Les Romney Olympics à Wolfeboro

C'est à partir de ce week-end que la famille Romney (30 personnes entre Mitt et Ann Romney, les enfants et 18 petits enfants/photo Jon Moe/Keystone) Romney Olympics se réunit pour environ une semaine pour ce qu'elle appelle les Romney Olympics. Lors de ce rendez-vous annuel à la résidence secondaire du candidat républicain à la Maison-Blanche, à Wolfeboro dans le New Hampshire, les Romney s'adonnent à des joutes hautement compétitives, relève le Washington Post.

Au menu: un mini-triathlon, (vélo, course et natation dans le lac Winnepesaukee), kayak, ski nautique (Mitt excelle dans cette discipline), équitation. Comme "Papa" n'excelle toutefois pas partout, il a ajouté quelques autres compétitions: se tenir à une barre, suspendu, le plus longtemps possible, planter le plus de clous dans une planche en deux minutes.

Pour les enfants, impossible de rater cet événement familial. Un fils s'y était essayé, il fut ramené à l'ordre. La résidence de 8 millions de dollars dotée d'une plage de quelque 230 mètres le long du lac Winnepesaukee est assez grande pour héberger tout le monde.

Cette année, les Romney Olympics ont lieu dans un contexte toutefois différent. Mitt Romney est dans la course à la Maison-Blanche. Aux alentours de Wolfeboro, de nombreux garde-du-corps devraient être présents ainsi que de nombreux journalistes. Mais personne ne saura cette fois-ci quelles auront été les performances sportives de Mitt Romney…

L’entente cordiale entre Clinton et Lavrov

A voir le climat qui règnait lors de la réunion entre les chefs de la diplomatie américaine et russe Hillary Clinton et Sergueï Lavrov à St-Peterbourg à la veille du sommet de Genève sur la Syrie, on pourrait croire que les relations entre Washington et Moscou restent empreintes de l’esprit du “reset button”, de la mise des compteurs à zéro auxquels les deux pays ont procédé à Genève en mars 2009.

Or cette entente semble aujourd’hui contredite par les faits tant les positions américaines et russes sur le conflit en Syrie divergent sur un point essentiel: Bachar el-Assad. Pour Moscou, il est hors de question de “lâcher” Assad ainsi, Damas ayant été un allié proche des Russes depuis l’époque du lion de Damas Hafez el-Assad. Pour Washington, l’actuel président syrien doit quitter la scène tant ses mains sont tâchées de sang.

Mais entre Hillary Clinton et Sergueï Lavrov, l’atmosphère reste joyeuse…

 

La piste d’Eugene, Oregon

EatonEugene, Oregon. En juin, dans cette ville de 155000 habitants, il pleut souvent. Il y a un petit aéroport, mais les visiteurs attérissent en général à Portland, puis roulent pendant deux heures pour se rendre dans cette cité au surnom révélateur: Track Town USA, la ville de la "piste" aux Etats-Unis. C'est précisément sur la piste du stade Hayward Field d'Eugene qu'ont lieu pendant dix jours les "trials", les sélections américaines pour les Jeux olympiques de Londres 2012. Un événement à la taille du pays: les moins bons qui ne seront pas qualifiés pour Londres seraient largement en tête dans des championnats suisses d'athlétisme. Vendredi, le décathlonien américain Ashton Eaton y a établit un nouveau record mondial de la discipline (photo Mike Blake/Reuters)

Pourquoi alors organiser des sélections aussi importantes pour l'Amérique dans un coin aussi perdu de la côte ouest?  Parce que c'est un peu ici que le jogging a été introduit aux Etats-Unis par l'entraîneur d'athlétisme Bill Bowerman qui était rentré inspiré de cette pratique en Nouvelle-Zélande. Un personnage qui a aussi co-fondé la marque Nike, toujours installée dans l'Oregon. Deux facteurs ont contribué, à partir des Jeux olympiques de Munich en 1972, à la réputation de ville de l'athlétisme d'Eugene. Le premier, c'est la communauté qui est totalement acquise à la cause. Les habitants d'Eugene sont fous d'athlétisme, des clubs de course à pied ont vite vu le jour de même que des clinique spécialisées dans ce sport. Vu le manque d'hôtels, les habitants ouvrent leurs portes aux athlètes, de possibles futurs champions olympiques. Les gens sont prêts à payer 50 dollars par jour pour assister aux joutes. Des volontaires viennent de tout le pays pour apporter leur pierre à l'édifice. Il y a manifestement un "esprit" d'Eugene. Pierre de Coubertin apprécierait sans doute. La piste d'Eugene rappelle en quelque sorte celle de Vidy à Lausanne, un stade très convivial où tous les grands athlètes de la planète convergeaient pour le meeting de Lausanne. On pouvait presque toucher les Vigneron ou autre Steve Ovett tant on était prêt de la piste.

Ville paisible, ville sportive. Eugene est aussi une ville abritant un noyau d'anarchistes très branchés défense de l'environnement. Ils formaient une partie des blocs opposés à la tenue du sommet de l'OMC à Seattle en 1999. De quoi maintenir Eugene sur la carte médiatique du pays…

Les républicains et le temps de lecture

Les républicains peuvent lire très lentement. Mais ils peuvent aussi lire très vite. Slate nous en donne la preuve par plusieurs exemples. Ainsi, en octobre 2009, le représentant républicain du Missouri Todd Akin fustigeait les démocrates pour avoir soumis le texte de l'Affordable Care Act, la loi concrétisant la réforme du système de santé, au dernier moment et qu'il n'avait pas le temps de la lire. Il ne pouvait dès lors pas voter dans de telles conditions.

Bachmann

 

Trois ans plus tard, ce même Todd Akin a sensiblement accéléré son rythme de lecture. 75 minutes après la publication de la décision de la Cour suprême sur l'ObamaCare, le membre du Congrès diffusait un communiqué de presse: la décision de la Cour est "un coup dévastateur à la liberté et une insulte à la dignité de tous les Américains". En si peu de temps, il a manifestement pu lire les 193 pages de l'arrêt sur l'ObamaCare.

L'égérie du Tea Party Michelle Bachmann (photo Jewel Samad/AFP) n'est pas en reste. En juillet 2009, elle déplorait l'attitude des démocrates qui lui imposaient une Bltzkrieg et la contraignaient de lire plus de 1000 pages de loi en 13 heures avant de voter. Jeudi dernier, 40 minutes après la diffusion de la décision, elle lâchait elle aussi un communiqué de presse critique de la décision. 90 minutes plus tard, elle dénonçait la décision sur CNN et enfin elle enchaîna avec une conférence de presse du Tea Party où elle jugeait la décision "inexplicable" et surtout pas fondée sur la Constitution. La lecture peut être visiblement un exercice hautement idéologique.

Qui a gagné la course à la primeure?

Journaliste au blog sur la Cour suprême SCOTUSblog, Lyle Denniston avait l'ambition d'être le premier à annoncer à l'Amérique la décision de la Cour suprême sur la réforme de la santé. A 81 ans, ce passionné a presque réussi son pari. Associated Press a été la première à donner la nouvelle à 10h08, mais par Twitter. Sur les terminaux des journaux toutefois, c'est Bloomberg qui a diffusé la nouvelle 12 secondes avant Reuters et 25 secondes avant AP.

La palme est revenue à CNN qui pendant six minutes a diffusé une information erronée en déclarant que l'obligation de contracter une assurance (mandat individuel), le noyau de l'ObamaCare, était abrogée par la Cour. La chaîne, qui connaît des problèmes d'audience, s'est excusée pour cette énorme bourde commise devant toute l'Amérique. Fox News a commis la même erreur, mais a plus vite corrigé le tir sans toutefois s'excuser.

La course à la primeure, une bataille qui en vaut la peine? L'embarras de CNN répond de façon éloquente à la question.

Quant à Barack Obama, il a eu la frayeur de sa vie. Debout en dehors du Bureau ovale, il a tout d'abord vu les accroches de CNN et Fox News annonçant par erreur l'abrogation d'une partie de sa loi. Puis sa conseillère juridique Kathryn Ruemmler est arrivée en courant lui signalant avec ses deux pouces que sa réforme a passé la rampe de la Cour. Le président a eu un instant de doute avant de réaliser que sa conseillère avait la bonne info.

Obama sauvé par le juge John Roberts

Barack Obama a de la chance. En 2009, quand il vendait sa réforme de la santé, il insistait pour dire que les citoyens américains n'auraient pas à payer une taxe s'ils ne contractent pas une assurance maladie, mais une pénalité. Dans le contexte politique de Washington, sous la pression des républicains, parler de taxes ou d'impôts était faire usage d'un gros mot.

Dans l'interview accordée en septembre 2009 au journaliste George Stephanopoulos, le président américain le répète. Ce n'est pas une taxe.

 

Or c'est parce que c'est une taxe que la réforme de la santé a été sauvée par la Cour suprême et son président, pourtant conservateur, John Roberts. Ironie de la situation: l'ObamaCare était menacée, disaient tous les experts, par ladite Clause du commerce. Et en vertu de cette dernière, l'ObamaCare a été jugée anticonstitutionnelle. John Roberts a en quelque sorte trouvé un moyen de sauver la constitutionnalité de l'Affordable Care Act en trouvant une autre justification: la loi est constitutionnelle, car le Congrès a le droit d'imposer une taxe (pour ceux qui ne contracteraient pas d'assurance) aux citoyens américains.

Obama peut remercier le juge John Roberts qui était pourtant loin d'être un ami et qui n'avait sans doute, au fond de lui-même que peu de sympathie pour la réforme de la santé.

Auteur de la “breaking news” de l’année?

SupremeC'est l'espoir de Lyle Denniston, journaliste de longue date. A 81 ans, il veut être le journaliste qui diffusera le premier la décision de la Cour suprême (photo Chip Somodevilla/ Getty Images/ AFP) sur l'Affordable Care Act, la réforme de la santé de Barack Obama. Comme le raconte le Washington Post, cela fait près de 60 ans qu'il couvre la Haute Cour et ce jeudi pourrait être son heure de gloire. L'objectif? Transmettre en primeur à tous les Américains, en particulier au président Barack Obama, le verdict des neuf juges de Washington.

C'est au sein du SCOTUSblog qu'il sévit. Il avait pourtant déjà travaillé pour le Wall Street Journal, le Baltimore Sun ou encore le Boston Globe ainsi que pour une radio de Boston. Mais l'amour du métier et la passion pour la Cour suprême le poussent à continuer à écrire de multiples commentaires sur le blog fondé en 2002 par l'étude d'avocats Goldstein & Russell.

Entre 1500 et 3000 avocats suivent régulièrement les analyses de SCOTUSblog. Mais depuis une semaine, le nombre de visites du blog explose. Jeudi dernier, il enregistrait 70 000 visiteurs et lundi 100 000. En général, le site est animé en direct par deux personnes. Ce jeudi matin, ils seront 7 sur pied de guerre deux heures avant la décision pour autant que celle-ci tombe jeudi après 10 h, comme tous les experts le prédisent.

Quand Lyle Denniston rejoigna SCOTUSblog, il était, à 73 ans, déjà plus âgé que tous les juges de la Cour suprême. Il n'est pourtant pas un grand adepte de l'informatique.

Ce jeudi, Lyle Denniston va quitter la salle où il prendra connaissance de la décision (aucun appareil électronique ou enregistreur n'est autorisé) pour courir dans un petit cagibi de l'édifice et donner le plus rapidement possible les éléments clés de la décision à son éditeur qui les mettra de suite sur le site. Selon Lyle Denniston, ce sera une gageure, car dans sa carrière, il n'avait jamais vu une plainte (contre l'ObamaCare) aussi complexe.

Le siège “noir” d’Harlem sauvé

Charles Rangel représente Harlem à la Chambre des représentants depuis 1971, date à laquelle il avait éjecté le charismatique et bouillonnant parlementaire Adam Clayton Powell Junior, pasteur mythique du quartier du nord de Manhattan. Mardi, il a prouvé qu'il était indéboulonnable. Il a réussi, à 82 ans, à sauver sa candidature pour le Congrès lors des primaires démocrates. En novembre, comme Harlem vote clairement démocrate, il ne devrait pas avoir de problème à être confirmé à Washington lors des élections générales. Rangel

L'enjeu de la primaire était de taille, du moins symboliquement. Le principal adversaire de Charles Rangel (photo Jonathan Ernst/Reuters) était le sénateur de l'Etat de New York Adriano Espaillat. Or ce dernier aurait été le premier Hispanique à représenter Harlem, confirmant ainsi le considérable changement démographique qu'a subi le quartier au cours de ces deux dernières décennies. Charles Rangel avait pourtant plusieurs obstacles de taille: la santé tout d'abord. A 82 ans, il décline et il s'est déplacé à de multiples reprises avec un déambulateur. L'éthique enfin. Il a connu de graves problèmes d'éthiques qui l'ont d'ailleurs contraint à quitter la présidence d'une commission de la Chambre des représentants. Mais manifestement, son réseau est encore redoutable pour mobiliser les démocrates d'Harlem.

L’émouvant témoignage de David Axelrod

Les détracteurs de l’Affordable Care Act opineront qu’il n’est pas objectif. Grand stratège et conseiller politique de Barack Obama, David Axelrod raconte la très forte émotion qui l’a parcouru quand l’ObamaCare a été adoptée par le Congrès. Dans un entretien à coeur ouvert, il explique comment il a failli plonger dans la détresse financière en raison de l’état de santé de sa fille. Quand celle-ci avait 7 mois, elle fut frappée par une épilepsie incontrôlable, une maladie chronique. David Axelrod dut acheter des médicaments qui n’étaient pas couverts par une assurance-maladie et il ne gagnait que 35 000 dollars par an. Il lui était impossible d’acquérir une autre assurance, car aucun assureur n’aurait accepté une patiente déjà malade selon le principe des “preexisting conditions”. Il dut débourser à chaque fois quelque 10 000 dollars.

Il raconte ainsi le moment où les responsables de l’administration Obama se réunirent dans la salle Roosevelt de la Maison-Blanche pour assister à l’adoption par le Congrès de l’Affordable Care Act. A ce moment, David Axelrod affirme avoir voulu aller s’isoler dans son bureau pour pleurer. En félicitant le président Obama d’avoir passé une loi qui permettra à d’autres familles d’éviter ce que David Axelrod a dû endurer, ce dernier n’a pu retenir ses larmes. Le président lui répliqua: c’est pour cela qu’on se bat pour une telle réforme.

Santé: l’OCDE vient au secours d’Obama

Obamacare

C'est un soutien plutôt inattendu qu'a manifesté l'OCDE mardi à la réforme de la santé (photo d'opposants devant la Cour suprême à Washington/Alex Wong/Getty Images/AFP) menée par Barack Obama et dont la loi est suspendue à une décision de la Cour suprême ce jeudi. Les 34 membres de l'Organisation de coopération et de développement économique ont estimé que l'Affordable Care Act ou l'ObamaCare pourrait permettre de réduire les dépenses sanitaires de l'Etat américain à moyen et long terme.

L'OCDE le dit sans ambage: "Le plus grand défi pour assurer une politique budgétaire durable relève des programmes de santé fédéraux." L'organisation de Paris relève qu'en raison du vieillissement de la population, les dépenses de santé vont croître de 2% du PIB au cours des dix prochaines années. Pour rappel, les Etats-Unis sont le pays qui dépense le plus pour la Santé: le secteur représente quelque 17% du PIB.

Il est ironique que le soutien à l'ObamaCare provienne d'une organisation économique. Le candidat républicain Mitt Romney n'a cessé de fustiger la réforme menée par Barack Obama car elle provoquerait une explosion des coûts ainsi que des hausses d'impôts. De la part du politicien de Boston, c'est plutôt osé. En 2006, il promulgait une loi dans le Massachusetts qui avait pour principal objectif l'universalité de la couverture santé. Elle ne visait à aucun moment à contrôler les coûts, un objectif que se sont fixé désormais les autorités du Massachusetts.

Dans l'attente du verdict très attendu de la Cour suprême, Mitt Romney a répété qu'il allait abroger l'ObamaCare dès son premier jour à la Maison-Blanche s'il est élu. Selon lui, Barack Obama aurait dû se focaliser sur l'économie au lieu de mener une réforme de la santé qui pourrait être effacée par une décision de la plus haute juridiction des Etats-Unis.