Sasha et Malia Obama critiquées pour être des ados…

231717155Sasha, 13 ans et Malia, 16 ans (photo Jacquelyn Martin/AP/Keystone), espéraient sans doute passer la journée de jeudi dernier différemment. Invitées par leur père Barack Obama à participer à l'allocution du président américain visant à gracier la vie de deux dindes à l'occasion de Thanksgiving, la fête la plus importante de l'année aux Etats-Unis, elles étaient habillées normalement, comme deux adolescentes de leur génération. Ce n'était toutefois pas du goût de la directrice de la communication du représentant républicain du Tennessee Stephen Fincher, Elizabeth Lauten qui a fustigé le manque de classe des deux "premières" filles. Selon cette "staffer", collaboratrice d'un membre du Congrès, elles avaient vêtu des habits pour aller "dans un bar", des tenues qui démontraient un manque de respect pour un rituel auquel tout locataire de la Maison-Blanche s'adonne à l'occasion de Thanksgiving.

 

 

 

 

Les propos d'Elizabeth Lauten, publiés sur sa page Facebook ont suscité un tollé auprès de tous ceux qui disent connaître ce que signifie être dans l'adolescence. Il n'est pas facile et pas drôle, soulignent-ils, d'obéir à son père pour faire de la figuration devant les caméras du pays, qui plus est pour épargner la vie de deux dindes. Etre adolescente, c'est aussi revendiquer son indépendance. En relisant ses critiques, Elizabeth Lauten s'est néanmoins rendue compte qu'elle avait franchi une ligne rouge. Elle s'en est excusée, précisant qu'elle n'aurait jamais aimé être jugée de la sorte quand elle était adolescente. Elle a retiré la diatribe de sa page Facebook, comme l'excuse qui s'ensuivit. Face au tollé général, elle a même démissionné de son poste de directrice de la communication du républicain Stephen Fincher.

Obama épargne des dindes, mais pas ses adversaires politiques

A l'occasion de la principale fête célébrée aux Etats-Unis, Thanksgiving, le président américain Barack Obama n'a pas dérogé à la tradition: il a gracié deux dindes, Cheese et Mac. Ce faisant, il a utilisé son pouvoir exécutif, laissant entendre que ses prédécesseurs, qu'ils soient démocrates ou républicains, en ont fait de même. Une manière ironique de se référer au décret présidentiel qu'il a adopté pour accorder trois ans de sursis à près de 5 millions de clandestins qui a rendu fous de rage les républicains du Congrès:

 

 

Les images choquantes de Cleveland

Ces trois derniers jours, on a beaucoup parlé de Ferguson, là où un policier blanc, Darren Wilson, a abattu de plus de six balles un Afro-Américain de 18 ans, Michael Brown, qui n’était pas armé. Un grand jury a estimé toutefois que le policier ne méritait pas d’être poursuivi en fonction des preuves dont il disposait.

Les relations entre la police et la population afro-américaine à Ferguson sont toutefois connues pour ne pas être bonnes et empreintes de confiance. Mais rien n’est comparable, en termes de dérapages policiers, à ce qui s’est passé à Cleveland samedi dernier. Une caméra de surveillance a filmé la scène montrant un enfant noir de 12 ans qui jouait avec un pistolet d’enfant (BB gun) être abattu froidement par des policiers. Ces derniers étaient à peine sortis de leur véhicule qu’ils tiraient déjà sur l’enfant qui était seul dans le parc et qui ne présentait aucune menace, ce d’autant qu’il avait un pistolet en plastique.

 

L’optimisme modéré d’Obama sur le nucléaire iranien

ABC a diffusé dimanche une interview du président Barack Obama dans laquelle ce dernier admet qu’il y a encore des obstacles à 24 heures de l’expiration de l’accord de Genève sur le nucléaire iranien. Mais il dit avoir confiance, si un accord solide est trouvé avec Téhéran, dans sa capacité à vendre un tel accord aux Américains.

 

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La colère des Afro-Américains de Ferguson

Alors qu'on attend toujours la décision d'un grand jury d'inculper ou non le policier blanc Darren Wilson qui a tué l'Afro-Américain de 18 ans Michael Brown le 9 août dernier, la tension monte à Ferguson. Le FBI aurait envoyé une centaine d'agents sur place. Le président Barack Obama a demandé aux forces de l'ordre via son ministre de la Justice Eric Holder d'agir avec modération. Il a aussi exhorté les manifestants à protester pacifiquement, sans recourir à la violence.

Jeudi soir, à Ferguson, Le Temps a pu prendre la mesure de la colère de la communauté noire de Ferguson:

 

Un républicain appelle à emprisonner Barack Obama…

Quelques élus républicains ont lancé des avertissements alarmistes au sujet du décret présidentiel annoncé par le président démocrate Barack Obama. Selon le sénateur Tom Coburn, d’Oklahoma, le pays risque de rendre le pays fou. Il n’hésite pas à brandir le risque d’anarchie! Dans le même temps, il estime être un ami du président.

 

Le représentant républicain Mo Brooks, d’Alabama, appelle à une destitution de Barack Obama. Etant donné que le président s’apprête à aider des clandestins à rester aux Etats-Unis, il encourt, selon Mo Brooks, une peine de prison de cinq ans.

Dans l’attente d’une décision du grand jury, les manifs continuent à Ferguson

A Ferguson, la tension est montée d'un cran depuis mercredi. Selon les médias locaux, le grand jury sélectionné pour se pencher sur le cas de Darren Wilson, le policier blanc qui a tué l'Afro-Américain Michael Brown en août dernier, causant des émeutes raciales puis plus de 100 jours de manifestations non violentes, devrait livrer sa décision le vendredi 21 novembre. Selon les mêmes sources, le procureur en charge du dossier pourrait décider d'attendre dimanche avant de la communiquer. En cas de non-inculpation du policier, les autorités craignent une explosion de violence. C'est ce que craint le FBI et c'est ce qui a poussé le gouverneur du Missouri, Jay Nixon, à décréter l'état d'urgence dans cet Etat du Midwest.

Jeudi soir, devant le poste de police de Ferguson, plusieurs dizaines de manifestants pacifiques ont confronté la police:

 

 

 

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Et les symboles censés calmer les esprits:

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Quand les Etats-Unis accueillaient quelque 10 000 nazis

22054053Dans un ouvrage qui vient de sortir, "The Nazis Next Door", le journaliste du New York Times et lauréat du Prix Pulitzer Eric Lichtblau dresse un tableau pour le moins dérangeant de la manière dont les Etats-Unis ont accueilli quelque 10 000 nazis à la fin de la Seconde Guerre mondiale, dont certains ont joué un "rôle central dans le génocide". Eric Lichblau n'est pas le premier à révéler un tel phénomène. Annie Jacobsen l'avait déjà en partie raconté dans son livre "Operation Paperclip". Mais il fournit une foule de détails nouveaux glanés lors de ses recherches entreprises notamment au Mandel Center for Advanced Holocaust Studies du Musée de l'Holocauste de Washington. Dans une recension publiée dans la Book Review du New York Times, Deborah Lipstadt explique que l'Amérique a commencé à s'intéresser à des dirigeants nazis des mois avant que les Allemands ne capitulent.

Un exemple: en mars 1945, Allen Dulles, chef de la station de l'OSS (Office of Strategic Services) à Berne – il deviendra le premier civil à diriger la CIA -, rencontre dans la bibliothèque d'un appartement zurichois le général nazi Karl Wolff, l'associé le plus proche du chef des SS Heinrich Himmler pour une bonne partie de la guerre. A la suite de la conversation arrosée au Scotch, Allen Dulles est convaincu que Karl Wolff (photo Keystone) mérite une protection malgré ses liens avec Himmler et son rôle majeur au sein de la Waffen-SS. Deborah Liptstadt raconte que lorsque les procureurs du tribunal de Nuremberg ont cherché à juger Wolff, l'un des plus hauts dignitaires des SS à avoir survécu, Allen Dulles a agi pour faire rayer son nom de la liste des accusés. Et pendant sa détention par les alliés, il pouvait utiliser un yacht, passer du temps avec sa famille et était autorisé à porter une arme à feu.

Parmi les nazis venus aux Etats-Unis figuraient plus de 1600 scientifiques. Certains d'entre eux avaient pourtant développé les gaz utiliser dans les chambres à gaz des camps de concentration, d'autres ont effectué des expériences sur des détenus. Face à une telle politique d'accueil, le Département d'Etat protesta. En vain. La CIA et le FBI recrutèrent d'ailleurs parmi des personnes qui avaient participé au génocide. Dans les années 1980, elles firent tout pour empêcher le Département de la justice (DoJ) de mener son enquête pour traquer les criminels de guerre. L'ex-candidat à la présidentielle et membre de l'administration de Ronald Reagan, Pat Buchanan, dénonça à l'époque la chasse aux sorcières menée par le DoJ, estimant qu'il faisait le jeu des Soviétiques. Beaucoup de nazis, explique Erich Lichtblau, réussirent à se glisser dans la peau de réfugiés pour s'installer aux Etats-Unis.

 

Obamacare, le positif et le moins positif

190330295On va sans doute encore parler longtemps d'Obamacare (photo Yoon Byun/Keystone) ou Affordable Care Act. La réforme de la Santé menée par l'administration de Barack Obama et adoptée par un Congrès dominé par les démocrates en 2010 connaît des fortunes diverses. Selon un sondage Gallup réalisé entre le 22 octobre et le 12 novembre, plus de 70% des Américains qui ont acquis une assurance-maladie par le biais d'Obamacare trouvent leur couverture médicale "excellente" ou "bonne". Ce week-end, les Américains ont pu à nouveau contracter une assurance-maladie pour 2015 par le biais du site internet Health.gov. Pour l'administration démocrate, ce second essai est positif, près de 150 000 personnes ayant déjà acquis une police d'assurance dès le premier jour. Contrairement à 2013 lorsque le site Internet Health.gov fut lancé, peu de problèmes informatiques.

Malgré cela, Barack Obama a dû se défendre d'avoir vendu une réforme en toute opacité. Contre toute attente, le "Monsieur réforme de la Santé" aux Etats-Unis, le professeur Jonathan Gruber du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a fait des déclarations lors 'une conférence qui ont interloqué la Maison-Blanche, soulignant que les électeurs étaient "stupides" d'avoir approuvé une telle réforme dont le projet de loi a été à dessein rédigé de façon opaque. Le président américain a répliqué au professeur de MIT, arguant que chaque passage de la loi si controversée avait été passé au crible des républicains et que le débat aurait difficilement pu être plus transparent.

De la part de Jonathan Gruber que j'ai rencontré en décembre 2011, ses déclarations à l'emporte-pièce sont plutôt étonnantes. En tant que consultant (bien payé), il a joué un rôle crucial dans l'élaboration de la loi. Pour un motif évident: il fut déjà l'un des grands architectes de la réforme de la Santé dans le Massachusetts souvent appelée de façon un peu abusive Romneycare en référence à l'ex-gouverneur de cet Etat de la Nouvelle-Angleterre Mitt Romney.

Deux menaces sérieuses pèsent néanmoins sur Obamacare: une possible hausse importante des primes qui pourraient dissuader les non-assurés à contracter une nouvelle couverture médicale et une saisine de la Cour suprême au sujet des subventions fédérales versées aux personnes moins fortunées pour contracter une assurance dans le cadre d'une bourse d'échange au niveau étatique (des Etats). Certains estiment que la loi ne prévoit pas que l'Etat fédéral subventionne de tels assurés. Selon eux, seuls les personnes contractant une assurance-maladie par le biais de la bourse d'échange fédérale devraient y avoir droit. Enfin, à partir du 3 janvier, le Congrès, désormais totalement dominé par les républicains, va tout faire pour détricoter Obamacare. Malgré le veto du président.

Participation aux élections du midterm: l’une des raisons du naufrage démocrate

000_Was8877622Il faut remonter à 1942 pour voir un taux de participation (photo Paul Richards/AFP) aussi faible lors d'élections fédérales aux Etats-Unis. Lors du scrutin du 4 novembre dernier, où était renouvellés l'intégralité de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat, seuls 36,3% de l'électorat américain se sont rendus aux urnes. Dans certains Etats comme New York, Texas ou l'Indiana, la participation a même chuté en dessous de 30%. Comme le souligne le New York Times dans un éditorial, la participation des élections de mi-mandat de 2014 a chuté de 42 points dans les Etats du nord par rapport à l'élection présidentielle de 2012. Les jeunes avaient voté à hauteur de 19% en 2012. Ils n'étaient plus que 13% cette année.

Pour le quotidien de New York, ces chiffres expliquent en partie la débâcle démocrate. Mais ils émettent aussi un signal inquiétant pour la démocratie américaine. Les électeurs ont boudé les urnes en raison de leur colère, frustration et des messages très négatifs qui ont été émis durant la campagne électorale. Chez les républicains, ces messages avaient avant tout pour cible le président démocrate Barack Obama.