Les sociétés d’histoire vaudoises

Les sociétés d’histoire vaudoises se sont retrouvées le 3 mars aux Archives cantonales à Dorigny à l’initiative de la Société vaudoise d’histoire et d’archéologie. Un panorama des acteurs civils de l’histoire vaudoise, un exemple cantonal, emblématique des organisations savantes qui existent en Suisse parfois depuis plusieurs siècles, comme la Société d’Histoire de la Suisse romande, vieille de 1837.

Quelle est la demande en histoire, quelle est l’offre, quel est le public ? Voilà quelques thématiques débattues au cours d’une table ronde voyant intervenir Justin Favrod (Passé simple), France Terrier (SVHA) ou Béatrice Lovis (Patrimoine suisse, section vaudoise) pour ne citer que quelques-uns des orateurs.

Les sociétés savantes suisses enregistrent toutes (à l’exception notable de la Société d’histoire fribourgeoise invitée à cette journée comme observatrice) une baisse de leurs effectifs et connaissent des situations financières contrastées. Les signes d’un désintérêt progressif ? Et pourtant, jamais il n’y a eu autant de publications historiques. Quelle soit locale, régionale ou nationale, l’histoire semble ainsi une mode en expansion comme en témoigne l’aventure Passé simple, que plus d’un pensait vouée à l’échec et qui pourtant, en trois ans, enregistre plus de 2’000 abonnés. Serait-ce que la mondialisation, l’Internet-isation et la démultiplication des medias sociaux érodent les identités, attisant à contrario l’intérêt pour un passé auquel se rattacher ? Ces sociétés ne répondraient-elles alors plus à un modèle dans lequel s’investir faute de temps ? difficile de répondre !

Quoi qu’il en soit, les sociétés d’histoire viennent remplir des vides laissés par les universités helvétiques dont les départements d’histoire ciblent des thématiques spécifiques souvent éloignées de l’histoire nationale, à l’exception notable de l’Université de Lausanne, comme le rappelait Bernard Andenmatten, l’un des professeurs assistant à la journée. Alors que nous observons depuis plusieurs années un retrait progressif des sciences humaines au niveau des formations, les sociétés d’histoire maintiennent une mémoire commune, explorant par leurs travaux le passé de nos régions, récipiendaires de patrimoines constitués non seulement de collections mais également des sociétés elles-mêmes, tant il est vrai que celles-ci sont les héritières d’une tradition séculaire et les inventeurs de spicilèges multiples et originaux. Certaines d’entre elles, comme Patrimoine suisse, section vaudoise, sont particulièrement actives, allant même jusqu’à « se substituer au Service des monuments et des sites » selon la responsable de cette association de défense du patrimoine.

Recenser les forces, dépasser les clivages, former des solidarités, fédérer les associations, telles sont les conclusions d’une journée que plus d’un considéreront comme les Assises des sociétés d’histoire vaudoises !

 

Christophe Vuilleumier

Christophe Vuilleumier est un historien suisse, actif dans le domaine éditorial, et membre de plusieurs comités de sociétés savantes, notamment de la Société suisse d'histoire. On lui doit plusieurs contributions sur l’histoire helvétique du XVIIème siècle et du XXème siècle, dont certaines sont devenues des références.

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