Obama absent de Paris: c’est pire qu’Hitler…

Le congressiste républicain du Texas Randy Weber a tiré plus vite que son nombre. Il a été contraint de s'en excuser. Dans un tweet diffusé lundi, explique Politico, l'élu du Capitole a envoyé sur Twitter le message suivant: "Même Adolph Hitler a jugé plus important qu'Obama de se rendre à Paris (pour les mauvaises raisons). Obama n'a pas pu le faire pour les bonnes raisons."

La comparaison Obama-Hitler n'est pas une première outre-Atlantique, mais dans le contexte des attentats de Paris, elle prend un relief particulier. Si l'administration Obama admet avoir complètement raté le coche en n'envoyant pas d'officiel de haut rang à la marche républicaine de dimanche dernier, elle a néanmoins manifesté à de multiples reprises sa solidarité et son soutien à la France.

Randy Weber a fait son mea culpa, reconnaissant que la comparaison était une manière de banaliser l'Holocauste. Comparer Obama à Hitler, a-t-il ajouté, n'était pas approprié. L'usage du nom Hitler devait servir, a-t-il précisé, à incarner le visage du mal qui existe dans le monde aujourd'hui encore.

L’offensive républicaine pour empêcher la fermeture de Guantanamo

DSC_0052Quatre sénateurs républicains ont voulu mettre un frein, mardi, aux mesures prises par l'administration de Barack Obama pour transférer le plus possible de détenus de la prison de Guantanamo dans leur pays ou des pays tiers prêts à les accueillir. L'éternel John McCain, son compère de toujours Lindsey Graham, la sénatrice du New Hampshire Kelly Ayotte et Richard Burr ont présenté un projet de loi visant à interdire tout transfert de prisonniers moyennement ou hautement dangereux aux Etats-Unis et le renvoi dans leur pays de 127 détenus du Yémen encore à Guantanamo.

Les attentats de Paris ajoutent une touche dramatique à l'initiative des républicains. La sénatrice Kelly Ayotte avance un argument souvent entendu: les détenus relachés risquent de s'engager à nouveau dans des activités terroristes. Or il a été évalué à 5-7% le nombre de prisonniers libérés qui retourneraient au terrorisme. Par ailleurs, aucune charge ne pèse sur nombre de détenus, sapant l'argument de la sénatrice selon lequel ceux-ci s'adonneraient à nouveau à des activités terroristes. Citée par Politico, Kelly Ayotte est catégorique:"C'est une chose de faire une promesse de campagne. Mais si vous considérez la situation sécuritaire à laquelle nous sommes actuellement confrontés à travers le monde, ce n'est pas le moment de vider la prison de Guantanamo sans plan indiquant comment et où transférer ces individus et sans garantie de ceux qui ont été libérés."

Pour Barack Obama, dont l'admnistration a permis la libération de 21 détenus depuis novembre, la perspective de fermer la prison de Guantanamo s'obscurcit. L'ex-envoyé spécial pour Guantanamo Clifford Sloan croit néanmoins toujours que le centre de détention sur la base navale de Guantanamo à Cuba sera fermé avant la fin du mandat de Barack Obama. Selon lui, le nombre de détenus sera trop faible pour justifier économiquement le maintien d'une telle prison.

Absence d’Obama à Paris: “L’hypocrisie des républicains”

Le chroniqueur du Washington Post Dana Milbank n'a pas voulu rater une si belle occasion. L'absence d'un officiel de haut rang de 234635455l'administration Obama lors de la marche républicaine de dimanche à Paris contre le terrorisme et l'islamisme radical a provoqué une polémique. Comment le pays qui s'érige en principal défenseur du monde libre a-t-il pu snober un tel événement? Le porte-parole de la Maison-Blanche Josh Earnest l'a admis lundi: l'administration a raté le coche cette fois-ci, ne réalisant pas l'importance de l'événement. Si envoyer Obama aurait été un casse-tête sécuritaire pour le protocole de l'Elysée, Washington aurait pu envoyer le vice-président Joe Biden.

Dana Milbank s'intéresse toutefois au double discours républicain. Il rappelle que ce sont les républicains qui, voici moins d'une décennie, renommaient les frites (French fries) "Freedom Fries" et le pain perdu (French Toast) "Freedom Toast". C'était l'époque où la France s'était opposée à l'intervention américaine en Irak. Le monde francophone se souvient aujourd'hui encore de l'intervention mémorable de Dominique de Villepin à la tribune des Nations unies à New York. Le patron du Pentagone Donald Rumsfeld traitait alors la France de pays appartenant à la "Vieille Europe". En 2004, les républicains en profitaient pour discréditer le candidat démocrate à la Maison-Blanche John Kerry, trop proche des Français. Désormais, tant Barack Obama que John Kerry sont jugés insuffisamment sensibles aux troubles de la France. L'ultra-conservateur du Tea Party Ted Cruz l'a déclaré: "Le président aurait dû être là-bas (Paris), car on ne doit jamais hésiter à soutenir nos alliés". D'autres républicains en ont fait de même.

François Hollande, le président français, a lui au contraire apprécié le très fort soutien de son homologue américain qui s'était rapidement rendu à l'ambassade de France à Washington (photo d'Obama en présence de l'ambassadeur de France Gérard Araud/Evan Vucci/AP/Keystone) pour apposer sa marque dans le livre de condoléances relatifs aux attentats de Paris. John Kerry, le secrétaire d'Etat, avait très rapidement déclaré en français son soutien à la France. A cette occasion, rappelle Dana Milbank, TF1 a parlé de "témoignage poignant qui va entrer dans l'Histoire". Le philosophe BHL, Bernard-Henri Lévy, a confié à CNN que la déclaration en français du chef de la diplomatie américaine était un "grand moment de fraternité et de solidarité".

Des hackers djihadistes piratent les comptes Twitter et YouTube de l’armée américaine

Alors que Paris vient de connaître une mobilisation historique, dimanche, contre l'islamisme radical après les attaques terroristes à Charlie Hebdo et dans un supermarché juif de la Porte de Vincennes, les djihadistes se revendiquant de l'Etat islamique ont piraté les comptes Twitter et YouTube du Centcom, le US Central Command basé en Floride. C'est le poste de commandement de l'armée américaine qui supervise les offensives militaires contre les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et en Syrie. Selon le Washington Post, une liste de contact de responsables militaires du Centcom aurait ainsi été piratée et mise en ligne. Selon le Centcom toutefois, aucune information militaire sensible n'a été piratée par les pirates informatiques.

Certains tweets du Centcom parlaient de "cybercalyphat" ou "I love you Isis (Je t'aime Etat islamique)". D'autres véhiculaient ce message: "Soldats américains, nous venons, assurez vos arrières." Cet acte de piratage intervient dans un contexte de cyberguerre entre les djihadistes d'un côté, le Pentagone et le Département d'Etat de l'autre. Ces deux derniers tentent de couper court à la propagande djihadiste qui diffuse des images choquantes de décapitation sur les réseaux sociaux.

Mitt Romney, le “comeback kid”?

234961115La retraite politique ne sied manifestement pas à Mitt Romney (photo Julio Cortez/AP/Keystone). Peu après sa défaite contre Barack Obama lors de l'élection présidentielle de novembre 2012, le républicain de Boston avait donné l'impression d'avoir tiré un trait définitif sur la possibilité d'accéder un jour à la Maison-Blanche. Aujourd'hui, il émet des signaux laissant entendre qu'il veut effectuer une troisième tentative d'accéder à la présidence de la première puissance mondiale après 2008 (il fut battu lors des primaires républicaines) et 2012. A New York il y a quelques jours, il l'a déclaré sans réserve à un groupe de donateurs: "Je veux être président".

Ces derniers jours, il vient de réactiver ses réseaux d'amis politiques et de bailleurs de fonds. D'après les médias américains, il se positionnerait cette fois à la droite du candidat potentiel Jeb Bush. Ce choix de positionnement stratégique résulterait d'un constat: face au centriste Barack Obama, Mitt Romney aurait peut-être eu plus de chance de jouer la carte conservatrice et "small governement (Etat minimal)" que d'essayer d'empiéter sur les plates-bandes du démocrate. Si Mitt Romney devait se droitiser, un tel changement de cap ne serait pas sans danger. Mitt Romney fut certes le patron de Bain Capital, une société de capital-risque, mais le Bostonien s'est toujours présenté, à l'exception peut-être des primaires 2012, comme un républicain de l'establishment, plutôt modéré. Quand il était gouverneur du Massachusetts, il s'était distingué en collaborant parfois étroitement avec les démocrates. C'est ainsi qu'avait vu le jour Romneycare, la réforme de la santé qui servit de modèle pour l'Affordable Care Act ou Obamacare. Jouer à l'avenir la carte conservatrice pourrait valoir à Mitt Romney d'être à nouveau qualifié de girouette. C'est l'un des principaux reproches dont il a fait l'objet lors de la campagne électorale de 2012. Par ailleurs, si le Tea Party a réussi à secouer le Parti républicain, il a aussi montré ses limites. Il a perdu du terrain lors des élections de mi-mandat de novembre dernier. Cet ancrage à droite semble par ailleurs d'autant moins naturel que Jeb Bush, le frère de "W.", a déjà fait savoir qu'il était sur le point de se porter candidat. Or il se présente comme un républicain modéré qui a beaucoup évolué depuis ses prises de position à l'emporte-pièce des années 1990. Aujourd'hui, il voit les clandestins comme des gens qui déclarent leur "amour pour l'Amérique" et estime que les Etats, dont la Floride, se doivent d'appliquer les décisions de la Justice autorisant le mariage gay. Aller à contre-courant de Jeb Bush, qui s'est mis au goût du jour de l'Amérique d'aujourd'hui semble constituer un risque peu calculé.

Une troisième candidature de Mitt Romney pose une autre question qui n'a rien à voir avec son positionnement stratégique: le républicain est-il vraiment fait pour le poste? Un documentaire diffusé après sa défaite électorale de 2012 intitulé "Mitt" offrait un regard très intimiste sur la manière dont le républicain a vécu la campagne électorale.Le Bostonien se livrait à la caméra sans arrière-pensée, avec une honnêteté parfois désarmante. Du film, il ressortait comme un homme très sympathique, mais dépourvu d'une réelle volonté de devenir président. Aujourd'hui aurait-il changé sur les conseils de proches? Le doute est permis.

Mitt Romney dit vouloir par ailleurs remettre les Etats-Unis sur le droit chemin de la croissance économique. En pleine campagne électorale, il ne cessait de brandir le mauvais bilan économique de Barack Obama et promettait que s'il était élu président, il abaisserait le taux de chômage à 6% après son premier mandat. Aujourd'hui, deux ans après le scrutin présidentiel, les Etats-Unis affichent un taux de chômage de 5,6%. La réduction du nombre de sans-emploi est considérable. En 2010, l'Amérique connaissait un taux de chômage de 10%. Quant à la politique étrangère, Mitt Romney promet qu'il réaffirmera le rôle de l'Amérique dans le monde. A son crédit, il avait relevé que la Russie était l'ennemi géostratégique numéro un, suscitant à l'époque la risée des commentateurs. Vladimir Poutine, le maître du Kremlin a exaucé pour ainsi dire les voeux de Mitt Romney en annexant la Crimée et en laissant des troupes russes semer le trouble dans l'est de l'Ukraine. Mais alors que les sanctions décrétées par l'administration Obama et l'Europe sont en train d'acculer la Russie de Poutine et d'aggraver la crise économique qu'elle traverse, beaucoup se demandent ce qu'aurait été la politique "russe" de Mitt Romney: une confrontation militaire directe? Personne n'ose y croire.

 

La phrase des talk shows dominicaux: “Guantanamo va fermer avant la fin” de la présidence Obama

C’est l’ancien envoyé spécial du Département d’Etat, Clifford Sloan, chargé de négocier les transferts de détenus vers des pays tiers,  qui le dit: “Je pense que Guantanamo sera fermée quand le président (Obama) terminera son mandat. Personne ne devrait sous-estimer la détermination du président sur cette question.”

Depuis quelque temps, l’administration de Barack Obama a accéléré les transferts de détenus. Ce qui fait croire à Clifford Sloan que la prison de Guantanamo pourra être fermée d’ici à janvier 2017, c’est le fait que dans deux ans, le nombre de prisonniers encore détenus à Guantanamo sera si bas que maintenir la prison ouverte sera une énorme aberration. La quelque dizaine de détenus hautement dangereux pourraient alors être transférés dans des prisons hautement sécurisés des Etats-Unis. Le Congrès, seul habilité à approuver une telle mesure, sera confronté à un choix: dilapider les deniers publics en maintenant la prison ouverte ou la fermer et donner à Barack Obama une victoire par rapport à la promesse qu’il a formulé au début de sa présidence.

 

Marche républicaine de Paris: l’absence remarquée d’un haut responsable américain

L’absence de Barack Obama à la grande marche républicaine de Paris a froissé. Certains estiment que le président de la première puissance mondiale et d’un Etat qui s’est donné pour mission de répandre et de défendre la démocratie devait être aux côtés de la cinquantaine de chefs d’Etat bras dessus bras dessous dimanche en guise de solidarité et pour défendre les valeurs démocratiques après les attaques terroristes à Charlie Hebdo et au supermarché casher de la Porte de Vincennes.
Pour la France, réunir une cinquantaine de chefs d’Etat fut un prodige. S’il avait fallu assurer en sus la sécurité du président américain, c’eût été un vrai casse-tête. Tout déplacement d’un président américain est particulièrement fastidieux pour les pays hôtes qui doivent assurer la sécurité. Récemment, Bruxelles en a fait l’expérience. L’absence de Barack Obama peut dès lors se comprendre, ce d’autant qu’il a été très présent et très solidaire de la France tout au long de la semaine. Ce tweet montre Barack Obama signer un livre de condoléances à l’ambassade de France à Washington:

Il est cependant beaucoup plus difficile de comprendre le fait que le gouvernement américain n’ait envoyé que l’ambassadrice des Etats-Unis à Paris Janet Hartley pour représenter l’Amérique lors d’une marche républicaine dont la valeur symbolique fut considérable. Le ministre de la Justice Eric Holder était bien à Paris pour une réunion des ministres de l’Intérieur, mais il ne participa pas à la marche. Quant à John Kerry, le secrétaire d’Etat, il était en visite officielle en Inde. Vu l’importance des symboles aujourd’hui, l’absence d’un haut représentant du gouvernement américain équivaut quasiment à une faute politique.

Le “retour” de George Zimmerman

184700745Connaissez-vous George Zimmerman (avec les lunettes de soleil/John Raoux/AP/Keystone)? C'est le vigile volontaire qui, un soir de février 2012, tua dans des circonstances encore floues un jeune Afro-Américain non armé, Trayvon Martin, provoquant une mobilisation majeure de la communauté noire. L'an dernier, l'accusé fut acquitté par un jury de Floride, suscitant l'ire des Afro-Américains. Le président Barack Obama avait même senti le besoin d'intervenir pour dire qu'il y a 35 ans, il aurait pu être un Trayvon Martin avec les mêmes peurs quand il se promenait dans la rue.

Depuis son acquittement, George Zimmerman a multiplié les dérapages. Hormis des excès de vitesse, il fit l'objet d'une enquête policière en septembre 2013 au sujet d'une dispute à son domicile avec sa femme qui entre-temps a déposé une demande de divorce. Deux mois plus tard, explique le New York Times, il a menacé sa nouvelle amie avec un révolver et fracassé une table en verre. Vendredi dernier enfin, George Zimmerman a été arrêté par la police de Floride pour agression aggravée. Il a jeté une bouteille à la face d'une femme à son domicile. Il a été enjoint de rendre toutes ses armes à feu d'ici à mardi. Il a été libéré sous caution et devra comparaître devant la Justice le 17 février.

Même si personne ne s'aventure à interpréter ces récents événements, ils jettent une lumière crue sur la réelle personnalité de George Zimmerman qui avait en partie été présenté, lors du procès de l'an dernier, comme une "victime" qui aurait été battu par Trayvon Martin.

Barack Obama souligne les bénéfices du sauvetage de l’industrie automobile

Il n’a jamais été très fort pour expliquer aux Américains dans quelle mesure ils bénéficient de sa politique. Visitant une usine Ford dans le Michigan, le président (libéré) Barack Obama ne s’est cette fois pas privé de se lancer quelques fleurs pour expliquer la reprise économique soutenue aux Etats-Unis. Il faut dire que la croissance lui donne des ailes. En décembre, le PIB américain a cru de 5%. Il faut remonter à la moitié des années 1990 pour voir le pays créer davantage d’emplois qu’en 2014. Le démocrate a répété que le sauvetage de l’industrie automobile, qui a coûté 85 milliards de dollars aux contribuables américains en 2008 et 2009, a été en réalité une bonne affaire pour le gouvernement fédéral. Les constructeurs automobiles sauvés ont non seulement tout remboursé. Mais l’Etat fédéral a fait un bénéfice substantiel.

 

La solidarité américaine envers la France

234530080La tragédie à la rédaction de Charlie Hebdo a suscité une vague de solidarité aux Etats-Unis pour cet hebdomadaire qui a fait de la liberté d'expression sa bannière. Ce n'est pas le seul domaine où les Américains viennent de manifester leur solidarité, pour ainsi dire. Un juge de Californie, selon le Washington Post, vient de lever l'interdiction de produire du foie gras (photo Marcio Jose Sanchez/AP/Keystone) imposée voici deux ans par le ministre californien de la Justice. Depuis cette mesure, les agriculteurs de l'Etat n'avaient pas le droit de gaver les oies, ni de vendre du foie gras.

La levée de l'interdiction fait suite à une plainte déposée par des producteurs de foie gras du Canada et de l'Etat de New York ainsi que d'un restaurant.