Isaac nargue la convention républicaine

Le démocrate du Vermont Howard Dean s'est dit surpris de constater que les républicains entendaient organiser leur convention
Isaacnationale en Floride à la fin d'août. La Floride est sur l'itinéraire des ouragans (photo: WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP) et le mois d'août est leur saison de prédilection.

Et de fait, l'ouragan Isaac (Isaac veut dire "il rit" en hébreu) perturbe les plans des organisateurs de la convention qui ont déjà dû annuler la première journée. Dimanche soir, sur CNN, le stratège démocrate James Carville l'a dit sans ambage: "L'ouragan porte préjudice à Mitt Romney", car c'est le principal sujet dont parlent les gens.

Certains avanceront que les républicains ont osé prendre des risques – une qualité souvent décrite comme étant très américaine – en tenant leur convention en Floride, qui reste un Etat crucial pour Mitt Romney s'il souhaite gagner la présidentielle. D'autres opineront que c'étaient des risques inconsidérés et inutiles. Autre interprétation possible: face à des situations imprévues, les républicains sont capables de gérer l'urgence. Isaac, lui, fait son chemin dans le golfe du Mexique jusqu'à la Louisiane qui pourrait être à nouveau être durement touchée sept ans jour pour jour après la catastrophe Katrina.

Occupy Tampa, feu de paille ou réelle mobilisation?

TampaC'est sans doute le plus grand mystère de la campagne électorale américaine. Alors que de nombreux observateurs pensaient que le mouvement Occupy Wall Street (photo Mladen Antonov/AFP/Tampa) allait faire un retour en force en 2012 sur la scène politique, ils se font attendre. A Tampa, entre 2000 et 3000 militants du mouvement disent se mobiliser ce lundi pour perturber le déroulement de la convention républicaine. A voir la manière dont les forces de l'ordre ont verrouillé le centre de cette ville de Floride, faisant du Tampa Bay Times Forum une forteresse inexpugnable, les contestataires ont peu de chance de faire de grands remous.

La question reste néanmoins persistante: le mouvement Occupy va-t-il faire un retour en force à l'approche du premier anniversaire de cette mobilisation qui avait débouché sur l'occupation du centre de nombreuses grandes villes américaines? Pour les uns, Occupy Wall Street a déjà obtenu un succès retentissant: la campagne de Barack Obama a repris sa rhétorique des inégalités sociales (1% d'ultra-riches et 99% d'Américains de la classe moyenne). Pour les autres, si le mouvement se contente de cela et n'intervient plus de façon significative dans la campagne électorale, il aura raté une occasion unique d'influer sur une présidentielle. Barack Obama-Mitt Romney: le combat semble répliquer celui qui oppose Occupy Wall Street au Tea Party.

Politique énergétique de Romney: “Drill”

Romney

Entouré de derricks au coeur d'un champ pétrolier du Nouveau-Mexique, Mitt Romney (photo Jewel Samad/AFP) a présenté jeudi sa politique énergétique. A l'entendre, un autre républicain, aujoud'hui décédé, s'est sans doute retourné dans sa tombe: Theodore Roosevelt, le premier président à avoir classé de vastes espaces du territoire américain pour y préserver la faune et la flore. Mitt Romney est de fait prêt à faire passer les compétences de régulation de l'exploitation pétrolière et gazière entièrement de l'Etat fédéral aux Etats. Un expert tire déjà la sonnette d'alarme, dénonçant la "balkanisation" du cadre régulatoire cadrant l'industrie des hydrocarbures, où 50 lois différentes pourraient s'appliquers aux compagnies pétrolières.

Pour "créer trois millions d'emplois" et permettre aux Etats-Unis d'atteindre une autonomie énergétique d'ici à 2020, Mitt Romney est prêt à autoriser des forages à peu près partout où c'est possible. Sa perception de la politique de la Maison-Blanche est univoque: "Parfois, j'ai l'impression que le comportement régulateur de l'administration consiste à empêcher l'exploitation du pétrole, du gaz et du charbon, qu'elle ne veut pas profiter de ces ressources. A la place, dénonce le candidat républicain, Barack Obama est prêt à investir beaucoup d'argent dans l'éolien et le solaire sans grand résultat. Il en veut pour preuve la faillite du fabricant de panneaux solaires Solyndra, qui avait reçu près d'un demi-milliard de subventions de Washington.

Le mépris du candidat républicain pour les énergies renouvelables n'est qu'une demi-surprise. La politique énergétique qu'il vient de présenter a été élaborée en consultation avec les majors de l'industrie des hydrocarbures, dont Continental Resources dirigée par le milliardaire Harold Hamm. Cette semaine, raconte le New York Times, cette même industrie a versé 10 millions de dollars à la campagne de Mitt Romney.

“2016:Obama’s America”, le pamphlet

Le film est à l'affiche depuis plusieurs semaines aux Etats-Unis. Selon Entertainment Weekly, le documentaire du réalisateur
2016_300x250_InTheatersNow Dinesh D'Souza est déjà en tête des ventes sur le site cinématographique Fandango. L'un de ces derniers week-ends, il a comptabilisé 1,24 million d'entrées alors qu'il n'était projeté que sur 169 écrans. Dinesh D'Souza, un immigré d'Inde et actuel président du King's College de New York réfute tout lynchage: "Je n'essaie pas de lyncher Obama de façon brutale."

Pourtant, le documentaire est bien un pamphlet sans concession contre le président démocrate. Le réalisateur, qui a déjà publié un livre assassin contre le président noir (Obama's America: Unmaking The American Dream) pense que si Obama est réélu en novembre pour quatre ans, il y aura une Troisième Guerre mondiale, le Moyen-Orient sera les "Etats-Unis d'Islam" et l'économie mondiale s'écroulera. Au plan interne, Barack Obama est présenté comme un anti-capitaliste, mais aussi comme un anti-Américain. Se fondant sur les mémoires d'Obama "Dream From my Father", Dinesh D'Souza estime que le président américain a été largement influencé par son père kenyan qui était anti-colonialiste, anti-blanc et anti-chrétien. Le réalisateur semble peu faire cas du fait que Barack Obama a de fait très peu connu son père.

Pour Dinesh D'Souza, les pères spirituels d'Obama sont le communiste Frank Marshall Davis, le militant pacifiste radical Bill Ayers, l'anti-sioniste universitaire (aujourd'hui décédé) d'origine palestinienne Edward Said et enfin le révérend afro-américain sulfureux Jeremiah Wright.

Le documentaire est à la mesure du zeitgeist qui empreigne l'Amérique d'aujourd'hui. Jeudi, un juge texan, Tom Head, a déclaré que si Obama est réélu, il va "céder la souveraineté des Etats-Unis à l'ONU". Dans un tel cas de figure, le juge texan s'attend "au pire. Des troubles, des actes de désobéissance civile, une guerre civile peut-être." Obama réélu = guerre civile. Il fallait y penser…

Budget américain: la quadrature du cercle

L'élection présidentielle du 6 novembre prochain est un enjeu majeur pour les Etats-Unis. Mais ce n'est pas le seul. Au mois de décembre, le Congrès (photo Alex Wong/AFP/Getty Images) sera amené à se prononcer sur plusieurs lois dont l'impact sur l'économie américaine ou sur le déficit budgétaire pourrait être considérable.
Congress

Le Congressional Budget Office, un organe non partisan, vient de présenter les choix cornéliens qui se présentent aux membres du Congrès. Si les baisses d'impôt décrétées à l'époque par George W. Bush, les Bush tax cuts, qui expirent à la fin de l'année ne sont pas renouvelées, 100 millions d'Américains devront payer davantage d'impôt dans un contexte de très faible croissance économique. Si ces baisses ne sont pas prolongées, l'effet sera encore accentué par le mécanisme automatique de réduction des dépenses de 100 milliards de dollars. Avantage de ce scénario: le déficit prévu de 1130 milliards de dollars à la fin septembre serait réduit à 641 milliards. Le déficit passerait de 7,3% du PIB à 4%. Inconvénient: le taux de croissance de l'économie diminuerait de 2,9% au cours du premier semestre 2013 et de 0,5% sur l'année. Le chômage bondirait à nouveau de 8,3% à 9,1%.

L'autre option, pour le Congrès, c'est de privilégier la croissance. La baisse d'impôt (Bush) est reconduite et les coupes budgétaires sont retardées. Résultat: le chômage reste à 8% et la croissance, faible, reste à 1,7%. Mais le déficit budgétaire demeure astronomique: plus de 1000 milliards.

Manifestement, aucun scénario n'est satisfaisant. Qui plus est, le fossé idéologique entre républicains et démocrates laisse augurer difficilement un compromis entre les deux partis.

Mort de Ben Laden: un Navy Seal raconte

Navy SealC'est peut-être une petite bombe qui va exploser en pleine campagne électorale. Le 11 septembre prochain, jour anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, un Navy Seal (troupe d'élite de la marine américaine) qui a participé à l'opération secrète d'Abbottabad qui déboucha sur la mort d'Oussama ben Laden publie un livre, No Easy Day: The Firsthand Account of the Mission that Killed Osama Bin Laden. L'auteur écrit sous un pseudonyme, Mark Owen, et est désormais à la retraite. Selon les médias américains, il aurait des "choses à dire" sur ce qui s'est vraiment passé. Pour Barack Obama, dont la mort de Ben Laden fut l'un des grands succès de sa politique étrangère et une promesse tenue, les "révélations" de Mark Owen pourraient être dérangeantes.

Selon l'éditeur, Penguin Group, l'écrivain faisait partie intégrante de l'"Operation Neptune Spear" d'Abbottabad le 1er mai 2011. Il dirigea l'une des équipes qui prit le repaire de Ben Laden d'assaut. Il fut l'un des premiers hommes à pénétrer dans la maison par une porte du troisième étage et fut présent quand le chef d'Al-Qaida fut tué. Les noms des participants à l'opération ont été changés. Et, ajoute Penguin, les gains issus de la vente du livre iront à des associations qui soutiennent les familles de Navy Seals tombés au combat. Mark Owen le dit sans ambages: "Il est temps de dire les faits à propos de l'une des plus importantes missions dans l'histoire militaire des Etats-Unis."

L'auteur de ce livre anonyme pourrait cependant avoir des problèmes. Il n'en a jamais parlé au Pentagone, qui a appris la publication du livre avec – c'est un euphémisme – surprise. Or des procédures l'exigent, car des informations sensibles pourraient être ainsi diffusées. L'affaire risque d'éclabousser l'administration Obama qui est accusée par les républicains de ne pas sévir de façon efficace contre les fuites et la diffusion de données sensibles concernant notamment la Défense.

Jeudi, le Pentagone a finalement réussi à identifier le Navy Seal: Matt Bissonnette, 36 ans, un militaire qui travaillait "techniquement" pour la CIA. L'homme avait déjà participé à plusieurs opérations dangereuses dont celle visant à extraire de la main de pirates somaliens le capitaine du bateau Maersk Alabama en 2009.

Les républicains face à la colère des dieux

Tampa était a priori un bon choix: en organisant la Convention républicaine devant nommer officiellement Mitt Romney et Paul Ryan candidats respectifs à la présidence et à la vice-présidence des Etats-Unis, l'équipe de campagne de l'ex-gouverneur du Massachusetts espère produire un effet suffisant pour que le mormon gagne cet Etat indécis (swing state) pouvant basculer en faveur des démocrates comme des républicains.

Selon les météorologues, l'ouragan Isaac pourrait toutefois perturber la belle machine républicaine car il s'oriente vers la Floride. Même si les habitants de Tampa minimisent, relevant qu'ils sont habitués à ce genre d'intempéries, le maire de Tampa, Bob Buckhorn, n'excluait pas, si l'ouragan devait être violent, d'annuler voire de reprogrammer la convention. Dans un tel cas de figure, quel serait l'impact de la colère des dieux sur la campagne de Mitt Romney? Sans doute minimal.

L'ouragan Isaac, entre-temps, a déjà eu des conséquences. A Guantanamo, les auditions de Khaled Sheikh Mohamed, le cerveau autoproclamé des attentats du 11 septembre 2001, et de quatre autres détenus ont déjà été annulées en raison de la menace d'ouragan.

Une autre menace plane aussi sur la convention qui se tient du 27 au 30 août dans la ville de Floride. Fox News annonçait que des groupes anarchistes pourraient venir semer la zizanie aux alentours du centre de convention. Quant au vice-président démocrate Joe Biden, il a promis qu'il allait faire campagne à …Tampa durant le grand raout républicain…

Interview inédite de Martin Luther King

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Dans le grenier de sa maison du Tennessee, Stephon Tull n'en crut pas ses yeux: dans des boîtes laissées par son père, il a mis la main sur un enregistrement inédit d'une interview avec le révérend Martin Luther King réalisée par son père le 21 décembre 1960. Ce dernier avait vécu la ségrégation raciale des années 1960 au Tennessee où les Afro-Américains étaient soumis aux lois raciales appelées "Jim Crow".

Dans le document sonore, Martin Luther King a conscience de l'importance que pourra revêtir à l'avenir, aux yeux des historiens, le mouvement des droits civiques aux Etats-Unis dont il était l'un des plus éminents leaders. "Le mouvement, souligne le révérend, sera sans doute l'une des plus grandes épopées" de l'histoire moderne américaine. "Il s'agit d'un combat au plus haut niveau de la dignité et de la discipline", souligne-t-il.

Le père de Stephon Tull avait l'intention d'écrire un livre sur le racisme et sur les dérives de la ségrégation raciale. Tombant malade, il n'a jamais achevé son oeuvre. Il enregistra l'interview alors que le révérend était âgé de 31 ans, soit trois ans avant son fameux discours "I have a dream" tenu à Washington en 1963 et quatre ans avant que le président Lyndon Johnson ne signe le Civil Rights Act, la loi interdisant la ségrégation raciale.

Le collectionneur et expert en objets historiques Keya Morgan a autentifié la bobine d'enregistrement et espère pouvoir vendre, en accord avec Stephon Tull, le document sonore à un musée ou une université.

Todd Akin sous pression maximale

AkinLe représentant républicain du Missouri, Todd Akin (photo Reuters), a de l'aplomb. Dimanche, lors d'une émission de télévision nationale, il évoquait le "viol légitime" et expliquait comment les femmes violées bloquaient d'une certaine manière toute grossesse. Ses propos ont provoqué un tollé dans tout le pays, en particulier auprès des femmes, mais aussi auprès de ceux qui sont défavorables à l'avortement, mais qui toléreraient des exceptions, notamment pour les viols. Le président américain Barack Obama a lui-même déploré une telle dérive: "Un viol est un viol", a-t-il précisé.

Aujourd'hui, personne n'aimerait être à la place de Todd Akin. Non seulement ses propos défient tout entendement, mais il est aussi soumis à une pression telle de son parti qu'on voit mal comment il ne va pas céder. Car le personnage a du cran. Malgré les conseils du candidat à la Maison-Blanche Mitt Romney et des hautes instances du Parti républicain, Todd Akin s'accroche. Il n'entend pas renoncer à sa candidature au Sénat pour l'Etat du Missouri. Or ce dernier doit absolument être gagné par les républicains si ces derniers veulent conquérir la majorité du Sénat en novembre.

Les déclarations du représentant du Missouri sont peut-être d'un autre temps, elles n'en recoupent pas moins les arguments développés dans la plateforme de la commission électorale du Parti républicain exhortant à une interdiction constitutionnelle de l'avortement et ne mentionnant pas d'exceptions particulières.

11-Septembre: la croix de la colère

En Europe, la controverse des crucifix dans les classes d'école a fait passablement de bruit dans des pays catholiques qui se sont laïcisés au fil des ans.

Aux Etats-Unis, une croix (photo Peter Morgan / Reuters) créé la polémique. Issue des débris des deux tours jumelles abattues par Al-Qaida le 11 septembre 2001, elle résulte en réalité des poutres métalliques qui constituaient les Twin Towers. Peu après les attentats, elle fut érigée sur un piédestal et installée dans Church Street, près de Ground Zero. Puis elle fut ramenée sur le site des attentats et est censée être exposée comme un "vestige" du 11-Septembre.

Mais le 27 juillet dernier, un groupe n'a pas eu peur de se faire qualifier "d'anti-patriotes" en exigeant le retrait de cette croix, car celle-ci aurait un aspect trop chrétien et exclurait toutes les autres confessions ou les athées qui ont également péri dans la catastrophe. Les Athées américains ont déposé une plainte pour faire valoir leurs droits. Ils considèrent la croix en question comme étant "contraire à la Constitution".

Après le scandale autour d'une mosquée qui devait voir le jour à un jet de pierre de Ground Zero, c'est au tour de la croix devant être exposée dans le Musée du Mémorial du 11-Septembre de faire des remous. Al-Qaida doit se réjouir: le site des attentats traumatiques de 2001 continue d'être un lieu ultra-sensible où foi, religion et athéisme ne font pas bon ménage.

Sur Fox News, l'un des membres du mouvement Athées américains, Dave Silverman, n'en démord pas:

 

 

 

Quant à Jon Stewart, il ne manque pas de moquer les athéistes américains dans son "Daily Show":