Bill Clinton aurait pu faire tuer Ben Laden avant le 11-Septembre

Un jour avant les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, l'ex-président américain Bill Clinton (photo Esther Lim/AFP) était 000_Hkg10083354en voyage en Australie et tenait une conférence devant des représentants de l'économie. Selon Michael Kroger, un membre du Parti libéral australien qui avait enregistré les propos du démocrate et qui vient de remettre une cassette de l'enregistrement à Sky News Australie, Bill Clinton a tenu les propos suivants avant le cataclysme qui va traumatiser l'Amérique:

"Juste pour dire, vous savez, si j'étais Oussama ben Laden – il est très intelligent et j'ai longtemps pensé à lui – Je l'ai même presque attrapé un jour. (…) Je l'ai presque eu. Et j'aurais pu le tuer, mais j'aurais dû détruire une petite ville appelée Kandahar en Afghanistan et tuer 300 femmes et enfants innocents, et je n'aurais pas été dans une meilleure situation que lui. C'est pourquoi je ne l'ai pas fait."

Comme le souligne Politico, la Commission du 11-Septembre avait relevé que l'administration de Bill Clinton avait renoncé à traquer Ben Laden pour l'éliminer de peur de toucher les populations civiles. Le chef d'Al-Qaida fut tué en mai 2011 par un commando spécial des Navy Seals.

La CIA espionne les ordinateurs de collaborateurs du Congrès qui écrivent un rapport sur elle

000_477845421Le directeur de la CIA John Brennan (photo: Chip Somodevilla/Getty Images/AFP) a longtemps nié toute activité d'espionnage menée par son agence lorsque l'affaire avait éclaté. La présidente de la Commission du renseignement du Sénat, Dianne Feinstein avait dénoncé publiquement en mars 2014 le piratage des ordinateurs des collaborateurs de ladite commission chargée de consulter des milliers de documents et de rédiger un rapport de 6300 pages sur les prisons secrètes de la CIA et la torture pratiquée à travers lesdites techniques d'interrogatoires renforcées. John Brennan avait alors déclaré: "Rien ne peut plus être éloigné de la vérité. Je veux dire que nous refuserions de faire une telle chose. Je veux dire, c'est juste  au-delà de toute rationalité."

Après une enquête interne, John Brennan a dû se rendre à l'évidence et présenter ses excuses au Congrès. De fait, dix employés de la CIA, dont deux avocats et trois informaticiens ont piraté les dossiers et courriels de collaborateurs de la commission sénatoriale. Pour John Brennan, c'est un fait pour le moins embarrassant. Ce d'autant que ces prochaines semaines devrait être déclassifié un résumé du rapport de 6300 pages établi par la commission, qui pourrait faire beaucoup de bruit. Selon les fuites déjà évoquées dans la presse, les techniques d'interrogatoires étaient bien plus musclées que ce qui avait été révélé et la torture pratiquée n'aurait en rien servi à déjouer de nouveaux attentats terroristes.

Dans un éditorial publié ce vendredi, le New York Times est très critique. La CIA, dit-il, n'a pas seulement besoin d'un changement de personnes, mais aussi de culture et nécessite une révision complète de son fonctionnement.

 

Washington ne trouve rien de mieux à faire que de s’intéresser à une éventuelle destitution d’Obama

Le correspondant de NBC couvrant la Maison-Blanche, Chuck Todd, s’est emporté dans l’émission Morning Joe au sujet du vote des républicains de la Chambre des représentants pour poursuivre en justice le président Barack Obama et surtout le destituer. A ses yeux, c’est embarrassant pour Washington, incapable d’adopter des projets de loi majeurs dont le pays aurait besoin notamment en matière d’infrastructures, de contrôle de armes à feu, d’immigration et d’emploi. Chuck Todd égratigne également le porte-parole de la Maison-Blanche qui a lu une liste d’élus républicains en faveur d’une destitution du président Obama

“La plainte devant la justice n’est pas sérieuse, les discussions sur la destitution ne sont pas sérieuses. On est dans une cour d’école. C’est embarrassant”, a le journaliste de NBC. C’est la meilleure manière, a-t-il souligné, de dissuader les gens de voter et de s’intéresser à la politique.

 

Torture et prisons de la CIA: Colin Powell n’était pas au courant

000_Hkg9950195La Maison-Blanche a envoyé par mégarde à un journaliste d'Associated Press un document relatif au rapport de la Commission du renseignement du Sénat sur la torture et les techniques d'interrogatoire musclées appliquées par la CIA dans la guerre contre le terrorisme entre 2002 et 2006 dans les prisons secrètes de l'agence.

Il ressort de ce document de 4 pages que les ambassadeurs des Etats-Unis dans les pays qui abritaient une prison secrète de la CIA étaient tenus au silence et ne devaient même pas en informer le Département d'Etat. A l'époque donc, le secrétaire d'Etat Colin Powell (photo Kazuhiro Nogi/AFP) n'a pas immédiatement mis au courant du programme très controversé de la CIA qui pourrait provoquer un nouveau tollé avec la déclassification probable, ces prochaines semaines, dudit rapport du Sénat. Celui-ci décrirait des méthodes beaucoup plus dures que ne les avait décrites l'administration de George W. Bush. Il laisserait aussi entendre que contrairement à la croyance, la torture n'a en rien aidé à déjouer des attentats terroristes.

Décidément, ce n'est pas la première fois que Colin Powell a été maintenu dans l'ignorance au sujet de certains faits. Si tout le monde se souvient de lui assis dans la salle du Conseil de sécurité des Nations unies en train de brandir des fioles qui prouveraient l'existence d'armes de destruction massive dans l'Irak de Saddam Hussein – un fait qui va se révéler faux -, là aussi Colin Powell avait été en partie mené en bateau par …la CIA. Dans une récente interview, l'ancien général avouait qu'il était difficile de se faire rappeler dix ans durant un épisode aussi douloureux.

Pour rappel, en 2008 et en 2012, le républicain Colin Powell avait soutenu la candidature du …démocrate Barack Obama.

40 ans plus tard: les leçons du Watergate

Le 9 août 1974, le président américain Richard Nixon démissionna avant de subir l’humiliation d’une destitution presque certaine. Dans la perspective du 40e anniversaire de cet événement majeur dans l’histoire politique des Etats-Unis, le Washington Post a organisé un débat en présence des deux journalistes qui ont les premiers révélé l’ampleur du scandale du Watergate, Bob Woodward et Carl Bernstein.

Aujourd’hui, explique Carl Bernstein, les réseaux sociaux et les chaînes d’info continue n’approfondissent pas assez et ne cherchent pas assez à savoir ce que fait le gouvernement fédéral et le président. Or c’est un impératif. C’est en effet, en dépit de la révolution numérique, l’une des tâches premières des journalistes: questionner les autorités afin qu’elles n’abusent pas de leur pouvoir et qu’elles servent leur pays en conformité avec le mandat qui leur a été attribué. Voici la discussion:

 

Sarah Palin lance sa propre télévision

L'ex-égérie du Tea Party et ex-gouverneure d'Alaska Sarah Palin va lancer sa propre télévision, le Sarah Palin Channel. Coût de l'abonnement, selon le Washington Post? 9,95 dollars par moi ou 99,95$ par an. "C'est une chaîne d'information qui en fait va proposer bien plus que des informations. C'est une communauté où nous pourrons partager des idées et débattre des problèmes actuels", explique Sarah Palin dans une vidéo d'introduction.

L'ex-colistière du républicain John McCain dans la course à la Maison-Blanche en 2008, Sarah Palin est connu pour ses remarques au vitriol au sujet des "mainstream medias" qui tordent la réalité pour la rendre compatible à leur vision du monde. En tant que commentataire sporadique de Fox New, elle voit au contraire en cette dernière l'une des rares chaînes de TV qui a le courage de dire "la vérité".

En termes de télévision, Sarah Palin s'était surtout distinguée au cours d'une interview avec la journaliste Katie Couric sur CBS durant la campagne électorale de 2008. L'entretien avait montré les lacunes criantes de la candidate en matière notamment de politique étrangère.

 

Un futur vote sur le dépôt d’une plainte contre Barack Obama

000_Was8845152La semaine prochaine, la Chambre des représentants (photo du Congrès/Brendan Smialowski/AFP), largement dominée par les républicains, va sans doute voter une résolution afin de porter plainte contre le président Barack Obama. Motif: il abuse de son pouvoir exécutif à travers des décrets présidentiels. Certains le décrivent même comme un "dictateur". Or dans les faits, Barack Obama a beaucoup moins recouru aux décrets (executive orders) que son prédécesseur et que d'autres présidents. Il en fait davantage usage maintenant que Washington est complètement bloqué, incapable de s'entendre sur des réformes nécessaires en matière d'immigration, de lutte contre le réchauffement climatique, d'emplois, de contrôle des armes et d'investissements dans les infrastructures.

"Ce n'est pas ainsi que notre système a été conçu. Les lois ne sont pas simplement une liste de suggestions que le président peut choisir à volonté", estime Pete Sessions, président de la Commission du règlement interne de la Chambre des représentants. De fait, les républicains souhaitent contester la manière dont la Maison-Blanche a retardé la mise en oeuvre de certains aspects de la réforme de la Santé, l'Affordable Care Act. Un objet très sensible puisque la Chambre des représentants a déjà voté à plus de 40 reprises pour abroger la loi connue aussi sous le nom d'Obamacare.

Drapeaux blancs sur le pont de Brooklyn: les failles sécuritaires

Mercredi, à l'occasion du dixième anniversaire de la publication du rapport de la Commission sur le 11-Septembre 2001, plusieurs 000_DV1310623hauts responsables ont donné une nouvelle fois leurs recommandations pour éviter un nouvel attentat de grande ampleur aux Etats-Unis. Or mardi matin, à partir de 3h10, deux drapeaux blancs (photo Richard Drew/AP/Keystone) avaient remplacé les drapeaux américains au sommet de l'infrastructure qui relie Brooklyn à Manhattan. Apparemment, cinq jeunes d'une vingtaine d'années seraient à l'origine de ce qui apparaît a priori comme une farce, mais qui inquiète de fait les New-Yorkais.

Motif? Le pont, très fréquenté par les New-Yorkais et les touristes, devrait, dit-on, faire l'objet d'une surveillance beaucoup plus étroite. Certains s'interrogent comment des jeunes ont pu se hisser au sommet du pont sans se faire remarquer. Les auteurs du méfait ont couvert les projecteurs d'aluminium pour limiter l'éclairage. Les autorités new-yorkaises n'ont décelé aucun message constituant une menace. Selon les premières explications, il s'agirait plutôt de jeunes souhaitant indiquer qu'ils ont totalement abandonné les pistes cyclables du pont au profit des piétons.

Le Brooklyn Bridge a pourtant déjà fait l'objet de menace. Le cerveau autoproclamé du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed aurait déclaré à quelqu'un de détruire le pont en sectionnant les cables de suspension. Selon le New York Times, le président de l'arrondissement (borough) de Brooklyn, Eric Adams, offre 5000 dollars de prime de sa poche à celui ou celle qui fournira des informations pertinentes pour retrouver les auteurs du méfait.

Passeports et visas pour les Etats-Unis: il faudra être patient

000_DV1310623Les Américains ou les non-Américains souhaitant se rendre aux Etats-Unis ces prochaines semaines pourraient devoir revoir leur plan de voyage. La base de donnée du Département d'Etat américain a connu un grave problème informatique qui pourrait causer de sérieux retard dans l'établissement de nouveaux passeports pour les Américains et des visas pour les visiteurs devant s'en munir. Le problème ne touche pas un pays en particulier, mais le monde entier (photo: ambassade des Etats-Unis à Berlin/John MacDougall/AFP), a déclaré la porte-parole du Département d'Etat Marie Harf. Selon un responsable américain s'exprimant dans le Washington Post, 50 000 demandes faites dans un pays qui n'est pas nommément cité seraient bloquées en raison de la panne.

L’ex-maire de New York s’envole pour Tel-Aviv, par défi

000_490425667Michael Bloomberg (photo Spencer Platt/AFP/Getty Image) n'aime pas l'ombre. L'ancien maire de New York a décidé mardi de s'envoler à bord d'un avion de la compagnie israélienne El Al vers Tel-Aviv pour protester contre l'interdiction imposée par la Federal Aviation Administration (FAA), le régulateur aérien américain, aux compagnies aériennes américaines d'attérrir à ou de s'envoler de l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. Dans un communiqué, le milliardaire new-yorkais propriétaire de l'empire médiatique Bloomberg déclare: "Les restrictions imposées aux compagnies aériennes américaines sont une erreur qui offre au Hamas une victoire imméritée et doivent être levées au plus vite. (…) Ce soir, je vais m'envoler avec El Al vers Tel-Aviv pour montrer ma solidarité au peuple israélien et qu'il est sûr de voler vers et à partir de Tel-Aviv. Ben Gourion est l'aéroport le mieux protégé du monde."

Aux Etats-Unis, la prudence de la FAA est plutôt saluée. Sa décision s'explique par le fait qu'une roquette du Hamas a atterri à moins de 2 kilomètres de l'aéroport et détruit une maison. Elle semble aussi avoir été en partie influencée par la tragédie de l'avion de la Malaysia Airlines MH17 abattu par un missile le 17 juillet dernier au-dessus de l'Ukraine avec quelque 300 personnes à bord. Plusieurs compagnies européennes ont pris la même décision.

L'affaire a très vite été politisée. En Israël, certaines voix ont laissé entendre qu'il s'agissait d'une décision politique. Aux Etats-Unis, certains experts en aviation ont au contraire souligné que l'aéroport Ben Gourion était effectivement extrêmement bien protégé, mais que la frappe d'une roquette du Hamas à proximité de l'aéroport a battu une brèche importante dans sa sécurité. Pour Israël, ces restrictions de vol risquent d'avoir un coût économique et psychologique important sachant que 15 millions de passagers fréquentent chaque année l'aéroport. Une riposte israélienne musclée à Gaza est attendue.