George Zimmernan dérape, une nouvelle fois

George Zimmerman ne cesse d’inquiéter. Depuis qu’il a été acquitté après avoir abattu le jeune Afro-Américain Trayvon Martin lors d’une soirée pluvieuse de février 2012 en Floride, il a multiplié les dérapages, menacé sa compagne avec un pistolet, commis d’innombrables infractions au code de la route.

Maintenant, George Zimmerman se lâche sur Twitter. Après la mort en direct de deux journalistes de la télévision WDBJ, abattu par un Afro-Américain, il a publié les commentaires suivants:

Et puis ces propos pour le moins douteux au sujet de Barack Obama:

  Manifestement, George Zimmerman n’a pas oublié l’intervention de Barack Obama peu après l’acquittement du vigile volontaire qui a abattu Trayvon Martin qui n’était pas armé. Face à la colère de la communauté noire après un acquittement pour le moins discutable, le président avait senti le besoin d’intervenir pour dire sa compréhension des frustrations de ladite communauté (Il a déclaré qu’il aurait pu être Trayvon Martin 35 ans plus tôt) et pour dans le même temps appeler à la sagesse et au respect de la décision de justice.

Le futur discours de Dick Cheney sur l’Iran: un coup de pouce à Obama…

Une semaine avant que le Congrès n’entame ses discussions sur l’accord sur le programme nucléaire iranien, l’ancien vice-président américain Dick Cheney va tenir un discours sur le sujet à l’American Enterprise Institute à Washington. Encore animé par l’esprit néoconservateur qui a mené à la désastreuse guerre en Irak, le républicain promet de tout faire pour saborder le succès diplomatique obtenu par la Maison-Blanche avec cinq autre puissances (Chine, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne) pour contraindre l’Iran à encadrer sévèrement son programme nucléaire soupçonné d’être de nature militaire.

En juillet, Dick Cheney avait déjà usé de sa rhétorique incendiaire pour décrire les conséquences d’une approbation de l’accord. A l’émission de Fox News animée par l’ultra-conservateur Sean Hannity, il avait déclaré qu’en vertu de l’accord, les Etats-Unis ne seraient jamais aussi proches d’un recours à la bombe nucléaire depuis Hiroshima et Nagasaki… Une rhétorique aussi extrémiste ne peut que profiter à la cause défendue par Barack Obama: celle de la diplomatie multilatérale.

 

La “gentrification” de Harlem ne peut être présentée en noir et blanc

On a beaucoup dit et lu que la “gentrification” de Harlem, à New York, était le produit de l’arrivée de Blancs moyennement fortunés qui cherchaient à acquérir un logement accessible dans un quartier meilleur marché que le reste de Manhattan. S’il est vrai que nombre d’Afro-Américains ont déjà quitté le quartier en raison d’une hausse sensible des loyers et des prix de l’immobilier, plusieurs Noirs contestent cette manière de voir les choses. Voici ce reportage du Guardian:

Atteint d’un cancer au foi et au cerveau, Jimmy Carter continue à faire de l’humour

A l’issue d’une opération effectuée pour lui enlever une tumeur au foi, Jimmy Carter a annoncé jeudi qu’il avait des métastases au cerveau. L’ex-président américain va se soumettre immédiatement à un traitement de radiothérapie et s’administrer un médicament censé renforcer son système immunitaire. En annonçant la nouvelle au Carter Center, le démocrate n’a pas semblé très affecté, relevant qu’il a mené une vie très riche. Prix Nobel de la paix en 2002, il a même fait de l’humour jeudi en parlant de sa maladie au public.

Si Jimmy Carter est souvent décrit aux Etats-Unis comme l’un des pires présidents des Etats-Unis, une perception qui est largement exagérée et qui ne cesse d’être revue tant certaines politiques menées par le démocrate furent avant-gardistes, notamment dans le domaine environnemental, tout le monde s’accorde à dire qu’il fut l’un des meilleurs ex-présidents. Actif sur tous les fronts, il a fait de la défense des droits de l’homme son cheval de bataille. Aujourd’hui, les spécialistes du cancer estiment que si le traitement auquel va se soumettre Jimmy Carter ne devait pas fonctionner, l’ex-président en aurait pour quelque 11 mois. Mais l’homme est tenace.

La schizophrénie de Carly Fiorina à propos d’Hillary Clinton

Aucun candidat républicain à la Maison-Blanche n’est aussi critique d’Hillary Clinton que la seule femme en lice du côté du Grand Vieux Parti: Carly Fiorina. L’ex-patronne de Hewlett-Packard ne rate pas une occasion pour démolir la candidate démocrate et ex-secrétaire d’Etat. Etre anti-Hillary Clinton apparaît même comme l’essentiel de son programme électoral.

En campagne, Carly Fiorina a adressé la critique suivante à l’ex-First Lady: “Comme Hillary Clinton, j’ai parcouru des centaines de milliers de miles autour du globe. Mais contrairement à elle, j’ai accompli quelque chose. Madame Clinton, voler est une activité, ce n’est pas un accomplissement.” Les critiques de Carly Fiorina relèvent que la fusion entre HP et Compaq n’a pas été une grande réussite et qu’en conséquence, la républicaine fut invitée à quitter la multinationale. Ils ajoutent que Carly Fiorina était bien une sorte de porte-parole de la campagne électorale du républicain John McCain en 2008 avant que ce dernier incite Carly Fiorina à cesser de “l’aider”.

Carly Fiorina n’a pas toujours manifesté autant de haine envers Hillary Clinton. On en veut pour preuve les propos qu’elle avait tenus précisément en tant que porte-parole de la campagne McCain: “J’ai une énorme admiration et empathie pour Hillary Clinton. J’ai une grande admiration pour elle car je sais ce que cela implique de faire pas à pas ce qu’elle a réalisé. Elle est de toute évidence incroyablement intelligente, concentrée, dure, déterminée, empathique avec les dizaines de millions de personnes qu’elle essayait de représenter dans son souhait de devenir la première femme présidente des Etats-Unis.”

Et Carly Fiorina d’ajouter, toujours en 2008:”En tant que femme, je suis fière qu’Hillary Clinton ait été candidate à la présidence. J’ai aussi eu beaucoup d’empathie quand j’ai vu la manière dont elle était observée, décrite et dont on parlait d’elle en tant que femme. Bien que je pense que les femmes ont fait de grands progrès à plusieurs égards, je sais aussi que les femmes à des postes de pouvoir, je parle en vertu de mon expérience personnelle, en particulier les femmes audacieuses qui veulent apporter du changement, à l’image d’Hillary Clinton, ces femmes-là sont décrites et vues différemment que leurs adversaires masculins.”

Est-ce vraiment possible d’avoir une vision si différente de la même personne en sept ans d’intervalle? Pour se faire une idée de la mutation de Carly Fiorina, il vaut la peine de regarder la vidéo suivante sur BuzzFeed: http://www.buzzfeed.com/andrewkaczynski/heres-audio-and-video-of-carly-fiorinas-forceful-praise-of-h?utm_term=.dfrQa3ONZ

 

L’image “virale”: un policier noir aide un suprémaciste blanc à un rassemblement du Ku Klux Klan

L’image a fait le tour de la twittosphère aux Etats-Unis. Lors d’un rassemblement de suprémacistes blancs organisé par le Ku Klux Klan à Columbia, capitale de Caroline du Sud, à peine deux semaines après que le drapeau confédéré a été retiré de l’esplanade du Capitole, un policier noir a aidé un suprémaciste blanc à monter les marches du Capitole. Ce dernier semblait souffrir de la chaleur écrasante du jour et peinait à se déplacer. L’officier de police a simplement déclaré que l’homme en question avait visiblement besoin d’aide. Le suprémaciste blanc n’en portait pas moins un T-shirt avec une svastika…

FILE - In this July 18, 2015 photo provided by Rob Godfrey, police officer Leroy Smith, left, helps a man wearing National Socialist Movement attire up the stairs during a rally in Columbia, S.C. Smith, the director of South Carolina’s public safety agency, said Monday, July 20, 2015, he hopes the photo that shows him helping the white man wearing a racist T-shirt will be a catalyst for people to work toward overcoming hate and violence. (Rob Godfrey via AP, file)
Photo: Rob Godfrey/AP, Columbia, Caroline du Sud

La campagne de lobbying pour pousser le Congrès à rejeter l’accord sur le nucléaire iranien a bien commencé

Première manifestation d’importance dans les rues de New York mercredi pour dénoncer l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu le 14 juillet dernier entre le groupe des 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France et Allemagne) et la République islamique. La campagne de lobbying du Congrès, qui a soixante jours pour examiner l’accord, promet d’être sans concession. Les républicains, qui sont déjà convaincus qu’il s’agit d’un “mauvais accord”, vont selon toute vraisemblance rejeter cette percée diplomatique majeure. Ils vont bénéficier de l’appui massif de lobbies pro-israéliens ainsi que de l’ambassadeur d’Israël à Washington Ron Dermer. Un diplomate qui a déjà joué un rôle crucial pour mettre sur pied le discours du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou devant les deux chambres du Congrès réunies pour saboter les négociations avec l’Iran qui étaient en cours. La Maison-Blanche n’avait pas été avertie au préalable de cette invitation, un fait qui violait le protocole habituel.

Pour le président Barack Obama et son équipe, il sera nécessaire de fournir un gros effort de persuasion et d’information auprès des démocrates du Congrès. S’il paraît aussi évident que  la Maison-Blanche va opposer son veto si les républicains rejettent l’accord, Barack Obama aura besoin d’au moins 34 démocrates au Sénat pour que le veto résiste…

 

L’humour déjanté de Lindsey Graham, candidat à la Maison-Blanche, qui réplique à Donald Trump

S’il fallait une preuve que le milliardaire new-yorkais Donald Trump perturbe la pré-campagne électorale des candidats républicains à la Maison-Blanche, le sénateur de Caroline du Sud Lindsey Graham l’a apportée avec cette vidéo. Il y montre mille et une manière de détruire un téléphone portable.

Pour quelle raison? C’est la manière dont Lindsey Graham a jugé nécessaire de répondre à Donald Trump qui, un jour plus tôt, dans un geste inouï, a donné le numéro de téléphone portable de Lindsey Graham au public lors d’une allocution. C’était la riposte du magnat de l’immobilier aux propos du sénateur de Caroline du Sud qui avait déclaré, lors des talk shows du week-end, que Donald Trump était un “imbécile, un âne”, un “jackass”.  Donald Trump ne s’est d’ailleurs pas contenté de donner le numéro de téléphone de Lindsey Graham, qui était d’ailleurs effectivement le bon numéro, mais il a révélé au public la teneur de la conversation qu’il avait eue avec le sénateur. Ce dernier aurait appelé Donald Trump pour lui demander s’il pouvait l’aider à passer sur la chaîne conservatrice Fox News.

La course à l’investiture républicaine ne fait que commencer. Mais elle est visiblement déjà très pimentée.

Journée historique à Washington et à la Havane

C’est aujourd’hui que le drapeau cubain a été hissé pour la première fois en cinquante-quatre ans sur l’édifice qui fut, pendant ce temps, la Section des intérêts cubains à Washington et qui est redevenu, lundi, l’ambassade de Cuba.


 

Parallèlement, à la Havane, la Section des intérêts américains, créée en 1977 en vertu d’un accord entre Fidel Castro et Jimmy Carter, est redevenue à son tour l’ambassade des Etats-Unis à Cuba. Mais le drapeau américain ne sera hissé qu’en août sans doute en présence du secrétaire d’Etat John Kerry.


 

Les premières auditions du Congrès sur l’accord sur le nucléaire iranien

La Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants a déjà tenu les premières auditions sur l’accord historique conclu à Vienne sur le programme nucléaire iranien par les six puissances P5 +1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France et Allemagne) avec l’Iran. Interrogé par la commission, l’ancien sous-secrétaire d’Etat Nicholas Burns a souligné l’importance du futur vote du Congrès sur l’accord de Vienne, un vote qu’il compare presque à celui des Etats-Unis au sujet de leur adhésion à la Société des Nations. Pour Nicholas Burns, il ne fait aucun doute. Il faut soutenir l’accord car il n’y a pas d’alternative viable. En cas de rejet, c’est toute la coalition du P5+1 qui pourrait se dissoudre et le régime de sanctions contre l’Iran également. Ce sont précisément ces sanctions, a-t-il ajouté, qui ont forcé l’Iran à négocier. Et l’option militaire? Elle permettrait de détruire les installations nucléaires iraniennes, mais elle ne permettrait pas de “bombarder les connaissances scientifiques” des Iraniens qui connaissent désormais bien la filière nucléaire. Pour Nicholas Burns, l’option militaire aujourd’hui serait un choix purement tactique, car dans trois ou quatre ans, Téhéran serait à même de relancer son programme nucléaire. L’accord conclu par l’administration Obama serait un choix stratégique, selon lui, gelant le programme pendant dix ans.

Le représentant républicain Darrell Issa parle lui déjà de moment rappelant le choix de Chamberlain à Munich en 1938. S’adressant à Nicholas Burns, il relève que dans dix à quinze ans, l’Iran aura davantage d’argent et d’armes et sera plus à même de construire une arme nucléaire dans quinze ans. “La réponse, c’est oui ou non”. Vu la complexité de l’accord, Nicholas Burns a refusé de limiter ses explications à un “oui” ou “non” (écouter après 47.27 minutes).