telle logique. Joe Ricketts lui-même a pris ses distances avec le projet après le scandale qu'il a suscité jeudi dans toute l'Amérique.

Pour Romney, le danger de ces publicités qui devaient être diffusées au moment de la Convention démocrate de Charlotte, du 3 au 6 septembre, était manifeste. Elles auraient pu rendre l'élection présidentielle encore davantage un choix de personne et en l'occurrrence, ce choix aurait pu tourner à l'avantage de Barack Obama en raison d'une campagne républicaine trop empreinte de négativité.

La “défaite de Barack Hussein Obama” (1)

Les électeurs" ne sont toujours pas prêts à haïr ce président". Dans un document de 54 pages richessement illustrées, des stratèges républicains et un milliardaire, Joe Ricketts (photo Dave Weaver/AP/Keystone), fondateur de la société de courtage TD Ameritrade, donnent une idée de la tonalité que va peut-être prendre la campagne électorale américaine pour les élections de novembre.

RickettsLe document intitulé "The Defeat of Barack Hussein Obama: The Ricketts Plan to End His Spending for Good" que le New York Times a pu se procurer montre que les républicains préparent une offensive massive contre le président noir Barack Obama en misant sur la race. Le "super Comité d'action politique (Super-PAC)" financé par le milliardaire pourrait investir 10 millions de dollars dans une campagne de publicité. Celle-ci devrait être lancée au moment de la Convention démocrate de Charlotte, à partir du 3 septembre et viserait à montrer le "vrai visage" de Barack Obama. L'idée des stratèges républicains est de revenir sur la relation entre Barack Obama et le pasteur Jeremiah Wright.

Ce dernier fut un ami du président et célébra le mariage de Barack et Michelle Obama. Il se distingua par des propos "inappropriés" au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. En pleine campagne électorale en 2008, il avait aussi mis Barack Obama dans l'embarras en répétant que par ses actions violentes à l'étranger, l'Amérique avait en quelque sorte provoqué les attentats les plus meurtriers jamais perpétrés sur sol américain. "Le monde va voir Jeremiah Wright et comprendre son influence sur Barack Obama pour la première fois d'une manière qui va attirer une forte attention", relève le document qui souligne que le pasteur était un apôtre de la "théologie de la libération noire".

Les promoteurs de cette offensive envisagent de recruter un Afro-Américain ultra-conservateur comme porte-parole pour lui faire dire que le président noir a mené le pays vers l'abîme. Des pages entières de publicité pourraient aussi être publiées dans la presse, rappelant les propos du pasteur Wright.

Le plan d'attaque contre le président démocrate n'est pas encore certain d'être mis en oeuvre. Mais il révèle une volonté de recourir à tous les moyens pour orchestrer la défaite de Barack Obama. En 2008, le candidat républicain John McCain avait refusé de mener une campagne aux relents raciaux et de finalement diffuser une publicité qui avait été réalisée pour fustiger le candidat démocrate et sa relation avec le pasteur controversé. Le document en question le dit clairement: "Notre plan est de faire exactement ce que John McCain nous a empêchés de faire."

Selon le New York Times, cette affaire révèle le pouvoir qu'un seul homme peut jouer dans l'élection présidentielle américaine. Une situation qui résulte de la décision de la Cour suprême des Etats-Unis (Citizens United) d'autoriser l'avènement des super-PAC, ces groupes d'intérêts qui peuvent être financés sans limite par un contributeur qui n'est pas obliger de révéler son nom. Le milliardaire Joe Ricketts, qui se dit "très préoccupé par la direction dans laquelle va le pays et qui prévoit de résister" soutient le super-PAC "Ending Spending Action Fund".

Cette initiative, si elle se concrétise,  annonce un combat politique d'une rare dureté. Le très probable candidat républicain appelé à affronter Barack Obama, Mitt Romney, pourrait toutefois se trouver en porte-à-faux avec les promoteurs de ce plan. L'ex-gouverneur du Massachusetts s'est toujours gardé d'asséner des coups personnels au président démocrate.

Un nouveau drame chez les Kennedy

Le clan Kennedy est à nouveau touché par une tragédie. L’épouse de Robert F. Kennedy junior, Mary Richardson Kennedy 52 ans, a été trouvée sans vie mercredi au domicile familiale de Bedford dans l’Etat de New York. Selon les premiers témoignages qui ne sont pas confirmés par la police, elle aurait été retrouvée pendue à une corde. Une note aurait été retrouvée près du corps.

La victime a marié l’un des onze enfants de Bob Kennedy (candidat à la Maison-Blanche assassiné en 1968), Robert F. Kennedy en 1994. Leur couple connaissait des difficultés et le mari aurait engagé une procédure de divorce voici deux ans. Mary R. Kennedy a eu par le passé des problèmes d’alcool et d’abus de médicaments. Le drame intervient un peu moins de trois ans après le décès de Ted Kennedy.