Un engagement solidaire et responsable, aujourd’hui et demain

Par Sami Kanaan, Frédérique Perler, Christina Kitsos et Alfonso Gomez, candidat·e·s Socialistes et Vert·e·s au Conseil administratif

La période de crise extraordinaire que nous vivons actuellement sur les plans sanitaire, humain, social et économique marquera inévitablement un changement historique. La facture sociale et économique est d’ores et déjà colossale. Nous devons, dès aujourd’hui, tout faire pour l’alléger et des premières mesures ont été prises rapidement par les collectivités publiques aux niveaux fédéral, cantonal et municipal. Cet effort collectif devra aussi être l’occasion d’effectuer un bilan lucide de cette crise et de repenser nos priorités.

Notre capacité de résilience ne dépendra pas seulement de la force de notre solidarité et de notre discipline collective, mais de celles et ceux qui sont au front. Elles et ils se donnent sans relâche pour prendre soin de nous toutes et tous, et pour permettre à la collectivité de continuer à répondre aux besoins vitaux.

Nous pouvons, et devons, applaudir haut et fort leur engagement. En tant qu’élu·e·s, notre devoir de reconnaissance doit aller bien au-delà. Nous savons à quel point le service public, tout le réseau associatif et les professions féminines sous-payées sont aux premières loges pour faire face à une crise exceptionnelle dans toutes ses dimensions, et pour tenter d’en atténuer ses effets sur toute la population. Après la crise, il sera crucial de relancer de manière équitable, solidaire et durable notre vie collective, en mettant en place des solidarités qui préservent à la fois les êtres humains et notre environnement. En effet, nous vivons déjà depuis de longues années des éléments d’une crise majeure et permanente, due aux excès de l’ultralibéralisme, d’une globalisation effrénée et incontrôlée : urgence climatique, crises économiques, inégalités croissantes, conflits larvés ou déclarés, etc.

Ce virus accentue les différences sociales et les inégalités. Les ressources pour y faire face ne sont clairement pas réparties de manière équitable. Par exemple, les personnes ayants des lieux d’habitations peu adaptés, partageant peu de pièces à plusieurs, vivent dans des conditions plus difficiles. Comment feront les enfants des familles n’ayant pas les moyens matériels et pédagogiques pour aider leurs enfants pour le suivi scolaire en période de confinement ? Comment feront les personnes isolées ? Comment feront les familles monoparentales pour assurer le télétravail, les courses et les devoirs ? Comment éviter une croissance de la violence domestique et la maltraitance juvénile ? Comment éviter une stigmatisation des jeunes et des aîné·e·s ?

Et, paradoxalement, certains gouvernements « profitent » de cette période d’état d’urgence pour instaurer des lois d’exceptions, des outils de surveillance généralisée, des restrictions des libertés individuelles, justifiables peut-être, en partie, à court terme mais certainement pas au-delà.

C’est pourquoi nous tenons à réaffirmer nos valeurs qui fondent le Parti socialiste et les Vert e·s., valeurs plus que jamais d’actualité en ces temps de crise :

  • la promotion d’un service public fort et efficace, doté de moyens en adéquation avec les tâches qu’il doit assumer avec un personnel suffisant ;
  • le soutien au tissu associatif, qui joue un rôle essentiel, complémentaire au service public en matière de solidarité et d’inclusion ;
  • une réelle amélioration des bas revenus et des conditions de travail des branches précarisées, notamment à travers l’instauration d’un salaire minimum ;
  • la collectivisation, en tout temps, aussi bien des pertes que des bénéfices des grandes entreprises ;
  • le soutien à l’économie locale (par exemple à l’agriculture contractuelle de proximité, et la mise en place de circuits de production plus courts, constatant qu’ils sont aujourd’hui trop globalisés) ;
  • une société durable et solidaire.

A ce jour, nous nous engageons résolument sur les axes suivants :

A court terme :

  • Pour les travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé qui doivent rester au front, en très grande majorité des femmes, souvent à bas revenus, dont nous dépendons fortement en cette période de crise ; elles et ils doivent voir leurs conditions de travail et leur protection améliorées substantiellement, et de manière durable ;
  • Pour les familles et les ménages en général, incluant les seniors, les jeunes en difficulté, les migrant·e·s récemment arrivé·e·s, les personnes en situation de handicap, les personnes vulnérables, etc., afin qu’elles et ils bénéficient de mesures de soutien effectif, en appui ou en complément aux solidarités naturelles, afin que personne ne reste au bord du chemin (un domaine où l’échelon municipal est en première ligne !) ;
  • Pour les victimes de violences domestiques et de maltraitances, dont l’exigence de confinement exacerbe les risques, par un renforcement des outils de détection et d’intervention ;
  • Pour le maintien du dispositif dédié aux sans-abri ;
  • Pour un rétablissement rapide, dès que possible, du plein exercice des droits démocratiques et du fonctionnement des instances parlementaires.

A plus long terme :

  • Pour la mise en œuvre aussi large que possible de mesures de relance et d’appui des entreprises de proximité, des entreprises sociales et solidaires, des entreprises non polluantes et responsables socialement et cela sur la base des décisions déjà annoncées par les autorités fédérales, cantonales et municipales ;
  • A revoir, à la lumière du bilan de cette crise, notre préparation effective et notre anticipation des potentielles crises à venir, en termes de santé publique, d’équipements, de dépendance aux chaînes d’approvisionnement à l’étranger, de formation de personnels locaux en suffisance, etc. ;
  • Pour une révision, sur la base de ce bilan, de la manière dont les richesses sont générées, captées et redistribuées, afin que le travail ne doive pas encore et toujours porter seul la charge de l’effort collectif face au capital, aussi en tenant compte de la numérisation accrue des flux de production et de prestations que cette crise va générer, et son impact sur l’emploi ;
  • Pour une réforme durable du système de santé, vers une caisse maladie publique unique ;
  • Pour une accélération rapide du développement des outils numériques au service de l’intérêt général, sur une base transparente, éthique, sécurisée, équitable et démocratique ;
  • Pour la mise en place sans délais d’un plan climat en Ville de Genève qui permettra de faire face aux futurs défis que ne manqueront pas de provoquer les changements climatiques.

D’une manière générale, nous nous engageons, au-delà de cette crise sanitaire et de ses conséquences, à rappeler que l’urgence climatique et les inégalités sociales restent au cœur de nos préoccupations, en vue d’un monde plus juste, solidaire et durable, auquel les collectivités locales peuvent très activement contribuer.

Prenez soin de vous et de vos proches, et respectez les consignes : sortez le moins possible ! Et gardons pleinement notre soutien et nos pensées pour celles et ceux qui doivent travailler : personnel soignant et médical, pharmacies, alimentation, logistique, sécurité, nettoyage, poste, conciergeries, etc.

Ensemble nous sommes plus fort.e.s !

La grave crise sanitaire qui nous met toutes et tous à rude épreuve transforme radicalement notre quotidien, nos fonctionnements ainsi que ce que l’on croyait être des acquis individuels et collectifs, aussi bien dans notre vie privée que dans nos engagements professionnel ou politique. Cette crise exige de chacune et de chacun de s’engager pour la collectivité selon ses compétences et ses ressources ; d’autant plus quand on est élu municipal.

Évidemment, il faut d’abord et toujours honorer le travail de toutes celles et tous ceux qui sont au front ; le personnel soignant et sanitaire au sens large, y compris dans les pharmacies, mais aussi le personnel dans les magasins alimentaires et les autres secteurs nécessaires, ceux dans la logistique, la sécurité publique et privée, les transports, la poste, la voirie et le nettoyage, etc. Ces personnes n’ont d’ailleurs pas toujours des conditions adéquates de protection face à ce virus. Les employeurs privés doivent absolument prendre leurs responsabilités et renforcer leurs efforts en la matière ! Enfin, je pense qu’il faut prêter une attention particulière à celles et ceux – y compris les indépendant.e.s ou les employé.e.s précaires – dont le revenu chute brutalement en cette période.

Une crise qui exacerbe les inégalités

Comme toujours, les villes sont aux premières loges du quotidien de la population. Les règles générales ne se décident pas au niveau des communes, même pour les grandes villes; elles relèvent de la responsabilité de la Confédération, en cette période d’état d’urgence, et subsidiairement des cantons. Mais nous, à Genève comme dans les autres villes suisses, devons autant que possible adapter vite et bien notre fonctionnement pour répondre aux besoins vitaux de la population en milieu urbain.

Face à cette crise, encore plus qu’en période « normale », les conditions de travail et de confinement ne sont pas les mêmes pour tous et toutes. Lorsque l’on demande à la population de rester chez soi, une partie d’entre nous peut le faire mais pas tou.te.s ; une partie a plus d’espace ou de ressources que d’autres. Ces situations renforcent les inégalités déjà existantes ; je pense ici aux parents qui doivent faire du télétravail tout en s’occupant de leurs enfants, ou aux personnes vulnérables ou en situation précaire, que ce soit celles à faible revenu, les familles monoparentales, les sans-abri, les migrant.e.s récemment arrivé.e.s, les travailleuses et travailleurs sans engagement fixe ou sur appel, les personnes âgées seules, les personnes en situation de handicap, les personnes qui ont déjà des problèmes de santé… bref, toutes celles et tous ceux qui ont besoin de soutien. Et certaines statistiques montrent que le télétravail est accessible pour 60% des personnes à haut revenu contre seulement 9% des personnes à bas revenu, dont le métier impose une présence physique sur le lieu de travail.

Solidarité et responsabilité des collectivités publiques

Heureusement, de nombreuses solidarités naturelles se sont mises en place, dans les immeubles, dans les quartiers, via les ascenseurs ou les réseaux sociaux, etc. Le rôle d’une ville comme la nôtre doit être de soutenir et compléter ces actions autant que possible, et de veiller à ce que personne ne reste au bord du chemin. En ma qualité de membre de l’exécutif de la Ville, avec mes quatre collègues, nous sommes évidemment « sur le pont » depuis fin février, avec les collaboratrices et collaborateurs de la municipalité, pour répondre à ces besoins prioritaires.

Sur mandat du Conseil administratif, tous les services de l’administration ont établi des « plans de continuité d’activité » afin de se concentrer sur les missions vitales, en tenant compte des priorités actuelles et des absences dues aux maladies ou au soutien de proches de personnes malades ou vulnérables.

Du côté de la culture et du sport, tous les événements ont dû être annulés pour des raisons légales afin d’éviter les rassemblements. Mais cet arrêt brutal d’activités a un important coût humain et financier. Dans le département que je préside, mes équipes et moi avons agi rapidement pour accompagner cette suspension d’activités aussi bien dans les théâtres, les salles de sports et les musées, et autres festivals et évènements. Cela a impliqué des arbitrages politiques, notamment sur le maintien des subventions et des commandes, afin de préserver l’existence même du tissu culturel et sportif qui se montre encore plus créatif que jamais. Les questions sont nombreuses, car nous ne savons pas combien de temps cela va durer. Il faudra ensuite être capable de redémarrer vite et bien : l’action culturelle et sportive sera d’autant plus essentielle à ce moment, même si, aujourd’hui, cela paraît abstrait. J’ai souhaité entamer aussi sans attendre une réflexion sur les actions possibles dans ce contexte, comme renforcer l’offre des bibliothèques en ligne ou via livraison, développer l’offre culturelle en ligne comme évoqué au 19h30 de la RTS ce lundi soir, en fédérant de nombreux musées, festivals, scènes culturelles, autour du hashtag #CultureChezVous.

Un grand merci à la fonction publique municipale

Sur le plan municipal, l’enjeu est surtout de donner aux missions essentielles de la municipalité toutes les ressources dont elles ont besoin, notamment dans le domaine de l’action sociale au sens large : service minimal de garde dans la petite enfance et le parascolaire, accueil d’urgence (sans-abri et autres), plan communal de solidarité (par exemple pour les personnes seules et vulnérables, etc.). Ceci peut signifier des réaffectations temporaires de personnel municipal à des tâches indispensables, mais autres que celles exercées en temps normal, tout en préservant bien sûr leur santé et en limitant les risques au maximum. Ce dispositif se met en place ces jours, de même que l’alignement de toutes les ressources de communication au service de ces missions essentielles, des éléments de la chaîne logistique, ou des ressources informatiques (notamment pour le télétravail). Je rends hommage au personnel municipal qui est à pied d’œuvre dans cette période !

Depuis le déclenchement du dispositif municipal de gestion de crise, le Conseil administratif s’est d’ailleurs réuni fréquemment et demeure en contact permanent pour transposer les instructions fédérales et cantonales au fur et à mesure, mais aussi pour agir en tant que collectivité publique (protection du personnel et des usager.e.s, mesures de soutien à l’économie, mesures sociales auprès des plus précarisé.e.s, mais aussi découlant du confinement, mesures de soutien aux entités subventionnées, mesures de soutien aux parents pour les crèches, informations sur l’adaptation des prestations municipales, etc.). Ce travail doit se faire avec les associations et autres institutions auxquelles je rends aussi hommage.

Ensemble pour un engagement créatif et pragmatique

Cette période demande un engagement particulier, à la fois intensif, créatif, humble et pragmatique ! Et il faudra rapidement anticiper l’après-crise, car la facture humaine, sociale et économique sera colossale. Par ailleurs, il faudra en tirer aussi les conséquences sur le plan politique, concernant l’importance du service public et du tissu associatif, les revers de la globalisation, la répartition des ressources et la gestion des inégalités, la nécessité d’utiliser les technologies numériques à bon escient, ainsi que de la capacité à mieux anticiper les crises, qu’elles soient sociales, économiques, climatiques ou sanitaires.

En attendant, comme le martelait le Conseiller fédéral Alain Berset sur Instagram, Facebook et Twitter : restez chez vous le plus possible ! Ensemble nous devons tout entreprendre pour vaincre cette pandémie ! Ensemble nous sommes plus fort.e.s !

60 ans seulement! exposition d'affiches de la Ville de Genève sur l'histoire du suffrage féminin

Égalité de genre : retour aux sources

La vague de réactions qu’a suscité la féminisation des panneaux de signalisations et des noms de rues m’incite à affirmer que beaucoup disent vouloir défendre le concept d’égalité de genre aujourd’hui, mais parfois de manière assez incohérente, voire peu sincère. Parfois c’est simplement une incompréhension de ce concept ! Cet engagement doit pourtant absolument se poursuivre, de manière décidée, car le combat n’est de loin pas encore gagné.

Tant des hommes que des femmes, souvent de droite, mais parfois aussi de gauche, se sont par exemple inquiété.e.x.s de la place qui restera aux hommes suite à l’amélioration de la visibilité des femmes dans l’espace public en Ville de Genève. On peut lire, en autre : « oui…mais, gare aux excès » et « oui…mais, la manière me choque » ou encore on qualifie les projets « d’inutile et dispendieux ».

Une personnalité politique qui se reconnaîtra peut-être va jusqu’à affirmer que la visibilité donnée aux femmes ne doit pas se faire « au détriment des hommes ».

Ces réactions, révélatrices d’un état de panique irrationnel, et surtout d’une vraie peur de perdre de la visibilité et de l’espace, donc du pouvoir, me laissent tant perplexe que choqué. Elles constituent paradoxalement la preuve incontestable que ces mesures sont adéquates, utiles et nécessaires. Non suffisantes bien sûr, mais Sandrine Salerno n’a jamais affirmé autre chose que le fait qu’il s’agit d’une action symbolique dans le cadre d’une politique bien plus large de l’engagement municipal pour l’égalité et la diversité, menée depuis des années par le Conseil administratif de la Ville de Genève.

Historiquement les politiques réformistes soutenant l’existence des femmes dans l’espace public sont attaquées. Elles dérangent car elles remettent en cause la socialisation genrée de nos sociétés, tellement intégrée dans les mentalités que trop de gens ne s’étonnent pas du tout de la place substantielle accordée aux hommes dans plein de domaines et de l’invisibilisation des femmes qui en résulte.

Il y a à peine plus de 60 ans le vote des femmes semblait inconcevable en Suisse. Il y a encore un peu moins de 20 ans, un exécutif sans membres féminins n’aurait choqué personne. De même, au début dans années 2000, le pourcentage de femmes cadres restait négligeable.

C’est grâce à des politiques volontairement genrées et des réponses systémiques – changements législatifs, quotas sur les listes, suivi des carrières féminines, encouragements à s’investir, valorisation des temps partiels, solutions de garde pour les enfants, etc. – que la situation commence à s’améliorer.

Pour chaque poste à responsabilité à repourvoir, chaque rue à nommer et chaque personne à élire, il existe une femme qui est aussi engagée, capable et expérimentée qu’un homme. Antonio Hodgers, en tant que responsable du Département en charge de la nomenclature des rues, rappelait lors de la conférence de presse que l’argument disant « Oui mais il n’y a pas assez de femmes connues pour nommer des rues à leur nom » tombait très vite si on menait une recherche adéquate. C’est de notre responsabilité collective de créer des structures d’opportunités non biaisées pour permettre ce changement.

En ce 8 mars 2020, il faut rappeler que l’égalité de genre est une revendication réparatrice essentielle qui nécessite une redistribution du pouvoir entre les femmes et les hommes. Ce changement de paradigme peut faire peur à certains mais je suis confiant que, malgré les réticences, c’est la voie à suivre et c’est la voie qui sera suivie. Les femmes comme les hommes ont en réalité tout à y gagner, à ouvrir leur champ des possibles.

On doit concevoir le renforcement de la position des femmes dans notre société et la réalisation de l’égalité de genre comme un rééquilibrage nécessaire et salutaire pour notre Ville et c’est dans cet esprit que ma collègue Sandrine Salerno et moi avons travaillé ensemble durant les deux dernières législatures. C’est dans ce cadre que sont nés la Semaine de l’Egalité (actuellement en cours, 10ème édition !), le plan d’action Genre & sport, les différentes campagnes de lutte contre le sexisme, le plan de lutte contre le harcèlement de rue, mais aussi que des soutiens ont pu se développer, comme celui au Festival Les Créatives, tellement important sur la scène culturelle. Citons également les actions spécifiques menées par Sandrine Salerno en tant que Maire, comme cette collaboration avec le collectif l’Escouade autour des noms de rue. Tout ceci et nombre d’autres actions, s’inscrivent dans une politique municipale de promotion de l’égalité et de la diversité qui a été exemplaire et novatrice en tant que collectivité publique et qui l’est toujours.

En cette journée internationale des femmes, je m’engage à continuer de mener ce combat pour l’égalité entre femmes et hommes en Ville de Genève lors de la législature 2020-25, avec un esprit ouvert et plein d’espoir.

Je souhaite un magnifique et combatif 8 Mars à vous tout.e.x.s

 

Nous avons la responsabilité d’offrir la possibilité d’un avenir à chaque enfant

Le lundi 13 janvier, un groupe de militant.e.s et des jeunes mineurs non-accompagnés sans domicile fixe, ont investi la Maison des arts du Grütli. Un geste destiné à attirer l’attention sur une problématique trop longtemps ignorée, ou tout cas largement sous-estimée. Un geste un peu désespéré face à une situation inacceptable, voyant des adolescents mineurs dormir dans la rue ou dans des conditions qui ne pouvaient plus durer.

Une occupation qui a réussi. Elles et ils ont réussi à attirer l’attention sur la situation de ces jeunes, dont le statut est clairement protégé par la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant, dont nous venons de marquer les 30 ans en novembre 2019. Vendredi, grâce à l’engagement exceptionnel des équipes de la Ville de Genève (mon département et celui de ma collègue Esther Alder, en charge de l’action sociale), avec l’appui précieux d’Olivier Baud, ancien secrétaire général de la FOJ comme expert et médiateur, nous avons pu trouver un lieu temporaire sûr où dormir pour ces jeunes gens, et leur éviter de dormir à la rue. Ils ont pu être officiellement enfin enregistrés au SPMI. Une rencontre a pu être agendée avec la Délégation compétente du Conseil d’Etat.

Mais ce n’est aucunement une solution. Si l’occupation a pris fin, ce qui est en soi positif car le Grütli n’était certainement pas un lieu adéquat pour héberger des mineurs dans la durée, nous restons mobilisés pour qu’il leur soit proposé un encadrement pédagogique et des lieux d’hébergement adaptés et durables. Comme cela a toujours été précisé, et alors que la Ville fournit déjà un effort de plus 12 millions de francs par année pour l’accueil d’urgence des sans-abris, l’enjeu des MNA est clairement du ressort des autorités cantonales. Le Collectif a démontré sa détermination à faire avancer cette cause et sa volonté à travailler de concert pour trouver des solutions. J’espère vivement que le Conseil d’Etat saura la saisir au bond, prendre ses responsabilités et mettre les moyens nécessaires pour que plus aucun jeune mineur ne se retrouve laissé à lui-même.

Une position qui est d’ailleurs valable aussi bien pour les migrant.e.s que pour toutes et tous les jeunes qui habitent à Genève. L’enjeu n’est pas seulement un logement décent, besoin existentiel pour tout être humain, mineur ou pas. La formation est une étape qui détermine souvent toute notre vie. Il est de notre responsabilité de contribuer à leur donner la possibilité de se construire un avenir.

(photo Jasmine Caye)

Le Léman Express : essentiel et bienvenu. Mais insuffisant !

La densité de trafic automobile à Genève devient franchement inquiétante. Elle a des conséquences négatives sur tous les plans : sur l’environnement bien sûr, mais aussi sur la santé, l’économie, la qualité de vie. La nécessité d’inverser le cap paraît évidente mais cette surcharge semble s’aggraver et s’installer dans la durée. Le Léman Express qui devient enfin réalité dans une semaine va certainement améliorer la situation, mais sera-ce suffisant ? De loin pas ! Il faut imaginer et concrétiser une histoire ambitieuse et positive pour notre transformation urbaine !

 

Ce dimanche le réseau du Léman Express sera enfin inauguré, plus de 100 ans après ses prémisses. Il apportera certainement une contribution précieuse au transfert modal de la voiture privée vers les transports publics. Le Léman Express contribuera à diminuer la charge de trafic mais cela ne suffira de loin pas ! Ce n’est que le premier pas d’un nécessaire développement de l’offre ferroviaire régionale afin d’avoir un réseau complet et dense digne de ce nom. Car le changement d’habitudes ne se fera que si des solutions efficaces et abordables sont proposées. Et ce n’est qu’à cette condition que, parallèlement, il sera légitime de prendre des mesures coercitives de réduction du trafic individuel motorisé. Car la prise en compte de l’urgence climatique ne pourra se faire que dans la justice sociale. Le mouvement des gilets jaunes en a témoigné !

Un Comité unitaire pour soutenir le projet CEVA

En 2004, je siégeais au Grand Conseil en tant que député socialiste. Une époque où pratiquement personne – en dehors d’un petit cercle de passionné-e-s – ne parlait de ce qui allait devenir le CEVA (devenu « Léman Express »). Avec Gabriel Barrillier, alors député du Parti radical (devenu PLR) et secrétaire général de la Fédération genevoise des métiers du bâtiment (FMB), nous avons décidé de créer un Comité unitaire afin de défendre et promouvoir ce projet. Comme Robert Cramer le racontait encore récemment dans le Temps, le projet de raccordement ferroviaire Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse a failli ne jamais ressortir de l’oubli total où il se trouvait. Lui-même a compris l’enjeu bien avant d’autres élues et élus de l’époque. Il a ensuite fait preuve d’opiniâtreté et de talent pour transformer une utopie en une réalité politique et institutionnelle, puis opérationnelle.

Mais il fallait aussi rassembler un front large autour d’une idée ambitieuse, surtout à Genève où les dossiers des transports ont une fâcheuse tradition à polariser le monde politique. Ce Comité Pro CEVA a rassemblé tous les partis de l’époque sans exception, les organisations économiques et syndicales, le TCS et l’ATE, sans oublier le rôle clé de l’association Alprail et de son infatigable promoteur, Sig Maxwell, décédé il n’y a pas si longtemps.

Sous la coprésidence de Gabriel Barrillier et la mienne (puis avec Elisabeth Châtelain, députée socialiste, qui m’a remplacé), nous avons ainsi pu créer un front très large en soutien au projet. Une mobilisation qui s’avérera précieuse par la suite, lorsqu’il fallut faire face aux vents contraires, aussi bien pendant les débats parlementaires que, surtout, dans l’opinion publique.

Réseau ferroviaire régional : encore beaucoup à faire !

15 ans plus tard, le Léman Express va être inauguré, ce dimanche 15 décembre 2019. J’entends encore maintenant certaines voix prétendre qu’il sera vide. Je fais le pari qu’il sera vite saturé ! A chaque voix qu’une nouvelle offre ferroviaire régionale efficace et de qualité a été mise en place dans notre région, les trains ont été vite pleins, même lorsque les parkings-relais (P&R) n’étaient pas encore disponibles. Cela a été valable aussi bien entre Genève et la Plaine qu’entre Genève et Coppet, ou chez nos voisins entre Evian-Thonon et Annemasse.

Aujourd’hui, le Léman Express n’est pas l’aboutissement d’une démarche ; c’est un premier pas, certes important, mais largement insuffisant. Le prochain chantier de grande ampleur sera l’extension de la gare Cornavin avec 2 puis 4 voies souterraines supplémentaires, chantier que certains contestent encore au nom d’une vision passéiste du transport régional. Faut-il rappeler que, pendant que certains esprits frondeurs bien genevois s’amusent à couper les cheveux en 4 juste pour exister, les autres cantons avancent et obtiennent des soutiens fédéraux ?

Pour le réseau régional, nos voisins français doivent accélérer la mise à niveau de ce réseau sur le plan technique et sur le plan de l’offre, par exemple pour améliorer la desserte sur Annecy, ou, en collaboration avec la Suisse, rétablir une liaison complète sur la rive sud du Lac Léman (la liaison dite du Tonkin). Il devient également impératif de prévoir une réelle offre ferroviaire sur l’Ouest du Canton, vers le pays de Gex, plusieurs options étant possibles. Et sur le territoire genevois, des plans existent heureusement, par exemple pour créer une halte à Châtelaine, créer une connexion directe entre l’axe en provenance d’Annemasse et l’aéroport et une tangente vers l’aéroport depuis la Suisse, ainsi qu’une liaison ferroviaire diamétrale telle qu’annoncée par le Canton. A ces projets ferroviaires indispensables et urgents s’ajoute la nécessité d’accélérer la réalisation des projets de tram.

Des mesures drastiques de réduction du trafic automobile, socialement équitables

Encore qui concerne le trafic automobile, rappelons 4 chiffres :

  1. Un bon tiers des véhicules privés en circulation à Genève font en moyenne moins de 3km pour leurs déplacements.
  2. 95% des 600’000 passages quotidiens de la frontière avec la France se font en voiture.
  3. Pendant les vacances scolaires on considère qu’il y a 7 à 10% de véhicules en moins qui circulent, et l’effet est déjà très net sur la situation dans les rues.
  4. Plus de 40% des ménages de la Ville de Genève n’ont pas (ou plus) de voiture (dont moi d’ailleurs).

Il faut un programme ambitieux de réduction du trafic automobile classique en ville, avec des mesures à la fois dissuasives et incitatives. La dissuasion passe notamment par une réduction massive des nombres de places de stationnement, une augmentation substantielle des taxes sur les véhicules les plus puissants et les plus polluants (en attendant leur interdiction), l’instauration d’un péage urbain, entre autres. Mais il est impératif d’accompagner ceci de mesures fortes et crédibles pour aider à la transition et éviter un impact social rédhibitoire. Il faut envisager des incitations financières sur la conversion vers des moyens de transport individuel moins polluants (vélo, vélo à assistance électrique, voire même scooters électriques), ainsi que les réseaux d’auto-partage (à motorisation alternative) et une baisse des tarifs des transports publics, voire la gratuité ciblée (enfants et jeunes, seniors, personnes en recherche d’emploi…). Les outils numériques faciliteront de plus en plus ces approches, s’ils sont utilisés de manière transparente, accessible et éthique. Le produit du péage et des taxes susmentionnées doit servir à financer ces mesures qui entraîneront de toute manière à terme des économies importantes, directes et indirectes.

Une évolution forte de notre organisation sociale et urbaine !

De plus, il faudrait imaginer des mécanismes fortement incitatifs pour soutenir les entreprises dans une approche plus créative et flexible de l’organisation du travail (possibilité de varier ses horaires, télétravail, lorsqu’on en a la possibilité et que c’est un choix), bien accompagnée en termes de protection des droits du travailleur / de la travailleuse et qu’un suivi adéquat est mis en place.

Il y a une attention particulière à accorder au transport professionnel sous toutes ses formes, à la fois pour faciliter ses besoins lorsqu’il est légitime, tout en favorisant une transition du trafic croissant de livraisons dues aux achats en ligne sur des véhicules moins polluants. Le nombre de camionnettes est en effet en train d’exploser en Suisse. Prendre des mesures pour relocaliser le commerce est ainsi tout autant une mesure écologique qu’économique, en favorisant un commerce de proximité.

Au niveau du trafic, à court terme, il faut passer rapidement toute la ville en zone 30 km/h (ce qui entraînera déjà une baisse significative du bruit et des risques), et multiplier massivement les zones piétonnes ou à priorité piétonne dans les cas où le passage de véhicules reste indispensable. En attendant, un passage au 30 km/h généralisé la nuit, comme dans les villes vaudoises, et comme je l’ai moi-même proposé pour Genève, serait un premier pas important vers moins de nuisances de bruit, très néfastes pour la santé !

Une amélioration réelle de la qualité de vie pour toutes et tous, sans exception !

Enfin, cette évolution doit impérativement s’accompagner d’une réelle amélioration visible et mesurable de la qualité de vie pour toutes et tous : moins de bruit, moins de nuisances, plus d’espaces urbains accessibles et conviviaux, des activités collectives dans l’espace public, ce qui passe aussi bien par un aménagement urbain offensif et ambitieux qu’une promotion active de l’occupation positive de l’espace public (culture, proposition sociales, sportives, animations, …), pour toutes les catégories de la population, qui peut bénéficier pleinement de ces améliorations ! Ces mesures doivent s’inscrire dans une histoire convaincante et séduisante, qui fasse envie à une majorité ! La transition climatique ne se fera que si elle est socialement juste, souhaitée et vécue positivement !

 

« Nous, saisonniers, saisonnières… » : devoir de mémoire et acte de mobilisation

La Ville a inauguré, ce mardi 29 octobre, au Commun du Bâtiment d’art contemporain, une exposition très forte, consacrée aux saisonnières et saisonniers à Genève, exposition visible jusqu’au 24 novembre. L’impulsion pour ce projet provient d’une motion votée à une large majorité par le Conseil municipal de la Ville de Genève en septembre 2014, sur la base d’un texte déposé à l’origine par le groupe socialiste.

Cette exposition résulte de la mobilisation de compétences et de talents aussi bien historiques qu’artistiques, avec l’alliance du Collège du travail, des Archives contestataires et du Collectif Rosa Brux, afin de rendre hommage à ces femmes et ces hommes, tout en leur donnant la parole. Les historiennes et historiens documentent, analysent, mettent en perspective, et les artistes nous incitent à voir les choses autrement, nous bousculent parfois, amènent un regard décalé et créatif.

Genève est souvent citée comme berceau des droits humains, un lieu au service du dialogue pour la paix et le progrès, un carrefour des idées et des talents. C’est incontestablement aussi une cité multiculturelle, et j’aime la comparer à une belle mosaïque, très riche, avec plus de 40% de résident-e-s étranger-e-s de tous horizons, et 70% de personnes titulaires d’au moins une autre nationalité. Pourtant, il faut également faire face au revers de la médaille, aux faces sombres de notre histoire, aux manquements, aux iniquités et autres inégalités que Genève a couvertes et même souhaitées, dans le cadre d’une politique suisse de l’immigration qui reste une des plus restrictives d’Europe.

Comme le disait Tahar ben Jelloun : « On est toujours l’étranger que de quelqu’un. », une citation tirée du Racisme expliqué à ma fille. Des générations d’étrangers, à Genève, se sont succédées et ont été différemment étiquetées et traitées. Bien vus et acceptés, lorsqu’ils étaient fortunés et lettrés, ou au contraire stigmatisés et filtrés. C’est l’histoire même des migrations. Durant la deuxième partie du 20ème siècle la Suisse a décidé de faire appel aux personnes venant d’Italie, puis d’Espagne, du Portugal, d’ex-Yougoslavie…

L’exploitation du travail humain n’est pas en soi une rareté, malheureusement, dans notre monde, hier et aujourd’hui, bien au contraire. Ce qui est particulièrement choquant dans l’histoire des saisonnières et des saisonniers, c’est ce statut officiel, le système inique mis en place. Parce qu’il s’agit bien d’un système, voulu et assumé, ancré dans des lois et des dispositifs formels, qui ne considère plus les personnes comme des êtres humains à part entière, mais réduits à des outils de production. Max Frisch l’a tellement bien dit avec sa célèbre phrase : « Nous attendions des bras et ce sont des hommes qui sont venus. » C’est particulièrement choquant que l’on puisse imaginer des hommes et des femmes non pas pour ce qu’ils et elles sont mais uniquement pour une petite partie de leur être, leur dimension purement productive. A Genève, dans les années 70, on comptait jusqu’à 10’000 titulaires de ce permis, chiffre qui redescendait brutalement dans les années de basse conjoncture, la Suisse « exportant » ainsi le chômage vers les pays d’origine[1].

L’exposition concilie des éléments « objectifs », issus des archives, avec toutes les traces « formelles » laissées par l’histoire, les documents administratifs, les affiches, etc., et la parole des concerné-e-s ou de leurs enfants et petits-enfants, sans oublier un formidable matériel photographique très marquant. Ainsi on donne, tardivement certes, la parole à ceux et celles qui, à l’époque, n’avaient aucun droit à la parole.

En ma qualité d’élu municipal en charge de la culture, j’ai tenu à soutenir très activement cette démarche, car il s’agit d’une formidable contribution à la fois artistique et historique pour générer et diffuser ce travail de mémoire. Cette exposition est nécessaire, même si c‘est un acte modeste face au poids de cette histoire. Ce pan de notre histoire, nous devons y faire face, pour ne pas infliger de double peine à celles et ceux qui ont subi ce statut imposé. Double parce qu’ils et elles ont été une première fois niés quand ils subissaient ce statut et travaillaient dans l’ombre et au noir. Les cantonner dans l’oubli, c’est la deuxième peine.

Pour toutes celles et tous ceux qui se retrouveront dans cette histoire, pour toutes celles et tous ceux qu’elle renforcera dans leur volonté de lutter pour que les droits humains, et pour tous ceux et toutes celles, plus jeunes peut-être, qui découvriront la vie des saisonniers et des saisonnières à Genève, je rends hommage aux porteurs de ce projet, mais également aux artistes et historien-ne-s qui s’y sont impliqué-e-s, et bien évidemment aux saisonniers et saisonnières ou enfants de saisonniers et saisonnières qui ont accepté de témoigner.

Exposition "Nous saisonnières, saisonniers"
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[1] « 1970- 2009: 40 ans d’observation conjoncturelle à Genève », OCSTAT, Genève, 2010

 

Le budget de la Ville, un acte politique et des choix

Avec sa proposition de budget 2020 pour la Ville de Genève, dans la continuité de l’engagement solidaire et responsable pour lequel il a été élu, le Conseil administratif a tenu à marquer sa volonté de soutenir activement les politiques publiques essentielles à notre Cité, notamment en matière sociale, familiale, culturelle et sportive.

Ainsi, outre des moyens conséquents pour la petite enfance (poursuite de l’effort nécessaire pour augmenter l’offre de places en crèche), pour les sans-abris et autres personnes précarisées, pour les associations qui se battent pour l’égalité entre femmes et hommes, pour le plan de lutte contre le harcèlement de rue, le Conseil administratif a introduit dans ce budget la dernière tranche d’augmentation de la subvention nécessaire au fonctionnement de la nouvelle Comédie qui ouvrira ses portes et ses scènes en 2020 à la Gare des Eaux-Vives.

Un budget pour la nouvelle Comédie

Au budget 2019, le Conseil municipal avait accepté la première tranche d’augmentation, qui se montait à 2.5 millions ; cette fois, il s’agit d’un montant de 4.3 millions, afin d’arriver à un montant global de 12.58 millions de soutien public nécessaire afin que cette institution puisse pleinement concrétiser ses missions en matière de création théâtrale et se mettre au niveau des institutions suisses et européennes de référence. Je précise néanmoins que l’apport public restera plutôt dans le bas de la fourchette en comparaison avec d’autres institutions comparables en Suisse, à Lausanne, Berne, Zurich ou Bâle.

L’éclosion de la nouvelle Comédie représente un engagement très fort de notre Cité pour la culture en général, pour le rayonnement culturel de Genève, et pour la vie d’un nouveau morceau de ville tel qu’il se dessine aux Eaux-Vives. Mais elle doit être aussi le catalyseur de nouveaux liens approfondis entre le riche terreau culturel genevois et un public renouvelé. Enfin, précision d’importance, cette augmentation a pu se faire sans devoir couper ailleurs dans les budgets culturels, ce qui n’est pas la moindre des choses, au vu des craintes légitimes qui avaient été émises.

Il aurait également été légitime que le Canton participe à cette aventure et des signaux positifs ont été émis par le Conseil d’Etat entré en fonction en juin 2018 (Discours de St-Pierre, Programme et de législature, projet de Message culturel), malheureusement pas encore suivis d’effets concrets. Tôt ou tard, le Canton devra enfin assumer ses responsabilités dans ce domaine !

Reste à souhaiter que le Conseil municipal accepte à son tour de voter ces moyens ; je suis confiant dès lors que la majorité des groupes reconnaît l’enjeu. De plus, aussi bien les votations référendaires de 2016 et 2017 contre les coupes dans les budgets culturels, que le vote massif en faveur de l’initiative populaire pour une politique culturelle cohérente et concertée le 19 mai 2019 (83% de oui !), montrent bien l’attachement profond des Genevoises et des Genevois à une politique culturelle ambitieuse, diversifiée et inclusive. Je saisis l’occasion pour rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui se sont battus avec beaucoup d’énergie et d’assiduité pendant des décennies pour que ce projet se réalise, notamment au sein de l’Association pour la Nouvelle Comédie (ANC) et de la Fondation d’art dramatique, et aux directions successives de la Comédie, qui ont su faire vivre cette institution à son adresse actuelle au Boulevard des Philosophes malgré ses limites structurelles, tout en s’engageant activement sur le chemin de la nouvelle Comédie. La codirection actuelle, Natacha Koutchoumov et Denis Maillefer, en fonction depuis l’été 2018, ont pris le relais de cet engagement collectif et s’engagent très concrètement avec beaucoup de talent et d’énergie pour réussir cette formidable mue !

Un engagement accru pour la culture

Dans ce projet de budget 2020, le Conseil administratif a aussi intégré d’autres de mes propositions, comme un soutien accru à la belle scène de théâtre pour petits et grands enfants, le Théâtre Am Stram Gram, mais aussi les Cinémas du Grütli qui jouent un rôle essentiel pour faire vivre le patrimoine cinématographique, les deux festivals de cinéma qui contribue activement au rayonnement de Genève comme ville de culture, de cinéma, de droits humains et d’innovation numérique, le FIFDH et le GIFF. Il y aura des moyens accrus pour les ensembles de musique classique, le festival Antigel et le MAMCO, un des piliers de la rénovation prochaine du Bâtiment d’art contemporain (BAC).

Un engagement pour le sport : développement et nouvelles infrastructures

Et le sport n’est pas en reste puisqu’après avoir annoncé deux soirées ouvertes au public à la Piscine des Vernets et au vu de l’ampleur de la demande en natation, le projet de budget prévoit les moyens pour deux soirées ouvertes au public à la Piscine de Varembé, de même que les moyens pour exploiter l’espace rénové où se trouve le Boulodrome, le mur de grimpe et les cabines de squash. Par ailleurs, un fonds spécifique dédié aux mesures du Plan Genre et Sport, prévoyant de renforcer la place légitime des femmes dans le sport, est inscrit dans le projet de budget.

Cela me permet de rappeler que, hors budget de fonctionnement, l’effort en matière de sport s’exerce beaucoup  sur le plan des investissements puisque les crédits pour plusieurs gros projets seront bientôt déposés au Conseil municipal : Centre sportif des Eaux-Vives, Maison du Sport à Vernier, et Halle couverte de tennis à Vernier.

Renforcer le service public, face aux défis d’aujourd’hui et de demain !

Plus largement, j’insiste sur le fait que Genève, ville-centre d’une agglomération transfrontalière de près d’un million d’habitantes et d’habitants, et 2ème ville de Suisse, ville internationale, fait face aujourd’hui et demain à des défis considérables. Comme dans d’autres agglomérations en Suisse ou ailleurs, nous constituons à la fois le moteur d’une région, le centre économique, social et culturel de la vie collective, mais aussi par conséquent le réceptacle principal d’attentes importantes et nombreuses, avec de fortes charges de ville-centre, dans un monde qui change rapidement et se complexifie. Les inégalités sociales se creusent, le changement climatique constitue une urgence avérée qui a des impacts à brève échéance, la transition numérique s’accélère et concerne directement le service public, la diversification du tissu économique et de l’innovation  doit être renforcée afin de préserver une prospérité durable et partagée, et nous devons tenir compte de contraintes budgétaires et de charges difficilement compressibles.

Après deux législatures marquées par une droite dure destructrice et incompétente, il est indispensable de redonner à notre Ville une majorité constructive et progressiste au Conseil municipal, lors des élections municipales en mars et avril 2020.

La transition numérique, au service des villes durables ?

Mon année de mairie qui se termine fin mai 2019 a été dédiée aux enjeux du numérique d’un point de vue de la vie urbaine (administration  en ligne, outils participatifs, open data, citoyenneté numérique, démocratisation culturelle, etc.). C’est dans ce cadre que j’ai demandé à l’Unité Information et Communication de la Ville de réaliser une série de petits films documentaires en format vidéo qui thématisent ces enjeux. Parmi ceux-ci, un en particulier concerne le coût écologique du numérique et de l’explosion de la consommation dans ce domaine. Car le numérique n’est pas en lui-même une solution aux problèmes de l’environnement. Il aurait même plutôt tendance à causer des problèmes supplémentaires, quand on pense à l’exploitation des terres rares ou aux impacts des serveurs en matière énergétique, entre autres.

Ceci étant, ce serait une erreur de « jeter le bébé avec l’eau du bain », en quelque sorte : la transition numérique est une réalité incontournable. Autant l’orienter de manière à ce qu’elle soit écologiquement et socialement supportable, voire qu’elle contribue réellement à un monde meilleur, plutôt que d’en accentuer les tendances centrifuges et destructrices. Lorsqu’il est question de numérique, le débat est facilement éclaté entre de nombreuses dimensions perçues comme distinctes, difficiles à aborder de manière cohérente, globale et compréhensible.

Le numérique des villes

Dans ce contexte, je suis convaincu que les villes ont un rôle crucial à jouer. J’ai d’ailleurs initié une Journée du numérique des villes genevoises, qui aura lieu demain, vendredi 24 mai. Car non seulement les villes sont directement au contact quotidien avec la population, elles offrent des prestations de proximité, elles œuvrent à résoudre les problèmes très concrets du quotidien, localement. Mais en plus, je suis convaincu que les villes peuvent faire ce que les Etats échouent pour l’instant à mettre en place, bien malheureusement. Car les villes ne sont pas engoncées dans les enjeux géostratégiques des nations. Les villes sont à même de mobiliser les intelligences collectives, de catalyser une intelligence pratique qui puisse réunir les énergies au-delà de l’action de l’administration, fédérer les mobilisations et catalyser l’innovation au service de toutes et tous.

Proposer une vision critique, locale et démocratique

Les villes peuvent, avec leurs partenaires, contribuer à ce que le monde numérique soit démocratisé et doté de règles transparentes et partagées, ne dérive pas uniquement vers des usages mercantiles ou sécuritaires, et soit purgé de manipulations par des algorithmes opaques et suspects.

Genève est une ville internationale dont la tradition en matière humanitaire n’est plus à prouver. J’aimerais que nous puissions offrir le même espace pour les questions liées au numérique : proposer un regard critique, éthique, citoyen, participatif et accessible sur ces questions. Les enjeux qu’il faut aborder de manière transparente et créative sont nombreux : mettre en avant l’ouverture contre l’accaparement des données et des logiciels, lutter pour la neutralité et l’accessibilité, valoriser les processus ouverts, l’open data et l’open source, plutôt que le cloisonnement propriétaire et commercial. La défense de cette liberté démocratique et partagée est une lutte que nous devons mener et je pense, je le souhaite en tant que Maire, que Genève doit devenir le lieu de référence sur le plan mondial de la lutte pour la garantie de ces principes. Nous avons tout intérêt à allier ressources et compétences locales et internationales, comme le fait par exemple Open Geneva.

Deux projets pour Genève

Dans ce contexte, outre les projets concrets de transition numérique (enfin !) touchant l’administration municipale dans son fonctionnement  et dans sa relation avec les citoyennes et citoyens, je porte deux projets qui me semblent pertinents et importants :

–          Créer une véritable « université populaire du numérique », sous forme de mise en réseau des nombreux acteurs qui s’engagent de près ou de loin pour démocratiser le monde numérique et défendre une approche inclusive et accessible ; une telle structure doit être ouverte, collaborative, horizontale, agile.

–          Créer une fondation sur le plan de la Genève internationale qui aurait pour mission de favoriser l’Open source, l’Open data, la mise en commun des données et la protection de l’identité numérique de chacun.

Pour une transition durable

Car quoi qu’il en soit, nous avons besoin de réfléchir autrement. C’est une évidence. Nos pratiques anciennes nous mèneront dans un cul-de-sac. Nous devons impérativement aujourd’hui trouver le moyen de se fabriquer une sortie. Et pour cela les nouvelles générations nous montrent la voie. La transition numérique ne représente pas une panacée mais, bien apprivoisée et mobilisée, elle constitue un espace précieux pour nous soutenir vers une transition écologique qui soit aussi socialement supportable et durable.

Le « magic » tour de passe-passe des CFF

A l’heure où Greta Thunberg a provoqué une prise de conscience mondiale sur l’importance de la transition écologique. Alors qu’une large tendance se dessine, que ce soit au niveau communal, cantonal ou fédéral, pour favoriser la mobilité douce et les transports publics. Alors que les axes autoroutiers sont systématiquement bouchés aux heures de pointe (regardez Genève-Lausanne ou le contournement autoroutier de Genève). Eh bien à ce moment crucial, les CFF voient leur échapper une étude digne d’un « magic » tour de passe-passe…

Révélée suite à une fuite, cette étude laisse entendre que les CFF veulent augmenter le prix de l’abonnement général, le jugeant « pas assez rentables »… Faut-il rappeler que l’abonnement général 2ème classe annuel coûte tout de même 3860.-, ce qui implique déjà de beaucoup prendre le train.

On peut se poser plusieurs questions face à cette annonce de hausse de 10% du prix de l’AG et même de 45% (!!!) pour l’AG junior.

La première interrogation est de constater que si les CFF sont maintenant une entreprise, ils restent une entreprise en mains publiques, avec une mission de service public : permettre à la population de se déplacer et le faire en respectant l’environnement, car le train rejette beaucoup moins de CO2 que le transport routier. Sauf erreur, ce but de protection de l’environnement n’est pas remis en question par le Conseil fédéral ou par la majorité des Chambres fédérales.

La seconde consiste à regarder l’actualité : un nouveau modèle fait maintenant fureur au niveau des stations de ski, le « magic pass ». Celui-ci correspond à une baisse massive de prix en lien avec un achat précoce d’un forfait annuel global pour l’ensemble des stations. On constate, après 3 exercices, que le nombre de journées/skieurs a massivement augmenté et que l’opération est globalement rentable, notamment avec les retombées indirectes. Pourquoi les CFF s’ingénient-ils donc à vouloir proposer des solutions d’un autre temps, basées sur un calcul de rentabilité simplet pour chaque proposition tarifaire, et pas sur du « mobility pricing » intelligent et qui facilite la mobilité douce ?

A l’heure où la qualité des prestations des CFF peinent à suivre (il suffit de prendre régulièrement l’axe Genève-Lausanne-Berne-Zurich pour le constater) et où le train a le vent en poupe, c’est au contraire un abonnement annuel beaucoup moins cher, et en particulier pour les jeunes, qui devrait être proposé. Un sésame que chacune et chacun aurait en poche, sans trop se demander si aller 3 fois par semaines à Lausanne suffit à rentabiliser un AG (ce n’est actuellement pas le cas).

Bref, les CFF nous sortent un « magic » tour de passe-passe, qui montre qu’ils n’ont pas bien pris la mesure de la transition écologique, ni des solutions dynamiques à mettre en place. Mais ce n’est qu’une étude. Tout n’est sans doute pas perdu…

 

Les médias ont besoin de colibris

Ces jours, plusieurs personnalités genevoises ont lancé un appel public au Conseil d’administration de la RTS, critiquant le projet de transfert de tout le secteur de l’Actualité de Genève à Lausanne, sur le nouveau site « Campus » de la RTS. Selon la RTS, ce projet permettrait de concrétiser le principe de la SSR d’économiser plutôt sur les surfaces que sur les emplois. Cette situation illustre les contradictions des Chambres fédérales, ou du moins de nombreux de ses membres, qui adoptent une attitude paradoxale, en exigeant des économies drastiques de la part de la SSR, tout en refusant leur mise en œuvre, et alors que les mêmes Chambres s’ingénient à brimer les sources de revenus et à faciliter la vie des concurrents privés directs, notamment étrangers. Cette équation ne pourra pas fonctionner, ou alors au détriment justement des médias de service public. Ce serait le comble que certains des partisans de No Billag atteignent ainsi leurs objectifs grâce à une partie de ceux et celles qui les ont combattus !

Ce débat est un exemple parmi d’autres de ce qui se passe malheureusement lorsqu’il s’agit de média et de leur avenir dans ce pays, à savoir une attitude réactive, de cas en cas, et sans vision globale. En septembre 2018, j’avais initié à Genève une journée de réflexion, #ACTmédia, afin d’aborder de manière élargie les enjeux de l’avenir des médias, aussi sur le plan global que sur le plan local. A cette époque, nous faisions face à l’avant-projet de Loi sur les médias électroniques (LME), initié par l’Office fédéral de la communication. Ce projet suscitait de fortes critiques de tous bords mais avait au moins le mérite de concrétiser un réel débat sur le plan fédéral, suite à la votation No Billag. Depuis, ce projet semble parti aux oubliettes, avec le changement à la tête du Département fédéral concerné. La journée #ACTmédia avait, bien évidemment, confirmé à quel point ce débat est à la fois essentiel et complexe, et qu’il comporte aussi des risques, mais que cette complexité ne doit pas empêcher d’agir. Deux rapports établis dans le cadre de cet événement par MM. Lo Verso et Nappey ont par ailleurs confirmés que des solutions existent et resserré la réflexion autour d’elles.

L’une des questions abordées ce jour-là est celle du rôle d’une collectivité locale, comme par exemple la Ville de Genève. En apparence, nous pourrions dire que nous ne sommes pas concernés, ou que nous ne pouvons rien faire. Je suis intimement persuadé du contraire. Je vais donc tenter de résumer de manière forcément télégraphique ce qui me semble devoir être la position d’une Ville comme la nôtre, en 10 points :

1.         En tant que Ville, Genève a un rôle à jouer et une responsabilité à assumer pour contribuer à soutenir une presse diversifiée, indépendante et accessible, notamment sur le plan local mais aussi sur les plans régional et fédéral. C’est toutefois une responsabilité qui doit être partagée avec d’autres collectivités publiques.

2.         Dans le cadre de la diversité du fédéralisme suisse, Genève tient à faire valoir son identité spécifique de ville internationale et multiculturelle, ville frontière, ville de finance et de culture. Genève tient donc à rester un pôle fort en matière d’activité médiatique, aussi bien locale que régionale, national et internationale, et la Ville doit s’engager activement dans ce sens.

3.         Au vu des particularités de Genève, une attention particulière doit être accordée, à travers toute mesure engagée, à la Genève internationale, à la fois pour favoriser son ancrage local, sa valorisation sur le plan national et son positionnement sur le plan international.

4.         Au vu de l’évolution des technologies et des pratiques, il nous faut être est favorable à une saine complémentarité des différents vecteurs de diffusion (print, radio, tv, net) et non pas à une concurrence stérile et destructrice. La préservation de journaux imprimés n’est pas un but en soi mais un axe complémentaire dans le cadre d’une stratégie plus large.

5.         La Ville de Genève doit entrer en matière sur les outils d’aide directe, à certaines conditions. Sur le plan municipal cela consisterait notamment à orienter les moyens affectés aux annonces (soit entre 600 et 800’000 francs par an, tous médias confondus) en fonction de critères à définir et à évaluer la pertinence de maintenir sous sa forme actuelle le magazine municipal « Vivre à Genève ». Il est toutefois nécessaire de prévoir une démarche plus large en matière d’aide directe, la Ville ne pouvant agir entièrement seule (cf. point 7).

6.         Par conséquent, la Ville de Genève doit forcément être aussi favorable aux outils d’aide indirecte. On pourrait imaginer, par exemple, le financement d’abonnements pour les jeunes ayant atteint leur 18ème année ou la gratuité des caissettes. D’autres mesures doivent être évaluées, par exemple pour soutenir les activités d’imprimerie, la formation ou l’accessibilité aux contenus numériques de qualité.

7.         Sur le plan régional une démarche conjointe avec les villes et cantons romands doit être initiée pour évaluer des outils d’aides à la presse, en particulier sur le plan lémanique, région durement touchée par les restructurations. Mon collègue lausannois Grégoire Junod, syndic de Lausanne, et moi, avions déjà évoqué cette pite pour nos deux villes lors de la journée #ACTmédia. On pourrait imaginer, notamment la mise en place d’une institution autonome visant à contribuer financièrement la diversité de la presse par différentes mesures. Cette démarche « lémanique » constitue aussi le bon niveau pour se positionner face aux nombreuses initiatives et idées qui ont été lancées récemment. Sur le plan suisse, la Ville de Genève doit s’engager dans différents réseaux, notamment l’Union des Villes Suisses, pour une attitude plus offensive en matière de soutien à la diversité de la presse et aux médias de service public, pour une approche cohérente de la politique envers la SSR,  ainsi que pour que les opérateurs numériques soient enfin mis à contribution.

8.         Même si l’évolution technologique et sociale dans le domaine du numérique n’est pas le seul facteur décisif pour l’évolution du paysage médiatique, il en constitue un vecteur puissant, ce qui renforce la nécessité pour les pouvoirs publics en général et pour la Ville de Genève en particulier de jouer un rôle très actif pour une transition numérique qui soit inclusive, participative, transparente et éthique.

9.         En tant que 2ème ville de Suisse et ville internationale, Genève doit s’intéresser à toutes les composantes qui constituent un paysage médique diversifié mais elle doit accorder une attention particulière au paysage local et à sa diversité, quel que soit le vecteur de diffusion (print, radio, tv, net), dès lors que ces médias contribuent réellement à la vie sociale, culturelle, économique et politique de notre Cité. Un choix doit être effectué entre mise en concurrence selon une logique d’appel à projets et à candidatures, selon des critères à définir, et une logique de mise en pool des médias locaux avec un soutien pour la production et la diffusion de contenus liés à la vie locale.

10.     La Ville de Genève doit préserver les moyens existants (volume d’annonces, Vivre à Genève, etc.) au moins à leur niveau actuel, quitte à les allouer différemment selon les points précédents.

 

J’ai décidé de soumettre prochainement à mes collègues du Conseil administratif de la Ville de Genève, une série de mesures concrètes qui découlent de ces points. J’aimerais que nous puissions, sur cette  base, mettre en place les actions que peut prendre une collectivité publique de proximité comme la Ville de Genève. Celles-ci ne pourront certainement pas apporter des solutions magiques à tous les problèmes. Mais nous devons et nous pouvons agir à notre échelle, car un paysage médiatique diversifié, en termes de titres, de style, de contenus, de tendances, de vecteurs de diffusion, est vital pour notre vie démocratique et plus largement pour la vie collective, en particulier dans notre pays fédéraliste et multiculturel. Laisser la place uniquement à quelques médias commerciaux mainstream, à la gabegie des réseaux sociaux, et se satisfaire de quelques rares titres locaux et engagés, certes ultra-nécessaires mais à l’audience marginale, serait hautement toxique. J’espère que chacun et chacune, à tous les échelons institutionnels suisses, communes, mais aussi cantons et Confédération, sauront prendre la mesure du défi et mettre en place ce qui est possible à leur niveau. Car comme dans la légende amérindienne du Colibri,  « ce n’est pas avec des gouttes d’eau qu’on va éteindre le feu », mais qui sait, si chacun-e « fait sa part ».