Clint Eastwood va-t-il dégainer à Tampa?

C'est le buzz qui agite le Centre de Convention de Tampa. Le réalisateur de "Million Dollar Baby" et de "Gran Torino" est censé se rendre à Tampa mercredi soir ou jeudi matin. Ayant déjà annoncé voici quelques semaines qu'il apportait son soutien à Mitt Romney, Clint Eastwood pourrait même être l'orateur surprise jeudi soir, quand le Bostonien tiendra un discours qui déterminera si la Convention républicaine sera un succès et si elle permettra de creuser l'écart dans les sondages avant le grand raout démocrate de Charlotte qui se tient du 3 au 6 septembre.

Rien de nouveau du côté de Clint Eastwood dont la fibre républicaine est connu. En 2008, il avait soutenu John McCain qui convoitait la Maison-Blanche. En 2012 cependant, une publicité diffusée en plein Super Bowl, la grand-messe du football américain, a semé le doute. Elle avait pour protagoniste le cinéaste qui soulignait tous les mérites du plan de sauvetage de l'industrie automobile de Détroit et qui se félicitait de son rebond. Manifestement, il défendait alors davantage la voiture américaine que la politique de Barack Obama.

 

 

Ron Paul, l’électron résolument libre

Il n'est pas libertarien pour rien. Le républicain Ron Paul a insisté, dans une interview accordée à Fox News: il est toujours un électeur indécis et n'apporte pas pour l'heure son soutien au ticket Romney-Ryan. Dans le genre unité du parti, les déclarations du Texan font plutôt désordre.

Lundi, Ron Paul a déjà suscité un certain émoi en tenant une réunion avec ses partisans. Il a marqué une nouvelle fois sa différence d'avec l'establishment républicain. Parmi les disciples de cet ancien obstétricien, un grand nombre de jeunes, des universitaires séduits notamment par le discours isolationniste du libertarien qui estime que l'Amérique n'a plus à jouer les gendarmes du monde et à s'engager dans des guerres dévastatrices pour les finances américaines.

Le Parti républicain avait prévu que Ron Paul n'allait pas se laisser dompter si facilement. Il a accordé au membre de la Chambre des représentants qui va prendre sa retraite un espace minimal en marge des discours officiels. Le libertarien a d'ailleurs refusé de parler dans le créneau qu'on lui proposait, car on lui imposait une certaine ligne. Les partisans de Ron Paul n'ont pas manqué d'exprimer leur irritation par rapport à cette tentative de faire passer leur star sous silence.

 

Stevie Wonder réussit là où Barack Obama a échoué

C'est un blogueur qui nous l'apprend: les délégués présents à la Convention républicaine de Tampa ont pu entendre à plusieurs
Wonder reprises ce qui apparaissait presque comme l'hymne officiel de ce rendez-vous majeur de la campagne électorale pour la présidentielle: "Signed, Sealed, Delivered", un succès majeur de Stevie Wonder des années 1970. Les délégués ont dansé, chanté.

Problème d'image: le succès de Stevie Wonder (photo Paul J. Richards/AFP) a été passé en boucle lors de la campagne électorale de Barack Obama en 2008. Le chanteur est venu par ailleurs chanter à la Convention démocrate de Denver en 2008. 

Comme le souligne ironiquement le journaliste Michael Shear, républicains et démocrates de Washington sont au moins capables de s'entendre sur quelque chose. Mais ce n'est pas forcément volontaire…

 

Ann Romney et le stress d’un discours

Mardi soir à Tampa, Ann Romney (photo Jewel Samad/AFP), First Lady putative, va tenir un discours très attendu devant les délégués républicains. Beaucoup espèrent qu'elle réussira à s'insérer dans la narration de son mari pour le présenter comme un expert de l'économie, mais aussi comme une personne agréable qu'on aimerait voir à la Maison-Blanche.
Ann

Les médias ont beaucoup parlé de ce moment fort de la convention. Mais à écouter Ann Romney dans un long reportage sur le candidat républicain et sa famille (Romney Revealed), les périodes de stress sont mal vécus. Souffrant de sclérose en plaques, maladie découverte à la fin des années 1990, elle a avoué à la journaliste Gloria Borger que lors du Super Tuesday (super-mardi) des primaires en février dernier, elle a subi une grave crise, s'effondrant alors qu'elle tentait de marcher. En guise d'explication, elle a expliqué qu'elle avait subi tout le bruit qui entourait les primaires et qu'elle avait épuisé ses réserves.

Aujourd'hui, alors que les candidats sont dans les dix dernières semaines de la campagne électorale, les attaques deviennent de plus en plus violentes. Ann Romney l'admet: elle doit apprendre à s'isoler et à ne pas prendre sur elle toutes les critiques qui sont adressées à Mitt Romney. Même si son entourage reconnaît qu'Ann Romney est mentalement forte, il espère que son heure de gloire à la convention se passera au mieux.

Le sans-faute des fils Romney sur CNN

Ils ont sans doute été briefés pour ne pas commettre l'impair irréparable. Les cinq fils d'Ann et de Mitt Romney étaient les invités de Piers Morgan sur CNN lundi soir dans le Convention Center de Tampa. Matt, Josh, Tagg, Craig et Ben ont bien sûr évité toute critique, laissant ce "privilège" aux démocrates. Mais ils ont réussi avec une certaine maestria à contourner les "pièges" tendus par l'animateur de CNN. Même quand ce dernier leur demande si, en tant que jeunes hommes, il n'est pas insupportable, en tant de fidèles de l'Eglise mormone, de ne pas boire d'alcool ou de ne pas pouvoir fumer, ils centrent leur réponse sur les valeurs que la foi leur a permis de développer.

Dans un exercice délicat, les fils Romney ont montré une belle maîtrise oratoire, un sens de la répartie, une maturité et un sens des responsabilités qui ne peuvent que renforcer le sentiment que les Romney sont une famille unie.

Convention: le poids de la religion

Deux minutes. Oui, la Convention de Tampa de lundi n'aura duré que deux minutes. C'est le temps qu'a pris le président du Comité national républicain Reince Priebus pour ouvrir le grand raout 2012 qui doit déboucher sur l'investiture officielle de Mitt Romney dans la course à la Maison-Blanche.

Reince Priebus a néanmoins eu le temps de donner la parole à une premier orateur, le révérend Russell Levenson du Texas. Le moment est révélateur de l'importance que revêt la religion et la foi au sein du Parti républicain. Dans sa prière, le révérend ne s'est pas contenté de rappeler que les Etats-Unis sont une nation unie sous la bénédiction de Dieu, il a aussi souligné les mérites du défunt Neil Amstrong qui, comme tout Américain, a cherché à atteindre les étoiles. Voici les premières minutes de la Convention filmées par C-Span:

 

A Tampa, la dette sous forme de gadget

ClockEn ouvrant la Convention républicaine sur le coup de 14h lundi, le président du Comité national républicain Reince Priebus a annoncé fièrement l'activation de deux horloges (photo Robyn Beck/AFP), l'une indiquant l'état de la dette américaine (16 000 milliards) et l'autre indiquant l'augmentation de la dette américaine durant l'événement de Tampa. L'idée est de montrer à quel point l'administration Obama a perdu le contrôle des finances du pays.

Le candidat républicain Mitt Romney a lui promis de faire de l'ordre dans le budget dès son arrivée à la Maison-Blanche s'il est élu. Le problème, c'est qu'il a déjà promis des baisses d'impôts sur le revenu qui vont réduire sensiblement les revenus de l'Etat sans préciser où il couperait pour compenser ce manque à gagner. De plus, il entend renforcer le budget militaire. Il a aussi promis de ne pas réduire les prestations des actuels bénéficiaires de la Social Security (le système de retraite) et de Medicare (l'assurance-maladie pour les personnes âgées). L'objectif, souligne-t-il, c'est de limiter les dépenses de l'Etat fédéral à 20% de l'économie au lieu des 23,5% actuels.

En fin de compte, souligne AP dans un décryptage de la rhétorique budgétaire du politique de Boston, la seule manière pour Mitt Romney de parvenir à ses fins serait de couper dans la couverture santé des plus pauvres et des handicapés, dans le budget de la sécurité intérieure (Homeland Security), dans les contrôles aériens et les forces de polices, dans les inspections alimentaires, les parcs et les autoroutes. Le risque d'une telle politique: couper certes, mais sans vision.

Apollo 11: Nixon avait prévu le pire

Depuis quelques jours, l'Amérique ne cesse de rendre un hommage grandiloquent au premier homme à avoir marché sur la lune, Neil Amstrong, qui vient de décéder à l'âge de 82 ans. L'alunissage d'Apollo 11 en juillet 1969 fut en effet l'un des moments de gloire de la conquête spatiale américaine (photo Nasa/AFP)
Apollo 11

Mais le succès n'était pas garanti. NPR vient de publier un document historique daté du 18 juillet 1969, une déclaration que le président Richard Nixon aurait prononcée si les astronautes américains n'avaient pas réussi à revenir sur terre. "Le destin a voulu que les hommes qui sont allés sur la lune pour l'explorer en paix resteront sur la lune pour reposer en paix. Ces braves hommes, Neil Amstrong et Edwin Aldrin, savent qu'il n'y a aucun espoir de les récupérer. Mais ils savent aussi que leur sacrifice suscite un espoir pour l'humanité."

Le texte qu'aurait prononcé Nixon en cas de catastrophe continue ainsi: "Leurs familles et leurs amis vont les pleurer. La Nation va les pleurer. Le monde va les pleurer. La mère Terre va les pleurer après avoir envoyé deux de ses fils dans l'inconnu."

Le document exhorte par ailleurs le président Nixon à téléphoner aux futures veuves avant d'effecteur ladite déclaration.

Au pays du président Prix Nobel de la paix…

l'industrie de l'armement ne s'est jamais aussi bien portée. En 2011, les Etats-Unis ont battu un nouveau record en vendant quelque 66 milliards de dollars d'armements et leur part de marché dans le monde avoisine les 80%, explique une étude du Service de recherches du Congrès américain publiée par l'AFP.

L'Arabie saoudite reste un excellent client de l'Amérique. L'an dernier, elle a acheté pour 30 milliards de dollars de chasseurs F-15 et d'hélicoptères.

Le complexe militaro-industriel a pu compter sur un budget d'équipement du Pentagone de 128 milliards de dollars pour 2012.

On comprend aujourd'hui pourquoi Barack Obama est rétif à s'en prendre aux porteurs d'armes aux Etats-Unis.

Des Navy Seals se rebellent contre Obama

La publication le 11 septembre prochain d'un livre écrit par un Navy Seal (troupe d'élite de la Marine américaine), Matt Bissonnette sous le pseudonyme de Mark Owen, sur le raid qui a permis de capturer puis de tuer le chef d'Al-Qaida Oussama ben Laden, n'en finit pas de faire des remous à Washington.

 

Dans une vidéo qui rappelle toutes les fuites que l'administration Obama n'a pas réussi à éviter, un groupe de Navy Seals dirigé par un ancien candidat républicain au Congrès, exhorte le ministre de la Justice Eric Holder à interdire la publication de l'ouvrage intitulé No Easy Day: The Firsthand Account of the Mission that Killed Osama bin Laden."

Pour l'heure, la Maison-Blanche n'a pas jugé bon de procéder à une telle interdiction de publication, suscitant ainsi des spéculations selon lesquelles elle aurait collaboré avec Matt Bissonnette afin de faire davantage de publicité autour de ce qui est considéré comme l'un des succès de la politique étrangère de Barack Obama.