Pour l'éditorialiste du Financial Times Martin Wolf, la victoire écrasante des républicains lors des élections de mi-mandat n'est pas une bonne nouvelle pour la lutte contre le réchauffement climatique (photo Luke Sharrett/Getty Images/AFP). Au sein du Parti républicain, nombreux sont ceux qui estiment que les tons alarmistes au sujet des gaz à effet de serre et du réchauffement de la planète ne sont que supercherie. Pour Martin Wolf, l'idéologie de certains républicains menace la terre entière étant donné que les Etats-Unis, deuxième plus grand pollueur de la planète après la Chine, risquent de montrer le mauvais exemple si un Congrès dominé par les républicains décide de détricoter les mesures prises par le président Barack Obama pour notamment limiter le recours aux centrales à charbon.
Auteur : Stéphane Bussard
Les néocons sont de retour
Durant la campagne des élections de mi-mandat, plusieurs républicains ont défendu une politique étrangère qui n'a rien à envier aux néoconservateurs de la trempe des Dick Cheney ou Paul Wolfowitz. En Arkansas, la patrie de Bill Clinton, le candidat républicain Tom Cotton, qui a remporté son élection au Congrès, décrit aujourd'hui encore la guerre d'Irak comme un "cause juste et noble". En Afghanistan, la victoire américaine n'est, selon lui, qu'une question de volonté. Tom Cotton est il est vrai un ancien combattant d'Irak. En Iowa, rappelle l'éditorialiste du National Interest Jacob Heilbrunn dans une tribune publiée dans le Financial Times, l'élue républicaine Joni Ernst, une ancienne combattante d'Irak elle aussi, le déclare sans gêne: "J'ai des raisons de croire qu'il y avait des armes de destruction massive en Irak."
Les néoconservateurs sont à nouveau écoutés au sein du Parti républicain qui a remporté une victoire écrasante mardi 4 novembre lors des élections de mi-mandat. Ils dépeignent la politique étrangère de l'administration Obama comme une catastrophe, soulignant que si l'Etat islamique a prospéré, c'est la faute de Barack Obama, que la politique revancharde de Vladimir Poutine en Ukraine est due à la politique d'apaisement de la Maison-Blanche, que les négociations avec l'Iran sont une grave erreur.
Ils peuvent aussi compter sur John McCain (photo Sean Gardner/Getty Images/AFP). Le sénateur d'Arizona, qui fut au début des années 2000 un républicain modéré et un électron libre (maverick), est aujourd'hui le plus va-t-en-guerre du Congrès. Or mauvaise nouvelle pour le président démocrate: John McCain va devenir au début janvier président de la Commission sénatoriale des Services armées. Son agenda, selon Jacob Heilbrunn: empêcher des coupes budgétaires prévues dans la Défense, bloquer tout accord sur le programme nucléaire iranien et envoyer des troupes aussi bien en Ukraine qu'au Moyen-Orient.
Midterm: Barack Obama fait son mea culpa
Après sa conférence de presse où il ne semblait pas porter le poids de la défaite subie lors des élections de mi-mandat, où les démocrates ont perdu le contrôle du Sénat, Barack Obama (photo Wang Zhao/AP/Keystone) l'a admis lors d'une interview accordée à l'émission "Face the Nation" sur CBS. Il n'a pas suffisamment vendu son projet politique. Le président américain considère qu'il s'est agi d'une erreur politique. S'il reconnaît une mauvaise communication de la Maison-Blanche, il ne remet toutefois pas en question ses politiques. Il l'admet néanmoins: pour mieux achever son second mandat, il importera d'améliorer ces déficits de communication.
Les aveux de Barack Obama ne surprennent pas vraiment. On sait que le président démocrate est un excellent orateur. On a pu le constater lors de son fameux discours du Caire au début de sa présidence ou lors du discours sur la race en pleine campagne électorale en 2008. Mais le premier président noir de l'histoire des Etats-Unis peine à communiquer ce qu'il entreprend, les raisons de sa politique. La réforme de la Santé, connue sous le nom d'Obamacare, en est un exemple. Nombreux furent les Américains qui ne connaissaient pas vraiment les tenants et les aboutissants de l'Affordable Care Act. Barack Obama n'a pas suffisamment expliqué à l'opinion publique les raisons morales, économiques et politiques d'Obamacare. Or même si les décisions qu'il prend reposent sur un processus rationnel, celles-ci ne s'imposent pas forcément d'elles-mêmes aux Américains. Elles nécessitent des efforts de pédagogie. C'est sans doute là que Barack Obama peut encore sensiblement améliorer la manière de gouverner la première puissance mondiale.
Obama swingue lors d’un chant a cappella
Modestement en campagne pour les élections de mi-mandat, le président Barack Obama a tenté de faire bonne figure malgré la défaite que les démocrates risquent de subir ce 4 novembre en perdant notamment le contrôle du Sénat. Venant soutenir la candidature d'un démocrate à Philadelphie, il a ainsi été surpris par le chant a cappella des Brotherly Love, un groupe de Philadelphie et s'est mis à swinguer et battre le rythme avec ses mains. La vidéo a été mise sur les réseaux sociaux et les Brotherly Love ont reçu moult offres pour venir chanter à différent événements.
Démythification: Reagan n’a pas causé la chute du Mur de Berlin
Dans le Washington Post, Hope Harrison, professeur d'histoire à la George Washington University et auteur d'un livre à paraître intitulé: "After the Berlin Wall: Memory and the Making of the New Germany, 1989 to the Present", le dit sans ambage. Le président américain Ronald Reagan n'a pas été celui qui a permis la chute du Mur de Berlin. Dans une tribune, il démonte cinq mythes autour de l'événement du 9 novembre 1989, dont celui entourant Reagan (photo Reuters).
"Mr. Gorbatchev, tear down this Wall" (Monsieur Gorbatchev, abattez ce mur). La fameuse phrase du 40e président des Etats-Unis résonnent encore outre-Atlantique, alimenant l'image d'un locataire de la Maison-Blanche tout puissant qui aurait littéralement mis fin à la Guerre froide. Selon Hope Harrison, les réformes entreprises par Mikhaïl Gorbatchev en Union soviétique et les actions mêmes entreprises par les Allemands de l'Est étaient bien plus importantes que le discours de Ronald Reagan. L'historien rappelle d'ailleurs les circonstances dans lesquelles les Berlinois se sont précipités sur le mur pour célébrer l'ouverture des frontières. Il s'était agi d'une extraordinaire erreur de communication du porte-parole du gouvernement est-allemand Günther Schabowski. Ce dernier, abstent de plusieurs séances du gouvernement, n'avait pas capté toutes les subtilités de la réforme des visas souhaitée par Berlin-Est. Interrogé par un journaliste italien, il avait déclaré que la réforme entrait en vigueur immédiatement. Il n'en fallut pas plus pour que des dizaines de milliers de Berlinois célèbrent la fin de la Guerre froide sur le fameux mur.
Aux Etats-Unis pourtant, le mythe court toujours. Dans le camp républicain, on le soigne et on le sert à chaque occasion, surtout quand il s'agit de montrer la différence d'avec Barack Obama, le président démocrate qui aurait des leçons de leadership à apprendre de … Vladimir Poutine dont le virage autoritaire a contribué à déstabiliser tout l'est européen.
Rapport sur la torture: Obama prié de le publier pour refaire de l’Amérique un modèle
"Les pratiques de torture, de restitution (de prisonniers) et d'emprisonnement sans une procédure régulière garantie par les Etats-Unis peuvent avoir d'importantes répercussions. Nés du concept d'égalité inhérente de tous devant la loi, les Etats-Unis ont été depuis leurs débuts un exemple qui serait suivi par d'autres pays et régions du monde. Pendant plus de deux siècles, cela a été l'idéal des Lumières porté par les pères fondateurs de l'Amérique qui a changé la civilisation sur terre pour le meilleur et fait des Etats-Unis un géant dans le concert des nations."
Dans une lettre adressée à Barack Obama, douze lauréats du Prix Nobel de la Paix exhortent le président américain à publier le rapport de la Commission du Renseignement du Sénat sur la torture et les prisons de la CIA (photo Keystone). Pour l'heure, sa publication est retardée. La Maison-Blanche avait laissé la CIA revoir certains passages du rapport qui pouvaient selon elle poser problème. La CIA s'est exécutée et a soumis une nouvelle version du rapport à quelques sénateurs dont Dianne Feinstein, la présidente de la commission sénatoriale. Or celle-ci a jugé inacceptable la manière dont la Central Intelligence Agency a "caviardé" le document. Elle l'a renvoyé à son expéditeur. Aujourd'hui, on attend toujours.
Dans ce contexte, Barack Obama a bien admis en début d'été que les Etats-Unis avaient bien pratiqué la torture dans des prisons secrètes de la CIA où furent détenus des dizaines de présumés terroristes liés à Al-Qaida ou autres mouvements terroristes. Mais pour des raisons qui échappent à nombre d'observateurs, il n'a pas souhaité publier le rapport sans que la CIA puisse le réviser, laissant toutefois à celle-ci une marge de manoeuvre beaucoup trop grande et courant le risque de vider le rapport de sa substance.
Pour que l'Amérique puisse toujours servir de modèle démocratique, ce travail sur son passé est incontournable. Les douze Nobel de la Paix le martèlent dans la missive au président démocrate: "Au cours des dernières décennies, en acceptant l'usage flagrant de la torture et d'autres violations du droit international au nom de la lutte contre le terrorisme, des responsables américains ont érodé ces libertés et droits que des générations avant eux ont défendus au sacrifice de leur vie. Ils ont ainsi montré un exemple qui va être suivi par d'autres et qui sera utilisé pour justifier l'usage de la torturepar divers régimes dans le monde, y compris contre des soldats américains à l'étranger. En se fourvoyant, ils nous ont rendus vulnérables."
Les Nobel mettent en garde: "Du monde entier, nous allons observer, car au cours des prochaines semaines la publication des conclusions du Sénat sur le programme de torture américain mènera le pays à un carrefour. Il s'agira de voir si les Etats-Unis fermeront les yeux par rapport aux effets de leurs actions sur leur propre peuple et sur le reste du monde ou s'ils vont prendre les mesures nécessaires pour récouvrer les normes sur lesquelles le pays a été fondé et adhérer à nouveau aux conventions internationales qu'ils ont aidé à mettre en place."
Ils appellent Barack Obama à prendre les mesures suivantes:
– révéler en totalité l'usage extensif de la torture et de la détention orchestrées par des soldats américains, des milices privées et par des responsables politiques américains.
– s'assurer de la fermeture et du démantèlement des "prisons secrètes" de la CIA à l'étranger qui ont servi de lieux de torture
– planifier clairement la fermeture de la prison de Guantanamo qui reste l'un des exemples les plus criants de détention sans la moindre procédure judiciaire
– adopter une politique claire et ferme qui réaffirme les Conventions de Genève ainsi que la Convention contre la torture et réaligner le pays sur les idéaux de ses pères fondateurs afin que les Etats-Unis redeviennent un pays qui a valeur d'exemple.
Pour Barack Obama, l'enjeu est considérable. Lui-même Prix Nobel de la paix, il laisserait sans doute une tache noire dans son bilan s'il ne faisait pas toute la lumière sur ce chapitre noir de l'histoire récente de l'Amérique. Desmond Tutu, José Ramos-Horta, Mohamed ElBaradei, Leymah Gbowee, Muhammad Yunus, Frederik de Klerk, Oscar Arias Sanchez, John Hume, Jody Williams, C.X Belo, Betty Williams et Adolfo Peres Esquivel en sont persuadés. L'ancien politique Dick Marty, qui conduisit une vaste enquête sur le sujet n'en pense sans doute pas moins.
“La mort de Ben Bradlee marque la fin du XXe siècle”
Qui mieux que Bob Woodward pouvait parler de l’ex-rédacteur en chef du Washington Post Ben Bradlee dont les funérailles ont réuni le Tout-Washington mercredi? Le journaliste star qui avait révélé avec Carl Bernstein l’affaire du Watergate s’est associé aux éloges tressés à l’ex-patron de la rédaction du WP: “A certains égards, le décès de Ben (Bradlee) marque la fin du XXe siècle.” Bob Woodward a souligné que sans Bradlee, le monde était désormais “plus petit”. Pour Carl Bernstein, Ben Bradlee refusait le politiquement correct et poussait à la publication, hormis des enquêtes sur le Watergate qui constituent un moment mythique du journalisme d’investigation, des Pentagon Papers qui révélaient l’échec de la politique américaine dans la guerre du Vietnam.
Ben Bradlee, décédé à l’âge de 93 ans, a eu droit aux honneurs d’une foule de journalistes, du secrétaire d’Etat John Kerry, du vice-président Joe Biden ou encore du membre de la Cour suprême Stephen Breyer. Il a présidé aux destinées de la rédaction du Washington Post de 1968 à 1991. Il a incarné une forme de journalisme engagé au sens où l’information était presque toute sa vie, où le questionnement des institutions était fondamental et où les bonnes histoires devaient être aussi bien écrites que solidement étayées. Il a aussi incarné un journalisme courageux et tenace. Le défunt fut incarné à l’écran par Jason Robarts dans le film “All the President’s Men”.
New York prise par la peur d’Ebola et d’actes terroristes isolés
Depuis qu'un patient d'Ebola est mort au Texas et que deux infirmières ont été infectées par le virus, les Américains, abreuvés en permanence par les chaînes d'information continue, sont à nouveau happés par la peur. Certains hôpitaux ont croulé sous les appels de citoyens pensant avoir contracté Ebola, un professeur qui s'était rendu dans un pays d'Afrique n'étant pas affecté par l'épidémie d'Ebola fut interdit d'accès à l'école où il enseignait.
La menace n'a plus la forme d'Al-Qaida ou d'un nouveau 11-Septembre, mais celle d'un virus ou d'une hache. Jeudi, le premier patient atteint d'Ebola a été pris en charge par le Bellevue Hospital à New York. Jeune docteur de 33 ans qui a travaillé pour Médecins sans Frontières en Guinée dans un centre s'occupant de patients affectés par Ebola, il a quitté l'Afrique de l'Ouest le 14 octobre et est rentré aux Etats-Unis le 17 octobre par l'aéroport de JFK à New York après avoir transité par l'Europe. Depuis son départ de Guinée, il a pris deux fois sa température par jour pour s'assurer qu'il n'avait pas contracté la maladie. A New York, il se sentait bien, s'adonnant même à un jogging de 5 kilomètres. Il a pris le métro à plusieurs reprises et est allé joué au bowling à Brooklyn. Ce n'est que jeudi entre 10 heures et 11 heures du matin qu'il a constaté une nette hausse de sa température et alerté immédiatement MSF avant d'être pris en charge par l'hôpital Bellevue (photo d'infirmières à l'hôpital Bellevue se préparant à accueillir le premier patient ayant contracté le virus Ebola/Richard Drew/AP/Keystone). Le hasard des circonstances a fait qu'une équipe du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) était déjà sur place à l'hôpital qui se préparait à l'éventualité d'un cas d'Ebola.
Le maire de New York Bill de Blasio a rassuré les New-Yorkais, soulignant que toutes les mesures de préparation avaient été prises pour gérer le premier cas d'Ebola dans la Grande Pomme. Huit hôpitaux à New York sont équipés pour traiter des patients atteints par le virus Ebola.
Le même jour, New York a été le théâtre, dans une rue du Queens, d'une attaque à la hâche (photo AP/New York Police Department) contre quatre policiers qui étaient en patrouille devant une surface commerciale.Ils posaient pour une photo. L'un des deux policiers, âgé de 25 ans, est sérieusement atteint à la tête, un second policier souffre d'une blessure moins grave au bras. Cette attaque intervient un jour après la fusillade qui a éclaté à Ottawa, la capitale du Canada. Un soldat faisant la garde devant un mémorial de la guerre a été abattu par le terroriste présumé qui a sévi dans le bâtiment même du parlement fédéral. Le suspect est un jeune Canadien radicalisé, récemment converti à l'islam et qui avait l'intention de se rendre en Syrie. Les autorités l'avaient dans le collimateur, lui ayant confisqué son passeport il y a peu. Agé de 32 ans, il avait un casier judiciaire en Californie et avait été éjecté de la Marine pour comportement inadéquat.
Les événements canadiens ont provoqué une onde de choc aux Etats-Unis qui se sentent aussi vulnérables que le Canada à ce type d'actes isolés. Le président américain Barack Obama en a donné une illustration jeudi même en livrant une déclaration sur la tragédie d'Ottawa affectant un pays occidental qui vient de rejoindre la coalition internationale mise sur pied par les Etats-Unis pour combattre l'organisation de l'Etat islamique.
Opéra “La mort de Klinghoffer”: levée de boucliers de la communauté juive de New York
L'oeuvre a été pourtant écrite par le compositeur américain John Adams et produite pour la première fois à Bruxelles la même année. Mais elle provoque une vive polémique au sein de la communauté juive de New York. Ce lundi, le Metropolitan Opera va accueillir au Lincoln Center à Manhattan et pour la première fois "La Mort de Klinghoffer", un opéra basé sur l'histoire réelle de la prise en otage du bateau de croisière l'Achille-Lauro en 1985 par des terroristes du Front de libération de la Palestine. Ces derniers exécutèrent Leon Klinghoffer, un retraité juif américain handicapé qui se déplaçait sur le bateau en chaise roulante.
Le bariton de l'opéra a été qualifié de "fasciste" par l'un des manifestants, d'autres ont menacé de brûler les décors. Lundi, l'ex-maire de New York Rudolf Giuliani a annoncé qu'il serait à la tête d'une manifestation aux côtés de plusieurs politiques dont l'ex-gouverneur républicain George Pataki et le sénateur Peter King. Les protestataires estiment que l'oeuvre est antisémite et anti-israélienne. Certains voient en elle de la propagande nazie ou une apologie du terrorisme. Elle a pourtant été acclamée et présentée à diverses reprises par le passé. Le débat au sein de la communauté juive de New York est vif. Face aux fortes pressions, le Metropolitan Opera a fini par renoncer, en juin dernier, à un projet visant à diffuser en direct et en haute définition dans 67 pays et plus de 2000 salles l'opéra controversé.
Il faut remonter à 1907 et à "Salomé" de Strauss, rappelle le New York Times, pour assister à une telle levée de bouclier. "La Mort de Klinghoffer" intervient il est vrai dans un contexte de profonde instabilité. La récente guerre de Gaza où plus de 2000 Palestiniens et quelque 70 Israéliens ont été tués a enflammé le débat aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe. Sur le Vieux-Continent, le conflit a une nouvelle fois été importé, tendant fortement les relations entre les populations musulmanes et juives de France, d'Allemagne ou de Grande-Bretagne. Les actes antisémites se sont multipliés. La présentation de l'opéra d'Adams intervient aussi à un moment où Israël, de plus en plus isolé sur la scène internationale, traverse une profonde crise d'identité. Si de nombreux Juifs français ont décidé de faire l'alyah, la montée en Israël face à ce qui'ils considèrent comme un antisémitisme rampant, de jeunes Israéliens fatigués par l'insécurité et les problèmes économiques d'Israël ont en revanche décidé d'émigrer en Allemagne et notamment à Berlin.
Le critique musical du NYT, Zachary Woolfe n'hésite pas à parler de chef d'oeuvre en termes d'opéra. Les voix de ceux qui incarnent les terroristes palestiniens sont belles, poursuit-il, et peuvent prêter à confusion sur le message qu'elles pourraient véhiculer. Il souligne que l'opéra ne suscita que peu de remous à ses débuts et même lors de présentations aux Etats-Unis, notamment à l'école d'art Juilliard à New York en 2009 et à l'opéra de St-Louis en 2011 où il fut plutôt l'occasion d'un dialogue interreligieux. A New York, une manifestation a déjà été organisée le 22 septembre dernier. Le rabbin Avi Weiss le déclare dans la vidéo ci-dessous. "Cet opéra est obscène."
Les Etats-Unis, à nouveau une terre d’accueil pour Cubains désespérés
Il faut remonter à la crise de 1994 (photo Hans Deryk/AP/Keystone) pour enregistrer un nombre aussi importants d'immigrés clandestins cubains débarquer sur les côtes américaines de Floride. De septembre 2013 à septembre 2014, ils ont été, selon le New York Times, 25 000 à franchir le détroit de Floride pour tenter d'entamer une nouvelle vie aux Etats-Unis. Ils utilisent comme par le passé des esquifs et embarcations de fortune en espérant que les eaux du détroit ne soient pas trop agitées.
Trois facteurs, explique le quotidien new-yorkais, semblent expliquer cette nouvelle vague d'immigration en provenance de Cuba. Premièrement, les Etats-Unis continuent d'appliquer une politique d'immigration (en place depuis plusieurs décennies et modifiée sous Bill Clinton en 1994) très favorable aux Cubains. Si ces derniers sont arrêtés en mer, les Etats-Unis les renvoient à Cuba. Si en revanche ils réussissent à mettre le pied sur sol américain, ils peuvent rester. C'est le principe de la "wet feet dry feet policy", littéralement la politique des "pieds mouillés et des pieds secs". Deuxièment, le régime de Raul Castro a récemment facilité les voyages hors de l'île et enfin les réformes économiques menées par la Havane tardent à produire leurs effets et la population commence à se lasser des restrictions de libertés toujours en place dans l'ère post-Fidel Castro. Depuis que Raul Castro a pris officiellement le pouvoir en 2008, jamais autant de Cubains n'avaient quitté Cuba.