La Maison-Blanche mal sécurisée

US-POLITICS-SECURITYLes cas d’intrusions dans la propriété de la Maison-Blanche continuent. Après qu’un ancien combattant américain armé d’un couteau eut réussi à s’infiltrer jusqu’à l’East Room de la résidence du président Barack Obama ou qu’un homme tira plusieurs coups de feu contre l’auguste bâtisse en 2011, révélant des brèches béantes dans la sécurité, un nouvel incident vient de provoquer des sueurs froides aux personnel de la sécurité lundi sur le coup de 15 heures. Un drone (photo Secret Service/AFP) à quatre hélices manipulé par un employé fédéral s’est écrasé sur la pelouse de la Maison-Blanche. Son utilisateur n’était apparemment pas animé de mauvaises intentions et se servait du drone pour son loisir. Il a lui-même appelé les autorités américaines pour les en informer. (suite…)

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Barack Obama sur un nuage en Idaho

US-POLITICS-OBAMA-ECONOMYOn a souvent dit que Barack Obama (photo Saul Loeb/AFP) n’était pas Bill Clinton, qu’il n’avait pas la même capacité de parler à “Middle America”. Un jour après son audacieux discours sur l’état de l’Union, son sixième, il s’est rendu immédiatement en Idaho, dans le nord-ouest des Etats-Unis, un Etat pourtant très républicain. Il a tenu un discours à la Boise State University, animé par un optimisme qui pourrait même renvoyer à Ronald Reagan. A l’aise, plein d’humour, il semble être sur un nuage, encouragé par ses dernières initiatives qui ont eu généralement un bon écho au sein de l’opinion publique américaine et par une cote de popularité en nette hausse. On donne l’impression de vivre le meilleur moment de ses six ans à la présidence des Etats-Unis. (suite…)

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La “matriarche” du droit de vote assistera au discours sur l’état de l’Union

2011 Trustees Emmy Award For Lifetime Achievement Dinner And PresentationEn mars 1965, elle fut battue par les forces de l’ordre d’Alabama lors de la fameuse marche pour le droit de vote entre Selma et Montgomery. Elle a failli y laisser la vie. Aujourd’hui, Amelia Boynton (photo Stephen Lovekin/Getty Images/AFP) est bien vivante et va participer au discours du président Barack Obama sur l’état de l’Union, un événement fondateur et identitaire de la démocratie américaine. Celle que le Selma Times Journal décrit comme la matriarche du droit de vote, institué quelque mois après la marche par un Congrès mis sous pression par le président démocrate Lyndon Johnson, a aujourd’hui 103 ans. L’élu du Congrès qui l’a invité à Washington, le représentant démocrate Terri Sewell décrit la vieille dame de façon élogieuse: “Ms. Boynton a subi de graves injustices sur le pont Edmund Pettus à Selma par les forces de l’Etat (d’Alabama). Mais elle refusa d’être intimidée.” (suite…)

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Les réflexions du fondateur du “Martin Luther King Day”

Ce lundi est un jour férié aux Etats-Unis: le Martin Luther King Day. Le représentant démocrate John Conyers est le plus ancien élu du Congrès. Membre du Black Caucus, le groupe des élus noirs du Capitole, c’est lui qui poussa à instituer un jour férié en hommage au leader des droits civiques assassiné en 1968. Voici ses réflexions glanées dans une vidéo du Washington Post:

 

La nouvelle star des républicains: Abdel Fattah al-Sissi

Pour mieux montrer le contraste avec Barack Obama, qui préside aux destinées de l’Amérique depuis janvier 2009 et qui a refusé de bombarder la Syrie en 2013 pour punir le régime de Bachar el-Assad, les républicains recourent à une nouvelle figure politique: le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Un grand démocrate? Pas vraiment. Il est arrivé au pouvoir par ce qu’il convient d’appeler un coup d’Etat qui renversa le président en place, Mohamed Morsi, des Frères musulmans, le 3 juillet 2013.

Depuis son accession au pouvoir, Al-Sissi a eu la main lourde. Il a orchestré une répression sans merci des Frères musulmans. Près de 1400 manifestants ont été tués depuis et quelque 15 000 sympathisants de Mohamed Morsi ont été arrêtés. Plusieurs centaines de Frères musulmans ont été condamnés à mort lors de procès expéditifs dénoncés par l’ONU. La libération récente de Khaled al-Qazzaz, conseiller du président islamiste Morsi n’y changera rien. La quasi-totalité des dirigeants des Frères musulmans est en prison et menacée de peine de mort. (suite…)

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Politique étrangère: la certitude d’avoir eu raison (Mitt Romney)

235322709"La Guerre froide est terminée depuis plus de vingt ans." En plein débat présidentiel lors de la campagne électorale 2012, Barack Obama avait remis à sa place son rival républicain Mitt Romney (photo Gregory Bull/AP/Keystone) qui affirmait que la Russie était "l'ennemi géopolitique numéro 1". Il s'est avéré que ce dernier a eu raison. Vladimir Poutine a soutenu les rebelles pro-russes dans l'est de l'Ukraine avant d'y envoyer des troupes et a annexé la Crimée.

Mitt Romney avait aussi déclaré que le retrait américain d'Irak à la fin 2011 avait été une "énorme erreur". Là aussi, il a eu pour ainsi dire raison puisque face à l'avancée du groupe djihadiste de l'Etat islamique, l'administration Obama a dû envoyer plusieurs miliers "d'experts" militaires pour soutenir l'armée irakienne. Le républicain mettait aussi en doute l'argument avancé par Barack Obama selon lequel Al-Qaida avait été décimé après qu'Oussama ben Laden eut été éliminé. Aujourd'hui, force est de constater que Mitt Romney avait vu juste.

Ces constats méritent néanmoins quelques commentaires. Comme le souligne dans Politico Mieke Eoyang, directeur du National Security Project au sein du laboratoire d'idées démocrate Third Way, "Romney avait raison de dire que le monde devenait plus complexe. Mais un monde complexe ne signifie pas qu'il faille y répondre de façon simpliste. C'est ce que Romney proposait." Cela dit, c'est un fait. Barack Obama a construit son message de campagne électorale sur la rhétorique selon laquelle Al-Qaida avait été décimé. C'était bien sûr exagéré et l'administration démocrate en avait sans doute conscience. L'impression reste toutefois que le président démocrate a non seulement minimisé la menace, mais aussi soldé la fin de la guerre en Irak.

Par rapport à la Russie, la "vision" de Mitt Romney est chanceuse. Personne n'imaginait que le maître du Kremlin allait à ce point déstabilisé l'est de l'Europe en bafouant les principes de l'Acte d'Helsinki d'intangibilité des frontières et de souveraineté. En 2012, il était facile pour le républicain d'avancer que le "reset button", la politique de remise des compteurs à zéro avec la Russie avait échoué. Elle a permis des percées importantes comme le nouveau Traité Start dont la mise en oeuvre a, du fait de la crise ukrainienne, du plomb dans l'aile. Quand Mitt Romney jugeait la Russie "l'ennemi géopolitique numéro 1", difficile d'imaginer ce qu'il aurait concrètement entrepris pour éviter un événement tel que l'annexion de la Crimée. Une guerre directe avec Moscou? Cela paraît impensable. De fait, les sanctions imposées par les Etats-Unis et l'Union européenne ont eu un impact majeur sur l'économie russe, acculant Vladimir Poutine. Même question au sujet de l'Iran: si Mitt Romney doutait de la raison d'être des négociations sur le programme nucléaire iranien, qu'aurait-il fait pour changer la donne? Bombarder les installations nucléaires iraniennes? Cela aurait peut-être repoussé la fabrication de la bombe de cinq ans et provoqué un chaos indescriptible au Moyen-Orient où les intérêts américains ont fortement souffert. Actuallement, les négociatioins qui ont repris à Genève laissent un espoir de résoudre la crise du nucléaire iranien de façon diplomatique et pacifique. Pourquoi ne pas essayer?

 

Cuba-Etats-Unis: un premier pas vers la normalisation

Jeudi, le président Barack Obama a annoncé diverses mesures pour faciliter les voyages des Américains à Cuba. Ces derniers seront autorisés à s’y rendre pour autant que leur voyage ait un but religieux, éducatif ou …autre. Les Non-Américains qui s’y rendent depuis les Etats-Unis pourront aussi bénéficier de nouvelles routes aériennes. Chacun pourra ramener pour 400$ de marchandises achetées à Cuba dont 100$ pour de l’alcool (rhum) et du tabac (cigares).

Voici l’annonce du porte-parole de la Maison-Blanche Josh Earnest:

 

Fox News, les attentats de Paris et l’islam

On connaissait la tendance de Fox News à décrire les événements en conformité avec l'idéologie que défend la chaîne de 218752010télévision la plus regardée par l'électorat républicain. Le patron du groupe possédant la chaîne, Rupert Murdoch (photo Josh Reynolds/AP/Keystone), a donné l'exemple vendredi dernier par le biais de Twitter. Selon le magnat de la presse, tous les musulmans doivent être rendus responsables des attentats de Paris tant "qu'ils n'auront pas identifié et détruit leur cancer qui les rongent, le djihadisme". Les réseaux sociaux se sont déchaînés après de tels propos qui font l'amalgame entre les musulmans modérés et les islamistes radicaux.

Pour ne rien arranger, lors de l'émission de la présentatrice non moins extrémiste Jeanine Pirro, l'expert autoproclamé du terrorisme Steven Emerson a déclaré qu'en Grande-Bretagne, une ville comme Birmingham était "totalement musulmane, une ville où aucun non-musulman ne va." Des habitants de Birmingham n'ont pas tardé à répondre à cette analyse avec humour. L'un d'eux, explique le New York Times, a laissé entendre que le nom de la ville avait même été écourté: Birming, car les musulmans ne mangent pas de porc et "Ham" signifie jambon. Un autre faisait référence au châle que la Reine Elizabeth et Margaret Thatcher portaient pour se conformer à la charia… Le premier ministre britannique David Cameron a moins gouté les approximations de Steven Emerson, qualifiant l'élu "d'idiot fini".

Obama absent de Paris: c’est pire qu’Hitler…

Le congressiste républicain du Texas Randy Weber a tiré plus vite que son nombre. Il a été contraint de s'en excuser. Dans un tweet diffusé lundi, explique Politico, l'élu du Capitole a envoyé sur Twitter le message suivant: "Même Adolph Hitler a jugé plus important qu'Obama de se rendre à Paris (pour les mauvaises raisons). Obama n'a pas pu le faire pour les bonnes raisons."

La comparaison Obama-Hitler n'est pas une première outre-Atlantique, mais dans le contexte des attentats de Paris, elle prend un relief particulier. Si l'administration Obama admet avoir complètement raté le coche en n'envoyant pas d'officiel de haut rang à la marche républicaine de dimanche dernier, elle a néanmoins manifesté à de multiples reprises sa solidarité et son soutien à la France.

Randy Weber a fait son mea culpa, reconnaissant que la comparaison était une manière de banaliser l'Holocauste. Comparer Obama à Hitler, a-t-il ajouté, n'était pas approprié. L'usage du nom Hitler devait servir, a-t-il précisé, à incarner le visage du mal qui existe dans le monde aujourd'hui encore.

L’offensive républicaine pour empêcher la fermeture de Guantanamo

DSC_0052Quatre sénateurs républicains ont voulu mettre un frein, mardi, aux mesures prises par l'administration de Barack Obama pour transférer le plus possible de détenus de la prison de Guantanamo dans leur pays ou des pays tiers prêts à les accueillir. L'éternel John McCain, son compère de toujours Lindsey Graham, la sénatrice du New Hampshire Kelly Ayotte et Richard Burr ont présenté un projet de loi visant à interdire tout transfert de prisonniers moyennement ou hautement dangereux aux Etats-Unis et le renvoi dans leur pays de 127 détenus du Yémen encore à Guantanamo.

Les attentats de Paris ajoutent une touche dramatique à l'initiative des républicains. La sénatrice Kelly Ayotte avance un argument souvent entendu: les détenus relachés risquent de s'engager à nouveau dans des activités terroristes. Or il a été évalué à 5-7% le nombre de prisonniers libérés qui retourneraient au terrorisme. Par ailleurs, aucune charge ne pèse sur nombre de détenus, sapant l'argument de la sénatrice selon lequel ceux-ci s'adonneraient à nouveau à des activités terroristes. Citée par Politico, Kelly Ayotte est catégorique:"C'est une chose de faire une promesse de campagne. Mais si vous considérez la situation sécuritaire à laquelle nous sommes actuellement confrontés à travers le monde, ce n'est pas le moment de vider la prison de Guantanamo sans plan indiquant comment et où transférer ces individus et sans garantie de ceux qui ont été libérés."

Pour Barack Obama, dont l'admnistration a permis la libération de 21 détenus depuis novembre, la perspective de fermer la prison de Guantanamo s'obscurcit. L'ex-envoyé spécial pour Guantanamo Clifford Sloan croit néanmoins toujours que le centre de détention sur la base navale de Guantanamo à Cuba sera fermé avant la fin du mandat de Barack Obama. Selon lui, le nombre de détenus sera trop faible pour justifier économiquement le maintien d'une telle prison.