Sarah Palin veut abolir le Département de l’énergie

L’ex-égérie et ex-gouverneure d’Alaska Sarah Palin est très peu présente dans les médias. Depuis son expérience désastreuse de co-listière du candidat républicain John McCain en 2008, elle est restée plutôt discrète, même si elle lâche de temps en temps une déclaration à l’emporte-pièce pour s’assurer que les médias savent qu’elle existe.

Elle se verrait bien comme ministre de l’Energie dans une administration présidée par Donald Trump, le milliardaire et tribun new-yorkais qui est actuellement en tête des sondages en vue des primaires républicaines qui commenceront le 1er février 2016. Mais elle ne souhaiterait pas occuper une telle fonction longtemps. Ce serait, a-t-elle déclaré à l’émission dominicale “State of the Union” sur CNN pour mieux abolir le Département fédéral de l’énergie. A ses yeux, il incombe aux Etats de régulier l’exploitation du pétrole et du gaz. Son Etat, l’Alaska, dépend très fortement au pétrole pour financer son budget. Aujourd’hui, en raison d’un prix du baril de pétrole très bas (moins de 50$), il a un trou budgétaire abyssal. Or comme le souligne Politico, le Département de l’énergie ne régule pas les activités en matière d’extraction des hydrocarbures, mais financent la recherche dans ce secteur, établit des normes d’efficience et est chargé de l’arsenal nucléaire.

Sarah Palin estime que les hydrocarbures dont les Etats-Unis regorgent est un don de Dieu. Pour elle, il ne fait aucun doute: il faut forer sans réserve. “Drill, Baby Drill”.

Obama face au glacier Exit qui fond…

Mardi, Barack Obama a pu constater le retrait “spectaculaire” du glacierr Exit sur la côte Arctique de l’Alaska. Il a aussi embarqué sur un bateau des garde-côtes pour mesurer l’effet de la fonte du glacier Bear dans la Resurrection Bay. Il l’a souligné: quand il aura quitté la Maison-Blanche, il pourrait bien revenir dans cette région Arctique en visite et séjourner dans une cabine en bois.

Alaska, 31 août-2 septembre

La “papamania” s’empare de Philadelphie

Philadelphie vit déjà à l’heure papale. Le souverain pontif François sera en visite dans la ville de Pennsylvanie le 26 septembre prochain dans le cadre de sa visite aux Etats-Unis. Le pape se rendra aussi aux Nations unies pour tenir un discours très attendu. Il s’adressera aussi au Congrès américain dans un contexte particulier. Les républicains étant généralement proche du Vatican, ils pourraient réserver au pape un accueil un peu moins chaleureux tant l’action de François va à rebrousse-poil des principes que les républicains défendent.

A Philadelphie, les magasins de souvenir se sont radicalement transformés dans l’optique de la visite papale. La cloche de la liberté (Liberty Bell), l’un des symboles historiques de la ville, passe au second plan. Les marchands mettent en exergue désormais des T-shirts avec l’effigie du pape, des bracelets, des pins. Le chic, c’est d’acquérir le “Solar Pope”, littéralement le pape solaire, une poupée actionnée à l’énergie solaire qui représente le pape en train de donner sa bénédiction.

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Pour  Evan Sharps, propriétaire d’un magasin de souvenir à Philadelphie, il ne fait aucun doute: la venue du pape “est bonne pour les affaires”.

 

Le Mont McKinley rebaptisé: polémique

Le décret présidentiel de Barack Obama suscite déjà la polémique. Le président démocrate vient d’annoncer qu’il allait rebaptiser le Mont McKinley, plus haut sommet d’Amérique du Nord (6194 mètres), lors de son passage en Alaska lundi et mardi. Le sommet devrait retrouver le nom que les Indiens d’Alaska lui  avaient donné depuis des lustres: le mont Denali (le grand ou le haut). C’est une manière, relève l’administration, de rendre justice au groupe ethnique des Koyukon Athabascans qui a vécu des millénaires en Alaska.

Pour Barack Obama, c’est aussi une manière d’améliorer les relations parfois difficiles entre l’Etat fédéral et les différentes tribus d’Indiens qui ont une perception négative de Washington. Quand le mont McKinley fut nommé ainsi après qu’un chercheur d’or dans la région eut appris que le républicain William McKinley avait gagné l’investiture républicaine en 1896. Il avait ainsi donné à la fameuse montagne le nom du candidat. Le nom du sommet fut officiellement reconnu par le gouvernement en 1917, mais de nombreux efforts pour rebaptiser la montagne furent entrepris à partir de 1975. En guise de compromis, le parc aux alentours de la montagne a été dénommé Parc national Denali.

Les républicains d’Ohio, lieu de naissance du président McKinley, ont mis les pieds au mur. C’est le cas du président de la Chambre des représentants John Boehner: “McKinley a servi notre pays avec honneur durant la guerre de Sécession en tant que membre de l’armée. Il a des accomplissements en tant qu’élu de l’Ohio à la Chambre des représentants, mais aussi en tant que gouverneur de l’Ohio. Il a également mené le pays à la prospérité et à la victoire dans la guerre entre les Etats-Unis et l’Espagne comme 25e président. (…) Je suis profondément déçu par cette décision.” s

La sénatrice républicaine d’Alaska Lisa Murkowski a en revanche salué la décision de l’administration Obama:

 

 

 

George W. Bush à la Nouvelle-Orléans: un discours indécent

L’ouragan “Katrina” qui a dévasté la Nouvelle-Orléans le 29 août 2005 reste dans toutes les mémoires comme l’une des zones sombres de l’Amérique. La tragédie avait mis en lumière un coin de pays totalement délaissé par les pouvoirs publics. Des scènes apocalyptiques avaient passé en boucle sur les télévisions, notamment celles en provenance du Lower Ninth Ward, le quartier le plus dévasté et le plus pauvre de la ville. Les images en provenance du Superdome où s’étaient réfugiés des milliers de survivants avaient choqué toute la planète. Les conditions de travail pour soigner des patients qui s’entassaient dans l’hôpital décrépi de la Charité étaient indignes de la première puissance mondiale.

Malgré ces faits, qui ont valu au président George W. Bush de voir sa cote de popularité chuter de façon dramatique tant il avait omis de prendre la mesure de l’événement, l’ex-président républicain s’est rendu vendredi à la Nouvelle-Orléans pour commémorer le 10e anniversaire de la catastrophe qui a coûté la vie à quelque 1800 personnes et chassé de la ville des milliers d’autres. Il a voulu insisté sur la “success story” de la Nouvelle-Orléans qui s’est reconstruite, des efforts des pouvoirs publics. Dans son discours, il a même voulu embellir la situation, répétant à deux reprises: “J’espère que vous vous souvenez comme moi” pour mieux saluer les efforts consentis à l’époque.

Ce discours, il faut le dire, fut à la limite de l’indécence tant il tend à réécrire l’Histoire. Il suffit de revoir des reportages réalisés peu après l’ouragan pour réaliser à quel point la tragédie fut l’exemple le plus dramatique de la faillite des pouvoirs publics, qu’ils soient fédéraux, étatiques ou locaux. A la Nouvelle-Orléans, la pauvreté reste très élevée (30%) et celle des enfants culmine encore à 40%. La moitié des habitants du Lower Ninth Ward ne sont pas retournés y habiter. La criminalité reste élevé.

 

George Zimmernan dérape, une nouvelle fois

George Zimmerman ne cesse d’inquiéter. Depuis qu’il a été acquitté après avoir abattu le jeune Afro-Américain Trayvon Martin lors d’une soirée pluvieuse de février 2012 en Floride, il a multiplié les dérapages, menacé sa compagne avec un pistolet, commis d’innombrables infractions au code de la route.

Maintenant, George Zimmerman se lâche sur Twitter. Après la mort en direct de deux journalistes de la télévision WDBJ, abattu par un Afro-Américain, il a publié les commentaires suivants:

Et puis ces propos pour le moins douteux au sujet de Barack Obama:

  Manifestement, George Zimmerman n’a pas oublié l’intervention de Barack Obama peu après l’acquittement du vigile volontaire qui a abattu Trayvon Martin qui n’était pas armé. Face à la colère de la communauté noire après un acquittement pour le moins discutable, le président avait senti le besoin d’intervenir pour dire sa compréhension des frustrations de ladite communauté (Il a déclaré qu’il aurait pu être Trayvon Martin 35 ans plus tôt) et pour dans le même temps appeler à la sagesse et au respect de la décision de justice.

Le futur discours de Dick Cheney sur l’Iran: un coup de pouce à Obama…

Une semaine avant que le Congrès n’entame ses discussions sur l’accord sur le programme nucléaire iranien, l’ancien vice-président américain Dick Cheney va tenir un discours sur le sujet à l’American Enterprise Institute à Washington. Encore animé par l’esprit néoconservateur qui a mené à la désastreuse guerre en Irak, le républicain promet de tout faire pour saborder le succès diplomatique obtenu par la Maison-Blanche avec cinq autre puissances (Chine, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne) pour contraindre l’Iran à encadrer sévèrement son programme nucléaire soupçonné d’être de nature militaire.

En juillet, Dick Cheney avait déjà usé de sa rhétorique incendiaire pour décrire les conséquences d’une approbation de l’accord. A l’émission de Fox News animée par l’ultra-conservateur Sean Hannity, il avait déclaré qu’en vertu de l’accord, les Etats-Unis ne seraient jamais aussi proches d’un recours à la bombe nucléaire depuis Hiroshima et Nagasaki… Une rhétorique aussi extrémiste ne peut que profiter à la cause défendue par Barack Obama: celle de la diplomatie multilatérale.

 

La “gentrification” de Harlem ne peut être présentée en noir et blanc

On a beaucoup dit et lu que la “gentrification” de Harlem, à New York, était le produit de l’arrivée de Blancs moyennement fortunés qui cherchaient à acquérir un logement accessible dans un quartier meilleur marché que le reste de Manhattan. S’il est vrai que nombre d’Afro-Américains ont déjà quitté le quartier en raison d’une hausse sensible des loyers et des prix de l’immobilier, plusieurs Noirs contestent cette manière de voir les choses. Voici ce reportage du Guardian:

Atteint d’un cancer au foi et au cerveau, Jimmy Carter continue à faire de l’humour

A l’issue d’une opération effectuée pour lui enlever une tumeur au foi, Jimmy Carter a annoncé jeudi qu’il avait des métastases au cerveau. L’ex-président américain va se soumettre immédiatement à un traitement de radiothérapie et s’administrer un médicament censé renforcer son système immunitaire. En annonçant la nouvelle au Carter Center, le démocrate n’a pas semblé très affecté, relevant qu’il a mené une vie très riche. Prix Nobel de la paix en 2002, il a même fait de l’humour jeudi en parlant de sa maladie au public.

Si Jimmy Carter est souvent décrit aux Etats-Unis comme l’un des pires présidents des Etats-Unis, une perception qui est largement exagérée et qui ne cesse d’être revue tant certaines politiques menées par le démocrate furent avant-gardistes, notamment dans le domaine environnemental, tout le monde s’accorde à dire qu’il fut l’un des meilleurs ex-présidents. Actif sur tous les fronts, il a fait de la défense des droits de l’homme son cheval de bataille. Aujourd’hui, les spécialistes du cancer estiment que si le traitement auquel va se soumettre Jimmy Carter ne devait pas fonctionner, l’ex-président en aurait pour quelque 11 mois. Mais l’homme est tenace.

La schizophrénie de Carly Fiorina à propos d’Hillary Clinton

Aucun candidat républicain à la Maison-Blanche n’est aussi critique d’Hillary Clinton que la seule femme en lice du côté du Grand Vieux Parti: Carly Fiorina. L’ex-patronne de Hewlett-Packard ne rate pas une occasion pour démolir la candidate démocrate et ex-secrétaire d’Etat. Etre anti-Hillary Clinton apparaît même comme l’essentiel de son programme électoral.

En campagne, Carly Fiorina a adressé la critique suivante à l’ex-First Lady: “Comme Hillary Clinton, j’ai parcouru des centaines de milliers de miles autour du globe. Mais contrairement à elle, j’ai accompli quelque chose. Madame Clinton, voler est une activité, ce n’est pas un accomplissement.” Les critiques de Carly Fiorina relèvent que la fusion entre HP et Compaq n’a pas été une grande réussite et qu’en conséquence, la républicaine fut invitée à quitter la multinationale. Ils ajoutent que Carly Fiorina était bien une sorte de porte-parole de la campagne électorale du républicain John McCain en 2008 avant que ce dernier incite Carly Fiorina à cesser de “l’aider”.

Carly Fiorina n’a pas toujours manifesté autant de haine envers Hillary Clinton. On en veut pour preuve les propos qu’elle avait tenus précisément en tant que porte-parole de la campagne McCain: “J’ai une énorme admiration et empathie pour Hillary Clinton. J’ai une grande admiration pour elle car je sais ce que cela implique de faire pas à pas ce qu’elle a réalisé. Elle est de toute évidence incroyablement intelligente, concentrée, dure, déterminée, empathique avec les dizaines de millions de personnes qu’elle essayait de représenter dans son souhait de devenir la première femme présidente des Etats-Unis.”

Et Carly Fiorina d’ajouter, toujours en 2008:”En tant que femme, je suis fière qu’Hillary Clinton ait été candidate à la présidence. J’ai aussi eu beaucoup d’empathie quand j’ai vu la manière dont elle était observée, décrite et dont on parlait d’elle en tant que femme. Bien que je pense que les femmes ont fait de grands progrès à plusieurs égards, je sais aussi que les femmes à des postes de pouvoir, je parle en vertu de mon expérience personnelle, en particulier les femmes audacieuses qui veulent apporter du changement, à l’image d’Hillary Clinton, ces femmes-là sont décrites et vues différemment que leurs adversaires masculins.”

Est-ce vraiment possible d’avoir une vision si différente de la même personne en sept ans d’intervalle? Pour se faire une idée de la mutation de Carly Fiorina, il vaut la peine de regarder la vidéo suivante sur BuzzFeed: http://www.buzzfeed.com/andrewkaczynski/heres-audio-and-video-of-carly-fiorinas-forceful-praise-of-h?utm_term=.dfrQa3ONZ