Certains observateurs américains s’étaient offusqués en constatant que le Département fédéral de la Justice (DoJ) avait renoncé à poursuivre le policier blanc Darren Wilson, qui avait tué, le 9 août 2014, Michael Brown, un Afro-Américain non armé à Ferguson, dans le Missouri. Pour qu’une plainte fédérale pour violations des droits civiques aboutisse, la barre est toutefois placée très haut.
Auteur : Stéphane Bussard
Lettre des républicains à l’Iran: l’ire des éditorialistes
Le Département d’Etat américain a recensé plusieurs éditoriaux et tribunes de personnalités en vue en matière de politique étrangère. Le document montre à quel point la missive en question est en train d’éclabousser ses signataires. Les 47 républicains ayant signé la lettre ouverte adressée le 9 mars dernier aux autorités iraniennes voulaient informer Téhéran (photo: le président iranien Hassan Rohani devant un schéma d’installation nucléaire/AFP) qu’il était presque inutile de négocier un accord avec le président Barack Obama, car après 2017, ce n’est plus luui qui présidera aux destinées des Etats-Unis.
La controverse autour d’Hillary Clinton n’est pas terminée
C’est devant le logo du Conseil de sécurité des Nations unies qu’Hillary Clinton a rompu le silence mardi au sujet de la controverse qui la poursuit depuis une semaine autour de la messagerie privée qu’elle a utilisée en tant que secrétaire d’Etat de 2009 à 2013. C’est là qu’en tant que cheffe de la diplomatie américaine, elle tenait parfois de brèves conférences de presse au “stake out” du Conseil de sécurité.
Le mal nommé pont Edmund Pettus
Selma a été le théâtre, le week-end dernier, d’une forte mobilisation pour commémorer le 50e anniversaire de la marche Selma-Montgomery du 7 mars 1965, le fameux “Bloody Sunday” qui poussa le président américain Lyndon Johnson à forcer l’adoption du Voting Rights Act, de la loi sur le droit de vote. Durant deux jours, le nom du fameux pont, sur lequel l’élu démocrate du Congrès John Lewis fut sévèrement battu par les forces de l’ordre, a été prononcé des centaines de fois. L’infrastructure, qui traverse la rivière Alabama, a même été classé monument national en 2013. (photos Keystone)
Or beaucoup jugent la persistance de ce nom totalement déplacé. Edmund Pettus n’était en rien un leader des droits civiques. Quand le pont fut construit, en 1940, l’Etat d’Alabama appliquait les infâmes lois Jim Crow instituant la ségrégation raciale. Il fut baptisé du nom du général des Confédérés Edmund Pettus, un suprémaciste blanc et sénateur au Congrès ainsi qu’un grand dragon au sein de la hiérarchie du Ku Klux Klan.
Une pétition de jeunes étudiants circule pour rebaptiser le pont du nom, par exemple, de John Lewis, l’une des figures encore vivante du mouvement des droits civiques. L’historien David Brinkley exhorte les autorités de Selma et d’Alabama voire même Barack Obama à redonner à l’Edmund Pettus Bridge un nom qui rende justice à l’un des mouvements les plus puissants de l’histoire des Etats-Unis.
Gros dérapage raciste à l’Université d’Oklahoma
Après un week-end très fort symboliquement, marqué par le 50e anniversaire de la marche Selma-Montgomery en faveur du droit de vote menée par le mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, la vidéo diffusée lundi par les télévisions américaines n’a pas manqué de choquer.
Dans un bus de la fraternité Sigma Alpha Epsilon de l’Université d’Oklahoma, des membres de ce groupe d’étudiants chantent des chants racistes d’une rare violence. “Il n’y aura jamais de …n(ègre) à la fraternité SAE. Tu peux le pendre à un arbre, mais il n’adhérera jamais (à SAE) avec moi.” (suite…)
“Changement climatique”: un terme tabou en Floride
Le Florida Center for Investigative Reporting vient de le dévoiler dans un rapport explosif. Le Département de la protection de l’environnement de l’Etat de Floride a depuis 2011 interdit à ses plusieurs miliers d’employés d’utiliser les termes “changement climatique”, “réchauffement climatique”, “développement durable” ou encore “hausse du niveau des mers”. Plusieurs employés du Département se sont confiés au FCIR, relevant que l’interdiction concernait notamment du matériel pédagogique, des programmes de formation et des rapports annuels.
Selon The Guardian, qui a pris contact avec certains des employés qui ont témoigné dans le rapport, cette politique de censure était, selon le rapport du FCIR, liée à la réélection du gouverneur républicain de Floride Rick Scott en novembre dernier et au fait qu’il a nommé un nouveau directeur à la tête du Département de protection de l’environnement. Il s’agissait apparemment d’une règle non écrite. Interviewé en mai par le média britannique sur la pertinence du réchauffement climatique, Rick Scott avait déclaré qu’il “n’était pas un scientifique”.
De fait, la Floride est l’un des Etats les plus menacés par la hausse du niveau des mers outre-Atlantique, en particulier les îles des Keys et Miami.
Selma: les droits civiques à l’honneur
La mobilisation tout au long du week-end à Selma (photos AP/Keystone) a montré que les droits civiques restent un thème brûlant aux Etats-Unis. Samedi, le président Barack Obama a tenu un discours très engagé devant le pont Edmund Pettus où, voici cinquante ans, les forces de l’ordre de l’Alabama écrasait dans le sang le début d’une marche en faveur du droit de vote le 7 mars 1965. Quelques jours plus tard et après l’appel de Martin Luther King aux révérends du pays à venir à Selma, d’autres marches se mirent en branle. La pression exercée par le mouvement pacifique des droits de l’homme et la puissance des images de violence poussèrent le président démocrate Lyndon Johnson à forcer le passage de la loi sur le droit de vote quelques mois plus tard au Congrès.
Samedi, la présence du premier président noir des Etats-Unis fut très symbolique. Une image restera dans les mémoires: l’embrassade très émotionnelle de Barack Obama et de John Lewis, un représentant noir de Géorgie qui fut sévèrement battu par la police sur le pont Edmund Pettus le 7 mars 1965. (suite…)
Obama et la presse: un rapport fustige la Maison-Blanche
Barack Obama a un vrai problème avec la presse. Son administration est celle qui a le plus traqué les lanceurs d’alertes et les journalistes qui bénéficiaient des fuites orchestrées. Le journaliste du New York Times James Risen pourrait en témoigner. Les correspondants de la Maison-Blanche (photo Evan Vucci/AP/Keystone) ne cessent de se plaindre du manque de transparence de la présidence démocrate. Une étude menée par la Columbia Journalism Review vient le confirmer. La transparence est loin d’être le fort de l’administration Obama. Or c’était l’une des promesses du président: devenir l’administration américaine la plus transparente de l’histoire du pays.
Après l’intervention de Netanyahou devant le Congrès (2)
Steven Kull et Shibley Telhami, deux chercheurs de l’Université du Maryland, ont un sondage auprès d’un échantillon d’Américains pour savoir quelle était la meilleure manière d’appréhender la question du nucléaire iranien. Si le Congrès semble dans son écrasante majorité de l’avis du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, estimant qu’un accord avec l’Iran, c’est être “Munichois” et pactiser avec le diable, les sondés de l’étude menée par l’Anwar Sadat Chair for Peace and Development de l’Université du Maryland ont des opinions qui tranchent avec les élus du Congrès. (suite…)
Après l’intervention de Netanyahou devant le Congrès (1)
Quelques heures après l’intervention ultra-médiatisée du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou devant le Congrès pour
saper tout accord nucléaire avec l’Iran et par conséquent la politique iranienne de l’administration de Barack Obama, beaucoup de regards américains et israéliens se tournent vers un homme: Sheldon Adelson (photo Vincent Yu/AP/Keystone). Le milliardaire américain de confession juive et magnat des casinos de Las Vegas est un gros bailleur de fonds des républicains. Il apporte aussi un soutien sans limite à Benyamin Netanyahou en Israël à travers le journal qu’il y possède. Mardi, il était dans les tribunes du Congrès. Rivale de Bibi Netyanahou lors des élections israéliennes du 17 mars et alliée du travailliste Isaac Herzog, Tzipi Livni tire la sonnette d’alarme. Elle estime que Sheldon Adelson et Benyamin Netanyahou sont en train de détruire la relation israélo-américaine. A voir si ses critiques seront entendues par l’électorat israélien.

