La démocratie selon le républicain Darell Issa

Darell Issa est le plus fortuné des membres du Congrès. Cela ne lui donne toutefois pas forcément une plus grande stature morale. Mercredi, lors d'une audition de la Commission de surveillance et de réforme du gouvernement de la Chambre des représentants, son président Darell Issa s'est livré à un quasi-monologue pour interroger Lois Lerner, une haut-responsable de l'Internal Revenue Service. L'IRS a été soupçonné de cibler particulièrement des groupes liés au Tea Party. N'obtenant aucune réponse de Lois Lerner, qui a le droit de se taire en vertu du 5e Amendement de la Constitution (on ne peut pas s'auto-accuser), il a manifesté sa frustration envers son collègue démocrate Elijah Cummings, du Maryland.

Ce dernier voulait poser ses questions à la représentante de l'IRS, mais Darrell Issa a clos la séance et n'a pas souhaité revenir sur sa décision. Il s'en est suivi un esclandre. Jeudi, le Black Caucus, soit les élus noirs du Congrès, est monté au créneau pour dénoncer l'arrogance du républicain de Californie qui a snobé l'Afro-Américain Eijah Cummings. Ce dernier, exaspéré, n'a pas manqué de souligner le déni de démocratie dont s'est rendu coupable Darrell Issa. L'Amérique "vaut mieux que ça", a-t-il déclaré.

La présidente du Black Caucus, la démocrate Marcia Fudge, a adressé une lettre au président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, et exigé que Darrell Issa soit démis de ses fonctions de président de ladite commission.

 

Armes chimiques en Syrie: l’ONU reste optimiste

Même si le 25 février dernier seuls 11% des armes chimiques du régime de Bachar el-Assad ont été transportés dans le port de Lattakié avant d'être acheminés pour leur destruction sur le navire militaire américain Cape Ray, mouillant en Méditerranée, Sigrid Kaag, la coordinatrice de la mission chargée de superviser le processus d'élimination des armes chimiques reste optimiste. En dépit du non-respect des dates butoirs du 31 décembre et du 6 février imposées à Damas, l'évacuation des 1200 tonnes d'armes chimiques a repris et s'accélère. Sigrid Kaag a livré un bilan provisoire au Conseil de sécurité réuni à huis clos mercredi à New York.

Pour la Néerlandaise, le mois de mars sera absolument crucial. Voici son intervention au "stake-out" du Conseil de sécurité de l'ONU:

  

Hillary Clinton compare la Russie à l’Allemagne nazie

000_475112297Lors d'une collecte de fonds pour les Boys and Girls Club de Long Beach qui n'était pas ouverte aux médias, rapporte Politico, Hillary Clinton (photo Getty Images/AFP) a comparé la Russie à l'Allemagne nazie. L'ex-secrétaire d'Etat américaine a comparé la distribution de passeports russes à des Ukrainiens ayant des liens à la Russie aux actions entreprises par les nazis avant qu'Hitler n'envahisse les voisins de l'Allemagne.

C'est Buzzfee qui a eu vent de la soirée. Hillary Clinton a parlé longuement de l'Ukraine. Quand elle était cheffe de la diplomatie américaine, elle avait promu en 2009, au nom de l'administration de Barack Obama, la remise des compteurs à zéro (reset). A l'hôtel Intercontinental de Genève, elle avait remis à son homologue russe Sergueï Lavrov, dans un geste historique et symbolique, un boîtier avec un bouton  que la Mission américaine auprès de l'ONU à Genève avait construit à la hâte. L'idée était de représenter un nouveau départ dans les relations russo-américaines.. Une erreur de traduction sur le boîtier avait quelque peu réduit l'effet désiré. Au lieu de remise des compteurs à zéro (perezagruzka), le texte disait "peregruzka", "surchargé".

Si le président américain Barack Obama a semblé, durant cette phase de détente, avoir noué une bonne relation avec le président de l'époque Dmitri Medvedev, Hillary Clinton a vite montré son hostilité envers une Russie qui n'a cessé de réaffirmer son rôle sur la scène internationale après les années humiliantes de l'immédiat après-Guerre froide.

Carl Levin se penche pendant six heures sur le cas Credit Suisse et les banques helvétiques

IMG_2132Président de la sous-commission permanente d'enquête du Sénat, le sénateur démocrate Carl Levin n'a pas ménagé ses efforts pour critiquer l'attitude de Credit Suisse qui s'est rendu coupable, selon lui, de pratiques "systématiques" d'incitation à l'évasion fiscale auprès de contribuables américains.

Directeur général de Credit Suisse, Brady Dougan (qui quitte la salle du Sénat) a tenté de montrer les efforts que son établissement a consentis pour être plus transparent. Mais s'appuyant sur un rapport de plus de 170 pages décrivant la manière dont la banque suisse a démarché des contribuables américains sur sol américain, en toute illégalité ou créé une structure énigmatique dénommée SIOA5 à l'aéroport de Zurich pour ouvrir près de 10 000 comptes pour des Américains, Carl Levin estime que la banque sous les feux des projecteurs est loin d'être une banque modèle en termes de transparence. IMG_2123

 

 

 

 

, Carl Levin estime que le peuple suisse, mais aussi son gouvernement, devraient comprendre qu'un établissement qui fait des affaires sur sol américain doit respecter le droit américain et si ce n'est pas le cas il doit pouvoir être jugé en fonction de ce droit. (voir la vidéo ci-jointe) et écouter l'audio:

 Audio de Carl Levin enregistré à la fin de l'audition:

La vidéo:

 

Didier Burkhalter à la Maison-Blanche/Credit Suisse au Sénat: le choc des images

IMG_2113Choc des images pour la Suisse lundi à Washington. D'un côté, une sous-commission d'enquête du Sénat américain accablait Credit Suisse dans un rapport présenté le matin à la presse au Capitole. De l'autre, le président de la Confédération Didier Burkhalter sortait enjoué de la Maison-Blanche où il a eu un tête-à-tête d'un quart d'heure avec le vice-président américain Joe Biden avant de poursuivre avec ce dernier pendant une heure pour aborder dans une séance de travail plusieurs dossiers importants. IMG_2109

"La rencontre fut agréable et utile", a d'emblée déclaré Didier Burkhalter devant la Maison-Blanche, visiblement peu perturbé par le froid glacial qui s'est emparé de la capitale américaine. "Nous avons discuté de l'Iran, de l'Ukraine, de questions bilatérales dont l'espionnage, les banques suisses et le programme de régularisation ainsi que de la collaboration entre les deux pays en matière de paix et de médiation." Joe Biden a, selon le conseiller fédéral, jugé constructives les priorités fixées par la Suisse durant sa présidence de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à un moment où l'Ukraine est en crise. Sur l'Iran, Didier Burkhalter ne pipera pas mot, estimant que les discussions relèvent du secret relatif au mandat de puissance protectrice exercé par la Suisse au nom des Etats-Unis dans la République islamique.

Quand on l'interpelle sur le rapport présenté par la sous-commission du Sénat quelques heures plus tôt, le président de la Confédération précise qu'il n'en a pas pris connaissance et qu'il n'est pas en mesure d'apporter une réaction circonstanciée. "Il ne faut pas sous-estimer, ni surestimer ce type de rapport", lâche-t-il pourtant. Il réfute l'argument selon lequel la Suisse aurait tout obtenu ce qu'elle voulait dans le dossier des banques. "Il ne faut pas croire tout ce qu'on vous dit", a-t-il souligné. Pour le conseiller fédéral, la Suisse et les banques suisses ont "fait ce qu'il fallait". Il espère que désormais, dans le cadre du programme de régularisation, les établissements bancaires seront traités correctement. 

SwissMedia Ci-joint la rencontre entre le président de la Confédération Didier Burkalter et le vice-président américain Joe Biden (photo Federal Departement of Foreign Affairs, FDFA)

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques heures plus tôt, dans une salle de conférence du Capitole, les sénateurs John McCain et Carl Levin accablaient Credit Suisse pour ses pratiques "systématiques" d'incitation à l'évasion fiscale:

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Ted Nugent, l’extrémisme dans sa version la plus extrême

Il est toujours délicat d'accroître la visibilité d'une figure publique dont les propos dépassent toute décence. Mais en l'occurrence, ils illustrent la tolérance que manifestent une partie de l'Amérique à l'égard des critiques les plus viles à l'encontre du premier président noir dans l'histoire des Etats-Unis, Barack Obama. Ils sortent aussi de la bouche d'un personnage qui fréquente des figures politiques conservatrices de l'Amérique: Rick Perry, gouverneur du Texas, Mitt Romney. Il accompagne surtout le républicain Greg Abbott dans sa campagne pour l'élection du futur gouverneur du Texas.

Le  chanteur Ted Nugent vient de traiter Barack Obama de "bâtard sous-humain". Le propos de ce dernier va d'ailleurs plus loin: les Américains, dit-il, devraient être vigilant pour ne jamais laisser un "^bâtard sous-humain éduqué en tant que communiste de Chicago" accéder à la plus haute fonction de l'Etat américain. Pour lui, Barack Hussein Obama est un gangster. Ce chanteur de série B, fervent promoteur de la NRA et du droit du port d'armes n'épargne pas d'autres démocrates: Je pense que l'Amérique redeviendra l'Amérique quand Barack Obama, Eric Holder, Hillary Clinton, Dick Durbin, Michael Bloomberg et tous les démocrates progressistes seront en prison faisant face à la punition juste quand leurs actes de trahison seront clairement apparents."

 

 

 

La Heritage Foundation, symbole de l’éclatement du Parti républicain

202555939(1)Fondé en 1973, la Heritage Foundation (photo Charles Dharapak/AP/Keystone), un groupe de réflexion conservateur de Washington sis à un jet de pierre de Union Station, a une vue priviliégiée sur le Capitole. Elle a longtemps fait office de centre de recherche donnant une profondeur stratégique à la réflexion des républicains américains.C'était le centre nerveux de l'establishment républicain. Son influence sur le Congrès était largement reconnue. Mais depuis que Jim DeMint a abandonné son siège de sénateur pour celui de président de la fondation, tout a changé. Comme l'explique le New York Times, la Heritage Foundation agit désormais comme le bras politique du Tea Party.

Il est désormais difficile de l'appeler groupe de réflexion tant celle-ci a été supplantée par un activisme politique à court terme. Le projet de Jim DeMint, un ultra-conservateur de Caroline du Sud, est de revigorer le mouvement conservateur notamment auprès des jeunes. Le changement radical de stratégie du think tank de Washington est en grande partie lié à l'arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche. Selon le New York Times, la stratégie est simple: s'opposer à tout projet de loi censé réunir les républicains modérés et conservateurs.

Pour contourner les contraintes des nouvelles lois relatives au lobbying qui l'empêchent de vraiment s'engager en politique, la fondation a décidé en 2010 de se doter d'un bras politique en vertu d'une disposition du code fiscal, la Heritage Action. Celle-ci n'a pas manqué de se distinguer en finançant notamment un tour des Etats-Unis du sénateur ultra-conservateur texan Ted Cruz pour priver de tout financement la réforme de la santé du président Obama, l'Affordable Care Act. Heritage Action a fait pression sur des élus du Congrès pour refuser d'adopter une ligne plus modérée proposée par certains républicains. Elle a ainsi fomenté un éclatement du Parti. D'une certaine manière, sa politique anti-compromis et son radicalisme ont réveillé un establishment républicain qui a souvent été à la botte du Tea Party depuis son avènement en 2010. De fait, plusieurs propositions draconiennes promues avec agressivité par Heritage Action ont échoué. Illustration de la colère intra-républicaine: jusqu'ici, les chercheurs de la Heritage Foundation étaient acceptés lors des réunions hebdomadaires du Republican Study Committee. Désormais, ils en sont exclus. Les chercheurs ont déjà quitté en masse le groupe de réflexion qui s'est marginalisé et qui a perdu son aura de "faiseur" de politiques.

 

 

Les drapeaux du Pentagone seront 100% “Made in USA”

000_464699457C'est la conséquence d'une nouvelle loi adoptée par le Congrès qui impose au Pentagone de n'acheter que des drapeaux qui sont à 100% "Made in USA". Le nouveau budget américain prévoit de soumettre à "l'amendement Berry" datant de 1941 l'achat de drapeaux (photo Robert Laberge/Getty Images/AFP) pour le Département de la Défense. Aux yeux de nombreux membres du Congrès, il paraît incongru que les militaires américains hissent des drapeaux fabriqués à l'étranger.

Ce type de résurgence natonaliste n'est pas nouveau. On se souvient que lors des Jeux olympiques de Londres en 2012, de nombreux élus du Capitole s'étaient offusqués quand ils apprirent que les équipements de la délégation olympique américaine avaient été fabriqués à l'étranger.

Un bourreau devenu un activiste contre la peine capitale

Allen Ault n'en dort plus la nuit. Des cauchemars lui font replonger dans les heures noires de sa vie, quand il était un bourreau devant appliquer la peine de mort dans le Sud profond des Etats-Unis, en Géorgie. Psychologue, il travaillait dans une prison de Géorgie pour évaluer l'état des détenus. Le centre de détention où il travaillait fut choisi comme lieu d'exécution de l'Etat et Allen Ault "promu" exécuteur en chef.

Il est pourtant aujourd'hui l'un des fers de lance de la lutte contre la peine de mort aux Etats-Unis. Interviewé par Stephen Sackur dans HARDtalk, il l'admet: la peine capitale "est la forme la plus préméditée de meurtre qu'on puisse imaginer et reste dans votre psyché pour toujours." Le psychologue, qui devait se charger des exécutions à la chaise électrique – cinq au total -, se souvient en particulier d'une jeune homme de 17 ans, Christopher Burger, affecté à l'époque par des problèmes mentaux et qui fut condamné à mort pour viol et meurtre. Celui-ci a passé 17 ans dans les couloirs de la mort. Mais Allen Ault l'a vu changé, devenant plus stable et plus mature. Le condamné a exprimé de profonds remords. Allen Ault se souviendra à tout jamais de ses dernières paroles: "SVP, pardonnez-moi."

Hollande aux anges au dîner de la Maison-Blanche

A ceux qui doutaient de la qualité de la relation franco-américaine, le président Barack Obama a répondu en grande pompe lors d’un dîner où furent conviées 350 personnes. Il a rappelé les considérations d’Alexis de Toqueville à propos de la cuisine française et américaine, a souligné que les Américains aimaient la cuisine, la culture et le vin français. Mais il a surtout souligné que les Etats-Unis et la France partageaient le même souci: celui de défendre la liberté. Il a porté un toast à François Hollande en déclarant: “Vive la France, God Bless America, and long live the alliance between our great nations.”

Si l’ex-Première Dame de France, Valérie Trierweiler n’a pas eu l’occasion de s’asseoir à côté de la First Lady Michelle Obama, c’est le comédien et satire américain Stephen Colbert qui a eu ce privilège, lui qui insiste, malgré ses origines irlandaises, anglaises et allemandes, pour qu’on l’appèle Colbert à la française. Parmi les invités, Julia Louis-Dreyfus, la star de la série TV Seinfeld et surtout de Veep (Vice-président), une satire de celui qui occupe le poste de numéro deux du gouvernement américain. A cette occasion, elle a pu vérifier son scénario en étant assise à côté de Joe Biden, l’actuel vice-président américain.

Le président français François Hollande s’est exprimé en anglais, puis en français. “Vous aimez la France, a-t-il déclaré, mais vous ne le dites pas toujours, vous êtes timides vous les Américains, vous vous retenez. Mais nous aimons les Etats-Unis. Nous ne le disons pas toujours, mais quand nous le disons, nous le vivons vraiment.” Le chef d’Etat français a souligné le soutien américain à la France au Mali et en Centrafrique. (…) Les relations entre nos deux pays ont atteint aujourd’hui un degré exceptionnel de proximité et de confiance. La raison en est simple: nous partageons une même vision du monde et nous respectons. Les Etats-Unis et la France sont deux grandes nations.” Discours sérieux et sincère du président français.