La puissance du discours d’Hillary Clinton quand elle oublie les petits calculs politiques

Il y a Hillary Clinton la calculatrice. Son livre “Hard Choices” est un exemple où elle ne prend aucun risque, ne développe pas la vision qu’elle pourrait avoir du pays. En matière de commerce, Hillary Clinton a esquivé par tous les moyens toute prise de position sur le controversé Partenariat trans-Pacifique, un accord de libre-échange avec onze autres pays d’Asie et d’Amérique latine. En tant que secrétaire d’Etat, elle avait exprimé son vif soutien au TPP dans plusieurs dizaines de discours. Quand le débat s’est enflammé au Congrès, elle a toujours cherché à éviter les questions des journalistes. Mais quand une majorité de démocrates et leur chef de file Nancy Pelosi ont décidé de refuser le TPP, Hillary Clinton a finalement décidé de se rallier à la position des démocrates opposés au TPP. Ce n’est pas exactement un exemple de courage.

Et puis il y a Hillary Clinton qui, profondément touchée par la tragédie de Charleston, en Caroline du Sud, où 9 Afro-Américains ont été abattus par un jeune Blanc de 21 ans dans une église, a tenu un discours vérité devant la Conférence des maires 2015 à San Francisco. Vérité avec les faits, vérité surtout avec elle-même. Son discours sur les problèmes raciaux fut d’une rare puissance. Il le fut tout autant sur la nécessité de durcir le contrôle des armes dans un pays qui en recense plus de 300 millions. Bien qu’empêtrée dans différentes questions éthiques relatives à la Fondation Clinton et à ses e-mails quand elle était secrétaire d’Etat, Hillary Clinton pourrait tout à coup surprendre son monde. En étant elle-même, en oubliant une fois pour toute les calculs politiques dont personne n’est dupe.

Voici son allocution:

Jon Stewart fustige le crime raciste de Charleston et les propos tenus pour l’expliquer

Après une fusillade aussi tragique que celle de Charleston mercredi dernier, les propos de Jon Stewart, animateur du Daily Show, font mouche. Le comédien satirique fustige la manière dont son pays a dépensé des milliers de milliards pour se protéger du terrorisme international et la manière dont il tend à minimiser un crime fondamentalement raciste.

Il refuse l’explication selon laquelle le meurtrier serait simplement dérangé mentalement. Le problème est à ses yeux beaucoup plus clair: le racisme continue de diviser les Etats-Unis.

Pour un responsable de la NRA: le pasteur tué est responsable

A la National Rifle Association, le mot outrage ne semble pas faire partie du vocabulaire. Membre de la direction de la NRA, le puissant lobby des armes aux Etats-Unis, Charles Cotton a déclaré que les neuf membres de l’église Emanuel qui furent abattus mercredi soir dernier seraient encore vivants aujourd’hui si le pasteur, Clementa Pinckney, leur avait autorisé de porter une arme à feu pour  neutraliser le meurtrier. L’homme de foi s’était opposé, en tant que sénateur, à l’autorisation du port d’arme dans les églises.

Les victimes sont mortes, a ajouté le représentant de la NRA, en raison des positions prises par le pasteur, également élu démocrate du Sénat de Caroline du Sud, en faveur d’un durcissement du contrôle des armes, comme le président Barack Obama qui  connaissait bien ce pasteur très apprécié au sein de sa communauté. Voici deux ans, Clementa Pinckney avait présenté un projet de loi pour introduire des contrôles d’identité poussés pour les acquéreurs d’armes à feu. Il demandait aux vendeurs d’armes de mener une interview poussée afin d’évaluer la santé mentale d’un acheteur potentiel.
Voici la vidéo expliquant les propos de Charles Cotton de la NRA:

Stéphane Bussard

 

Fusillade de Charleston: les propos très controversés du juge

Le juge James Gosnell a provoqué une vive polémique lors de la première comparution du tueur présumé, Dylann Roof, 21 ans, qui a abattu neuf Afro-Américains dans l’église Emanuel de Charleston en Caroline du Sud mercredi soir vers les 21 heures. A peine assis sur sa chaise, il a déclaré que le suspect fait l’objet de neuf chefs d’inculpation, puis ajouté que Charleston est une “communauté qui a un grand coeur” qui devra entourer les victimes, “neuf d’entre elles”. Mais “Nous avons aussi des victimes de l’autre côté, du côté de la famille de ce jeune homme.” Le juge a précisé que cette famille n’aurait jamais voulu se trouver dans une telle situation.

James Gosnell a heurté une partie des familles des victimes en évoquant, une minute après avoir pris la parole, les autres victimes, la famille du tueur présumé. Mais il n’a pas surpris tout le monde en raison de ses antécédents racistes.

Le 6 novembre 2003, il avait tenu les propos suivants face à un accusé afro-américain: “Il y a quatre types de gens dans le monde. des Noirs, des Blancs, des ploucs et des nègres.” Remis à l’ordre par une procédure disciplinaire engagée par la Cour suprême de Caroline du Sud, le juge avait néanmoins précisé que l’usage de ce que les Américains appellent un “N-word”, le mot “nègre” aux Etats-Unis, lui avait été inspiré par un vice-shérif afro-américain. Comme le rapporte The Daily Beast, il aurait employé ce terme pour inciter l’accusé à changer de trajectoire et remettre de l’ordre dans sa vie.

Les propos du juge Gosnell sont d’autant plus déplacés que plusieurs membres des familles des victimes de la tuerie étaient présents à la comparution et ont témoigné de leur tristesse, de leur profonde douleur, de leur colère. Ils ont dans le même temps dit qu’ils pardonnaient le meurtrier présumé de leurs proches. Un geste qui a impressionné par la force du message à un moment où il est davantage question de colère et de désir de justice. Dans l’église Emanuel, un lieu très symbolique pour la communauté afro-américaine, des gens venus témoigner de leur solidarité ont entonné avec les familles des victimes un chant qui a marqué le mouvement des droits civiques dans les années 1960: “We shall overcome”, “Nous vaincrons”.

La famille de Dylann Roof a dans la journée diffusé le message suivant:

Candidats républicains: Ils doivent répondre à un questionnaire de 25 questions pour espérer toucher les 889 millions des frères Koch

C’est un scoop du Washington Post. Freedom Partners Chamber of Commerce, l’entité chargée de la collecte de fonds pour un réseau politique soutenu par les frères Charles et David Koch, deux milliardaires américains, a envoyé jeudi à tous les candidats républicains déclarés et putatifs un questionnaire de 25 questions. Mais aussi aux candidats … démocrates, même s’il y a peu de chances que ces derniers bénéficient vraiment de l’aide des frères Koch. Objectif: savoir à qui verser la manne de 889 millions de dollars que les deux magnats des hydrocarbures entendent donner aux candidats républicains de leur choix pour la présidentielle américaine de 2016.

epa04801355 Protesters chant in front of the Smithsonian Castle during a rally against board member David Koch in Washington, DC, USA, 15 June 2015. They called on the institution to kick oil mogul and climate change denier David H. Koch off of their advisory board and fire physicist Dr. Willie Soon, who took over $1 million from fossil fuel interests in exchange for publishing scientific reports denying human impact on climate change.  EPA/SHAWN THEW
Des manifestants devant le Smithonian à Washington exigeant que le miliardaire David Koch ne puisse siéger au sein du Conseil d’administration de l’institution culturelle de la capitale

Le questionnaire touche à tout: la croissance économique, la réforme de l’Etat social, la politique étrangère, la justice pénale et la réduction des déficits. Les candidats ont jusqu’au 18 juillet pour restituer les quatre pages de questionnaires. Les frères Koch semblent peu intéressés par les positions des candidats sur des questions sociétales telles que le mariage gay ou l’avortement.

Voici les questions en anglais publiées dans le Washington Post:

Question #1: What specific policies would your administration pursue to create greater opportunity for all Americans?

Question #2: Do you believe too many activities are criminalized in America and, as a result, too many people are incarcerated? What criminal justice reforms would you support?

Question #3: Do you believe current federal prohibitions and policies used to fight drug abuse are working? If not, what would you change?

Question #4: Do you believe federal spending on education is insufficient?

Question #5: Do you believe some government programs or policies present barriers to opportunity for the poorest Americans? If so, which are the most destructive?

Question #6: How would your administration address rising health care costs?

Question #7: If repealed by the Supreme Court, would you support extending federal subsidies for health insurance in states without exchanges, even if it would extend individual and employer mandates?

Section 2: Combating Cronyism and Corporate Welfare

Question #8: Do you agree government mandates and subsidies distort the economy and allow certain individuals and corporations to profit at the expense of others?

Question #9: Do you support reauthorizing the Export-Import Bank?

Question #10: Do you support federal agricultural subsidies?

Question #11: Do you believe the Troubled Asset Relief Program (TARP) was necessary?

Question #12: Do you support the federal Renewable Fuel Standard (RFS)?

Question #13: Should tax reform eliminate all preferential treatment and credits for individuals, industries and activities in order to lower marginal tax rates?

Section 3: Restoring Fiscal Sustainability

Question #14: What is your plan to deal with the $18 trillion national debt and the more than $200 trillion unfunded liability burden facing the U.S.?

Question #15: As president, would you uphold the overall discretionary spending limits set by the Budget Control Act of 2011?

Question #16: Do you believe the debt limit should be used to leverage federal spending reductions?

Question #17: Do you support increasing tax revenue in order to pay for infrastructure spending?

Question #18: Do you support Social Security and Medicare reform that would increase the age of eligibility and reduce benefits for wealthier retirees?

Question #19: Do you support expanding Medicaid eligibility under the Affordable Care Act?

Question #20: Do you support capping federal spending on Medicaid and the Supplemental Nutrition Assistance Program by allowing states to control those funds in the form of federal grants?

Question #21: Do you support targeted federal spending or limited tax benefits to help spur economic growth within a particular industry or geographic area?

Section 4: Shaping Foreign Policy

Question #22: What criteria would you use to determine when to deploy U.S. armed forces overseas? For instance, should the military be used to address humanitarian crises abroad?

Question #23: Do you believe military intervention in Libya made America safer? Should the U.S. intervene in Syria and/or Ukraine?

Question #24: Should the U.S. use any means necessary to prevent Iran from building a nuclear weapon even if it required the use of ground forces?

Question #25: Can current military spending be reduced without compromising national security?

Clementa Pinckney, pasteur de l’église Emanuel de Charleston, abattu par une jeune Blanc de 21 ans

Clementa Pinckney, 41 ans, était un pasteur et un sénateur de l’Etat de Caroline du Sud très apprécié. Barack Obama lui-même avait fait sa connaissance.

En 2013, la victime avait tenu une présentation sur l’église “Mère Emanuel”, là même où le jeune Blanc Dylann Roof l’a abattu mercredi soir aux alentours de 21 heures. Clementa Pinckney parle ironiquement de l’histoire de l’église pour rappeler les liens étroits qu’elle a avec l’histoire des Afro-Américains. Il souligne qu’il ne souhaite pas que son église soit perçue comme un musée. Il souhaite la voir comme un lieu de promotion du changement.

Nixon, éméché, incapable de répondre au premier ministre britannique

L’ex-journaliste du New York Times rappelle une histoire édifiante sur le site Politico. Le 11 octobre 1973, à 19h55, raconte-il, Richard Nixon aurait dû accepter de répondre à un appel de Londres. Depuis cinq jour, la guerre du Kippour faisait rage entre Israël, l’Egypte et d’autres pays arabes dont la Syrie. Elle risquait de prendre une ampleur sans précédent.

Voici les échanges entre Brent Scowcroft, du Conseil de sécurité national, et Henry Kissinger, qui venait d’être nommé au poste de secrétaire d’Etat:

Brent Scowcroft: “Le central vient de recevoir un appel du 10 Downing Street pour voir si le président serait disponible dans 30 minutes pour une conversation téléphonique avec le premier ministre au sujet du Moyen-Orient.”

Henry Kissinger: “Peut-on leur dire “non”?” Quand j’ai parlé au président, il était encore éméché.”

Miné par la guerre du Vietnam et un scandale du Watergate qui l’accablait depuis près de quinze mois, Richard Nixon était dans un triste état. Selon William Lloyd Stearman, l’expert de l’Indochine au sein du Conseil de sécurité national de l’époque, le vrai président à ce moment n’était pas Nixon, mais Alexander Haig, le général qui était devenu le chef de cabinet.

Le Pentagone montre l’agressivité des forces aériennes russes sur YouTube

Dans une période où les relations entre les Etats-Unis et la Russie sont de plus en plus tendues en raison du conflit en Ukraine et des sanctions que l’Amérique, en collaboration avec l’Union européenne, a imposé à Moscou, le Pentagone recourt aux réseaux sociaux pour dénoncer les intimidations des forces aériennes russes. Il vient ainsi de diffuser, explique le site Politico, une vidéo de 42 secondes montrant un avion de combat russe, un SU-24 Fencer, voler à très grande proximité du destroyer américain USS Ross en pleine mer Noire.

La stratégie médiatique du Pentagone, pourtant très réservé en d’autres circonstances, semble payer. La vidéo a été vue plus de 3,5 millions de fois. Les Américains veulent par là montrer qu’ils respectent bien le droit international et qu’ils ne se laisseront pas intimider et continueront de défendre coûte que coûte la liberté de navigation. Le site Politico met ensuite en regard deux déclarations contradictoires, l’une du Pentagone, l’autre de la télévision Russia Today (RT). Pour les Américains, le destroyer USS Ross a bien agi: il a “continué sa mission après avoir observer l’avion retourner à sa base. (…) A aucun moment le Ross n’a agi avec agressivité ou dévié des opérations qu’il avait prévues. La conduite de son équipage a été et continue d’être professionnelle.”

Pour la télévison RT, proche du Kremlin, “l’équipage du navire a agi avec provocation et agressivité. Cela a préoccupé les opérateurs des stations et navires de surveillance de la mer Noire. L’équipage du Su-24 a montré à l’équipage américain qu’il était prêt à empêcher avec force une violation de la frontière et à défendre les intérêts du pays.”

Les incidents avec des avions russes se multiplient, selon Washington et n’ont jamais été aussi nombreux depuis la fin de la Guerre froide. Ils auraient déjà augmenté avant l’invasion de la Crimée par la Russie.

L’incident filmé précédemment est minime si on le compare à celui qui avait eu lieu en 1988 alors que le mur de Berlin et l’Union soviétique existaient encore. On était pourtant en pleine perestroïka. Mikhaïl Gorbatchev avait déjà rencontré Ronald Reagan lors de grands sommets bilatéraux à Reykjavik et à Genève. En mer Noire, le croiseur USS Yorktown avait été touché par une frégate soviétique qui avait fortement endommagé le navire américain.

La stratégie du Pentagone vis-à-vis de la Russie rappelle celle utilisée à l’égard de la Chine. Récemment, une équipe de CNN a embarqué sur un appareil de surveillance américain pour filmer la “poldérisation” de certains récifs des îles de Spratley, en mer de Chine du Sud. L’idée est de tenter de rallier l’opinion publique internationale.

 

La vie de Barack Obama est-elle en danger?

On peut poser la question abruptement: la vie de Barack Obama est-elle en danger? La liste des failles dans la sécurité du président des Etats-Unis ne cessent de s’allonger, semaine après semaine. La plus récente, révélée par le Washington Post, est préoccupante. Le Secret Service, qui assure la sécurité du président depuis des lustres, a recruté récemment près d’une cinquantaine de nouveaux agents pour remplacer ceux qui avaient été congédiés à l’issue d’un grave incident au cours duquel un homme était parvenu à franchir la barrière métallique entourant la Maison-Blanche et était entré dans la résidence présidentielle sans être inquiété. Problème: selon un lanceur d’alerte, ils n’ont pas subi tous les tests et contrôles nécessaires pour officier en tant que membre du Secret Service.

Parmi les tests que les futures recrues doivent subir un contrôle de leur parcours et activités précédentes. Ils doivent se soumettre à un détecteur de mensonges et à plusieurs autres épreuves avant de pouvoir obtenir un accès ultra-sécurisé à la Maison-Blanche. Pour une cinquantaine de nouveaux employés du Secret Service, ce travail n’a pas été fait. Certains des nouveaux membres ont même pu participé à des séances où furent communiquée.

La série de failles est si impressionnante que certains, notamment dans la communauté afro-américaine, commencent à se demander si cela participe de réelles incompétences managériales ou d’un complot pour porter atteinte à la sécurité du président. L’entrée d’un intrus équipé d’un couteau jusqu’à l’East Room de la Maison-Blanche fut l’exemple le plus criant de faille sécuritaire. S’il avait transporté une bombe, expliquent les plus alarmistes, il aurait pu faire exploser une partie de la résidence présidentielle. D’autres incidents ont impliqué des agents du Secret Service qui avaient trop arrosé une soirée et avaient causé un accident avec leur véhicule devant la Maison-Blanche.

En voyage au Pays-Bas, Barack Obama avait aussi appris que certains membres de la sécurité étaient trop alcoolisés pour faire leur travail correctement. A Carthagène, en Colombie, plusieurs agents du Secret Service ont provoqué un scandale après avoir fréquenté des prostituées. Ils avaient là encore mis en danger la sécurité peu avant qu’arrive le président américain dans la ville colombienne. Lors d’un dîner avec le premier ministre indien de l’époque Manmohan Singh, deux célébrités américaines réussirent à s’introduire dans la Maison-Blanche et à serrer la main du président sans avoir la moindre invitation.

Barack Obama s’est même trouvé le 16 septembre 2014 dans un ascenseur en présence d’un agent du Secret Service qui avait une arme. Or le personnage avait déjà été interpellé par la police par le passé. On lui avait demandé de cesser de filmer le président avec son téléphone portable dans l’ascenseur. L’homme incriminé fut congédié sur le champ, mais sa présence, avec une arme, dans le même ascenseur que Barack Obama a constitué une grave violation des protocoles édictés par le Secret Service.

Quel incident faudra-t-il pour que le Secret Service  fasse une fois pour toute une remise à l’ordre de leurs procédures et de leur manière de travailler? Jusqu’à maintenant, les failles sécuritaires n’ont pas eu de conséquences graves. Mais elles demeurent préoccupantes.

Barack Obama défend sa réforme de la Santé avant une décision historique de la Cour suprême

C’est le bilan de Barack Obama qui est en jeu et sans doute la réforme la plus audacieuse qu’il ait menée. Le président démocrate a tenu un discours très personnel devant la Catholic Health Association Conference pour défendre l’Affordable Care Act ou Obamacare. D’ici à la fin juin, la Cour suprême des Etats-Unis devrait dire si l’octroi de subventions fédérales à ceux qui contractent une assurance-maladie à l’échelle d’un Etat est constitutionnel. Dans une loi de 2000 pages, une clause a été insuffisamment précise. Mais les juges de la Cour suprême pourrait invalider une partie majeure de l’ACA et priver près de six millions de nouveaux assurés d’une couverture maladie.

Barack Obama a été clair (à écouter à partir de la 20e minute): “Cela fait cinq ans que nous parlons d’une loi qui n’est plus simplement une loi. Ce n’est plus une question théorique. Ce n’est même plus l’Affordable Care Act ou Obamacare. (La réforme de la santé) fait maintenant partie de notre manière de nous occuper de l’Autre. C’est cela la Santé en Amérique.”

Barack Obama ne s’est pas privé d’interroger les républicains qui ont voté plus de cinquante fois au Congrès pour abroger Obamacare. En vain. Aujourd’hui, la réforme a ses défauts. Il va sans dire. Mais elle s’est petit à petit imposée aux Américains. Une abrogation de la clause des subventions fédérales par la Cour suprême porterait un coup fatal à la loi. Elle pourrait dès lors provoquer l’inverse de ce qu’elle a provoqué il y a cinq ans. En 2010, une majorité d’Américains protestaient contre la réforme lors de town hall meetings, de conférences publiques. Si Obamacare devait être en grande partie invalidée, ces mêmes citoyens américains pourraient se rebeller contre la décision de la Cour suprême.

Si en revanche elle devait confirmer la constitutionnalité de l’Affordable Care Act, Barack Obama engrangerait une victoire historique qui devrait pérenniser la réforme de la santé.