Michelle Obama, à une “main” d’une scène à la Marylin Monroe

208859445C'était jeudi à l'aéroport d'Austin au Texas. Le couple Obama descendait les marches d'Air Force One pour se rendre à la Bibliothèque présidentielle de Lyndon B. Johnson à l'occasion du Sommet commémorant le 50e anniversaire de l'approbation de la loi sur les droits civiques en 1964. En raison d'un vent fort, Michelle Obama a évité une scène embarrassante à la Marylin Monroe grâce à l'aide de circonstance de son mari qui lui a tenu la jupe alors qu'elle descendait les marches. Une manière, pour le couple Obama (photos Carolyn Kaster/AP/Keystone), de détromper les rumeurs qui avaient eu cours lors du voyage du président français François Hollande et qui laissaient entendre que le couple présidentiel n'était plus en si bons termes.

 Et un autre exemple de complicité entre Barack et Michelle Obama un jour plus tard à l'aéroport JFK de New York:

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Hillary Clinton victime d’une lanceuse de chaussure

"Est-ce une chauve-souris? Cela fait-il partie du Cirque du Soleil?" L'ex-secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton parlait à une conférence consacrée au recyclage de déchets à l'hôtel Mandalay Bay de Las Vegas vendredi quand une personne de l'assistance lui réserva le même sort qu'à George W. Bush en 2008 en Irak: elle lui envoya une chaussure au visage. La dame qui a perpétré cet acte de défiance a été arrêtée.

L'ancienne patronne de la diplomatie américaine et possible candidate à la présidentielle 2016 suscite manifestement des réactions diverses durant cette phase où elle refuse de révéler ses intentions pour 2016. Les uns estiment qu'elle serait une candidate difficile à battre, d'autres pensent qu'une élection opposant Hillary Clinton à, par exemple, Jeb Bush, l'ex-gouverneur de Floride, donnerait un signal plutôt négatif à propos de la vivacité de la démocratie aux Etats-Unis. Après George Bush père, puis George Bush fils, après Bill Clinton, l'élection d'Hillary Clinton ou de Jeb Bush perpétuerait l'emprise de deux "dynasties" sur la Maison-Blanche.

Vendredi à Las Vegas, Hillary Clinton a réussi à éviter le projectile. L'épisode rappelle "l'attaque" dont avait fait l'objet George W. Bush en 2008 lors d'une conférence de presse à Bagdad. A deux reprises, celui qui était alors encore président des Etats-Unis avait réussi à se baisser et à éviter deux chaussures.

L'épisode de Las Vegas peut paraître anodin. Il donne cependant une indication des obstacles que pourrait rencontrer Hillary Clinton en cas de candidature à la Maison-Blanche. Les anti-Clinton aux Etats-Unis, très puissants dans les années 1990, n'ont pas disparu de la circulation. Ils pourraient retrouver de la vigueur dans deux ans.

 

Torture aux Etats-Unis: le culot de José Rodriguez (CIA)

139951393Chef du Service national clandestin de la CIA et auteur du livre" Hard measures: how aggressive CIA actions after 9/11 saved American lives (mesures sévères: comment les actions agressives de la CIA après le 11-Septembre ont sauvé des vies américaines), José Rodriguez (photo Keystone) s'est senti obligé de livrer son point de vue dans le Washington Post. Quelques jours plus tôt, la Commission des renseignements du Sénat a voté en faveur d'une déclassification partielle (500 pages sur 6300) du rapport qu'il a établi sur les pratiques d'interrogatoire "renforcées" et la torture dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. De plus, le président Barack Obama a promis un peu plus tôt qu'il allait procéder à la déclassification partielle du document. Or celui-ci, à en croire la présidente de la commission, la démocrate Dianne Feinstein, révélerait des pratiques beaucoup plus "brutales" que ce qui avait été décrit au Congrès qui aurait été "induit en erreur".

Face à ce mouvement en faveur d'une déclassification, José Rodriguez n'en démord pas. Les pratiques de la CIA ont perrmis d'obtenir des informations qui ont permis de décimer Al-Qaida et de sauver des vies américaines. Croupissant dans la prison de Guantanamo, l'un des cinq accusés du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed a été soumis à la simulation de noyade 183 fois. Il ne semble pourtant pas avoir livré des informations cruciales. Pour José Rodriguez, justifie la torture par la CIA en raison du contexte: on était après 9/11 et 3000 Américains venaient d'être tués par les djihadistes d'Al-Qaida. "Ceux qui pensent que nous aurions dû interroger Abu Zubeida (un haut responsable d'Al-Qaida) de manière plus douce n'ont jamais eu à porter le fardeau de protéger des vies."

José Rodriguez insiste aussi. Le programme de techniques d'interrogation renforcées de la CIA était efficace. Le chef du Service national clandestin de l'agence relève que celle-ci a corrigé les erreurs qui ont pu être commises. Il avance enfin l'argument définitif: le programme a été approuvé et jugé légal par les plus hautes sphères du gouvernement et le Département de la justice. Or le gouvernement de George W. Bush comprenait des figures telles que Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense, qui dit aujourd'hui encore dans un film de Errol Morris "Unknown Known" qu'il n'a pas lu les documents secrets évoquant la torture qui avait "fuité" et dont le New York Times avait à l'époque largement parlé. Il refuse toujours d'admettre que l'argumentaire pour envahir l'Irak (Saddam Hussein aurait été en possession d'armes de destruction massive et abriterait des éléments d'Al-Qaida) fut l'un des plus grands mensonges de l'Amérique de ces dernières décennies. Pour rappel, José Rodriguez lui-même avait donné l'ordre de détruire des vidéos montrant des scènes de torture.

José Rodriguez espère enfin que lorsque des portions du rapport seront publiées, la CIA aura un droit de réponse. Il espère aussi que le travail de ses successeurs ne sera pas rendu plus difficile en raison de cette publication.

Les Américains voient rouge: un ex-étudiant iranien impliqué dans la prise d’otages de 1979 serait le nouvel ambassadeur de l’Iran à l’ONU

23284799Hamid Aboutalebi pourrait être le nouvel ambassadeur d'Iran auprès des Nations unies à New York. Selon un élu américain, une demande de visa a été récemment présentée en son nom. A priori, rien d'extraordinaire hormis le fait que le futur représentant de la République islamique sur les bords de l'East River a fait partie du groupe d'étudiants qui ont pris d'assaut l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran en 1979 (photo Keystone) et gardé 52 personnes en otages pendant 444 jours. Pour le sénateur de l'Etat de New York Chuck Schumer, un démocrate, il serait inacceptable que les Etats-Unis accordent un tel visa et l'immunité diplomatique à un tel individu. Le républicain du Tea Party Ted Cruz tient le même langage, jugeant une telle nomination, si elle est confirmée, "d'insultante". De nombreux élus du Congrès pensent qu'il est un terroriste. Lui-même estime n'avoir joué qu'un rôle de traducteur et de négociateur lors de la prise d'otages à laquelle il a participé alors qu'elle était déjà en cours.

Ex-otage de l'ambassade américaine de Téhéran, Barry Rosen ne mâche pas ses mots: pour lui, laisser venir Hamid Aboutalebi à New York serait "comme cracher sur nous". Et l'ex-otage d'ajouter:"Cela va à l'encontre des valeurs américaines d'accorder un visa à quelqu'un qui faisait partie d'un groupe qui a torturé des diplomates et militaires américains et ruiné la vie de 52 otages et de leurs familles. Il est coupable de torture."

Or Hamid Aboutalebi est décrit comme étant proche des réformateurs iraniens et du président Hassan Rouhani. Actuellement, les Etats-Unis mènent, avec les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne, des négociations avec l'Iran pour trouver une solution au programme nucléaire iranien soupçonnée être de nature militaire. Bloquer la venue du futur diplomate pourrait avoir de graves conséquences sur le processus de rapprochement entre Téhéran et Washington.

Porte-parole du Département d'Etat,  Marie Harf a déclaré qu'à de rares exceptions, les Etats-Unis sont généralement obligés d'accepter les personnes choisies pour représenter les Etats membres au siège de l'ONU à New York. "Nous examinons le cas de près, a-t-elle ajouté, et nous avons exprimé notre vive préoccupation quant à cette possible nomination par le gouvernement iranien. (…) Mais nous prenons nos obligations d'Etat hôte des Nations unies très au sérieux."

Donald Rumsfeld: l’arrogance des certitudes

000_146347353Errol Morris est un documentariste américain qui, comme l'explique la National Public Radio (NPR), aime plonger dans la psyché de ses personnages qu'il choisit comme sujet de ses films. Parmi ses succès figurent the Fog of War, un documentaire qui brosse le portrait de l'ex-secrétaire à la Défense Robert McNamara dans le cadre de la guerre du Vietnam. Erros Morris aime se surprendre. Durant sa conversation avec McNamara, aujourd'hui décédé, il avait été surpris d'entendre de sa bouche que certaines des actions qu'il a approuvées au Vietnam équivalaient à des crimes de guerre.

Donald Rumsfeld (photo Mark Wilson/Getty Images/AFP) n'a pas cette élégance. L'ex-patron du Pentagone, qui a été l'un des faucons ayant poussé à l'invasion de l'Irak en mars 2003 parce que le régime de Saddam Hussein était, selon lui, en possession d'armes de destruction massive et abritait Al-Qaida et des terroristes ayant participé aux attentats du 11-Septembre 2001, répand toujours la bonne parole sur les télévisions américaines. Il ne se prive pas de tirer à boulets rouges sur l'administration de Barack Obama, incapable de voir les réels dangers du monde actuel et de résister à Vladimir Poutine en Crimée. A cet égard, il devrait lire l'excellente analyse de Fareed Zakaria dans le Washington Post, qui montre au contraire que Barack Obama est en quelque sorte un dirigeant du XXIe siècle qui a vu que les guerres relèvent d'une manière du XIXe siècle de voir les rapports de force entre puissances.

Pour son documentaire "The Unknown Known", Errol Morris a interviewé Donald Rumsfeld pendant des heures et des heures. Aucune excuse, aucun aveu d'erreur. Le réalisateur n'a quasiment rien appris de nouveau. Il lui a posé une question au sujet des documents sur la torture pratiquée par l'administration Bush. Il dit ne pas les avoir lus. Pour lui, la politique de George W. Bush par rapport à l'Irak était similaire à celle de Bill Clinton. Vraiment? Errol Morris est sorti horrifié de cet entretien, dans lequel aucun remord n'a été exprimé, même pas pour la prison de l'horreur, Abu Ghraib en Irak. Comme le rappelle Erros Morris, Donald Rumsfeld n'en est pas à son premier déni de réalité. Il était déjà dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche avec le président Gerald Ford et le secrétaire d'Etat Henry Kissinger à l'époque du Vietnam. Là aussi, aucun aveu d'erreurs. "Il y a des choses qui marchent, d'autres qui ne marchent pas", s'est-il contenté de répondre.

L'interview d'Errol Morris sur NPR:

Rumsfeld

 

Bruxelles trouve cher d’accueillir Barack Obama

Le maire de Bruxelles Yvan Mayeur a joué la transparence en déclarant au Guardian que la visite de 24 heures de Barack Obama dans sa ville allait 000_Par7833857coûté 10,4 millions de dollars pour assurer sa sécurité. En principe, relève le Washington Post, un sommet européen coûte environ 690 000 dollars.

Cette fois, les autorités belges ajoutent 350 policiers de plus dans le dispositif sécuritaire. Le Guardian estime, lui, à 900 le nombre de personnes accompagnant le président américain (photo à Bruxelles avec le roi Philippe/AFP/Saul Loeb) durant sa tournée européenne. La Maison-Blanche ne confirme pas, mais n'infirme pas non plus. Pour la visite d'un cimetière de la Première Guerre mondiale, 9 hélicoptères américains seront déployés et 30 voitures blindées.

Appellation d’origine protégée: le choc culturel UE-Etats-Unis

Photo cheeseLes Etats-Unis et l'Europe n'ont pas encore conclu d'accord de libre-échange. L'un des grands obstacles à un tel dessein, explique Brian Carney, directeur de la communication de Rivada Networks, une société technologique spécialisée dans les communications, ce sont les appellations d'origine protégée (AOP) et les indications géographiques protégées (IGP). Dans une tribune libre parue mardi dans le Wall Street Journal, intitulée "What's More American Than Parmesan Cheese?" (Qu'est-ce qui est plus américain que le Parmesan?), il estime que ces appellations sont des aberrations du marché. Elles révèlent une condescendance à l'égard du consommateur qui ne saurait pas distinguer un vrai Parmesan d'une imitation produite aux Etats-Unis.

Zabar's (photo), dans l'Upper West Side à Manhattan, l'épicerie qui fait office d'institution dans le quartier, a l'habitude d'afficher en grand de la publicité pour ses fromages: "Gruyère de montagne français", "New Zealand Swiss" ou "Emmental français". Récemment, à la suite de la mobilisation de la Confrérie du Gruyère pour défendre son AOC, la société suisse Emmi avait finalement décidé, la mort dans l'âme, de renoncer à produire du Gruyère dans le Wisconsin. Emmi est pourtant la principale société exportatrice de Gruyère AOC aux Etats-Unis…

Pour Brian Carney, les AOP ou IGP résultent de la capacité de l'Union européenne de convaincre, voici quelques années, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) de reconnaître ce type d'appellations pour les vins. Selon lui, si les producteurs européens se contentaient d'utiliser les droits à la propriété intellectuelle, ce serait largement suffisant. Il dénonce dès lors le protectionnisme de l'UE. Il est cependant convaincu que les producteurs américains de fromage ne sont pas près de renoncer à produire du Parmesan, Gruyère, Cheddar, Stilton pour faire "plaisir aux bureaucrates de Bruxelles". Sourcilleuse quand il s'agit de droit à la propriété intellectuelle, l'Amérique est tout à coup offsquée par les AOP et IGP européennes.

Dans la tribune acerbe de Brian Carney, il manque toutefois une notion fondamentale chère à l'Europe: le goût, le terroir. Les conditions de production, le processus qualitatif de production semblent à ses yeux n'être que barrières protectionnistes. Manifestement, les obstacles à un accord de libre-échange entre l'Europe et l'Amérique sont encore considérables.

 

Arrestation de quatre “base jumpers” qui ont sauté du World Trade Center

James Brady, Kyle Hartwell, Marko Markovich et Andrew Rossig sont accusés de cambriolage, de mise en danger irresponsable et de saut à partir d'une structure. Leurs chefs d'accusation peuvent sonner un peu ésotérique. Or c'est bien la raison pour laquelle ces quatre New-Yorkais ont été arrêtés par la Police de New York, la NYPD. Plus précisément, ils se sont adonnés au base jump en sautant du One World Trade Center, le plus haut édifice de l'hémisphère nord dont la structure extérieure a été achevée voici peu et qui culmine à 1776 pieds (date de l'indépendance américaine), soit 541 mètres.

Cette arrestation, a déclaré le chef de la NYPD William Bratton, est un message "clair à toute personne qui pense utiliser à mauvais essient un repère architectural aussi important". La performance des quatre jeunes s'est déroulée en septembre 2013. James Brady était alors encore un employé travaillant à la construction du site de Ground Zero. L'épisode soulève de vraies questions sur la sécurité du site. Il y a peu, un jeune garçon a réussi à monter jusqu'au sommet du One World Trade Center sans avoir dû présenter la moindre identité.

 

Rapport du Sénat sur la CIA et la torture: une publication prochaine?

000_Was1800907Dianne Feinstein n'en démord plus. La présidente de la Commission des renseignements du Sénat souhaite faire voter sa commission pour publier un résumé et les principales conclusions du rapport de 6300 pages qui a été établi par le Sénat et achevé à la fin 2012, mais que la CIA (photo Saul Loeb/AFP) ne souhaite pas voir publier. Selon la Central Intelligence Agency, le rapport serait plein d'imprécisions.

La publication d'une partie du document pourrait produire l'effet d'une bombe et révéler ce que les ténors de la CIA ne cessent de contester: la torture n'a en rien aidé à réduire l'influence d'Al-Qaida et à tuer Oussama ben Laden. Elle pourrait aussi montrer toute l'étendue des pratiques de torture qui, selon Dianne Feinstein, seraient pires que prévues.

La guerre est désormais déclarée entre le Sénat et la CIA. La démocrate Dianne Feinstein semble déterminer à passer au vote cette semaine. Seuls les démocrates devraient voter en faveur d'une publication du rapport. Il incombera toutefois au président Barack Obama de décider si le résumé du rapport et ses principales conclusions peuvent être publiés tels quels ou si ceux-ci doivent faire l'objet d'une nouvelle rédaction.

Politiquement, Barack Obama n'avait pas voulu se mettre à dos les républicains en ouvrant le chapitre noir des années Bush. Aujourd'hui, alors que les démocrates pourraient perdre la majorité du Sénat en novembre et compliquer singulièrement la tâche de la Maison-Blanche, Barack Obama pourrait avoir intérêt à révéler ce que l'Amérique a, depuis cinq ans, jugé inavouable.

Le soft power de Michelle Obama en Chine

Michelle Obama est la 13e First Lady à effectuer un voyage officiel en Chine. Avec ses filles Sasha et Malia, elle y reste sept jours. Vendredi, elle a été reçue par la Première Dame de Chine, Peng Liyuan, ancienne chanteuse et officier de l’armée chinoise. L’épouse du président chinois Xi Jinping a mené Michelle Obama dans la Cité interdite et lui a fait découvrir l’art de la calligraphie chinoise.

Durant son séjour, Michelle Obama ne va pas aborder des sujets sensibles tels que les droits de l’homme. Elle va surtout s’intéresser à l’éducation des enfants. Aux Etats-Unis, certains se sont offusqués du coût d’un tel voyage au cours duquel la First Lady n’aborde pas des questions sensibles que des Hillary Clinton ou Laura Bush avaient soulevées. Dans le camp de la First Lady, au contraire, on souhaite montrer les bienfaits de cette manière élégante de mettre en avant le soft power américain. Après avoir observé les cours d’adeptes du tennis de table, la First Lady s’est elle aussi essayée au ping-pong. Ceux qui se souviennent de la diplomatie ping-pong (à travers des équipes sportives qui se rendaient en Chine pour disputer des tournois) y ont vu une allusion manifeste.

Voici le premier compte rendu de Michelle Obama: