Les athlètes américains s’habillent chinois

En juin, le secteur industriel américain a reculé pour la première fois en trois ans. En mai, les exportations ont augmenté de 2% et les importations ont reculé de 0,6%. C’est dans un contexte économique toujours tendu que les Américains ont appris que les équipements des athlètes américains qui se rendent prochainement aux Jeux olympiques de Londres ont été fabriqués en Chine.

Le sang des politiques à Washington n’a fait qu’un tour. Le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner et la cheffe de la minorité démocrate Nancy Pelosi se sont tous deux accordés, fait rare, pour dénoncer ce scandale. Le président démocrate du Sénat a manifesté sa colère, arguant que le Comité olympique américain devait “reprendre tous les uniformes, en faire un gros tas et leur bouter le feu”. Même si les campagnes de dénigrement contre la Chine ont perdu de leur vigueur ces derniers mois, le symbole d’athlètes représentant l’Amérique et portant des vêtements fabriqués en Chine était insupportable pour une classe politique focalisée sur les élections de novembre.

Ce n’est d’ailleurs pas la seule polémique au sujet des vêtements de l’équipe olympique américaine griffés Ralph Lauren. Les athlètes porteront tous un béret. Fox News s’est rapidement emparée du sujet pour montrer à quel point cette tenue était ridicule tant on mélange les emblèmes de la France et des Etats-Unis.

L’équipe olympique américaine n’est pas la seule dans cette situation. Les équipements de l’équipe britannique confectionnés par la styliste Stella McCartney ont été fabriqués en Indonésie. Ceux de l’équipe néo-zélandaise ont été créés en Italie, Turquie et Chine.

Voici la manière dont Fox News a appréhendé le sujet:

 

 

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Romney n’a pas conquis le vote noir

Mitt Romney n'a pas encore conquis le vote afro-américain pour la présidentielle du 6 novembre. Le candidat républicain s'est exprimé mercredi devant la NAACP, la National Association for the Advancement of Colored People, à forte majorité noire. Cela n'a pas été un franc succès.

Il avait pourtant bien commencé en déclarant que si les Afro-Américains souhaitaient un président qui agisse vraiment dans leur intérêt, Mitt Romney était leur homme. En un sens, le républicain a repris une critique qu'on a souvent entendue depuis que Barack Obama est à la Maison-Blanche: étant Noir lui-même, il n'a pas voulu passer pour un président noir agissant pour les Noirs. Les mauvaises langues avancent même que Barack Obama est le président qui en a le moins fait pour la communauté afro-américaine.

Mais ça s'est dégradé peu après quand Mitt Romney a sermonné l'audience pour lui dire à quel point il n'était plus possible de dépenser autant et qu'il fallait abroger la réforme de la santé du président Obama. Il a eu droit aux huées de la foule.

Voici l'un des passages délicats de son intervention:

 

Pétrole, cimetières et paix des morts

Reposer en paix. C'est l'expression consacrée pour les morts ensevelis dans les cimetières. Aux Etats-Unis, l'expression Cimetièrepourrait être de moins en moins adaptée. Comme le raconte le New York Times, des habitants de Fort Worth au Texas craignent que leurs proches, décédés, ne soient dérangés par des activiés de forage entreprises par des sociétés pétrolières. Depuis que la technique de fracturation hydraulique des roches connaît un essor considérable, tout terrain est bon à être exploité.

A Fort Worth, des associations se mobilisent contre de telles pratiques dans des quartiers résidentiels et à plus forte raison dans des cimetières (photo Valery Hache/AFP). Or ce qui paraît une exception devient de plus en plus la règle. La deuxième plus grande société productrice de gaz naturel aux Etats-Unis, Chesapeake Energy, collabore avec plus de douze cimetières dans la région de Fort Worth. Mais elle rassure. Elle ne fore jamais à une distance de moins d'un mile (1,609 kilomètre) des cercueils inhumés.

Les gérants des cimetières eux-mêmes ne sont pas insensibles à l'appât du gain que représente la cession des droits du sous-sol (mineral rights).

Or si les visiteurs desdits cimetières devaient entendre des bruits de fond en allant sur la tombe de leurs proches, qu'ils ne s'inquiètent pas. Rien de surnaturel dans l'affaire. Il s'agit simplement de forage par fracturation hydraulique des roches souterraines. On n'arrête pas le progrès.

 

“La campagne Obama veut tuer Mitt”

Hangar à bateaux, des kayaks suspendus, un drapeau américain. On croirait être dans le repaire de David Crockett. Or il est question de Mitt et d’Ann Romney qui ont accordé une interview éclairante à CBS depuis leur résidence de vacances à Wolfeboro dans le New Hampshire.

La putative First Lady en est convaincue: l’équipe Obama est prête à “tuer” son mari et à le détruire. Or comme le pays est dans un état lamentable, c’est lui et lui seul qui est à même de le remettre sur pied. Les deux Romney ont voulu créer une ambiance décontractée dans leur maison sise sur les bords du lac Winnepesaukee, mais la tension était néanmoins perceptible. Toute bourde sur une chaîne nationale se paie désormais comptant.

Le 4 Juillet dans l’obscurité…

PowerA New York, des dizaines de milliers de personnes se sont agglutinées le long de l'Hudson River pour assister aux feux d'artifice marquant le 4 Juillet, fête nationale qui fait honneur à la Déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776. Ambiance excellente, bien que la fête fût très encadrée par la NYPD, la police de New York.

Mais les New-Yorkais ont une chance que n'ont pas tous les habitants de la région de Washington plongés dans l'obscurité depuis cinq jours après une tempête dévastatrice qui a endommagé les lignes électriques à la fin de la semaine dernière (photo: un habitant de Silver Spring, dans le Maryland, constate les dégâts/Gary Cameron/Reuters). Pour les Washingtoniens ainsi que les "banlieusards" d'Alexandria, des comtés de Montgomery ou Ann Arundel, le 4 Juillet était synonyme d'attente, encore et toujours, d'électricité. La compagnie d'électricité Pepco se bat pour rétablir le courant le plus rapidement possible. Mais l'état des lignes électriques est parfois préoccupant. A Davidsonville, près d'Annapolis, les lignes électriques passent à de nombreux endroits dans un enchevêtrement indescriptible de branches d'arbres. Il suffit qu'une branche cède pour priver des milliers de foyers d'électricité.

Le moment est particulièrement mal venu pour les habitants de Washington, où l'été est marqué par des températures tropicales et une humidité qui ne l'est pas moins. Pour certains, la situation est même plus dramatique. Pas d'électricité signifie pas d'eau non plus, plusieurs maisons ayant un puit individuel relié à une pompe alimentée par le courant électrique…

Thomas Edison doit se retourner dans sa tombe…

Clinton présente les excuses de l’Amérique

Hillary“Nous regrettons les pertes subies par l’armée pakistanaise. […] Nous nous engageons à collaborer étroitement avec le Pakistan et l’Afghanistan pour que ce genre de tragédie ne se reproduise plus.” La déclaration est de Hillary Clinton (ici aux côtés du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lors du sommet sur la Syrie à Genève/Laurent Gillieron/AFP), la secrétaire d’Etat américaine qui ne cesse de débloquer des situations diplomatiques délicates.

On connaît le rôle décisif qu’elle a joué l’an dernier au moment de l’intervention en Libye sous l’égide de l’ONU, de l’OTAN et  de la Ligue arabe. Elle a récemment réussi à se sortir d’une situation extrêmement inconfortable en Chine en négociant avec les responsables chinois le droit pour le dissident Chen Guangcheng d’aller étudier le droit à la New York University. Mardi, Hillary Clinton a mis fin à sept mois de crise diplomatique entre Islamabad et Washington en raison d’une bavure des forces aériennes américaines qui causa la mort de 24 soldats pakistanais. Elle a présenté ses excuses au nom de l’Amérique. La réaction pakistanaise ne s’est pas fait attendre. Islamabad a sans délai rouvert la route de transit utilisée par l’OTAN pour se rendre en Afghanistan. Cela permettra aux Etats-Unis d’économiser environ 100 millions de dollars par an, soit le coût engendré par la nécessité d’emprunter une autre route par l’Asie centrale.

Le ministre pakistanais de l’Information, Qamar Zaman Kaira, s’est félicité du fait que son pays ait réussi à inciter la première puissance mondiale à présenter ses excuses. L’administration américaine va maintenant exhorter le Congrès à lever la suspension des fonds de 1 milliard de dollars destinés aux opérations antiterroristes menées par le Pakistan. On peut toutefois imaginer raisonnablement que Mitt Romney va sauter sur l’occasion pour déplorer que l’Amérique s’excuse un peu partout à travers le monde. A ses yeux, la plus grande nation sur terre n’a pas à s’excuser.

Quant à Hillary Clinton, la patronne de Foggy Bottom est capable de faire coopérer Arabes, Russes, Chinois et Occidentaux pour intervenir en Libye, de discuter calmement avec les autorités chinoises pour trouver une solution au cas Chen, de tenir un discours quasi révolutionnaire devant le Conseil des droits de l’homme pour défendre les droits des homosexuels. Elle sait aussi se montrer très dure envers l’Iran et présenter ses excuses quand les intérêts américains l’exigent. Y a-t-il une meilleure définition d’une diplomatie efficace?

 

Réflexions à l’occasion du 4 Juillet

Constitution"Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes: tous les hommes sont créés égaux; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur." Aujourd'hui, les Américains se remémorent, à l'occasion de la fête nationale américaine, la Déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776. Une époque où les colons britanniques n'étaient plus les bienvenus et où des centaines de milliers d'esclaves venus d'Afrique n'avaient pas le loisir d'expérimenter ces vérités évidentes.

Aujourd'hui, la bataille ne s'articule pas autour de la Déclaration d'indépendance, mais de la Constitution (photo d'une copie de l'exemplaire personnel de la Constitution de George Washington/Spencer Platt/Getty Images/AFP). Le Tea Party estime que l'administration démocrate de Barack Obama ne cesse de violer la Constitution adoptée en 1787 et entrée en vigueur deux ans plus tard. Notamment en voulant renforcer l'Etat fédéral au détriment des Etats. C'est dans ce contexte que la décision de la Cour suprême de juger inconstitutionnelle l'obligation imposée aux Etats d'élargir la couverture de Medicaid (assurance maladie pour les plus pauvres) dans le cadre de l'ObamaCare (la réforme de la santé) a été particulièrement saluée par le Tea Party et les 26 Etats qui ont porté l'affaire devant la plus haute juridiction du pays. La lecture de la Constitution par le Tea Party et l'une de ses égéries Michelle Bachmann est pourtant erronée. A l'époque, les pères fondateurs souhaitaient bien renforcer l'Etat fédéral.

Les Américains auront donc aujourd'hui une pensée pour les "framers", ceux qui ont rédigé la Constitution. Mais cette pensée sera polysémique.

 

Vice-présidence: éviter l’erreur Palin

Dans la course à la Maison-Blanche, le candidat républicain Mitt Romney devrait bientôt choisir celui ou celle qui l'accompagnera Portmansur le ticket pour l'élection présidentielle du 6 novembre. Le choix du "Veep", de celui qui deviendrait le vice-président des Etats-Unis si Mitt Romney devait être élu, est crucial. En 2008, John McCain en a fait la triste expérience en choisissant Sarah Palin, ex-gouverneure d'Alaska et fer de lance du Tea Party.

Les candidats sont nombreux: Marco Rubio, le sénateur de Floride, Paul Ryan, le représentant du Wisconsin, Tim Pawlenty, ex-gouverneur du Minnesota, Bobby Jindal, gouverneur de Louisianne, etc. Celui qui semble toutefois le mieux placé semble être le sénateur de l'Ohio Rob Portman (photo Charles Dharapak/AP/Keystone), 56 ans, élu à la Chambre haute en novembre 2010. Beaucoup le décrivent comme un politique ennuyeux. Il a pourtant une excellente connaissance des rouages de Washington et du Congrès, où il a siégé pendant 12 ans à la Chambre des représentants. Il fut aussi le directeur du budget de George W. Bush. A l'heure du Tea Party, ce point dans le CV de Rob Portman n'est peut-être pas le plus à son avantage. Les conservateurs n'ont toujours pas avalé la perte de contrôle du budget sous Bush fils. Aujourd'hui, il a gardé une relation étroite avec la famille Bush.

Autre atout de Rob Portman: il parle très bien l'espagnol pour avoir séjourné, durant ses études, près du Rio Grande au Texas. Il est capable de tenir un discours en espagnol, un élément importante quand on sait que le vote hispanique en novembre sera majeur. Par ailleurs, Rob Portman n'est pas une figure charismatique et est relativement peu connu au sein du Parti républicain. Ce pourrait être une tare, mais pour Mitt Romney, dont le charisme est relatif, c'est plutôt un atout. Un vice-président à la trop forte personnalité pourrait éclipser l'ex-gouverneur du Massachusetts.

Quant à Marco Rubio, longtemps présenté par la presse américaine comme le grand favori, il est resté très discret ces dernières semaines. De fait, le quartier général de la campagne de Mitt Romney ne lui a jamais demandé les documents généralement présentés par les colistiers potentiels. Pour éviter de heurter la communauté cubaine de Miami, très ancrée républicaine, Mitt Romney s'est senti obligé de déclarer que Marco Rubio était aussi parmi les "papables".

GlaxoSmithKline devra débourser 3 milliards de dollars pour fraude

Le géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline devra débourser 3 milliards de dollars pour mettre fin aux poursuites menées par le gouvernement fédéral et plusieurs Etats américains. La société a été reconnue coupable d'avoir promu illégalement des médicaments et d'avoir triché sur les prix. Elle a ainsi commercialisé les antidépresseurs Paxil and Wellbutrin pour des usages qui n'avaient pas obtenu l'approbation de la Food and Drug Administration, le gendarme dans ce secteur. Cela incluait des traitements pour des enfants et adolescents.

GlaxoSmithKline (GSK) a aussi admis avoir retenu des informations importantes par rapport à son médicament anti-diabète Avandia. Enfin, la société britannique a été reconnue coupable d'avoir accordé des pots-de-vin à des médecins qui vendaient en priorité ses médicaments en leur offrant notamment des billets d'avion pour Hawaii ou des billets pour des concerts de Madonna.

L'accord à l'amiable conclu entre GSK et les autorités américaines est le plus important jamais approuvé dans l'histoire du secteur de la santé aux Etats-Unis. Il prévoit par ailleurs que GSK soit "encadrée" par des responsables de l'administration américaine pendant cinq ans.

Romney et avortement: la bombe lâchée par le magazine “Mother Jones”

AvortementLa dernière enquête de Mother Jones pourrait être douloureuse pour Mitt Romney. Le magazine de gauche s'est procuré des documents de la Securities and Exchange Commission, le gendarme de la bourse, attestant que Mitt Romney a joué un rôle majeur dans un investissement de 75 millions de dollars réalisé par un groupe d'investisseurs dans la société Stericycle, spécialisée dans la gestion des déchets médicaux. Or cette société élimine aussi les foetus issus d'avortements (photo de militants anti-avortement devant la Cour suprême à Washington/Yuri Gripas/Reuters).

Durant les primaires républicaines, la question avait déjà été posée et Mitt Romney avait pu rejeter la critique d'un revers de main, expliquant qu'il avait déjà quitté la société Bain Capital qu'il dirigeait en février 1999 alors que l'investissement en question avait eu lieu en novembre de la même année.

Les documents de la SEC montrent que Mitt Romney était encore très actif jusqu'à la fin 1999, sapant l'argument relatif à sa date de départ de Bain Capital. Voici ce qu'ils disent: Mitt Romney était le seul actionnaire, directeur, CEO et président de Bain Capital, Bain Capital Partner et de deux autres sociétés d'investissement. La copie originale du dossier a été signée par Mitt Romney. Il était par ailleurs la seule personne mentionnée comme étant responsable des actions de Bain Capital dans Stericycle. Un fait difficilement compatible avec un retrait complet de Mitt Romney de Bain Capital.

Le candidat républicain à la Maison-Blanche a eu énormément de peine à convaincre les milieux conservateurs lors des primaires, en particulier les évangéliques. Beaucoup se référaient à la réforme de la santé qu'il avait promulguée dans le Massachusetts en 2006 qui permettait de financer les avortements. Cette fois-ci, la charge contre le Bostonien pourrait être plus forte. Mitt Romney a, affirment ses détracteurs, gagné des millions de dollars grâce à cet investissement, profitant de faire de l'argent sur des foetus morts. Les pro-life, les anti-avortement, pourraient mener la vie dure au rival de Barack Obama.