Intrus à la Maison-Blanche: David Axelrod choqué

000_Was8080658L'ancien conseiller de Barack Obama David Axelrod (photo Brendan Smialowski/AFP) n'en croit pas ses yeux. "Même dans mes pires rêves, je n'aurais jamais imaginé que quelqu'un puisse faire ce que cette personne a fait." L'ex-éminence grise de l'administration Obama pense à l'intrus, un ancien combattant américain en Irak, qui s'est introduit sur la pelouse de la Maison-Blanche en franchissant la barrière et qui a réussi à aller jusqu'à la porte d'entrée (North Portico) de l'auguste bâtisse.

"C'est totalement choquant", estime David Axelrod, un ami de l'actuel président qui n'arrive toujours pas à réaliser que la sécurité de la famille présidentielle ait pu être mise en danger. Il exige du coup que les services de sécurité (secret service) fassent l'objet d'une révision complète. Il est vrai qu'ils ont été auteur, ces dernières années, de multiples incidents, notamment avec des prostitués en marge d'un sommet en Colombie auquel participait le président Barack Obama.

Parmi les explications données par quelques commentateurs pour expliquer cette grave défaillance de la sécurité, certains relevaient que le président et ses deux filles venaient de prendre l'hélicoptère présidentiel Marine Force One et que le gros des agents de sécurité étaient concentrés sur la pelouse sud de la Maison-Blanche. Un peu léger comme explication…

New York se mobilise pour le climat

IMG_2966Plus de 100 000 personnes dans les rues de Manhattan pour se mobiliser en faveur du climat. La Marche du peuple pour le climat a connu un succès retentissant dimanche en présence de l'acteur Leonardo Dicaprio, messager de la paix de l'ONU en faveur du climat ainsi que différentes personnalités dont l'ex-vice-président américain Al Gore et les ministres français Laurent Fabius et Ségolène Royal.

La manifestation, qui s'est déroulée le long de Central Park pour descendre vers Midtown, entendait faire pression sur les 125 chefs d'Etat qui se réunissent mardi à New York pour le Sommet sur le climat de l'ONU.

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La sécurité défaillante de la Maison-Blanche

Barack Obama et ses deux filles s’étaient déjà envolés pour Camp David à bord de Marine Force One. Vendredi soir pourtant, un intrus, Omar J. Gonzalez, âgé de 42 ans et ex-combattant en Irak a franchi la barrière de la pelouse nord de la Maison-Blanche et a réussi à se rendre dans la bâtisse, mettant les services de sécurité (Secret Service) dans l’embarras. L’homme, qui a été appréhendé après qu’il eut franchi le North Portico (porte d’entrée), avait un couteau sur lui. L’auteur de cette incursion a apparemment connu des problèmes psychologiques. Les journalistes sur place furent évacués ainsi qu’une partie du personnel.

Un autre incident s’est déroulé samedi. Un jeune conducteur ne s’est pas arrêté à une entrée de la Maison-Blanche sur la 15e rue. Il fut arrêté sur-le-champ.

 

 

La présidente des démocrates sous le feu des critiques

Debbie Wasserman Schultz (photo Mark Wilson/Getty Images/AFP) n'a jamais été une présidente particulièrement inspirée du Comité national démocrate. Susceptible, 000_480514839souvent empruntée quand il s'agit de riposter rapidement à des critiques, sans véritable vision, elle est pourtant toujours à la tête des démocrates américains. Mais les choses pourraient changer.

Comme le souligne le site d'information Politico, les voix critiques au sein du Parti démocrate se multiplient, notamment après sa manière de fustiger la Maison-Blanche au sujet de sa gestion de la crise de l'immigration de mineurs à la frontière mexicano-américaine. Debbie Wasserman Schultz n'a d'ailleurs pas peur de mélanger ses casquettes, n'hésitant pas à utiliser des événements de collectes de fonds pour le parti à des fins personnelles pour alimenter le comité d'action politique qui la soutient.

Le plus troublant est sans doute son obsession à se faire payer sa garde-robe par le Comité national démocrate. Elle fit une telle demande pour la Convention démocrate de Charlotte en 2012. Le siège du Comité national à Washington ainsi que le quartier général de la campagne de Barack Obama lui refusèrent un tel privilège. Cela n'a cependant pas suffi à la dissuader. Elle réitéra une telle demande pour l'investiture de Barack Obama en janvier 2013, puis pour le dîner des correspondants de la Maison-Blanche la même année. La conseillère personnelle du président Valerie Jarrett a dû intervenir pour lui refuser un tel passe-droit. Cette dernière dit ne plus se souvenir d'un tel épisode et Debbie Wasserman Schultz dément de telles accusations.

La présidente du Comité national démocrate et Barack Obama ne se rencontrent d'ailleurs jamais, ce dernier n'ayant pas la plus grande estime pour cette élue du Congrès pour la Floride. Il avait d'ailleurs peu apprécié le fait qu'elle avait insisté pour le rencontrer en 2011 mais avait fini par lui poser un lapin, déplorant que la nomination de la fille d'un donateur du parti avait été bloquée…

Les dérapages verbaux de Joe Biden, possible candidat à la Maison-Blanche

000_455257314On a parfois exagéré avec la propension du vice-président américain Joe Biden (photo Chip Somodevilla/AFP) à faire des gaffes. Sur certains dossiers, il s'est montré particulièrement pertinent. Potentiel candidat à l'investiture démocrate si Hillary Clinton ne devait convoiter la Maison-Blanche, le démocrate a toutefois été l'auteur de trois dérapages verbaux dérangeants mercredi.

Alors que le président Barack Obama s'évertue à souligner que les Etats-Unis ne mèneront pas de combats terrestres en Irak pour combattre l'Etat islamique – il l'a répété à McDill Air Force Base mercredi, Joe Biden a laissé entendre, raconte le Washington Post, qu'il n'était pas impossible que les Etats-Unis envoient des soldats sur place comme l'a déclaré le chef de l'état-major Martin Dempsey.

En rencontrant l'ex-premier ministre de Singapour, Lee Kuan Yew, le vice-président américain a rangé ce dernier parmi les hommes les plus sages "d'Orient". L'usage du terme Orient fut très mal reçu par les Américains d'origine asiatique et les alliés asiatiques. Il renvoie aussi à un passé impérialiste.

Troisième gaffe et non des moindres: lors de la conférence organisée à l'occasion du 40e anniversaire de la Legal Services Corporation, il a fustigé ces "Shylocks" qui ont profité des soldats en mission à l'étranger pour leur accorder de mauvais prêts et de mauvaises hypothèques. Or le terme "Shylocks", tiré du Marchand de Venise de Shakespear, renvoie aux pires clichés sur les Juifs. Joe Biden s'en est excusé auprès de la communauté juive dont il est jugé pourtant proche.

Pour Bill Clinton, Netanyahou n’est pas apte à faire la paix

En visite en Iowa, Bill Clinton a répondu à un interlocuteur qui suivait un aréopage de personnalités dont le sénateur Tom Harkin d’une manière qui pourrait porter préjudice à son épouse Hillary Clinton, candidate potentielle à la présidentielle de 2016.Poussé par un membre du public à répondre à la question de savoir si le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou était l’homme pouvant conclure la paix entre Israéliens et Palestiniens, l’ex-président des Etats-Unis a lâché qu’il “était d’accord” avec ce dernier: Bibi Netanyahou n’est pas l’homme capable de conclure la paix.

Quand on sait qu’Hillary Clinton a indirectement critiqué même le président Barack Obama pour ne pas soutenir suffisamment Israël, on peut imaginer les dégâts que ce type de déclaration est susceptible de causer. L’ex-secrétaire d’Etat et ex-sénatrice n’a jamais laissé de doutes quant à son approche du conflit israélo-palestinien, soutenant sans réserves Jérusalem. L’épisode d’Iowa, où Hillary Clinton avait subi une cuisante défaite face à Barack Obama lors des primaires de 2008, pose quelques questions sur l’impact de Bill Clinton sur une éventuelle candidature d’Hillary Clinton. En 2008, les observateurs sont presque unanimes pour dire qu’il n’avait pas aidé son épouse par son attitude et ses remarques (liability).

 

La réalité (afro-américaine) à Ferguson

Après les graves émeutes raciales de Ferguson provoquées par la mort de Michael Brown, un jeune Afro-Américain criblé de balles par un policier (blanc), la situation s'est stabilisée, mais les problèmes de fond demeurent. Un journaliste du New York Times, Brent McDonald, a suivi un Afro-Américain qui tente de se débarrasser du cercle vicieux des amendes qu'il accumule…

 

 

Et cette vidéo qui confirmerait que la victime avait bien les mains levées avant de s'écrouler sous les tirs d'un policier:

 

“Camp X-Ray”, le premier film sur la prison de Guantanamo

La prison de Guantanamo suscite davantage de réactions virulentes en Europe et ailleurs dans le monde qu'aux Etats-Unis. Aujourd'hui, la perspective de fermer la prison qui détient encore près de 80 détenus accusés de rien et 70 prisonniers dit "dangereux" semble s'éloigner en raison d'un Congrès américain hostile à une telle mesure et d'une relance de la guerre contre le terrorisme (Etat islamique). Barack Obama aimerait supprimer ce symbole qui sape les valeurs de la démocratie américaine. Mais il fait face à des obstacles pour l'heure insurmontables.

Peter Sattler a sans doute conscience de ces contingences. Réalisateur d'un film, "Camp X-Ray" qui porte le nom du centre de détention utilisé en 2002 dès l'arrivée des premiers terroristes présumés en provenance d'Afghanistan et qui est aujourd'hui abandonné à la dense végétation de Cuba, il a accordé une interview à Télérama peu après la présentation du film au festival de Deauville:

Pourquoi ce silence du cinéma sur Guantanamo ?
Il y a une réalité économique. C’est difficile de monter un projet comme ça. Guantanamo est un sujet très délicat, je le savais dès le début. Cela n'allait certainement pas être un film qui allait intéresser les grands studios. Les Américains ont passé tellement de temps à l'ignorer, qu'il est difficile de les convaincre de prendre un peu de leur vendredi soir pour aller regarder frontalement cette situation créée par leur propre pays. Mais fort heureusement, le cinéma indépendant aime prendre des risques. Et les acteurs aussi : je pense que c'est une des raisons pour lesquelles Kristen Stewart voulait faire ce film : c'est un rôle en dehors de sa zone de confort.

Pourquoi un film sur Guantanamo ?
J'ai toujours été fasciné par Guantanamo. Cette situation est très étrange, même absurde, elle m'a toujours interpellé. L'idée même que ce lieu existe ressemble à un mauvais livre de science-fiction. En tant que réalisateur, j’aime les idées simples. Alors quand j’ai compris que les gardiens et les détenus étaient coincés là-bas et pouvaient se parler, j’ai trouvé l’idée de mon film : quelles conversations pourraient avoir un détenu et son geôlier ? Ça m’a permis en tant que réalisateur d'aborder la problèmatique de Guantanamo sans faire un film disant aux gens quoi penser. Je ne voulais pas faire un film de propagande. Pour moi, c’était une façon de parler de Guantanamo, presque sans en parler.

Comment avez-vous travaillé ?
J’ai fait des heures, et des heures, et des heures de recherches. J’ai lu tous les livres que je pouvais lire, regardé tous les documentaires possibles, consulté quantité d’articles de presse, regardé des milliers de photos. Beaucoup de soldats et de détenus ont écrit des mémoires. Une des sources fiables sur lesquelles on pouvait s’appuyer, c’est Wikileaks. Ils ont diffusé un document sur la procédure élémentaire de vie dans le camp. C’est un document énorme, fait par le gouvernement, sur la façon dont le camp doit être géré. Dedans, il y a tous les détails – comme le font les militaires – sur la nourriture autorisée, les brosses à dents qu’ils doivent utiliser… et c’est ce que je voulais montrer : les détails précis de la détention.


Que savez-vous de la situation à Guantanamo aujourd’hui ?

Guantanamo a été construit sur les cendres du World Trade Center. Ils ont commencé à y détenir des gens cinq mois après le 11-Septembre. C’était le Far West. Aux Etats-Unis, tout le monde souffrait d’un choc psychologique : la blessure d’avoir été attaqué et de se sentir si vulnérable. En me documentant, j’ai vu que oui, il y avait eu des tortures abominables là-bas. Des choses atroces s’y sont produites. Mais ce que j’ai trouvé plus intéressant, c’est qu’aujourd’hui, rien de tout cela ne se passe. Dans cette situation très bizarre, sans issue, tout le monde attend. La « banalité » de la vie là-bas aujourd’hui me fascine. C’est facile de faire un film sur Guantanamo et montrer un soldat qui torture un détenu. Instantanément, le public se dit : c’est le soldat le méchant, le détenu la victime. Admettons que Guantanamo soit aujourd’hui un endroit très agréable où tout le monde est traité avec respect. N’est-ce quand même pas une mauvaise chose que de les garder là-bas, sans leur donner de réponse, ou de moyen de penser à leur avenir ?  Obama veut fermer Guantanamo. Mais le Congrès a voté une loi disant que les détenus ne pouvaient pas être accueillis sur le sol américain. Ils ne peuvent donc pas être jugés après un vrai procès, qui les conduirait dans une prison normale, s’ils sont reconnus coupables. Et certains pays refusent aussi de les accueillir. C’est une situation inextricable.

Quelles ont été les réactions dans la presse américaine après la projection de Camp X-ray à Sundance ?
On a eu toutes les réactions. Certains ont dit qu’on était trop sympathique avec les détenus, avec « les terroristes ». D’autres ont dit que nous ne l’étions pas assez. Qu’on devrait aller plus loin et châtier l’armée américaine pour ce qu’elle fait. Ou encore, qu’on avait raté l’opportunité de faire passer un message définitif. Seulement moi, je ne sais pas ce qu’on doit faire avec Guantanamo. C’est un problème aux réponses infiniment complexes. Le message que je voulais faire passer, c’est que ces détenus, quoiqu’ils aient fait, sont des êtres humains, et ont des droits. Sur Internet, il y a eu beaucoup de commentaires sur la bande-annonce. Des gens qui n’ont pas vu le film ! On m’a accusé d’être trop libéral. Puis trop conservateur. Ces réactions montrent à quel point le sujet est sensible. Mais moi, je ne veux exclure personne. Que tu sois républicain ou démocrate, tu fais partie de la conversation. Et je veux que chaque camp puisse regarder le film sans se sentir accusé.

Un extrait du film:

 

Les milléniaux renoncent à la carte de crédit

000_Par7466093Qui a dit que les jeunes n'étaient pas toujours responsables financièrement? Un récent sondage réalisé par Bankrate auprès de 1100 "milléniaux" (jeunes de la génération Y nés entre 1980 et 2000) révèle que 63% d'entre eux refusent d'utiliser des cartes de crédit (photo AFP). Or ils ne sont que 35% les Américains de plus de 30 ans à avoir la même attitude.

Le nombre de jeunes Américains sans carte de crédit a doublé de 2007 à 2012. Les raisons de la réticence à utiliser de l'argent plastique relèvent de l'économie dont la reprise est modeste, des dettes énormes que les étudiants ont accumulées (plus de 1000 milliards de dollars) et d'une législation passée en 2009 dénommée Card Act qui rend plus difficile pour les jeunes d'acquérir une carte de crédit. Pour certains milléniaux, il importe de changer d'attitude par rapport à leurs parents qui ont dépensé sans compter quitte à se mettre dans une situation financière précaire. Parmi les milléniaux qui ont une carte de crédit, le remboursement des dépenses est plutôt médiocre: 40% d'entre eux seulement paient leur dû dans les délais chaque mois.

Pour la société américaine qui a longtemps vécu à crédit, c'est plutôt une bonne nouvelle. Mais pour les milléniaux "abstinents", il sera plus difficile de contracter un emprunt ou d'obtenir un prêt pour l'achat d'une voiture. Aux Etats-Unis, la "credit history", le comportement du citoyen par rapport aux dépenses, est un facteur qui pourrait compter pour ouvrir un compte bancaire ou acquérir un bien plutôt onéreux.

Parabole américano-cubaine

Lizbet Martínez avait douze ans. Elle étudiait le violon au conservatoire de musique Alejandro García Caturla à la Havane. Elle y apprit le Star-Spangled Banner, l'hymne national américain pensant qu'il s'agissait d'un morceau religieux. Son oncle la mit au parfum, soulignant la réelle signification du morceau de musique. Il y a vingt ans toutefois, dans une vague d'immigration considérable de balseros, de Cubains émigrant vers les Etats-Unis, elle s'est embarquée, explique le Miami Herald, sur un radeau avec ses parents et quelques autres compagnons de voyage pour traverser le détroit séparant Cuba de la Floride. Une fois arrêtée par les gardes-côtes américains, ces derniers menacèrent de tout jeter ce qui avait été embarqué sur le radeau, notamment le violon de Lizbet Martinez. Parlant mal l'anglais, celle-ci les a implorés de ne pas le faire, lâchant "Wait, wait". Puis elle entonna l'hymne national américain avec son instrument.

Le moment fut magique. Elle enchanta les autorités côtières américaines. Le capitaine du bateau des gardes-côtes fut si impressionné qu'il transmit l'hymne exécuté par Lizbet Martinez sur la radio. Puis en 1995 à Tallahassee, la capitale de la Floride, elle joua le même morceau devant …Bill Clinton, président des Etats-Unis. Les politiques de Floride ont même décrété le 29 mars comme étant la "Journée Lizbet Martinez". Aujourd'hui, la violoniste est diplômé de l'Université internationale de Floride (FIU) et a enseigné la musique. Amoureuse du compositeur hongrois Bela Bartok, elle a conservé le violon qui lui a valu une notoriété nationale aux Etats-Unis. A Cuba en revanche, son histoire n'est pas connue.