La navette spatiale n’a pas le pied marin

NavetteUne navette spatiale (photo Reuters) est bien entendu censée voler dans l'espace. La NASA ayant mis fin à son programme spatial, Discovery a été rangée au Musée de l'aviation et de l'espace à côté de l'aéroport Dulles de Washington. La navette Enterprise, elle, a été récemment transportée par un Boeing à New York. Stationnée à l'aéroport JF Kennedy, elle doit être amenée le long de l'Hudson River jusqu'à l'Intrepid, un vieux bateau de guerre amarré à Manhattan. Mais avant d'être exposée au Musée de l'Intrepid, elle doit être transportée sur une barge.

En raison du temps, la barge a dû faire une halte dans la Jamaica Bay, un petit port du New Jersey. Or le vent, violent, l'a fait tanguer et l'aile d'Enterprise s'est abîmée contre un ponton en bois. Les dégâts sont minimes, mais le programme spatial de la NASA s'achève vraiment sur une note discordante…

Le Colisée s’enlise

Le Colisée de Los Angeles fut l'un de ces lieux magiques qui anima ma jeunesse. C'est là que la machine à sprinter Carl Lewis égala le Coliséerecord de Jesse Owens (à Berlin) aux Jeux olympiques de 1984, en remportant quatre médailles d'or au 100 m, au 200 m, à la longueur et au relais 4 x 100m. C'est aussi là que Markus Ryffel, le petit Suisse, remporta la médaille d'argent du 5000 mètres derrière le grand Saïd Aouita.

Dans un autre registre, c'est dans ce stade (photo Jean-Claude Delmas/AFP) que John F. Kennedy accepta l'investiture démocrate et c'est encore là que Nelson Mandela appela à mettre fin à l'apartheid en 1990. Le pape Jean Paul II y célébra aussi une messe.

Aujourd'hui pourtant, le Colisée, en mains publiques, est le symbole de la déliquescence d'un Etat, la Californie, "septième économie du monde", qui croule sous les dettes. Il a été l'objet d'un vaste système de corruption. La gestion du stade fut catastrophique, et personne ne semble capable d'effectuer les réparations de 50 millions de dollars dont aurait besoin la structure.

La lente descente aux enfers du Colisée a commencé dans les années 1990, quand l'équipe de football américain Los Angeles Raiders a quitté le stade pour aller jouer ailleurs. Les revenus ont chuté et les gestionnaires de l'infrastructure ont eu l'idée d'organiser des rave parties. En 2010, l'une d'elles tourna mal. Des dizaines de personnes furent arrêtées, et une jeune fille de 15 ans est morte d'overdose. Plusieurs toxicomanes subirent également des surdoses, mais s'en sortirent. La présence de drogues dans un stade d'athlétisme a bien entendu de quoi choquer. Mais avec le recul des années et des analyses, les sportifs qui ont suscité mon admiration en 1984 n'étaient peut-être pas aussi "propres" qu'on le croyait. Carl Lewis, le roi du stade, a subi de graves déformations de la machoire. Plusieurs médecins du sport y ont vu l'effet des stéroïdes. Même Markus Ryffel a été soupçonné de s'être dopé.

La décrépitude du stade s'est accélérée quand le Colisée fut le décor d'un film porno. Désormais, c'est l'Université de South California qui a hérité de la structure et qui pourra lui redonner le lustre d'antan.

“Où sont les communistes?”

Clinton BillBill Clinton (photo AFP) est un homme libre. L'ex-président des Etats-Unis est venu soutenir Barack Obama lors de l'une des trois soirées de collecte de fonds organisées à New York lundi. Il a profité de l'événement pour clouer au pilori le républicain de la Chambre des représentants, Allen West, qui déclara en avril être certain d'avoir identifié près de 80 communistes dans les rangs démocrates. 

"Nous ne sommes plus dans les années 1950" à l'époque du maccarthysme, a tonné Bill Clinton, soulignant qu'il n'avait pas vu un communiste depuis une décennie. Il a souligné à quel point Barack Obama a réussi à accomplir des choses malgré l'hostilité du Congrès. Il s'étonne que les républicains de la Chambre n'aient pas jugé bon de remettre dans le rang Allen West, un membre du Tea Party, qui voyait le caucus des démocrates comme une réunion de membres du Politburo.

 

Obama, “le grand destructeur”

A cinq mois de l'élection présidentielle américaine, Barack Obama fait désormais l'objet d'un feu roulant de ceux à qui il n'inspire que haine et dégoût. La campagne commence déjà à prendre une tonalité nauséabonde.

Dans ce contexte, David Limbaugh, commentateur politique conservateur et frère du polémiste radiophonique Rush Limbaugh, contribue à jeter Clip_image001de l'huile sur le feu. Il vient de sortir un livre intitulé: "The Great Destroyer: Barack Obama's war on the Republic". Voici ce que pense l'auteur de cet ouvrage: "Je crois fermement qu'Obama mène la nation à la catastrophe financière, qu'il sape dangereusement la Défense nationale, la Constitution et l'Etat de droit, qu'il cause de graves dommages à l'industrie et à notre indépendance énergétique, qu'il accroît dangereusement la taille de l'Etat, qu'il étouffe le secteur privé et les PME et qu'il polarise cette nation d'une manière que nous n'avons pas vue depuis des décennies, sur les questions de race, de genre et d'économie."

A lire cette litanie de critiques, on se demande comment le démocrate de Chicago a pu atterrir à la Maison-Blanche. A n'en pas douter, ce n'est qu'un début et la campagne, inondée par des centaines de millions de dollars, promet d'être sans pitié.

Pour l'heure, Barack Obama marque un peu le pas. Miné par des chiffres du chômage qui ne sont pas bons, il peine pour l'heure à trouver le bon fil narratif pour retrouver la faveur des Américains. En face, les républicains espèrent pouvoir capitaliser sur une victoire du conservateur Scott Walker lors de l'élection visant à le destituer de son poste de gouverneur dans le Wisconsin, un Etat clé que le président démocrate doit gagner en novembre s'il veut être réélu à la Maison-Blanche.

George W. Bush “explose” tous les clichés

George W. Bush et Jimmy Carter partagent un point commun: ils n'ont jamais été aussi bons qu'une fois à la retraite. On dit souvent du second qu'il est le meilleur ex-président que l'Amérique ait connu. Le premier a livré ce jeudi à la Maison-Blanche une prestation remarquable qui ferait presque oublié qu'il fut l'un des pires présidents américains de tous les temps, parole d'experts. C'est un George W. Bush enjoué et à l'humour décapant que Barack et Michelle Obama ont invité ce jour-là. Il venait avec son épouse Laura dévoiler leurs portraits qui vont décorer désormais les couloirs de la résidence présidentielle.

Plusieurs membres du personnel présidentiel de George W. Bush étaient présents ainsi que George Bush père et son épouse. "La collection de portraits de la Maison-Blanche commence et s'achève par George W. (référence au premier président américain George Washington). Les anecdotes du 43e président ne s'arrêtent pas là. Ce dernier rappelle qu'en 1814, Dolley Madison, la First Lady de l'époque, sauva le portrait de George Washington avant que les Britanniques ne boutent le feu à la Maison-Blanche. S'adressant à Michelle Obama, il lui demande d'en faire de même si "quelque chose devait arriver".

Dans la même verve, George W. Bush suggère à Barack Obama de questionner son portrait à chaque fois qu'il doit prendre une grave décision: "Qu'aurait fait George W?" Difficile de savoir si c'est l'air de la Maison-Blanche qui a produit un tel effet. Force est de constater que le 43e président a sans doute montré le visage le plus reluisant de sa personnalité.

 

 

Economie: la terrible leçon du Massachusetts

Depuis plusieurs semaines, le candidat républicain à la Maison-Blanche Mitt Romney répète lors de chacun de ses meetings électoraux qu'il est celui qui peut restaurer l'économie américaine, remettre le pays sur le chemin de la création d'emplois et redonner du souffle à la production industrielle. Voici un peu plus d'une semaine, la camp de Barack Obama s'est senti obligé d'intervenir, attaquant sévèrement le bilan économique du patron de Bain Capital, une société de capital-risque que Mitt Romney dirigeait et dont il fait l'un des principaux atouts de sa campagne. Les attaques étant clairement excessives, Mitt Romney est finalement ressorti renforcé de l'offensive démocrate.

Mais la réplique ne s'est pas fait attendre. L'équipe de la campagne de Barack Obama vient de diffuser une publicité qui met le doigt sur une époque que Mitt Romney semble vouloir esquiver: celle où il fut gouverneur du Massachusetts de 2003 à 2007.

Le problème, c'est que le bilan de Mitt Romney en tant que gouverneur est très mitigé et bat en brèche le credo économique de son actuel campagne électorale. En termes de création d'emplois, le Massachusetts chuta en 47e position sur 50 Etats à la fin de son mandat. Au niveau de la dette de cet Etat de la Nouvelle Angleterre, elle n'a jamais autant augmenté que sous le règne de Romney. A propos des impôts (taxes), ce dernier a bien tenu sa promesse de ne pas les augmenter, mais pour avoir les ressources suffisantes pour financer ses projets, il a choisi une voie détournée: il a augmenté un peu partout les taxes ou fees (mariage, enterrement, etc.).

La stratégie démocrate de mettre en lumière le mandat de gouverneur de Mitt Romney est pour l'heure un ballon d'essai. Si elle est probante, elle sera renforcée à l'approche de l'élection présidentielle de novembre. Elle a trois objectifs: elle veut montrer que le candidat républicain répète le même discours qu'en 2002. Cela prouve que la recette économique de Romney (Romneyeconomics) ne marche pas. Elle veut montrer que ce que le républicain a fait au plan d'un Etat, il le répliquera au niveau national sans plus de succès. Elle vise enfin à accroître l'attention sur cette période au cours de laquelle Mitt Romney promulgua une loi de la santé très similaire à celle que Barack Obama a promulguée en 2010 et que le républicain veut abroger dès son premier jour à la Maison-Blanche.

 

Un visage sur la voix du métro new-yorkais

Navy Wasp 113"There is an uptown local 1 train to Van Cortland Park-242nd Street approaching the station". Les usagers du métro de New York sont familiers de ces annonces qui donnent un côté chaleureux au subway. Depuis quelques jours, cette voix m'est encore plus sympathique. A bord du porte-avions USS Wasp, au large de Manhattan, j'ai fait la connaissance improbable de Bernie Wagenblast, (photo prise sur le Uss Wasp) 55 ans. Ce spécialiste des transports a lui aussi été invité par l'US Navy à cotoyer les matelots de la marine militaire américaine ainsi que les membres du corps des Marines.

Après quelques minutes de conversation, sa voix me devient familière. C'est lui qui annonce tous les jours les arrivées des trains dans le métro new-yorkais. "C'était compliqué à faire?" lui ai-je demandé. "Non, mais il y avait plus de 1000 messages à enregistrer. C'était beaucoup", m'expliqua-t-il. Sa voix est aussi audible dans les aéroports John F. Kennedy et Newark.

Pour tenter de faire rêver les passagers stressés en attente de leur train, le New York Times a ouvert sa boîte à idées. Plus de 200 personnes ont fait des propositions de messages tantôt loufoques, tantôt critiques, pour extraire les usagers du subway de leur routine. Le journal a demandé à Bernie Wagenblast, "The Voice of the Subway" et ancien journaliste qui annonce toujours l'état du trafic le samedi sur une radio de New York, à prononcer les différents messages. Voici l'une des plus humoristiques que l'on entendra malheureusement pas dans le métro: elle se décline sous forme de rap, une composition de Christopher Bonewitz, un habitant de Brooklyn:

Rapmix

L’Amercia de Mitt Romney

Mitt-Romney-Amercia-AppMardi, l'histoire a fait le tour des réseaux sociaux et des médias. Lançant une application iPhone pour la présidentielle de novembre, l'équipe de campagne du candidat républicain Mitt Romney a commis une grosse bourde en orthographiant America Amercia. D'aucuns ont d'emblée saisi l'occasion pour tenter de démasquer les véritables intentions de l'ex-gouverneur du Massachusetts. L'auteur d'un tweet ironise: la guerre contre la t(erreur). Romney dévoile ses plans. America +CIA, laissant entendre que reprendre l'Amérique pour Mitt Romney, c'est en faire un Etat policier. Un autre réseauteur social est plus acerbe: selon lui, l'équipe de Romney savait qu'elle avait fait une erreur de typographie, mais "pensait que les républicains n'allaient pas le remarquer". Un tweet soulève la question suivante: "Comment peut-on diriger l'Amérique quand on n'est pas capable de l'écrire correctement?"

Mercredi, Apple a rectifié le tir. Romney peut à nouveau rêver d'être le premier citoyen d'Amérique. Quant à Barack Obama, il n'est pas avare de gaffes non plus. Mardi, lors d'une cérémonie à la Maison-Blanche en hommage posthume à Jan Karski, un ancien officier polonais qui avait fourni aux Occidentaux les premiers témoignages sur la politique d'extermination des Juifs par les nazis, le président américain a parlé des "camps polonais de la mort" en lieu et place des camps d'extermination nazis. Le sang des Polonais n'a fait qu'un tour.

 

Romney “pris en otage” par Donald Trump

C'est une manière singulière de célébrer une victoire. Mardi soir, en gagnant la primaire du Texas, Mitt Romney a décroché l'investiture républicaine en atteignant la barre des 1144 délégués nécessaires pour aborder la convention de Tampa, à la fin d'août, en toute tranquillité. Il aurait pu fêter l'événement de façon plus joyeuse. Il a préféré participer à une soirée de collecte de fonds à Las Vegas avec le milliardaire Donald Trump, dont le nom figure sur la plupart des tours qu'il a fait construire à Manhattan.

Et qu'a fait Donald Trump? Il a monopolisé l'attention. Il a ressorti sa théorie fumeuse sur l'authenticité du certificat de naissance du président Barack Obama qui ne serait pas né à Hawaï, comme il l'affirme et comme les autorités le confirment, mais au Kenya ou en Indonésie. Pour Donald Trump, toute occasion est bonne pour occuper l'espace public. Mission réussie. Pour Mitt Romney, l'exercice a été beaucoup moins probant, même si le soutien financier de Trump peut lui être très utile cet automne. Il y a peu pourtant, l'ex-gouverneur du Massachusetts n'était pas très proche de Donald Trump, refusant de participer à un débat que le milliardaire organisait à New York.

En avril, il est vrai, Donald Trump a réussi à collecter 600'000 dollars lors d'un événement organisé à l'occasion de l'anniversaire d'Ann Romney, l'épouse du candidat républicain à la Maison-Blanche. Dimanche, le commentateur conservateur George Will a tenu des propos au vitriol au sujet de Donald Trump, estimant que Mitt Romney n'a rien à gagner à s'afficher avec lui: "Le coût d'apparaître à côté de ce pompeux ignorant est évident, à mes yeux. Donald Trump est une nouvelle preuve que si votre fortune net est suffisamment grande, votre QI peut être très bas et qu'il est toujours possible de faire irruption dans la politique américaine."

Le Washington Post voit les choses ainsi:

Mort de Ben Laden et le docteur pakistanais: “l’autre” indignation

Les politiques et médias américains ont poussé de grands cris d'orfraie quand les autorités du Pakistan ont annoncé que le docteur pakistanais Shakil Afridi était condamné à 33 ans de prison pour trahison (photo de la prison centrale de Peshawar où est détenu le docteur/Fayaz Aziz/Reuters). Selon eux, le médecin n'a en aucun cas commis une trahison puisqu'il a aidé la CIA dans sa quête d'Oussama ben Laden, l'homme qui a commandité les attentats du 11 septembre 2001. L'agence de renseignements avait recruté le Pakistanais pour qu'il collecte des échantillons de sang du leader d'Al-Qaida de l'époque. Sa couverture: il menait une vaste campagne de vaccinations dans les zones tribales du Pakistan, où Ben Laden avait son repaire (Abbottabad).

Jail PakistanPour le chroniqueur David Ignatius du Washington Post, qui a toujours un accès privilégié à la CIA et au Pentagone, on ne devrait pas se contenter de manifester de l'indignation envers Islamabad. Certes, les actes du docteur Shakil Afridi ne semblent pas découler d'une "trahison", mais ils suscitent aussi de l'indignation auprès du monde médical et des ONG humanitaires actives au Pakistan et dans le monde. Motif? En utilisant pour prétexte une campagne de vaccination pour tenter d'obtenir du sang de Ben Laden, le médecin, collaborant avec la CIA, a discrédité d'autres campagnes de vaccinations, "réelles celles-là" contre la polio par exemple, en recrudescence dans le pays. Or les gens nécessitant le vaccin pourraient ne pas vouloir participer à un programme susceptible d'être un complot de la CIA. La théorie du complot en la matière peut vite faire d'énormes dégâts.

Président d'une coalition de 200 ONG internationales, Samuel Worthington le déclare: "Depuis que des rapports de la campagne de vaccination de la CIA se sont fait jour l'été dernier, nous avons constaté une érosion continue de la capacité des ONG américaines à mettre en oeuvre des programmes humanitaires essentiels au Pakistan et une croissance de la violence ciblée contre les travailleurs humanitaires. Je crains que les activités de la CIA au Pakistan et la perception que les ONG américaines ont des liens avec les renseignements aient contribué à ces phénomènes alarmants."