Washington ne trouve rien de mieux à faire que de s’intéresser à une éventuelle destitution d’Obama

Le correspondant de NBC couvrant la Maison-Blanche, Chuck Todd, s’est emporté dans l’émission Morning Joe au sujet du vote des républicains de la Chambre des représentants pour poursuivre en justice le président Barack Obama et surtout le destituer. A ses yeux, c’est embarrassant pour Washington, incapable d’adopter des projets de loi majeurs dont le pays aurait besoin notamment en matière d’infrastructures, de contrôle de armes à feu, d’immigration et d’emploi. Chuck Todd égratigne également le porte-parole de la Maison-Blanche qui a lu une liste d’élus républicains en faveur d’une destitution du président Obama

“La plainte devant la justice n’est pas sérieuse, les discussions sur la destitution ne sont pas sérieuses. On est dans une cour d’école. C’est embarrassant”, a le journaliste de NBC. C’est la meilleure manière, a-t-il souligné, de dissuader les gens de voter et de s’intéresser à la politique.

 

Torture et prisons de la CIA: Colin Powell n’était pas au courant

000_Hkg9950195La Maison-Blanche a envoyé par mégarde à un journaliste d'Associated Press un document relatif au rapport de la Commission du renseignement du Sénat sur la torture et les techniques d'interrogatoire musclées appliquées par la CIA dans la guerre contre le terrorisme entre 2002 et 2006 dans les prisons secrètes de l'agence.

Il ressort de ce document de 4 pages que les ambassadeurs des Etats-Unis dans les pays qui abritaient une prison secrète de la CIA étaient tenus au silence et ne devaient même pas en informer le Département d'Etat. A l'époque donc, le secrétaire d'Etat Colin Powell (photo Kazuhiro Nogi/AFP) n'a pas immédiatement mis au courant du programme très controversé de la CIA qui pourrait provoquer un nouveau tollé avec la déclassification probable, ces prochaines semaines, dudit rapport du Sénat. Celui-ci décrirait des méthodes beaucoup plus dures que ne les avait décrites l'administration de George W. Bush. Il laisserait aussi entendre que contrairement à la croyance, la torture n'a en rien aidé à déjouer des attentats terroristes.

Décidément, ce n'est pas la première fois que Colin Powell a été maintenu dans l'ignorance au sujet de certains faits. Si tout le monde se souvient de lui assis dans la salle du Conseil de sécurité des Nations unies en train de brandir des fioles qui prouveraient l'existence d'armes de destruction massive dans l'Irak de Saddam Hussein – un fait qui va se révéler faux -, là aussi Colin Powell avait été en partie mené en bateau par …la CIA. Dans une récente interview, l'ancien général avouait qu'il était difficile de se faire rappeler dix ans durant un épisode aussi douloureux.

Pour rappel, en 2008 et en 2012, le républicain Colin Powell avait soutenu la candidature du …démocrate Barack Obama.

40 ans plus tard: les leçons du Watergate

Le 9 août 1974, le président américain Richard Nixon démissionna avant de subir l’humiliation d’une destitution presque certaine. Dans la perspective du 40e anniversaire de cet événement majeur dans l’histoire politique des Etats-Unis, le Washington Post a organisé un débat en présence des deux journalistes qui ont les premiers révélé l’ampleur du scandale du Watergate, Bob Woodward et Carl Bernstein.

Aujourd’hui, explique Carl Bernstein, les réseaux sociaux et les chaînes d’info continue n’approfondissent pas assez et ne cherchent pas assez à savoir ce que fait le gouvernement fédéral et le président. Or c’est un impératif. C’est en effet, en dépit de la révolution numérique, l’une des tâches premières des journalistes: questionner les autorités afin qu’elles n’abusent pas de leur pouvoir et qu’elles servent leur pays en conformité avec le mandat qui leur a été attribué. Voici la discussion:

 

Sarah Palin lance sa propre télévision

L'ex-égérie du Tea Party et ex-gouverneure d'Alaska Sarah Palin va lancer sa propre télévision, le Sarah Palin Channel. Coût de l'abonnement, selon le Washington Post? 9,95 dollars par moi ou 99,95$ par an. "C'est une chaîne d'information qui en fait va proposer bien plus que des informations. C'est une communauté où nous pourrons partager des idées et débattre des problèmes actuels", explique Sarah Palin dans une vidéo d'introduction.

L'ex-colistière du républicain John McCain dans la course à la Maison-Blanche en 2008, Sarah Palin est connu pour ses remarques au vitriol au sujet des "mainstream medias" qui tordent la réalité pour la rendre compatible à leur vision du monde. En tant que commentataire sporadique de Fox New, elle voit au contraire en cette dernière l'une des rares chaînes de TV qui a le courage de dire "la vérité".

En termes de télévision, Sarah Palin s'était surtout distinguée au cours d'une interview avec la journaliste Katie Couric sur CBS durant la campagne électorale de 2008. L'entretien avait montré les lacunes criantes de la candidate en matière notamment de politique étrangère.

 

Un futur vote sur le dépôt d’une plainte contre Barack Obama

000_Was8845152La semaine prochaine, la Chambre des représentants (photo du Congrès/Brendan Smialowski/AFP), largement dominée par les républicains, va sans doute voter une résolution afin de porter plainte contre le président Barack Obama. Motif: il abuse de son pouvoir exécutif à travers des décrets présidentiels. Certains le décrivent même comme un "dictateur". Or dans les faits, Barack Obama a beaucoup moins recouru aux décrets (executive orders) que son prédécesseur et que d'autres présidents. Il en fait davantage usage maintenant que Washington est complètement bloqué, incapable de s'entendre sur des réformes nécessaires en matière d'immigration, de lutte contre le réchauffement climatique, d'emplois, de contrôle des armes et d'investissements dans les infrastructures.

"Ce n'est pas ainsi que notre système a été conçu. Les lois ne sont pas simplement une liste de suggestions que le président peut choisir à volonté", estime Pete Sessions, président de la Commission du règlement interne de la Chambre des représentants. De fait, les républicains souhaitent contester la manière dont la Maison-Blanche a retardé la mise en oeuvre de certains aspects de la réforme de la Santé, l'Affordable Care Act. Un objet très sensible puisque la Chambre des représentants a déjà voté à plus de 40 reprises pour abroger la loi connue aussi sous le nom d'Obamacare.

Drapeaux blancs sur le pont de Brooklyn: les failles sécuritaires

Mercredi, à l'occasion du dixième anniversaire de la publication du rapport de la Commission sur le 11-Septembre 2001, plusieurs 000_DV1310623hauts responsables ont donné une nouvelle fois leurs recommandations pour éviter un nouvel attentat de grande ampleur aux Etats-Unis. Or mardi matin, à partir de 3h10, deux drapeaux blancs (photo Richard Drew/AP/Keystone) avaient remplacé les drapeaux américains au sommet de l'infrastructure qui relie Brooklyn à Manhattan. Apparemment, cinq jeunes d'une vingtaine d'années seraient à l'origine de ce qui apparaît a priori comme une farce, mais qui inquiète de fait les New-Yorkais.

Motif? Le pont, très fréquenté par les New-Yorkais et les touristes, devrait, dit-on, faire l'objet d'une surveillance beaucoup plus étroite. Certains s'interrogent comment des jeunes ont pu se hisser au sommet du pont sans se faire remarquer. Les auteurs du méfait ont couvert les projecteurs d'aluminium pour limiter l'éclairage. Les autorités new-yorkaises n'ont décelé aucun message constituant une menace. Selon les premières explications, il s'agirait plutôt de jeunes souhaitant indiquer qu'ils ont totalement abandonné les pistes cyclables du pont au profit des piétons.

Le Brooklyn Bridge a pourtant déjà fait l'objet de menace. Le cerveau autoproclamé du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed aurait déclaré à quelqu'un de détruire le pont en sectionnant les cables de suspension. Selon le New York Times, le président de l'arrondissement (borough) de Brooklyn, Eric Adams, offre 5000 dollars de prime de sa poche à celui ou celle qui fournira des informations pertinentes pour retrouver les auteurs du méfait.

Passeports et visas pour les Etats-Unis: il faudra être patient

000_DV1310623Les Américains ou les non-Américains souhaitant se rendre aux Etats-Unis ces prochaines semaines pourraient devoir revoir leur plan de voyage. La base de donnée du Département d'Etat américain a connu un grave problème informatique qui pourrait causer de sérieux retard dans l'établissement de nouveaux passeports pour les Américains et des visas pour les visiteurs devant s'en munir. Le problème ne touche pas un pays en particulier, mais le monde entier (photo: ambassade des Etats-Unis à Berlin/John MacDougall/AFP), a déclaré la porte-parole du Département d'Etat Marie Harf. Selon un responsable américain s'exprimant dans le Washington Post, 50 000 demandes faites dans un pays qui n'est pas nommément cité seraient bloquées en raison de la panne.

L’ex-maire de New York s’envole pour Tel-Aviv, par défi

000_490425667Michael Bloomberg (photo Spencer Platt/AFP/Getty Image) n'aime pas l'ombre. L'ancien maire de New York a décidé mardi de s'envoler à bord d'un avion de la compagnie israélienne El Al vers Tel-Aviv pour protester contre l'interdiction imposée par la Federal Aviation Administration (FAA), le régulateur aérien américain, aux compagnies aériennes américaines d'attérrir à ou de s'envoler de l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. Dans un communiqué, le milliardaire new-yorkais propriétaire de l'empire médiatique Bloomberg déclare: "Les restrictions imposées aux compagnies aériennes américaines sont une erreur qui offre au Hamas une victoire imméritée et doivent être levées au plus vite. (…) Ce soir, je vais m'envoler avec El Al vers Tel-Aviv pour montrer ma solidarité au peuple israélien et qu'il est sûr de voler vers et à partir de Tel-Aviv. Ben Gourion est l'aéroport le mieux protégé du monde."

Aux Etats-Unis, la prudence de la FAA est plutôt saluée. Sa décision s'explique par le fait qu'une roquette du Hamas a atterri à moins de 2 kilomètres de l'aéroport et détruit une maison. Elle semble aussi avoir été en partie influencée par la tragédie de l'avion de la Malaysia Airlines MH17 abattu par un missile le 17 juillet dernier au-dessus de l'Ukraine avec quelque 300 personnes à bord. Plusieurs compagnies européennes ont pris la même décision.

L'affaire a très vite été politisée. En Israël, certaines voix ont laissé entendre qu'il s'agissait d'une décision politique. Aux Etats-Unis, certains experts en aviation ont au contraire souligné que l'aéroport Ben Gourion était effectivement extrêmement bien protégé, mais que la frappe d'une roquette du Hamas à proximité de l'aéroport a battu une brèche importante dans sa sécurité. Pour Israël, ces restrictions de vol risquent d'avoir un coût économique et psychologique important sachant que 15 millions de passagers fréquentent chaque année l'aéroport. Une riposte israélienne musclée à Gaza est attendue.

 

Avion abattu au-dessus de l’Ukraine: l’ONU à New York sévit

Lundi, les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies, réunis en réunion d'urgence sur l'Ukraine, ont adopté à l'unanimité, un fait unique dans le cas des troubles en Ukraine, une résolution qui exige un accès libre et sécurité au site du crash de l'avion de la Malaysian Airline MH 17 dans l'est de l'Ukraine. La résolution condamne fermement l'attaque intervenue le 17 juillet, exige que les séparatistes pro-russes s'abstiennent de toute activité "susceptible de compromettre l'intégrité du site" où l'avion s'est écrasé. Une requête compréhensible pour que les enquêteurs internationaux puissent faire leur travail, mais qui est en porte-à-faux avec le fait que lesdits séparatistes ont déjà déplacé les corps dans des trains réfrigérants et ont empêché tout accès au site pendant plusieurs jours. "Qu'ont-ils à cacher?", s'est demandé lundi le président Barack Obama.

A l'issue de la réunion du Conseil de sécurité à laquelle il était invité, le ministre néerlandais des Affaires étrangères Frans Timmermans s'est exprimé au "stake-out". Il se félicite de la résolution et juge essentiel que les responsables de l'attaque doivent rendre des comptes. Il avoue cependant trouver ahurissant le fait que le président russe Vladimir Poutine ait d'emblée accusé les autorités ukrainiennes d'être responsables de l'attaque et qu'il n'ait rien fait pour empêcher les séparatistes pro-russes de prendre le site du crash et donc les victimes en otages. Les propos de Frans Timmermans, dont le pays a perdu 193 ressortissants dans la tragédie, sont fermes:

 

 

 

 

Charles Adams, le plus Genevois des Américains, est nommé ambassadeur de Finlande par Barack Obama

000_Par7288468Pour l'avocat genevo-américain Charles Adams, 66 ans, (photo Fabrice Coffrini/AFP), qui vit à Genève depuis 1986, c'est une récompense qu'il attendait sans oser le dire depuis longtemps. Important contributeur à la campagne présidentielle de Barack Obama aussi bien en 2008 qu'en 2012, il vient d'être nommé par le président américain au poste d'ambassadeur des Etats-Unis en Finlande.

Avocat spécialisé dans l'arbitrage international, Charles Adams est un inconditionnel de Barack Obama depuis le début de son aventure présidentielle. En 2008, il avait invité à Genève l'acteur George Clooney pour une soirée de gala à laquelle participèrent 170 invités pour écouter l'acteur. Puis dans sa résidence en Vieille-Ville de Genève, il invita 75 hôtes afin de lever des fonds pour la campagne de Barack Obama. En 2012, il faisait partie de la Commission nationale des finances de la campagne de Barack Obama. A ce titre, il avait accès aux figures importantes du Parti démocrate.

Jeudi, la Maison-Blanche a diffusé un communiqué par lequel Barack Obama justifiait ses choix, notamment celui de Charles Adams: "Ces hommes et femmes ont fait montre de leurs connaissances et de leur engagement tout au long de leur carrière. Je leur suis reconnaissant d'avoir accepter de jouer ces rôles importants (d'ambassadeurs) et je me réjouis de collaborer avec eux au cours des mois et années à venir."

Son père était un diplomate travaillant pour le Département d'Etat américain. Charles Adams vécut ainsi en France, au Canada, en Allemagne, au Ghana, au Maroc et à Washington au gré des postes qu'occupa son père. Responsable des questions d'arbitrage internationale et associé au sein du cabinet américain d'avocats Akin Gump Strauss Hauer & Feld, il en dirige le bureau genevois. Avant cela, il a officié en tant qu'avocat dans de multiples études. De 1973 à 1986, il fut avocat à Washington et Paris pour l'étude Surrey & Morse. Avant cela, il s'engaga en qualité de volontaire dans le Peace Corps de 1968 à 1970 au Kenya. Il est diplômé de l'Université de Dartmouth ainsi que de la faculté de droit de l'Université de Virginie.

Rencontré par Le Temps dans les coulisses du GC de Chicago où Barack Obama est venu fêter sa réélection en 2012, il débordait d'enthousiasme à l'annonce de la victoire du démocrate. Son téléphone portable ne cessait de vibrer. Un message venait de George Clooney qui disait vouloir boire à la santé de Barack Obama les bouteilles millésime 1961 que Charles Adams lui avait offertes lors de son séjour genevois. Puis, sur une note plus politique, le futur ambassadeur des Etats-Unis en Finlande lâchait: "J'espère que la majorité républicaine de la Chambre des représentants se rendra compte que la stratégie de l'obstructionnisme tous azimuts va droit dans le mur. Si elle poursuit sur cette voie, le Parti républicain va être éradiqué de la carte." Depuis sa déclaration, force est de constater que le Parti républicain ne l'a pas entendu. L'obstructionnisme est même allé crescendo.

Désormais, Charles Adams devra encore attendre la confirmation du Sénat pour être sûr de pouvoir servir la diplomatie américaine en Finlande.