Obama-Poutine: l’espoir du premier tweet

000_Was7874934Les relations entre les présidents russe et américain Vladimir Poutine et Barack Obama (photo St-Pétersbourg, septembre 2013/Pablo Martinez Montsivais/AFP) ont rarement été aussi tendues à la lumière de la crise en Ukraine. Le courant entre le maître du Kremlin et le locataire de la Maison-Blanche n'a jamais vraiment bien passé. Même si elle a aujourd'hui échoué, la politique de remise des compteurs à zéro de l'administration démocrate avait pourtant montré que Barack Obama s'entendait plutôt bien avec l'ex-président Dmitri Medvedev, plus internationaliste et non issu des milieux du KGB puis du FSB.

Si Vladimir Poutine est régulièrement diabolisé aux Etats-Unis, décrit tantôt en un Staline visant à restaurer l'empire soviétique, tantôt en un Hitler prêt à envahir les anciennes républiques d'URSS, il a pourtant montré des dispositions à l'ouverture. En novembre 2012, à peine Barack Obama fut réélu à la présidence américaine, c'est Vladimir Poutine qui utilisa pour la première fois Twitter pour lui envoyer un message de félicitations. Aujourd'hui, il est davantage question de représailles et de sanctions. Puisse Twitter servir à nouveau de "téléphone rouge" du XXIe siècle entre les dirigeants des deux principales puisssances nucléaires de la planète.

 

Vous avez dit Bradley Manning? Non, Chelsea Manning…

000_Was7834977Le sergent Bradley Manning, qui était en poste en Irak, a acquis une notoriété planétaire en rendant publics des millions de documents classifiés par le biais de WikiLeaks. Il a été condamné à 35 ans de prison pour ce crime de trahison, mais les juges ont estimé qu'il n'avait pas aidé les ennemis de l'Amérique.

Bradley Manning va présenter devant la Justice du Kansas une demande, le 23 avril prochain, afin d'être reconnu comme une femme dénommée Chelsea, selon le Washington Post qui cite le journal local Leavenworth Times (photo montrant Bradley Manning portant une perruque et du maquillage mise à disposition d'AFP par la US Army). Cette demande pose de vraies questions. Si l'administration Obama a mis fin à la loi "Don't Ask Don't Tell" qui permettait aux homosexuels de servir dans l'armée pour autant qu'ils ne dévoilaient pas leur orientation sexuelle et les laisse, depuis 2011, afficher librement leur sexualité, la quête de Bradley Manning empoisonne les responsables militaires. Est-ce que Bradley devenu Chelsea doit être transféré de la prison pour hommes dans laquelle il est incarcéré à une prison de femmes? Et peut-il conserver son statut de militaire sachant que les transgenres n'ont pour l'heure pas droit de cité dans l'armée?

Les experts juridiques semblent d'avis qu'il ne s'agit là que d'un changement de nom et que même Chelsea Manning restera cloîtrer dans la prison pour hommes. Les experts médicaux militaires ont reconnu chez Manning un trouble lié au genre. Bradley Manning lui-même a demandé, après sa condamnation, de suivre une thérapie hormonale. En revanche, le groupe de soutien du lanceur d'alerte a déjà averti que Manning n'entendait pas se faire opérer.

 

Obama exclut toute intervention militaire en Ukraine

Alors que les 25 000 soldats de l'armée ukrainienne stationnés en Crimée ont dû quitter la province que la Russie est en passe d'annexer, le président américain Barack Obama a exclut, dans une interview accordée à une chaîne affiliée à NBC à San Diego, KNSD, tout aventurisme militaire: "Nous n'allons pas faire d'excursion militaire en Ukraine. Ce que nous allons faire, c'est mobiliser toutes les ressources diplomatiques pour s'assurer d'avoir une forte coalition internationale (le président a utilisé le terme corrélation…) qui envoie un message clair."

A n'en pas douter,la déclaration présidentielle va faire bondir le faucon républicain John McCain, qui n'arrête pas de se répandre sur les télévisions américaines au sujet de l'irresponsabilité, selon lui, de la Maison-Blanche. Pour le républicain et ancien combattant du Vietnam, sa lumineuse idée serait d'armer les Ukrainiens pour faire face à la Russie.

Dans cette crise, le Département d'Etat américain annonce que d'autres sanctions seront prises si le président russe Vladimir Poutine continue sur la voie de la confrontation. Il a cependant bon espoir de voir l'économie jouer un rôle important pour assagir le Kremlin. "Il y a plus de capitaux, selon la porte-parole Jennifer Psaki, qui ont déjà fui la Russie cette année qu'au cours de toute l'année 2013 et les prévisions de taux croissance de la Russie en 2014 tournent autour de 1%, certains tablant même sur un taux négatif."

 

Le prochain ambassadeur des Etats-Unis à Moscou

000_DV499624Au vu de la crise qui fait rage en Ukraine et la grave détérioration des relations entre Moscou et Washingotn, la Maison-Blanche n'a pour l'heure pas d'ambassadeur en Russie. Le représentant américain en place jusqu'ici, Michael McFaul, a quitté sa fonction à la fin février. Or pour l'administration de Barack Obama, il est impératif de le remplacer. C'est précisément dans des périodes de crise que la présence d'un ambassadeur est très précieuse. Elle permet d'anticiper certains problèmes ou d'avertir en amont de l'évolution possible d'une situation.

Le poste d'ambassadeur des Etats-Unis à Moscou est très important. Il l'est davantage aujourd'hui encore. Conseillère à la sécurité nationale de Barack Obama, Susan Rice souhaiterait que la fonction soit attribuée à une femme. Selon le Washington Post, les trois noms les plus cités seraient l'actuelle adjointe du chef de mission à Moscou, Sheila Gwaltney, Pamela Spratlen, ambassadrice à Bichkek ou encore Rose Gottemoeller, sous-secrétaire d'Etat pour le contrôle des armements.

Rose Gottemoeller est connue des milieux diplomatiques de Genève. C'est elle qui a mené les négociations sur le nouveau Traité Start de réduction des armes stratégiques avec la Russie en 2009-2010. Elle a manifestement une bonne compréhension de la Russie. Durant les négociations Start, elle a beaucoup traité avec son homologue russe Anatoly Antonov (photo prise à la Mission américaine de Genève montrant Anatoly Antonov et Rose Gottemoeller/Alberto Pizzoli/AFP). Les chefs négociateurs américain et russe ont entretenu une bonne relation à Genève. Ils se respectaient et entretenaient une relation de confiance au point de se prodiguer des conseils et de plaisanter. Rose Gottemoeller était même venue en aide à Anatoly Antonov quand celui-ci dût accueillir une délégation de la Douma qui allait venir à Genève à un mauvais moment. Sera-t-elle la prochaine ambassadrice des Etats-Unis à Moscou?

L’Amérique, le paradis de la voiture? Moins que par le passé

000_169955134L'Amérique est souvent perçu comme le paradis de la voiture. Qui n'a pas rêvé un jour de traverser les Etats-Unis à bord d'une vieille Cadillac ou autre Lincoln? Il suffit de se rendre dans les suburbs, la périphérie des grandes villes, pour réaliser à quel point l'auto reste indispensable. Bon nombre de villes étant dépourvu d'un réel centre-ville à l'européenne requièrent également des déplacements en voiture.

Mais manifestement, tout n'est pas aussi figé qu'on pourrait le croire. Dans son rapport annuel publié la semaine dernière, l'American Public Transportation Association est catégorique: il n'y a jamais eu autant d'Américains qui voyagent en train (photo Amtrak/AFP), bus, métro en 2013 depuis 1956, soit peu avant que le président Dwight Eisenhower ne lance son vaste programme de construction d'autoroutes (Interstate). 10,65 milliards de déplacements (courtes distances) ont eu lieu l'an dernier. Ce chiffre, précise le New York Times, dépasse aussi les 10,59 milliards de déplacements enregistrés en 2008 quand le prix du gallon d'essence (3,89 litres) flirtait avec les 5 dollars.

De 1995 à 2013, les déplacements de passagers en transit ont augmenté de 37%, dépassant largement la croissance de la population (20%) et l'augmentation des distances parcourues en véhicule (23%). La croissance économique est un facteur important de ce changement de comportement des Américains. Ceux-ci utilisent davantage les transports publics pour avoir accès à un nombre plus important d'emplois. Le président de l'American Public Transportation Association, Michael Melaiphy constate que "les villes qui ont investi dans les transports publics ont vu leur taux de chômage baisser".

La fin de la Guerre froide fut “négociée” et non une victoire de l’Occident

25542119En pleine crise ukrainienne et la perspective du rattachement de la Crimée à la Russie à l'issue du référendum du dimanche 16 mars, nombreux sont les observateurs à ressortir le vocable de la Guerre froide pour qualifier les relations actuelles entre Moscou et Washington. Ambassadeur des Etats-Unis en Union soviétique de 1987 à 1991, Jack Matlock s'étonne aujourd'hui du langage utilisé entre les chefs de la diplomatie américaine et russe lors de leurs dernières rencontres pour prévenir une aggravation de la crise en Ukraine. "Cela peut vite devenir très critique si les mauvais choix sont faits", relevait récemment John Kerry.

Dans une tribune publiée samedi dans le Washington Post, Jack Matlock (assis ici à côté de l'ex-président soviétique Mikhaïl Gorbatchev lors d'une conférence tenue en 2005/Manuel Balce Ceneta/AP/Keystone) ne pense pas que les deux pays replongent dans une relation digne de la Guerre froide. Les tensions actuelles sont, selon lui, davantage la conséquence de perceptions erronées et de malentendus. Moscou et Washington n'ont pas de conflit idéologique et leurs intérêts nationaux ne s'affrontent pas directement.

Jack Matlock estime que l'incapacité de voir comment la Guerre froide s'est terminée a eu un profond impact sur les relations entre la Russie et les Etats-Unis et expliquent en partie la situation actuelle. Jack Matlock réfute l'argument régulièrement avancé par l'Occident selon lequel celui-ci a "forcé l'effondrement de l'Union soviétique et a ainsi mis fin à la Guerre froide". A observer les apologistes de Ronald Reagan toutefois, c'est ainsi que l'ex-président est souvent présenté aux Etats-Unis. Ceux-ci ne cessent de répéter sa fameuse phrase "Mr. Gorbatchow, Tear that Wall Down (Mr. Gorbatchev, abattez ce mur (de Berlin)). Pour l'ex-ambassadeur américain en URSS, la fin de la Guerre froide "a été négociée dans l'intérêt des deux côtés". Gorbatchev lui-même, après la chute de l'Empire soviétique, déclarait que la "fin de la Guerre froide est notre victoire commune".

A partir de 1989, rarement la collaboration entre Washington et Moscou n'avait été aussi fructueuse: fin de la course aux armements, interdiction des armes chimiques, accord pour réduire les armes nucléaires, abandon de l'idéologie communiste, etc. C'était à l'époque de la présidence de George Bush père. C'est malheureusement ce même président qui, lors de son discours sur l'état de l'Union en 1991 déclara: "Par la grâce de Dieux, l'Amérique a gagné la Guerre froide." Un tel commentaire ouvrait la voie. Les Etats-Unis allaient désormais traiter la Russie comme la perdante de la Guerre froide. Cela allait conditionner la suite.

Pour Jack Matlock, les Etats-Unis et la Russie ont pourtant plus d'intérêts à partager que de contentieux à entretenir. La Syrie, le programme nucléaire iranien, l'Afghanistan, l'Arctique, la Corée du Nord. La Russie, ajoute-t-il, a été bien plus coopérative que les Américains l'imaginent. En faire un vrai ennemi ne va pas arragner les affaires des Etats-Unis.

 

Conseil de sécurité: la peur des bruits de bottes en Ukraine

Climat étrange jeudi après-midi au Conseil de sécurité des Nations unies. Quatorze des quinze membres du Conseil de sécurité ont exhorté la Russie à respecter l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine. Dans les multiples interventions qui appellaient à la désescalade de la situation, à trois jours d'un référendum à haut risque en Crimée sur le rattachement de la péninsule à la Russie, l'impression qui dominait était toutefois celle d'une diplomatie qui s'essoufle.

L'ambassadeur de Russie, Vitali Tchourkine, très isolé au sein du Conseil de sécurité, a d'emblée déclaré: "Les Russes ne veulent pas la guerre et je crois que les Ukrainiens non plus." Il a dénoncé le "tableau idyllique" brossé par les Occidentaux de la situation en Ukraine avant l'actuelle crise et rappelé sa genèse. Il s'est aussi adonné à un exercice historique visant à montrer les incohérences de plusieurs membres du Conseil de sécurité. Il a rappelé ainsi le référendum organisé à Mayotte pour savoir si ce territoire souhaitait rester rattaché aux Comores ou s'il souhaitait être rattaché à la France. Vitali Tchourkine a qualifié l'attitude de la France dans ce cas "d'agression" et a rappelé que Paris avait opposé son veto à ce sujet au sein du Conseil de sécurité.

Pour sa part, le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a exhorté la Russie à retirer ses troupes de Crimée le plus rapidement possible. Ambassadrice américaine auprès de l'ONU, Samantha Power a souligné la "remarquable retenue" des autorités ukrainiennes dans la crise actuelle. Elle a continué à plaider pour une solution diplomatique, mais a dit douter de l'intérêt que Moscou semble porter à une telle voie.

Gérard Araud, l'ambassadeur de France, n'a pas mâché ses mots: "L'ironie atteint le surréalisme, lorsque la Russie invoque l’avis de la Cour Internationale de Justice qui juge que la déclaration unilatérale d’indépendance du Kossovo n’était pas illégale; avis qu’elle n’a jamais reconnu, indépendance qu’elle a toujours combattue. Nous attendons donc avec intérêt la conclusion logique de cette conversion inattendue, c’est-à-dire la reconnaissance du Kossovo par la Russie. Osera-t-on cependant faire remarquer que, dans son avis, la Cour Internationale de Justice posait deux conditions, l’une était le caractère contesté du territoire qui avait conduit à l’existence d’un ordre juridique particulier, la résolution 1244, et l’autre le non recours à la force ; conditions à l’évidence non remplie en Crimée dont le statut n’était en rien disputé que ce soit par Moscou ou par l’Assemblée locale et où c’est l’occupation russe qui permet à une faction qui avait obtenu 4% aux élections locales d’organiser un simulacre de consultation à l’ombre des baïonnettes russes. Comme l’a dit ce matin M. Fabius, le ministre française des Affaires étrangères, en Crimée dimanche, le choix sera entre oui et oui."

Ci-après, les interventions devant la presse onusienne du premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk et de l'ambassadrice des Etats-Unis auprès de l'ONU Samantha Power:

 Le premier ministre ukrainien exhorte la Russie à retirer ses troupes:

 

 

La vérité, selon le premier ministre ukrainien, c'est que la Russie s'est rendue coupable d'une agression militaire:

 

 

Le premier ministre ukrainien se demande: "Quel est l'objectif final de la Russie?"

 

 

Selon l'ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies à New York, Samantha Power, "le référendum sur la Crimée est illégal":

 

 

Samantha Power ne s'en cache pas: "La fenêtre diplomatique est en train de se fermer.":

 

 

L'ambassadrice américaine présente le projet de résolution que les Etats-Unis ont présenté au Conseil de sécurité afin de préserver l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine. Le projet a peu de chance de passer la rampe étant donné le veto russe, mais il risque d'isoler Moscou. La formulation du texte semble d'ailleurs tenir compte des préoccupations chinoises. L'ambassadeur chinois Liu Jieyi avait surpris en indiquant que son pays mettait en garde contre toute violation de la souverainté et intégrité territoriale d'un Etat. C'était une critique très feutrée du Kremlin et une distanciation étonnante de Moscou.

 

 

Samantha Power ironise sur les "leçons de géographie et d'histoire" de son homologue russe Vitali Tchourkine. Elle s'étonne de la manière dont Moscou interprète la notion d'auto-détermination, une "auto-détermination russe" pour ce qui est de la Crimée:

 

 

 

 

 

 

La future ambassadrice américaine en Suisse impressionne le Congrès

176802342Contrairement aux personnes nommées par la Maison-Blanche aux postes d'ambassadeurs en Norvège et en Argentine, deux pays où les diplomates pressentis n'avaient jamais mis les pieds, la future ambassadrice des Etats-Unis (photo: ambassade des Etats-Unis à Berne/Keystone) en Suisse, Suzi LeVine, qui a collecté 2,3 millions de dollars pour Barack Obama et les démocrates depuis 2007, a fait bien meilleure impression auprès des sénateurs du Congrès qui l'ont entendue lors d'auditions tenues le 6 mars au Capitole à Washington. Pour rappel, George Tunis, le candidat au poste d'ambassadeur en Norvège, nommé en septembre 2013 par Barack Obama, un gros contributeur à la campagne électorale du président démocrate, ne savait pas que la Norvège était une monarchie en parlant du "président norvégien". Le sénateur républicain John McCain qui l'auditionnait avait ironisé en parlant de "candidats incroyablement qualifiés" pour la fonction.

Suzi LeVine, ex-cadre de Microsoft, a apporté des réponses très convainantes à des questions relatives à l'énergie, le commerce, l'immigration, l'industrie bancaire, l'environnement notamment, explique le Washington Post. "Elle a même mentionné les noms de sociétés suisses spécialisées dans la technologie verte, le nombre de personnes qu'elles emploient et souligné que la Suisse crée plus de 400 000 emplois." Elle a aussi relevé que la Suisse présidait actuellement l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Elle n'a pas omis non plus de parler de la votation du 9 février dernier relative à l'initiative "l'immigration de masse" acceptée par 50,3% des Suisses. "C'est une affaire intérieure suisse", a-t-elle déclaré et il est trop tôt pour en mesurer les "implications". Le Washiington Post souligne toutefois qu'elle a suscité quelques froncements de sourcil en Suisse quand elle a déclaré vouloir montrer comment la pratique américaine en matière d'immigration est "incroyable."

Les preuves (pétrole) justifiant la guerre américaine en Irak

La guerre d’Irak déclenché le 19 mars 2003 par les Américains a déjà fait couler beaucoup d’encre et encore plus de sang. Plus de 100 000 morts dont un nombre considérable de civils. Beaucoup a été dit sur les raisons qui ont poussé l’Amérique néoconservatrice à se lancer dans une opération qui allait se révéler désastreuse pour la stabilité du pays et de la région.

Animatrice de sa propre émission The Rachel Maddow Show sur MSNBC, Rachel Maddow vient de présenter un nouveau documentaire sur la guerre d’Irak. Elle en avait déjà présenté un l’an dernier sur la rhétorique des armes de destruction massive que le peuple américain, les médias et le Congrès avaient crue alors que de telles armes n’existaient tout simplement pas.

Dans son documentaire “Why we did it”, la journaliste montre de façon édifiante qu’il s’agissait bien d’une guerre pour le pétrole. Ce n’est bien sûr pas une révélation. En Europe et ailleurs, on l’avait qualifiée à de multiples reprises de guerre pour l’or noir. Mais ce documentaire est intéressant car il montre que le dessein de l’administration de George W. Bush date bien d’avant les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Des documents qu’a consultés l’équipe de Rachel Maddow montre que la nécessité pour l’Amérique d’avoir du pétrole supplémentaire qui alimente le marché mondial et qui maintienne le prix de l’or noir à un bas niveau est bien réelle. Des représentants des grandes majors du pétrole sont fréquemment consultées pour voir comprend appréhender la question irakienne. Des séances de l’administration Bush en amont de l’invasion de mars 2003 n’ont pas lieu au Pentagone ou dans un bâtiment administratif de Washington, mais dans un édifice appartenant à une filiale d’Halliburton à Houston. Pour rappel, le vice-président de George W. Bush, Dick Cheney, a longtemps été le patron d’Halliburton avant de reprendre du service à Washington.

De fait, les troupes américaines entrent en Irak et renversent rapidement le tyran Saddam Hussein. Mais elles ne savent pas que faire pour construire la paix et le pays. Les responsables américains connaissent en revanche tout en détails de l’infrastructure pétrolière irakienne, les oléoducs, les champs, les réserves. L’Armée américaine détruira d’ailleurs plusieurs ministères. Mais elle en gardera un intact: celui du Pétrole.

Preuve que les sociétés pétrolières américaines étaient clairement associées à l’invasion de l’Irak, les lieux d’approvisionnement de l’armée américaine en Irak portent des noms évocateurs: RRP Exxon ou FARP Shell. Les Britanniques ont une approche similaire. Le gouvernement britannique de Tony Blair a déjà fait appel à BP pour le conseiller. Un document le dit clairement: le Royaume-Uni doit s’assurer d’avoir sa part du gateau pétrolier en Irak. Ce documentaire peut paraître superflu. Mais il apporte de nombreuses preuves à des accusations qui ont longtemps été surtout rhétoriques. Il montre aussi qu’en matière de souveraineté, au moment où la Russie viole sans gêne celle de l’Ukraine, les Etats-Unis ne l’ont pas toujours considérée comme un principe sacrée.

La photo du jour: Poutine en touriste lors de la visite de Reagan à Moscou

IndexC'est la photo (Pete Souza/Radio Free Europe) qui agite les Américains ces jours-ci alors que la Russie de Vladimir Poutine défie l'Occident en envoyant des troupes contrôler la province autonome de Crimée en Ukraine. Lors de sa visite à Moscou en 1988, le président américain Ronald Reagan serre la main à un jeune Russe sur la place Rouge peu après avoir rencontré le secrétaire général du Parti communiste soviétique Mikhaïl Gorbatchev.

Sur la gauche, un jeune homme doté d'un appareil de photo et en t-shirt, pris en photo par l'actuel photographe officiel de Barack Obama, Pete Souza, est, de l'avis des experts américains, un certain Vladimir Poutine. Souza était le photographe officiel de Ronald Reagan en ce temps.

Beaucoup doutent qu'en 1988, l'actuel maître du Kremlin se soit trouvé par hasard, en "touriste", sur la place Rouge avec Ronald Reagan. Les russologues américains pensent plutôt qu'il était en opération mandatée par le KGB. Interrogé mercredi, Vladimir Poutine ne confirme pas sa présence sur la photo. La presse russe lui vient en aide, précisant qu'à l'époque, ce dernier était basé à Dresde, en Allemagne de l'Est. Le mystère reste entier.